1.3.10 Sherlock Holmes - Bédés Diverses

 

 

Titre : Sherlock - Tome 1 - Révélation


Scénariste : Didier Convard
Dessinateur : Jean-Louis Le Hir


Édition :  Glénat BD – 2008


Résumé :

Egypte, 1877. Sherlock Matthiews est un jeune archéologue fantaisiste et indiscipliné, incapable de mener sa vie autrement qu’au gré de ses caprices et autres coups de tête.

 

Jusqu’au jour où une lettre en provenance d’Angleterre lui annonce le suicide de sa mère. Une terrible nouvelle qui a de quoi faire grandir brutalement le plus insouciant des adolescents…

 

Terrassé par le chagrin, Sherlock retourne donc au manoir familial, à Bournemouth, afin d’y rendre les derniers hommages à celle qu’il aimait par-dessus tout, et dont il ne parvient pas à comprendre le geste. Et pour cause.

 

Car si Isadora Matthiews est bel est bien morte la corde au cou, certains détails semblent montrer qu’elle ne se l’est pas passée seule… Sherlock décide alors de mener l’enquête.

 

Sans deviner qu’il va ainsi donner naissance à un mythe, celui du plus incroyable de tous les détectives, dont l’oeil habile et les déductions affûtées n’ont pas fini de fasciner les foules. Et de terrifier les criminels…

 

Critique :

Alors là, si une connaissance ne me l’avait pas conseillé, je ne l’aurais pas acheté ! Rien que la couverture m’avait fait froncer les sourcils lorsque je vis un Anubis squelettique brandir un poignard dans le dos d’un rouquin qui jouait du violon.

 

L’auteur, Didier Convard, je le connaissais pour avoir lu « Le triangle secret », mais pas en tant qu’auteur de bande dessinées sur Holmes. Bien, ouvrons ce fameux album et découvrons le.

 

L’histoire commence en 1877. Première nouvelle : Sherlock Holmes est jeune (23 ans, si né en 1854) et s’amuse en Égypte à faire des fouilles archéologiques.

 

Oh, pardon, je m’excuse, je fais erreur : ce n’est pas Sherlock Holmes mais Sherlock Matthiews. Me serais-je trompée de livre ? Heu, non, apparemment pas. Bizarre, bizarre... Vous saurez pourquoi à la fin.

 

Nous apprenons ensuite que ce jeune étudiant fut recalé en mathématique, philosophie et latin mais qui excelle en chimie, physique et botanique... et qui travaille au laboratoire du Saint Bartolomew Hospital (Saint-Barthelemy prenait un "h" en français et pas en anglais ? Google m’en ajoute un, pourtant. Erreur du scénariste ! Z'ont pas de correcteurs ?).

 

Là, on remarque que le scénariste a ouvert les premières pages de STUD. C’est déjà ça. Oserais-je dire qu'il n'a ouvert que ces premières pages là ainsi que celles du début de SIGN ? Oui ! Dommage...

 

Pour les dessins, ils sont rebutants au possible ! Comment est-ce possible de dessiner aussi mal ? Les têtes sont horriblement dessinées, donnant aux personnages des airs mal fichus qui fichent la trouille.

 

Les plus atteints sont le personnel du manoir des Matthiews : la bouche est entrouverte et les dents ressortent, leur donnant un air maléfique.

 

Les sourires sont figés, commissures des lèvres pointées vers le bas comme s’ils étaient tous atteint de constipation aiguë depuis quinze jours. Sherlock est roux avec des mèches qui pendent devant son front. Quelle hérésie.

 

Cela plombe le livre de manière irrévocable. Encore un qui a eu son diplôme de dessin dans un paquet de poudre Bonux.

 

Maman Holm... heu, maman Matthiews s’est pendue et Sherlock n’y croit pas une seconde, le brave petit, même si ça à l'air de lui faire autant d'effet que la perte d'une paire de chaussettes quand il avait dix ans.

 

Sherlock va tout faire pour le prouver, à commencer par une reconstitution de la pendaison à l’aide d’un mannequin.

