4.1 Fred Vargas : Adamsberg

 

 

 

Fred Vargas, de son vrai nom Frédérique Audoin-Rouzeau, est née le 7 juin 1957 à Paris, est une écrivain et archéozoologue  française.

 

Auteur de romans policiers à fort succès, elle a choisi, avec « Vargas », le même pseudonyme que celui de sa sœur jumelle Joëlle, peintre contemporaine connue sous le nom de Jo Vargas.

 

Ce pseudonyme fait référence à Maria Vargas, personnage joué par l'actrice Ava Gardner dans le film "La Comtesse aux pieds nus".

 

 

 

 

 

Titre : Un lieu incertain
 
Edition : Chemins nocturnes / J'ai Lu (2010)


Résumé :

Adamsberg part pour trois jours de colloque à Londres.

 

Estalère, le jeune brigadier, et Danglard - terrorisé à l'idée de passer sous la Manche - sont du voyage.

 

Tout devait se passer de manière aérienne et décontractée, mais un événement macabre alerte leur collègue de New Scotland Yard, Radstock.

 

Clyde-Fox, un original local, lui parle du vieux cimetière de Highgate.

 

Des chaussures - avec des pieds dedans - font face au cimetière, "un des cimetières romantiques les plus baroques de l'Occident", un lieu macabre, gothique, unique.

 

Tandis que l'enquête anglaise commence, les français rentrent au pays, et se retrouvent confronté à un horrible massacre dans un pavillon de banlieue.

 

De fil en aiguille, Adamsberg, avec l'aide de Danglard, remonte une piste de vampires, et de tueurs de vampires, jusqu'en Serbie.

 

Extraits :

" - Bien, dit Clyde-Fox en se rechaussant. Sale histoire. Faites votre job, Radstock, allez voir ça. C'est un tas de vieilles chaussures posées sur le trottoir. Préparez votre âme. Il y en a une vingtaine peut-être, vous ne pouvez pas les manquer.

 

- Ce n'est pas mon job, Clyde-Fox.

 

- Bien sûr que si. Elles sont alignées avec soin, les pointes dirigées vers le cimetière. Je vous parle évidemment de la vieille grille principale.

 

- Le vieux cimetière est surveillé la nuit. Fermé pour les hommes et pour les chaussures des hommes.

 

- Eh bien elles veulent entrer tout de même, et toute leur attitude est très déplaisante. Allez les regarder, faites votre job.

 

- Clyde-Fox, je me fous que vos vieilles chaussures veuillent entrer là-dedans.

 

- Vous avez tort, Radstock. Parce qu'il y a les pieds dedans. Il y eut un silence, une onde de choc désagréable.

 

Une petite plainte sortit de la gorge d'Estalère, Danglard serra les bras.


Adamsberg arrêta sa marche et leva la tête. "

 

Critique :

Un cadavre réduit en miettes, des pieds tranchés, un cimetière à la réputation maléfique à Londres, Paris, l'Europe de l'Est...

 

"Un lieu incertain" ne déroge pas à la règle vargassienne : c'est insolite, enlevé, prenant, on aimerait taper sur le commissaire et c'est toujours avec le plus grand bonheur que l'on retrouve Adamsberg, Danglard, et tous les personnages de l'univers de l'auteur.

 

On commence en force avec la découverte de pieds tranchés, tournés vers le mur du cimetière de Highgate.

 

Suivra au retour d'Adambsberg un meurtre assez sordide. Et c'est là qu'on se demande « comment les deux affaires peuvent-elles être liées ? ».

 

Durant une bonne partie de la lecture, je me suis posée la question de savoir comment l'auteur parviendrait à faire la transition.

 

Elle a réussi à la faire. Je ne m'y attendais pas du tout. Les pistes étaient nombreuses et qui sait, on tombe parfois sur des fausses…

 

Sans oublier les légendes, les malédictions et tout le folklore qui étonnera le commissaire et lui fera transgresser des règles.

Comme d'habitude, j'ai eu l'envie folle de secouer Adamsberg ou de lui botter les fesses.

