1.3.9 Sherlock Holmes - Soleil Productions

 

 

Titre : Sherlock Holmes - Tome 1 - L'étoile sanglante


Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte


Édition : Soleil Productions n° 1 (2000)


Résumé :

Deux ans après la terrible affaire de jack l'Eventreur, une succession d'assassinats horribles plonge à nouveau Londres dans la terreur. Des cadavres étrangement mutilés sont retrouvés aux quatre coins de la capitale.

Les victimes, petites gens ou grands de ce monde, semblent être choisis au hasard.

Au hasard ? Pour Sherlock Holmes, il n'en est rien. Un ordre mystérieux se cache derrière la série meurtrière. Car au-dessus de ces crimes apparemment sans mobile, plane l'ombre maléfique de l'étoile sanglante.

Des brumes de Londres à la nuit de Stonehenge, entre magie noire et sortilège, Sherlock Holmes, dans cette aventure inédite, affronte pour la première fois, le diable en personne.

 

Cet album n’est donc que la réédition de celui de 1997 car tout le monde vous le dira quand il s’agit de lancer (ou relancer) une série, il est plus facile de l’installer avec plusieurs albums d’un coup.

 

Il s’agit ici d’un démarquage de l’affaire de Jack l’Éventreur mise dans un contexte démoniaque avec en prime un final à Stonehenge.

 

Critique :

Attention, ceci n’est que la réédition du tome 7 paru aux éditions "Lefrancq Bdétectives" sous le même titre.

 

Ou comment arnaquer le lecteur/acheteur s’il n’est pas attentif à ce qu’il fait. Je l’étais (attentive) et je ne l’ai pas acheté une deuxième fois après son transfert aux éditions de Soleil Production.

 

L’album n’étant pas scénarisé par A-P Duchâteau mais par Croquet, il commence correctement et agréablement par un joli meurtre où il manque à la victime le coeur et la main gauche.

 

"Agréable ?" me direz-vous. Bien sûr ! En règle générale, quand c’était Duchâteau aux commandes et qu’il n’était pas tenu en main par un scénario original de Conan Doyle, ça partait très souvent dans le non-sens dès les premières cases !

 

Là, nous avons un meurtre bien sanglant, des déductions de Holmes sur les pensées de Watson au sujet du crime qui ressemble à ceux de Jack L’éventreur, un inspecteur Lestrade qui vient quérir Holmes, de manière innocente, pour l’emmener examiner le corps à la morgue.

 

Même si le détective en conclu à des mutilations rituelles pratiquées par un couteau sacrificiel, l’histoire partait dans le bon sens.

 

Les dessins sont corrects, les allusion canonique présentes : le "Strand", les nombreux déguisements de Holmes qu’on le voit adopter sur plusieurs cases, sur le fait qu’il torturait son violon en réfléchissant et qu’il fumait comme un pompier.

 

Je passerai sur le fait que Holmes porte, encore et toujours, sa cape macfarlane à carreaux et sa deerstalker.

 

Par contre, énormes erreurs quand ils font dire à Watson (en s’adressant à Reginald, l’employé qui s’occupe du rayon "Incunables" de la bibliothèque du British Museum) que Holmes s’est parfois occupé d’affaires qui n’étaient pas étrangères à la sorcellerie et qu’il a publié d’intéressants comptes rendus dans le Strand, à savoir "Le chien" (HOUN) et le "Vampire" (SUSS).

 

Hors, comme l’histoire se passe deux ans après les crimes de l’Éventreur (c’est dit dans l’album), nous sommes donc en 1890 (les crimes de Jack ayant eu lieu en 1888).

 

Pas de chance, HOUN fut publié dans le Strand en 1901 et 1902, tandis que SUSS fut publié en 1924. Hem, elle est forte, celle là !! Watson parle d’histoires non encore publiées !

 

Pire encore : SUSS est datée, au plus tôt, en novembre 1897 et au plus tard en novembre 1901, donc, ils ne sont pas encore censé l’avoir vécue.

