16.2 SF diverse

 

 

 

Titre : Prime Time


Auteur : Jay Martel
Édition : Super 8 (2015)

Résumé :

A l'insu de ses habitants, la Terre est depuis des décennies le programme de télé réalité le plus suivi de la galaxie.

 

Tous se régalent depuis longtemps des aventures des Terriens, ces êtres primaires, aussi stupides qu'arrogants, qui, à force de guerres, de pollution, de décisions irrationnelles, s'approchent chaque année un peu plus de l'autodestruction.

 

Leurs aventures sexuelles, religieuses, politiques ont souvent été irrésistibles. Puis, peu à peu, l'audience s'est mise à chuter. Les spectateurs se sont lassés. Inutile d'épiloguer : vous faites partie du spectacle, après tout, vous savez ce qu'il en est.

 

Aussi les producteurs ont-ils décidé d'arrêter les frais. Et ils préparent en secret un dernier épisode destiné à marquer durablement les esprits : la fin du monde, prévue dans trois semaines.

 

Un seul homme, bien malgré lui, va avoir la possibilité de sauver la planète. Scénariste has been un peu déplumé et travaillé par une libido dévorante, Perry Bunt va en effet lever le voile sur la conspiration.

 

Hélas pour nous, il n'a pas grand chose d'un héros !

 

Critique : 

Me voici face à un nouveau paradoxe au moment d'écrire ma critique d'un roman : j'ai bien aimé, mais...

 

Le bandeau-titre disait "Hilarant" et je n'ai hilaré (néologisme) autant que ça. Quelques sourires, sans plus.

 

Oui, c'est loufoque, drôle à la limite, mais de là à hurler de rire, non.

 

Si le pitch était intéressant et bien raconté, il y aurait quelques longueurs en moins que cela n'aurait pas nuit au récit... Sans compter que j'ai trouvé certains dialogues un peu simplistes et plats. Traduction ??

 

Le côté moralisateur, en ce qui concerne les travers de l'homme, était parfois un peu poussé, même si je suis la première à dire que l'Humain est souvent un Crétin.

 

Ce roman SF ce veut une satyre de notre société et des médias que nous consommons en masse, médias qui nous manipulent et nous qui nous laissons faire tels des veaux en route vers l'abattoir.

 

Je me suis toujours demandée qui était le pire : les gens qui participent à de la sois-disant télé-réalité ou à ceux qui les regardent avec des étoiles pleins les yeux ?

 

Quand la télé filme des gens devant leur télé et que des gens regardent ces même gens devant leur télé, on peut se dire qu'on a touché le fond, non ? Vous suivez toujours ?

 

Le pays peut bien s'enfoncer dans l'ignorance et dans l'apathie, la Terre peut bien se consumer dans ses propres émanations, l'expansion de l'univers peut bien se résoudre dans le néant, tout ce qu'on veut savoir c'est : qu'est-ce qu'il y a ce soir à la télé ?

 

Ici, l'auteur se plait à critiquer notre société humaine mais aussi les médias et leur course à l'audimat au travers des Édénites, cette société d'extra-terrestres qui ont fait de la Terre un programme de télé-réalité.

 

Une réelle prospérité, une foi religieuse particulièrement affirmé, une législation très souple en matière d'armes à feu: tout concourait à ce que ce soit aux États-Unis que se déroulent les programmes de Channel Blue qui marchaient le mieux. Oui, c'était un pays où le gouvernement assassinait des gens parce qu'ils assassinaient des gens et déclenchaient des guerres pour empêcher que des guerres ne se déclenchent.

 

Cette société plus évoluée que nous, qui a banni les embrassades à pleine bouche, l'amour, le coït, les touches-pipi, les crimes, les défauts, les croyances, la fonction d'uriner, de déféquer et qui ne se reproduit plus que par fécondation extra-utérus; s'emmerde à fond et n'a d'autre choix que de se gaver des milliers de programmes de télé-réalité fait à l'insu de certaines planètes.

 

Ça se dit évolué mais ça vit devant un écran de télé... Trouvant bien entendu que nous sommes des pauvres terricules avec des comportements bestiaux.

 

Tiens, à un moment, avec leurs questions à la con pour ce pauvre Perry Bunt - le gars qui essaie de sauver la Terre - ils m'ont fait penser à nos explorateurs qui, découvrant d'autres civilisations, les cataloguaient de primitives parce qu'ils ne faisaient pas les mêmes choses que nous.

 

Un roman amusant, plaisant, mais qui ne restera pas dans mes annales (pas oublier les deux "n").

 

La satyre n'était pas mal, la critique était bonne mais elle était servie par une écriture un peu plate, des rebondissements un peu trop nombreux, trop de retournements de situations aussi et le roman aurait été plus court qu'il en aurait gagné.

 

Le "Challenge US" chez Noctembule.

 


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