 

Avec l’aide de Mycroft, il va rependre le mannequin pour prouver que ses déductions étaient bonnes. Là, je retrouve mon détective. Un bon point.

 

Où cela recommence à foirer, c’est quand Sherlock est debout devant la tombe de sa mère. La date de sa mort est 1881 !

 

Erreur dans le but de copier un certain auteur de ma connaissance qui a fait migrer une blessure de l’épaule à la jambe ou fait se dérouler un récit (WIST) en 1892, période du grand Hiatus ?

 

Est-ce dû à une distorsion du continuum espace-temps qui nous fait passer de 1877 à 1881 ? Mais alors Sherlock a 27 ans ? 1881, c’est STUD ! Z’ont fumé la moquette, les auteurs ?? L'erreur est fameuse, tout de même.

 

Je n’ai pas de réponse à la question sur la mauvaise datation, mais la page suivante nous montre le dos de Celui-Dont-Je-Ne-Prononcerai-Pas-Le-Nom (j’ai trop lu Harry Potter, moi). Qu’est-ce qu’il fou là, lui ? Et il en veut aux deux frères Holm... heu, Matthiews?

 

Pour quel besoin faire intervenir cet homme ? Juste pour nous faire comprendre qu'ils reprennent tous les clichés dans le but de nous faire croire qu'ils sont à la hauteur ?

 

Bûcher pour le cliché de la casquette Deerstalker qu’un membre du personnel constipé donne à Sherlock, lui assurant qu’il n’en trouvera pas des comme ça chez Coldwell... S’il le dit. On doit le croire ?

 

Enfin, grâce à la vieille casquette de cet homme (qui souffre sans doute aussi d’hémorroïdes pour avoir une figure aux traits aussi tirés, limite cadavre), Sherlock nous informe qu’il ne la quittera plus jamais (hygiène, quand tu nous tiens) et nous assure qu’il n’aura plus jamais de rhume grâce à elle.

 

Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour ne plus jamais être malade...

 

La fin est assez... Comment dire ? Stupéfiante ? C’est le mot et j’ajouterai, tant que je parle de stupéfiant, que les pensées de Sherlock m’ont fait bondir sur ma chaise : "J’aurais donné mon âme pour un peu de cocaïne. J’avais gardé des amitiés au labo de chimie du Saint-Bartolomew Hospital, dont celle d’un préparateur qui me fournissait autrefois".

 

Le scénariste fait de Sherlock un camé profond. Si vous avez entendu un bruit louche, c’était mes dents qui grinçaient. Elles ont continué de grincer quand j’ai vu Sherlock en deerstalker-macfarlane dans Londres. Bref, clichés à fond !

 

En plus, le coupable (improbable) avait des motifs bancals, je trouve. Pour le « responsable » de son malheur, je veux bien admettre la vengeance, mais pas pour le reste ! Dément !

 

Le scénario aurait pu être tout à fait valable et meilleur, avec un autre scénario pour la fin.

 

L’album aurait reçu un avis favorable si les dessins n’avaient pas été aussi merdiques et les gros clichés absents. Là, malgré certains points positifs, il reste trop de négatif, donc je mitige vers le "pouvait mieux faire".

 

Ah oui, j'oubliais ! L'explication du nom "Holmes".

 

Puisque la dernière fois que la mère de Sherlock et Mycroft avait joué du violon, il s’agissait d’un poème symphonique qui s’intitulait "les Argonautes" et joué par Augusta Holmes.

 

Elle a réellement existé, j’ai vérifié et je suis tombée sur ça : "En 1880, son poème symphonique Les Argonautes, reçoit la mention très honorable au Prix de la ville de Paris (le premier Prix est remporté par Duvernoy avec La Tempête)".

 

En 1880 ? Oups, si l’action se passe en 1877 comme indiqué au début, ceci est autre erreur dans le temps !

 

De plus, son nom s’écrivait "Holmès" et j’ai horreur quand quelqu’un prononce le nom de Holmes en appuyant sur le "messe".