Bizarrement, je n'aime pas son personnage, mais d'un autre côté, je l'apprécie pour son côté un peu « sur son nuage, dérangé, lymphatique ».

 

Bref, il ne me laisse pas indifférente et j'aime le lire justement parce qu'il m'agace profondément. C'est paradoxal, je sais.

 

Si certains de ses romans passés avaient une légère touche un peu surréaliste, notamment dans "L'homme à l'envers" et le gars qui se prenait pour un loup ou son serial killer increvable dans "Sous les vents de Neptune", ici, on passe directement dans une hypothèse paranormale - ça reste un policier, attention, et non pas un roman fantastique - mais je ne vous dirai rien (sauf moyennant paiement).

 

Très bien écrit, chapitres souvent courts (il y en à 50 pour moins de 400 pages) et du suspense à foison. L'intrigue m'a étonnée et ma seule envie était d'arriver au bout du roman pour enfin savoir.

 

Un bon livre, et un fan de Fred Vargas appréciera sûrement sa lecture !

 

 

 

 

 

 

Titre : Pars vite et reviens tard
 
Edition : France loisirs / J'ai Lu (2005)


Résumé :

Pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins, Joss Le Guern, capitaine du chalutier Le Vent de Norois, a connu la prison, puis le chômage avant d'échouer à Paris et de devenir "crieur", place Edgar Quinet.

 

Trois fois par jour, Joss relève les messages, accompagnés de pièces ou de billets, que ses clients ont déposés dans sa boîte et, trois fois par jour, perché sur une estrade, il crie les nouvelles devant les habitués du quartier.

 

Un jour, Joss découvre dans sa boîte une étrange missive qui se révèle inquiétante.

 

C'est tout au moins ce que pense Hervé Decambrais, un septuagénaire qui allie à la broderie de napperons une érudition peu commune.

 

Et comme ces messages bizarres continuent d'arriver trois fois par jour, il va déployer tous ses efforts pour en détecter le sens caché.


Le commissaire principal Jean-Baptiste Adamsberg, qui vient d'être affecté à l'antenne du XIIIe arrondissement de la brigade criminelle, reçoit Maryse.

 

La jeune femme est affolée d'avoir découvert peint en noir sur presque toutes les portes de son immeuble un grand 4 inversé accompagné des lettres CLT.

 

Le policier se décide à prendre l'affaire au sérieux lorsque des tags similaires sont découverts dans un autre arrondissement et qu'un cadavre est retrouvé, la peau enduite de charbon.

 

Bientôt les deux affaires vont se recouper.


Petit plus : Avec ses accroches insolites, Fred Vargas crée d'emblée un mystère.

 

Elle entraîne le lecteur dans une plongée au cœur de l'histoire en compagnie de personnages déjà croisés dans de précédent romans, comme Adamsberg et son amie Camille (L'Homme à l'envers), ou encore Marc, l'un des évangélistes (Debout les morts).

 

On y croise aussi d'autres individus singuliers comme Joss le crieur, Hervé, l'as du napperon brodé ou l'ancienne prostituée Lizbeth.

 

Instructif et divertissant, ce nouvel opus qu'on déguste avec délice, est évidemment copieusement garni de digressions et des célèbres aphorismes qui font le charme des polars de Fred Vargas.

 

Critique :

Lorsque j'avais le ce livre il y a quelques années de ça, et, afin de ne pas m'ennuyer dans la salle d'attente de mon dentiste, j'avais poursuivi sa lecture, indifférente au bruit de la fraiseuse.

 

J'ai presque regretté le fait de devoir fermer le livre pour suivre mon adorable dentiste.

 

Pourtant tout commence très simplement (le livre, pas ma carie).

 

A ma droite, nous avons un dénommé Joss Le Guern, poids moyen, ancien capitaine de bateau en Bretagne, émigre à Paris après avoir fait de la prison pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins. K.O pour l'éternité...

 

Rien de transcendantal, me direz-vous.

 

D'accord. Mais Fred Vargas est une petite cachottière. La coquine nous présente l'affaire avec l'air de ne pas vouloir y toucher et, pour finir, elle vous scotche dans votre fauteuil !