 

Dans le cas de HOUN, ils pourraient déjà l’avoir résolue, étant datée au plus tôt en septembre 1886. Pas si on prend la date au plus tard qui est septembre 1900. Troublant, n’est-il pas, ces erreurs ?

 

Ou alors, elles sont dans la continuité du canon et de celles de Watson. Ce n’est ni la première, ni la dernière qu’il commet.

 

Merci, au passage, au livre "Quel jour sommes nous, Watson ?" de J-P Crauser pour la chronologie des aventures holmésienne.

 

Mais revenons à notre enquête... Holmes avancera assez vite (44 pages obligent), comprenant rapidement qu’un rituel satanique est derrière tout cela (moi aussi, je l’avais compris) et les différents meurtres formeront un joli pentacle sur la carte, comme dans le film premier de Ritchie (qui est postérieur à l’album).

 

Jusque là, tout va toujours bien au niveau scénaristique.

 

Enfin, tout allait bien...

 

La plongée dans le grand n’importe quoi va commencer à la page 30... J’avais même deviné qui était derrière tout ça. C’est vous dire.

 

Les quatorze dernières pages sont tirées par les cheveux, sur fond de combats politiques et de n’importe quoi.

 

L’allusion à la "radix pedis diaboli" de l'aventure du pied du diable (DEVI) me laissera de marbre.

 

Non, trop facile comme explication finale... Dommage, il avait bien débuté, cet album. Le final plombe tout le reste.

 

 

 

Titre : Sherlock Holmes - Tome 2 - La folie du colonel Warburton


Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte


Édition :   Soleil Productions n°2 (2000)


Résumé :

Coïncidence ou machination ? Hasard ou acte criminel ? Une chose est sûre, il se passe d'étranges événements au manoir Glenmore où le colonel Warburton a pris sa retraite.

Morts violentes, apparitions fantômes : toutes les diableries de l'enfer semblent s'être donné rendez-vous dans ce coin perdu de la campagne écossaise.

Seul, Sherlock Holmes peut venir à bout d'un tel mystère, à coup sûr un des plus fascinants de sa longue carrière. Car cette fois, l'assassin vient d'ailleurs. Du royaume des morts. De l'autre côté du temps.

 

Critique :

Régulièrement, je relis l’intégralité de toutes mes bandes dessinées et ça me prend du temps, vous pouvez me croire. Certaines sont relues plus souvent que d’autres.

 

De ces temps-ci, se sont toutes celles de Sherlock Holmes qui y passent et j’en profite pour me fendre de ma petite critique. Voici donc la suite de cette collection Soleil Production.

 

Déjà la couverture vous plonge dans l’atmosphère : Holmes, deerstalker sur la tête, macfarlane sur le dos, épée à la main, regard suspicieux, prêt à trancher le premier qui passe.

 

Watson, lui, révolver à la main, prêt à descendre le premier chienchien méchant qui passerait aussi.

 

Décor dantesque et désolé, juste pourvu, en arrière-plan, d’un château où ne brille qu’une lumière, seul phare pour guider les malheureux égarés, perdus dans la brume qui tombe doucement, tel un voile diaphane sur la lande sauvage et déserte (me voici en train de poèter plus haut que mon luth... Pardon).

 

C’est fort, déjà, comme première vue. Mais ne cherchez pas cette scène dans la bédé, elle ne s’y trouve pas. Holmes manipulera une épée, mais à l’intérieur. Couverture mensongère.

 

Dès la première page, on se retrouve dans un paysage désolé et écossais. Le brouillard, le vent, un castel et les paroles de deux personnes, sans phylactères, semées dans la nuit, qui vous distillent une atmosphère comme un alambic le ferait avec du whisky.

 

Manque plus qu’un air de cornemuse pour aller avec les paroles anxieuses de l’un.

 

En tout cas, pour ce qui est des dessins, ils sont déjà beaucoup mieux que ceux fournis par la collection de chez Lefrancq et ses Bdétectives. Les couleurs sont correctes et ne vous feront pas mal aux yeux.

 

Quand aux références canoniques, elles jalonneront l’album, mais pas toujours de manière adéquate. J’y reviendrai plus bas.