 

 

 

Titre : Sherlock - Tome 2 - Les coquelicots du Penjab


Scénariste : Didier Convard
Dessinateur : Le Hir (Jean-louis)


Édition : Glénat


Résumé :

Le jeune Sherlock Matthews, archéologue de formation devenu détective après le meurtre de sa mère, vient de décrocher sa première grosse affaire : retrouver le chat de la soeur de Mme Hudson, sa gouvernante.

 

Une enquête indigne de celui qui se fait désormais appeler Sherlock Holmes ! Mais qu'il mènera avec cet étonnant sens de la déduction et ce cynisme las qui feront vite sa réputation.

 

Sans se douter que cette affaire en apparence inintéressante le conduira bien vite vers un effroyable meurtre... ainsi que vers les plaisirs enivrants de l'opium...

Critique :

Mais quelle suite décevante ! Ma critique du premier tome "Sherlock : Révélations" était un peu acerbe, ayant apprécié moyennement le livre à cause des petites erreurs et d’une grosse ficelle.

 

Je rectifie : le premier tome est magnifique comparé au deuxième !

 

Là, ma critique sera plus douloureuse que la lame d’un scalpel vous ouvrant le ventre à vif.

 

Le jeune Holmes s’ennuie et flingue un verre de vin quand madame Hudson, visage squelettique faisant peur, vient lui annoncer que sa sœur a un problème.

 

La brave dame, visage très rond, a perdu son chat (ce devait être la mère Michel)et Holmes lui assure avec force et conviction qu’il va le lui ramener, vendant sa peau avant de l’avoir récupéré. Notre détective qui s’occupe d’une disparition de chat ? Et oui !

 

Après une rapide enquête, il découvrira vite que le resto chinois du coin sert du félin au menu, à la place du lapin prévu.

 

Ayant récupéré le gros minet vivant, il fera comme l’inspecteur Columbo et boira une tasse de thé avec le coupable, qui a d’autres activités que la petite restauration et le blanchissage de vêtements.

 

Comme le gamin lui inspire confiance, le Chinois l’emmènera dans sa petite fumerie d’opium. Sûr que sa petite entreprise ne connaît pas la crise !

 

Et là, patatras, les scénaristes tombent dans le gros cliché de la mort qui pue en faisant fumer de l’opium à Holmes.

 

Je pense qu’ils n’ont pas lu TWIS. Ils auraient dû, cela leur aurait évité une erreur pareille. Vite, un bûcher et des pieux pour les scénaristes.

 

Holmes appréciant les plaisirs de l’opium, il revient encore et encore à la fumerie ! Vas-y que je t'en rajoute.

 

Quel exemple pour la jeunesse et quelle idée les lecteurs qui découvriront la bédé auront du détective. Une bien piètre opinion, c'est sûr.

 

Alors qu’il fumait en paix, Holmes est appelé par son ami Chinois qui lui montre le corps d’un autre fumeur, transpercé d’un poignard. Fumer tue, c’est bien connu.

 

"Il n’y a pas de doute, cet homme est mort !" s’exclame Holmes en lui tâtant le poignet. Comment ? Il ne l’a pas déduit en découvrant le poignard enfoncé dans le cœur ?

 

L’opium ralentirait-il ses brillantes facultés mentales, le faisant devenir débile ? À croire que oui.

 

Mauvais point aussi pour les scénaristes qui font soupirer le détective de bonheur lorsqu’il apprend que le Chinois va se débarrasser du corps dans le fleuve...

 

Du jamais vu ! Et Holmes laisse faire ça ? Oui, sans problèmes. Sinon, il restait la solution du resto...

 

Ce petit trait d'humour du Chinois fichera plus la trouille au détective que la perspective d'un cadavre soustrait dans les eaux froide de la Tamise. Je n'en reviens toujours pas.

 

Tout le reste de l'album est affligeant, aussi : Holmes qui se promène en Inde, vêtu de sa cape et de sa deerstalker, sans que cela se remarque.

 

Le détective voyagera aussi à dos d’éléphant avec le même accoutrement, se déguisant juste sur le final. Il passe inaperçu, tout simplement. Ben voyons !