 

Après une période de chômage, il devient « crieur » place Edgar Quinet, c'est-à-dire qu'il crie trois fois par jours les messages que les gens lui envoient : petites annonces, déclarations d'amour, de haine…

 

Voilà déjà une petite particularité qui vaut son pesant de cacahuètes en temps de crise : ressusciter un métier qui était tombé en désuétude.

 

Au lieu de essemesser (envoyer un SMS - Texto, pour ceux qui ne suivent pas) votre message d'amour à votre belle, faite le crier par un crieur public. Succès garantit.

 

Un jour, voilà qu'arrivent des messages très étranges, qui parlent de vermine, de fléau, de mort. Nous sommes loin des "je t'aime mon amour". Je vous avais dit que Vargas était une petite coquine de cachotière !

 

Inquiet, Hervé Decambrais, vieil homme érudit qui héberge Joss dans sa petite pension, commence ses recherches pour révéler le sens caché de ces messages.

 

A ma gauche, dans la catégorie "poids lourds de la maison poulaga", il y a le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, qui vient d'être affecté à la brigade criminelle. Bien connu des lecteurs de Vargas et pour les autres, je vous invite à découvrir ce flic pas comme les autres.

 

Il n'y a pas que les auteurs du Grand Nord (Norvège, Islande, Suède) qui ont créé des flics atypique.

 

Et qu'est-ce qu'il lui arrive, à notre Adamsberg ?

 

Une visite d'une jeune femme très angoissée : les portes de son immeuble sont victimes de « graffitis » alarmants : des sortes de 4 à l'envers.

 

Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre ? On pourrait croire que le fiston de la voisine a essayé la gouache de son grande soeur, mais il n'en est rien...

 

Le commissaire va finir par prendre l'affaire au sérieux quand d'autres immeubles sont touchés et quand Decambrais et Joss Le Guern se décident à venir lui parler des messages « spéciaux ».

 

Les deux affaires vont rapidement se recouper et bientôt le premier cadavre est découvert… Le premier ? Oui, parce qu'il y en aura d'autre au menu.

 

Sans oublier les fausses pistes, les dialogues jubilatoires, passionnants,  des personnages attachants, amusant, un Adamsberg encore pire, une intrigue complexe dont on se demande où elle va nous mener.

 

L'écriture est simple, soignée, stylée, les chapitres passent des aventures de notre marin d'eau douce à notre flic particulier, se rejoignant à un moment.

 

Les héros (ou personnages) ne sont pas tout blanc, ils ont leur défaut et leurs qualités. Adamsberg a toujours l'air de provenir d'une autre planète ou d'être perpétuellement sur son nuage.

 

Désorganisé, Adamsberg ne sait pas toujours tenir en place. Totale opposition avec son collègue qui, lui, est un intello, muni d'une pensée plus organisée qu'un voyage du même nom, et guidé uniquement par la raison.

 

Duo de choc.

 

Dès les premiers chapitres, Fred Vargas a su créer le mystère avec ces événements insolites qui nous accrochent immédiatement dans l'histoire, le suspens étant au rendez-vous dès les premières pages.

 

On se plaît à essayer de trouver le coupable qui n'est évidemment pas celui que l'on croit. Comme d'habitude !

 

Au-delà de l'histoire policière, très bien menée avec un bon rythme, j'ai également été séduite par l'érudition du roman.

 

Entre textes anciens et passages en latin, l'auteur a très bien documenté son histoire, et forcément, vous apprendrez quelque chose sur le «fléau».

 

Toujours agréable d'en parler lors des repas de famille barbant. Succès garantit.

 

Instructif et distrayant, c'est un livre dont on se délecte et qu'on regrette de terminer aussi vite.

 

 

 

 

 

Titre : L'homme à l'envers
 
Edition : J'ai Lu (2002)


Résumé :

Le loup-garou est de retour.

 

Sa présence est signalée dans le sud de la France où il aurait égorgé de nombreuses brebis.

 

Suzanne met en cause Massart, un étrange voisin coupable d'avoir, il y a quelques années, recueilli et élevé un loup abandonné.