 

Passons au 221b où nous retrouvons Watson qui revient avec le Strand sous le bras, tout fier de la publication de "L’homme à la lèvre tordue" (TWIS).

 

Holmes, lui, il s’ennuie et le voilà qui ironise sur les contes de nourrice qu’écrit Watson, reprochant à ses histoires de ne pas avoir la sécheresse d’un rapport d’autopsie et d’être alourdie par un romanesque de pacotille. Comme il le lui faisait remarquer dans "Les hêtres rouges" (COPP).

 

Par contre, en vérifiant la date de parution de TWIS, je me suis rendue compte qu’elle avait été publiée en décembre 1891.

 

Hors, à ce moment là, Holmes jouait à "je suis mort, c’est pour rire, mais vous l’savez pas" et ne pouvait donc pas être présent au 221b. Voilà donc une manière pas très conforme de jouer avec le Canon.

 

Du coup, afin de tirer notre détective de la torpeur dans laquelle il s’enfonce, arrive une cliente (elle tombe bien, non ?).

 

Une jeune fille, seule, qui vient quérir l’aide de Holmes, c’est assez courant, dans le Canon (cfr. SIGN-IDEN-SPEC-COPP-SOLI). Elle croira même à de la sorcellerie lorsque Holmes se livrera à quelques déductions sur elle. Ça leur fait à tous les mêmes effets, les déductions holmésienne.

 

Que veut-elle ? Son oncle, le colonel Warburton (une vieille connaissance de Watson, rencontré lors de la campagne d’Afghanistan), est devenu zinzin depuis qu’il a découvert un bateau échoué et que son ami est passé au travers d’un pont.

 

Elle a besoin d’aide et son oncle encore plus. Rassurez-vous, pas dans le but de financer la consolidation des ponts !

 

Pas de chance, Holmes a une affaire en cours et des plus délicates (un rendez-vous avec LA femme peut-être ? *rires*) et il charge Watson de se rendre seul à Glenmore, en Écosse.

 

Tiens, tiens, un air de déjà vu, non ? Cela me fait penser au chien des Baskerville (HOUN). De plus, il envoie la cliente passer la nuit au Northumberland Hotel. Manque plus qu’un chien et on est en plein dedans !

 

C’est cela qui me gêne un peu. Le scénariste aurait pu distiller (facile, on est en Écosse) des références canoniques sans pour autant en extraire des pans entier. Pourquoi ne pas inventer sa propre histoire ?

 

Pourquoi copier une partie du scénario du chien des Baskerville ? Un bon holmésien a déjà tout compris sur les intentions cachées de Holmes. Ben oui !

 

Le reste est de la même trempe et ce qui avait bien commencé se transforme en eau de boudin. Watson est une espèce de gros nigaud qui ne pense qu’à manger et à boire (le zinzin de colonel possède une distillerie, ça tombe bien, non ?).

 

Pourquoi faire de Watson un crétin congénital alors que ce serait si agréable qu’on fasse un Watson comme dans la série de la Granada. Un type à l’intelligence normale. C’est si compliqué un Watson qui n’est pas limite "débile" ? Sans doute...

 

Notre brave docteur se promènera aussi en kilt (sans que l’on sache ce qu’il porte en dessous), et quand il fera sortir le colonel Warburton de sa chambre, se sera pour s’entendre raconter la malédiction dont il se croit la victime.

 

On aura même droit, dans son récit, à une sorte de Jésus-Christ déguisé en fakir et qui ressuscite les chats. Le fantastique, encore une fois ! Quant aux soldats anglais, ils pensaient tous qu’ils allaient apporter la lumière à ces sauvages de l’Inde, le colonel en tête.

 

Tiens, une grosse référence aux 5 pépins d'orange (FIVE) avec les clous de la planche de fakir envoyé en guise d’avertissements. Une bonne grosse malédiction et une bonne aspiration du Canon.

 

Bref, rien de neuf sous le Soleil... Productions (rires). Ah si ! Watson ira chasser le coq de bruyère. Ce qui donnera un retour avec un gibier plus "imposant".