 

L’enquête avancera très vite, les scénaristes empruntant tous les raccourcis existants, pour finalement trouver le coupable et nous faire lire ses raisons. Heu, oui, d’accord. Tout ça pour ça ?

 

Le meurtrier avait ses raisons, je peux comprendre (entre deux bâillements d'ennui) mais je doute de son stratagème pour faire empaler des chiens de garde sur des pieux.

 

C’est d’un pathos éhonté. Et comme le disait James Bond lui même : "c'est une connerie !".

 

Pire : Holmes, après avoir été l’hôte du coupable et mangé à sa table, osera lui dire qu’il n’oublie pas qu’il est un assassin...

 

Un peu tard, jeune homme ! Trop facile de le lui rappeler au moment où tu vas quitter l'Inde et alors que tu connais le destin de cet homme. Les scénaristes s'en tirent par une pirouette.

 

Si la suite est aussi pénible que ce deuxième opus, vous n’aurez pas besoin de pavot pour vous endormir. A conseiller aux insomniaques.

 

 

 

 

Titre : Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone


Scénariste : Sergio Colomino
Dessinateur : Jordi Palomé 


Édition : Marabout (2013)

Résumé :

Une classe bourgeoise vit un âge d'or et dirige la vie politique de la ville. Mais la classe ouvrière réclame des droits, allant jusqu'à commettre certains actes terroristes. Jaume Maspoch, jeune imprimeur, entend parler d'un groupe de terroristes qui se fait appeler "Mestral".

Sa vie est menacée lorsque son meilleur ami est assassiné par ce groupe et un seul homme mystérieux peut le protéger. Il se fait appeler Sherlock Holmes.

Il est sur une mission à Barcelone et ses investigations l'ont mené au groupe Mestral qui préparerait une attaque terroriste contre le plus célèbre théâtre de la ville, le Liceu.

Les deux hommes vont ainsi s'allier contre le groupe terroriste dont le leader poussera Sherlock à affronter certains événements de son passé...

Petit Plus : Il y a un trou dans la biographie de Sherlock Holmes entre 1891 et 1894. Il disparaît après son affrontement avec le professeur Moriarty dans les chutes du Reichenbach, et ne réapparaîtra ensuite qu'au moment où Conan Doyle le "réssuscitera" dans "The Empty House".

Durant cette période, appelée "Grand Hiatus", Conan Doyle lui fait dire qu’il a voyagé sous la fausse identité d'un explorateur norvégien.

Le récit de cette BD revient sur les années 1891 et 1892, de plus, des tableaux chronologiques comparatifs sur la situation politique en Espagne, l’agitation anarchiste à Barcelone et la vie du détective anglais sont proposés entre 1868 et 1898 (deux dates capitales pour l’évolution de l’Espagne).
 

Critique : 

Sherlock Holmes a un fameux trou dans sa biographie, entre 1891 et 1894. À cause ? Parce que que son créateur l'a fait disparaître dans les chutes de Reichenbach, après son affrontement avec le professeur Moriarty.

Conan Doyle lui fera dire, lors de son "retour", qu’il a voyagé sous la fausse identité d'un explorateur norvégien, Sigerson. Qu’a bien pu faire Holmes pendant ces 3 années  ?

 

Il n'en faut pas plus aux scénaristes de tous poils pour se glisser dans cette faille et nous inventer 1001 merveilleuses aventures.

 

Ici, pas de brouillard londonien, mais les ruelles sombres et humides de Barcelone. Nous sommes en 1893. Toute la classe ouvrière plie sous le joug des bourgeois qui l'exploite. Toute ? Non, une poignée d'ouvriers résiste encore et toujours... Et ils sont bien décidés à bouleverser tout cela.

 

Dans une de ces fameuses ruelles sombre et humide, trois hommes tentent de faire la peau à un dénommé Sigerson. Ce dernier excelle dans l’art du combat et il envoie ses assaillants au tapis, avec juste sa canne et ses pieds. Avant de partir, les trois malfrats lui promettent de revenir avec toute la "Confrérie", car le "Colonel" veut sa peau.