 

Peu après, la vieille éleveuse est retrouvée déchiquetée. Son fils adoptif, un Africain, et son berger veulent la venger ; ils sollicitent Camille, une jeune parisienne établie dans le secteur, pour conduire une bétaillère dans laquelle l'insolite trio se lance à la poursuite du présumé coupable.

 

Petit plus : En s'inspirant du mythe ancien du loup-garou, Fred Vargas joue avec un thème cher au roman policier : le tueur en série.

 

Road movie picaresque, L'Homme à l'envers offre une galerie de portraits inimitables, notamment la jeune Camille, dont le livre de chevet est le catalogue de l'outillage professionnel.

 

À l'élégance de son écriture, Vargas ajoute sa spécialité : des dialogues au cordeau ponctués d'aphorismes dignes des Brèves de comptoir. Elle alterne ainsi les moments graves avec des épisodes d'une intense drôlerie.

 

"L'Homme à l'envers" a été salué par le prix Mystère de la critique.

 

Critique :

 

Quand je l'aurai lu !

 

 

A lire dans le cadre de "Objectif PAL Noire à Zéro" organisé par "Les livres de Georges" et "L'Or des chambres" et avec lesquelles je suis en partenariat.

 

Sans oublier mon propre challenge "Vingt mille lieues sous mes étagères".

 

 

 

 

 

Titre : Dans les bois éternels
 
Edition : Viviane Hamy (2006) / J'ai Lu (2009)


Résumé :

La Brigade avait accumulé des résultats incontestables, mais Veyrenc demeurait très sceptique. À savoir si cette efficacité était le résultat d'une stratégie ou le fruit tombé de la providence.

 

Providence qui fermait les yeux, par exemple, sur le fait que Mercadet ait installé des coussins à l'étage et y dorme plusieurs heures par jour, sur le fait qu'un chat anormal défèque sur les rames de papier, que le commandant Danglard dissimule son vin dans le placard de la cave, que traînent sur les tables des documents sans lien avec les enquêtes, annonces immobilières, listes de courses, articles d'ichtyologie, reproches privés, presse géopolitique, spectre des couleurs de l'arc-en-ciel, pour le peu qu'il en avait vu en un mois.

 

Cet état de choses ne semblait troubler personne, sauf peut-être le lieutenant Noël, un gars brutal qui ne trouvait personne à son goût.

 

Et qui, dès le second jour, lui avait adressé une remarque offensante à propos de ses cheveux.

 

Vingt ans plus tôt, il en aurait pleuré mais aujourd'hui, il s'en foutait tout à fait ou presque.

 

Le lieutenant Veyrenc croisa les bras et cala sa tête contre le mur. Force indélogeable lovée dans une matière compacte.

 

Petit plus : Dans les bois éternels est le dixième « rompol » de Fred Vargas.

 

Ses précédents livres, traduits ou en cours de traduction dans plus de trente pays, ont reçu nombre de récompenses françaises et étrangères, dont le prix des Libraires, le prix des Lectrices ELLE, le Deutscher Krimipreis.

 

Critique :

 

Quand je l'aurai lu !

 

A lire dans le cadre de "Objectif PAL Noire à Zéro" organisé par "Les livres de Georges" et "L'Or des chambres" et avec lesquelles je suis en partenariat.

 

Sans oublier mon propre challenge "Vingt mille lieues sous mes étagères".

 

 

 

 

Titre : L'homme aux cercles bleus
 
Edition : J'ai Lu (2002 - 2005)


Résumé :

"Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?"

Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris.

 

Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu : trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon...

 

Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent un maniaque, un joueur.

 

Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas.

 

Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de, mauvais augure. Il le sait, il le sent : bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. Il n'a pas tort.

 

Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.

 

Critique :

 

Quand je l'aurai lu !

 

A lire dans le cadre de "Objectif PAL Noire à Zéro" organisé par "Les livres de Georges" et "L'Or des chambres" et avec lesquelles je suis en partenariat.

 

Sans oublier mon propre challenge "Vingt mille lieues sous mes étagères".

 


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