 

Les paysages écossais que Watson traverse sont jolis, désertiques ou peuplés de moutons et il n’y pleut pas souvent.

 

La suite, je ne peux pas vous la raconter, mais bon, le scénariste aurait pu mieux faire. C’est téléphoné. On sait tout de suite où est caché Holmes.

 

Le seul point positif de l’album sera que Holmes ne portera sa macfarlane que sur la couverture et un peu à la fin. Marrant, à la campagne, il ne la porte pas, mais en plein Londres, oui.

 

La résolution de l’enquête était claire et nette, sans l’élément fantastique. Mais les quatre dernières pages m’ont plongées dans la consternation. Il fallait boucler l’album... D’accord, mais quelle manière. Fallait le sortir à ce moment là, leur fantastique ? Dubitative, je vous dis.

 

 

 

Titre : Sherlock Holmes - Tome 3 - L'ombre de Menephta


Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte


Édition : Soleil Productions n° 3 (2001)


Résumé :

Depuis l'arrivée à Londres du tombeau de Menephta, exhumé quelques mois auparavant dans la Vallée des Rois, les membres de l'expédition Whitefield disparaissent, frappés d'une mort étrange.

Aux dires des témoins, ce serait une momie, celle du grand prêtre lui-même dont le repos a été troublé, qui éliminerait un à un les profanateurs. A moins que cette mascarade ne serve à dissimuler le véritable motif de ces assassinats : récupérer des papyrus inestimables dont le contenu pourrait mettre en péril la paix du monde.

Du British Museum aux ruelles sordides de Whitechapel, de Cambridge au palais de Buckingham, Sherlock Holmes et Watson mènent l'enquête.

 

Celle-ci les conduira, par-delà les malédictions et les légendes, à percer le terrible secret du livre de Toth, un secret enfoui depuis la nuit des temps...

 

Critique :

La couverture avec une momie en arrière-plan de Holmes, Watson et Big Ben ne laissait planer aucun doute et les deux premières pages m’ont fait soupirer.

 

Serait-il possible que les albums de bande dessinée avec Holmes commencent tout simplement par un bon crime, sans qu’interviennent un vampire, une momie, un rat géant, une béquille transformée en fusil, un fakir de méchante humeur, une secte satanique, ... ?

 

C’est saoulant, à la fin. Les bons vieux assassins bien de chez nous seraient-ils en voie de disparition ? Sans doute.

 

En plus, ce cliché hitchcockien d’ombres chinoises projetées sur le mur, ce poignard en suspension dans les airs et la victime qui reste pétrifiée de terreur comme un lapin ébloui par les phares d’une voiture, c’est trop.

 

Le meurtrier fait durer le plaisir avant de planter le couteau dans sa victime, transformant la scène en grotesque, style cinéma de série Z. On a envie de crier : "Mais poignarde-le, qu’on en finisse". Ouf, il le fera.

 

Dans les pages suivantes, ce sont les références canoniques. Nous découvrons Holmes qui se fait remettre la légion d’honneur pour l’arrestation de Huret, l’assassin du boulevard.

 

Holmes porte un beau costume, mais quand on le retrouve sur le quai d’embarquement, il porte la macfarlane, comme par hasard !

 

Holmes se plaint ensuite de l’affaire, pensant trouver en France une énigme à sa mesure. Que nenni ! Il dit à Watson qu’elle ne présentait que quelques difficultés, une affaire banale, somme toute, celle de l’assassin Huret.

 

Watson lui rappelle, fort à propos, que l’assassin a fait huit victimes et Holmes aura cette réponse sur laquelle je tire à boulets rouges : "La quantité importe peu. Le problème était médiocre". C’est faire peu de cas des victimes et c’est indigne de lui.

 

Les autres références canoniques seront nombreuses et j’ai relevé "la ligue des rouquins" (REDH) et "les plans du Bruce Partington" (BRUC) dans les allusions pas très fines.

 

Je soulignerai, en premier, les bons points, tels que le fait de passer des bas-fonds londoniens à un salon richement pourvu, le tout en quelques cases.