 

On se doute bien que ce n'est pas au Colonel Moutarde de la Confrérie du Caramel Mou qu'on va avoir affaire, mais que ça pue la sordide machination.

 

Le dessin est aussi sombre que la ruelle et on discerne mal les visages. C'est un des léger reproches que je ferai à cette bédé : des tons très sombres, gris foncé, pas de chaleur dans les couleurs.

 

D'accord, l'aventure se déroule essentiellement la nuit, sous la pluie, les tons sombres renforcent l'atmosphère, mais cela empêche parfois de bien distinguer les différents visages... Celui de Holmes n'est pas émacié, d'ailleurs.

 

Pendant que je suis en train de me plaindre des couleurs de l'album, dans une petite imprimerie, Jaume Maspoch fait des heures supplémentaires, non pas pour son patron, mais pour lui-même puisqu'il imprime des pamphlets anarchistes afin que Felipe et Josep les distribuent.

 

La bourgeoisie se fait construire de somptueuses demeures sur  le dos du peuple, grâce à la sueur de ces petites gens. Le joug devient trop lourd, ils espèrent en un avenir meilleur et certains y travaillent.

 

C'est là que le lecteur apprend que le Felipe va passer à la vitesse supérieure en rejoignant un groupe activiste appelé "Mestral", dirigé par un mystérieux étranger : le " Colonel". Tiens, tiens...

 

Ce groupuscule est adepte d’actions violentes et retentissantes.

 

- Les bourgeois ont bâti leur société à la sueur de nos fronts, avec notre sang. Il est temps de conquérir notre liberté, de faire la révolution. Et il n'y a pas de révolution sans violence.

 

Le scénariste a basé son histoire sur un fait réel : l'attentat retentissant (20 morts) perpétré par des activistes anarchistes en 1893 au Grand Théâtre du Liceu (Liceo), à Barcelone.

 

Une bonne idée de base que de plonger Holmes dans l’Histoire de la Catalogne et de lui faire tenter d'infiltrer un groupuscule terroriste.

 

Pourtant, durant ma lecture, j'ai eu l'impression que l'album était plus consacré à l'activiste Jaume Maspoch plutôt qu'à Sherlock Holmes...

 

Mon détective préféré manque de charisme et à plus l'air d'être là de passage, en homme providentiel qui sauve les miches de Jaume, nous sortant quelques déductions de-ci, de-là. Je n'ai pas retrouvé l'homme d'action et de terrain de ses aventures canoniques.

 

Même dans son enquête, il n'a pas beaucoup d'expressions et il m'a fait l'effet d'être lymphatique, résolvant l'affaire sans trop de brio, avec parfois de trop longs monologues.

 

Ce qui est dommage, parce que le récit me fait l'effet d'avoir été bien documenté. On en apprend un peu plus sur ces pages sombres de l'histoire de la Catalogne, la bédé est remplie d'anarchistes, de nihilistes de tout poils, de conspiratreurs, l'ombre de Moriarty semble planer sur la ville, mais l'intrigue manque à certains moments de sel.

 

D'autant plus dommageable qu'on avait là un contexte historique génial et plus que méconnu, une possibilité de s'amuser avec la période du Grand Hiatus, des personnages bien foutus, surtout celui de Maspoch.

 

Même le Grand Méchant avait des moyens (sous-marin), un mobile, on avait des complots, des Grands Mensonges, quelques dialogues bien fichus... Bref, tous les ingrédients pour avoir une super aventure puisque le scénario était diablement intéressant.


Nous autres, anarchistes, ne cherchons pas le chaos, mais une véritable entente. Qui ne tient pas à la volonté d'un seul, ni à l'égoïsme des puissants... mais au besoin commun. Dans une société d'égaux, il ne saurait y avoir d'autorité qui dirige, ni Dieu, ni roi, ni état. Nous ne voulons pas détruire la société, mais la reconstruire. Briser les chaînes imposées par ceux qui vivent du fruit de notre travail... ceux qui veulent que nous restions esclaves.

 

N'aura manqué qu'un chouia d'étincelle au grand détective. Ce sera mon plus grand reproche.


Le dessin proposé par Jordi Palomé est dans les tons sombres, les traits pour les visages et décors sont précis, réalistes, détaillés. Quelques tons clairs n'auraient pas fait de tort, afin de mieux discerner le tout, mais bon, cette "noirceur" collait parfaitement à l’atmosphère du récit.

 

On finira l'histoire à Londres, quand Holmes fait son grand retour... Trafalgar Square, des exilés politiques, Holmes, Watson et des tons plus lumineux. Le grand retour du détective est enclenché.


Le format de l'album en 18 sur 27 est agréable et la mise en page est bonne. J'ai bien aimé cette idée de diviser l'histoire en plusieurs actes, chacun portant le nom des protagonistes principaux.

 

Malgré mes quelques reproches, j'ai tout de même passé un bon moment, même si je m'attendais à mieux.

 

Et puis, ce n'est pas parce que j'ai quelques reproches que l'album ne pourrait ravir les autres amateurs du Grand Détective de Baker Street ou ceux qui le connaissent moins, le contexte historique étant riche.

 

Livre participant au Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), au Challenge "Polar Historique" de Samlor (repris par Sharon), au Challenge "Sherlock Holmes" de Lavinia sur Livraddict, au Challenge "Victorien" chez Arieste et au Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park.

 

 

Titre : Sherlock Holmes - Une Étude en rouge


Scénariste : Longaron
Dessinateur : Ricard Sylvain


Édition :  P&T Production (1995)


Résumé :

C’est l’histoire initiale de « une étude en rouge », mais en images !

Dois-je vous raconter que Enoch J Drebber s’est fait assassiner dans une maison vide, et que sur le mur, était inscrit en lettres de sang « RACHE » ?

 

Critique :

Les dessins sont parfois un peu... Comment dire ? Pas tout a fait nets. Les couleurs des arrières plans sont assez sommaires et basiques. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir de la relire encore une fois.

 

Pour ceux et celles qui trouvaient que le roman "une étude en rouge" était trop volumineux et qui trouvaient assommant le récit fait par Hope... C’est ce qu’il leur faut.

 

L'histoire est fidèle, mais en images.

 

Sinon, l’auteur nous dispose même des petits clins d’oeil humoristique... Lorsque Watson raconte la guerre et sa blessure, il est noté "une balle m’a fracassé la jambe" et le dessin montre Watson se tenant... le bras, un peu sous l’épaule...

 

Illustrant bien la faute de SACD qui, dans "une étude en rouge" situait la blessure dans la clavicule avant de la déplacer à la jambe pour "le signe des quatre".

 

Autre petit clin d’oeil : à un moment, Holmes fait passer une petite annonce pour retrouver le propriétaire de l’alliance.

 

Le dessin nous montre la petite annonce et juste en dessous, il y en a une autre qui dit "PERDU CHIEN Fox-terrier blanc, répondant au nom de Milou" (il manque juste le "u" final mais on a compris qu’il faisait référence à Hergé).

 

Un autre : à la fin, Watson montre l’article consacré à la mort de Jefferson Hope. Juste en dessous, on peut lire que l’on parle d’un professeur Mortimer et d’un colonel Blake.

 

Les héros de Edgard P Jacobs. Bref, deux références à deux auteurs belges de la bande dessinée.

 

Ces petits plus sont assez plaisants et n'entravent rien à l'histoire.

 

 


 

Titre : Les archives secrètes de Sherlock Holmes - Retour à Baskerville Hall


Scénariste :  Philippe Chanoinat
Dessinateur :  Frédéric Marniquet


Édition : 12bis (2011) 


Résumé :

Novembre 1897 dans le Dartmoor, sud-ouest de l'Angleterre. Trois ans après l'aventure du Chien des Baskerville, l'horreur est de retour sur la lande marécageuse du Devonshire.

 

Les meurtres se succèdent, tous plus terrifiants les uns que les autres et, encore une fois, la sinistre silhouette fantomatique du chien des Enfers sème l'effroi parmi la population de Grimpen.