 

"Nous nous élevons dans l’échelle sociale", dira Holmes. Encore un autre bon point qui relève le niveau : les petites phrases mi-humoristiques mi-sarcastiques qu’adressera Holmes à Watson ou à Lestrade, ainsi que son étalage de sa science du baritsu, combinée de combat à la canne et rehaussée de jiu-jitsu.

 

Sans oublier la présence des Irréguliers.

 

Une mention spéciale à un trait d’humour très noir (j’aime ça, certains le trouveront déplacé) quand un des protagonistes anglais signalera à son camarade allemand que "seul le travail rend libre".

 

Le camarade allemand trouvera la formule jolie et pensera à s’en souvenir. Humour noir, je vous le disais.

 

Bon, passons aux mauvais points qui sont importants et font couler le tout. Commençons en douceur :

 

- Les archéologues qui manipulent des papyrus plus vieux que Mathusalem comme si c’était le journal du jour. Aucunes précautions !

 

- Le majordome du Club Diogène qui ose dire, à voix haute, dans le salon où personne ne peut parler, que les règles du club sont la discrétion et le silence. Voilà qui est fort "anti-canonique" et à l’encontre de la règle du club.

 

Que diable, ils n’étaient pas dans le salon des étrangers. Et les autres regardent Watson de travers parce qu’il se mouche alors que l’autre à parlé ?

 

- Les dessins de Holmes... Bof, pas terribles avec son menton pointu.

 

- Allemands très clichés, ne manque que l'uniforme noir.

 

- Pas de Moriarty, mais (encore et toujours) le petit-fils turbulent (et allemand) de la reine Victoria et ses petits complots à l’arme secrète (un must, ces derniers temps). Mais petit soucis, dans le récit, il est dit que le kaiser Guillaume II est le cousin de la reine Victoria, hors il était le fils d'une des filles de Victoria et Albert ! Confondre un cousin et un petit-fils, oups !

 

J’ai relevé aussi une grosse allusion au film "La vie privée de Sherlock Holmes" avec l’attitude de la reine dans les dernières cases. Mais celle-là, c'est à ranger dans les bons points.

 

- Beaucoup trop de fantastique et je ne sais pas ce qu’un peuple perdu vient faire dans tout ça. Que les légendes restent dans l’univers fantastique ou dans les fanfictions. Les armes fabuleuses aussi, même si celle là existe bel et bien.

 

Un bon meurtre, avec un bon vieux mobile, et ils auraient pu faire une chouette enquête, même sur fond de malédiction à la momie égyptienne.

 

Là, on sombre dans le grand n’importe quoi. En plus, Holmes tombe toujours sur des hommes de sa taille et de sa corpulence quand il doit se déguiser. Un peu trop facile.

 

Non, au final, je n’ai que moyennement aimé l’aventure.

 

 

 

Titre : Sherlock Holmes - Tome 4 - Le Secret de l'île d'Uffa

 

Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte


Édition : Soleil Productions n° 4 (2001)


Résumé :

La découverte fortuite d'un bréviaire oublié dans un train entraîne Sherlock Holmes et le docteur Watson dans une île de la mer d'Irlande, sur la piste d'un mystérieux trésor.

De Covent Garden, où l'on tente d'assassiner une cantatrice, en passant par les services des incunables du British Museum, les cadavres s'accumulent, tandis que sur l'île plane l'ombre maudite des templiers...

 

Critique :

L’île d'Uffa c’est cette fameuse Untold Story mentionnée par Watson mais jamais racontée par Conan Doyle... Chouette, m’étais-je dit.

 

Comme pour les autres albums de la collection, je n’aime toujours pas les dessins de Holmes. Son menton pointu ne me plaît pas du tout.

 

Le dessinateur se rattrape en tout cas avec les autres dessins qui concernent les paysages, les autres personnages et les atmosphères. Pas de couleurs criardes comme dans la collection des "Bdétectives".

 

Un petit plus que j’ai oublié de vous signaler dans mes autres critiques : la page de garde ressemble curieusement à l’illustration d’une photo tirée de la Granada, avec Jeremy Brett et David Burke, dans la rue.

 

Mais passons à l’histoire proprement dite : notre pauvre détective s’ennuie, est ironique avec Watson, lui signalant qu’il lui délaye sa solution à 7%. Heureusement, il va avoir une affaire à se mettre sous la dent.

 

Comme toujours, les allusions canoniques sont nombreuses et vous vous amuserez à les relever toutes.

 

L’intrusion de certaines exclamations anglaises dans les dialogues français est sans doute là pour donner un caractère "so british" et renforcer le discours, mais on aurait pu s’en passer sans problème.

 

Notre Lestrade ne ressemble en rien à un rat, le dessinateur lui donnant une bonne figure ronde. Il a dû trop forcer sur le Nestlé. J’ai relevé quatre affiches pour la marque, sur deux pages.

 

Quand une cantatrice fera appel à Holmes au sujet d’un prince de Ruritanie (cherchez pas, ça n’existe pas, c’est un pays imaginaire créé par Anthony Hope dans son roman "Le Prisonnier de Zenda") avec lequel elle a une romance, vous sentirez comme un parfum de scandale en Bohème (SCAN).

 

Non, ce n’est pas Irène Adler et il n’y aura pas de photo hautement compromettante dans une position inadéquate ! Mais cette histoire entraînera notre détective loin de Londres, sur l’île d’Uffa, située en mer d’Irlande.

 

Mais avant que nos amis n’aillent s’amuser sur l’île, nous avons Mycroft qui débarque au 221b, une usurpation de poste et une prophétie au sujet des bijoux de famille que le gentil prince n’a plus !

 

Bon sang, ça manquait, une prophétie ! Ce qu’il faut récupérer, c’est une copie du rituel de Musgrave, Templiers et vers de Mirliton, compris dans le prix.

 

"Celui qui les emblème aura, Sur le trône siègera, Mais avant tout ça, Les retrouver tu dois, Et pour cela, L’énigme tu traduiras".

 

Enfin, un truc dans le genre...

 

Allez, Holmes ressort sa macfarlane à carreaux (change jamais ?) qui perdra même ses carreaux durant quatre cases. Watson est toujours le crétin qui ne pense qu’à manger.

 

Tiens, lorsque Holmes essaye de décoder le message, nous avons une référence à REDH et son fameux problème à trois pipes. Le code est un peu simpliste, une sorte de "Lève ton Q" en moins impoli.

 

Le final est très jamesbondien avec des "coucou, devine qui est derrière-toi ?", des répliques marrantes de Holmes, digne de l’espion au service de sa très gracieuse Majesté et des "hauts les mains" dans toutes les langues.

 

Passons sur les invraisemblances dignes d’un 007, quand Holmes nage et rattrape le canot. Et vu la suite, j’ai pensé que certains s’entraînaient déjà pour le débarquement de 44... Sauf que nous n’étions pas en Normandie.

 

Bref, de l’action et comme par hasard, le petit-fils turbulent de la reine est toujours derrière tout cela, telle la pieuvre Octopussy portant un casque à pointe.

 

Mycroft devra potasser une autre prophétie : "Prends pas ton p’tit frère pour un con".

 

Dans la dernière case, on apprendra que Holmes à peur que la cérémonie de mariage de la cantatrice ne le rende mélancolique, pensant à une autre cantatrice, la belle Irène. Holmes a un coeur, c’est déjà ça.

 

Malgré tous ces petits défauts, c’est le meilleur album des quatre de cette collection, mais pas assez que pour un avis positif à cent pour cent.

 

 

 

Titre : Sherlock Holmes - T5 : Le Vampire du West End

 

Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte
Edition : Soleil Productions n° 5 (2002)


Résumé :

Créé par Conan Doyle à la fin du XIXème siècle, le maître de Baker Street, Sherlock Holmes, assisté de son fidèle Watson, revient pour de nouvelles aventures... Il se heurte cette fois à un adversaire de taille, Dracula !

 


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