 

Mis sur la piste de la bête immonde par un mystérieux corbeau, Sherlock Holmes et son fidèle comparse, le docteur Watson, se rendent de nouveau dans cette région particulièrement inhospitalière, afin de venir en aide à leurs vieux amis, Sir Henry Baskerville et le docteur Mortimer.

 

Le plus célèbre détective de tous les temps se retrouve face à son plus grand défi : jamais il n'a eu à faire face a une telle entreprise meurtrière !

 

Quel génie du mal, plus redoutable encore que feu Professeur Moriarty, se cache dans les bourbiers du Dartmoor ? Et si le célèbre résident du 221B Baker Street avait fini par trouver son maître ?...

 

Critique :

Ah, une suite à l'aventure du "Chien des Baskerville", m'étais-je dis en me frottant les mains devant la bande dessinée.

Il y a un os...

Une suite, oui, et une bonne suite, voilà pour le positif. Le scénariste s'est creusé les méninges et son histoire tient debout, avec juste un soupçon de faux surnaturel et des cadavres comme s'il en pleuvait. De quoi me satisfaire. C'est pas là qu'est l'os.

Tous les personnages canonique sont présents, hormis les Barrymore, qui sont partis vendre des bicyclettes... Mortimer, Henry Baskerville, l'ex-madame Stapleton, Beryl (avec un polichinelle dans le tiroir) devenue madame Baskerville, Frankland et sa fille, Perkins, le toutou, Mycroft, madame Hudson, le flacon de la solution à 7%, le pénitencier de Dartmoor et le grand bourbier de Grimpen. Oui, tout le monde est là. Manque personne à l'appel. Et l'os de mon titre, il est où ?

Ben, l'os, il se trouve dans le dessin, encore le dessin et toujours le dessin. Lui, il gâche le scénario comme ce n'est pas possible. Voilà le négatif de la bande dessinée et croyez-moi, c'est là qu'est l'os !

Holmes et Watson sont mal fichus, donnant l'impression que leurs visages sont tordus, celui de Holmes change en deux cases, les autres sont mal fichus, mal dessinés eux aussi et le chien... Carramba, encore raté !

Damned, n'y a-t-il pas sur cette fichue terre un dessinateur qui serait capable de dessiner un vrai chien qui fasse peur et pas un truc à quatre pattes qui ne ressemble à rien ???

Ajouté aux dessins assez sommaires des décors et des personnages vraiment mal fait, cela gâche un peu le bon scénario.

Pour le scénario, l'auteur revisite un peu le livre, puisque sa fin doit s'accommoder à la sauce qu'il nous a mitonnée, mais, malgré tout, elle reste plausible.

Il a le mérite de m'avoir surpris avec son final. Même si j'avais le nom du coupable, je n'avais pas tout résolu, loin de là.

Dommage que les dessins fassent capoter l'œuvre...

Les dessins ne sont pas un délice, hélas, c'est là qu'est l'os (petit arrangement de la phrase de la "Grande Vadrouille" : il n'y a pas d'hélice, hélas. C'est là qu'est l'os).

 

 

 

 

Titre : Les Archives Secrètes de Sherlock Holmes - T2


Scénariste :  Philippe Chanoinat
Dessinateur :  Frédéric Marniquet


Édition : 12bis (Août 2011) 


Résumé :

En ce début d'année 1891, d'étranges et terrifiants événements requièrent l'intervention de l'inégalable détective de Baker Street, Sherlock Holmes et de son fidèle comparse et biographe, le Docteur John Watson.

 

Les deux hommes se voient confier la délicate mission secrète d'élucider une succession de meurtres ayant eu lieu parmi des personnalités de haut rang, toutes assassinées selon un rite rappelant les exécutions ou assassinats de grands personnages historiques comme Thomas Beckett ou Marie Stuart.

 

Derrière ces crimes abjectes et inexplicables se profile l'ombre d'un mystérieux cercle d'initiés : Le Club de la Mort, mais aussi celle, encore plus inquiétante et néfaste, du principal rival de Sherlock Holmes, le "Napoléon du crime" : l'impitoyable Professeur Moriarty…

 


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