4.10 Auteurs Divers : Année 2014

  • Apnée Noire : Claire Favan
  • Baptême des ténèbres : Ghislain Gilberti
  • Bird Box : Josh Malerman
  • Carter contre le diable : Glen David Gold
  • Ce qui n'est pas écrit : Rafael Reig
  • Des nœuds d'acier : Sandrine Collette
  • Jour des morts, le : Nicolas Lebel
  • Malédiction du Norfolk (la) :
  • Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex : L.C Tyler
  • Mystère de High Street, le : Anne Perry
  • Noyées de la Tamise, les : A.J Waines
  • Ressac Mortel :  A.J Waines
  • Rivières de Londres, les - Le dernier apprenti sorcier - T1: Ben Aaronovitch

 

 

 

 

Titre : La malédiction du Norfolk


Auteur : Karen Maitland
Édition : Sonatine (sept 2014) / Presse Pocket (2015)

Résumé :

1208. Le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d'Angleterre.

 

Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements, ni confession, ni mariage, ni extrême-onction.

 

S'ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, en particulier chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours.

 

C'est dans ce contexte particulièrement difficile qu'une jeune paysanne, Elena, est appelée au service du seigneur de Gastmere, dans le comté de Norfolk.

 

Là, on l'oblige à s'adonner à un étrange rituel, celui des "mangeurs de péchés", consistant, en l'absence d'extrême-onction, à prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés d'un mourant.

 

Cette cérémonie va être le début d'une véritable descente aux enfers pour la jeune fille qui se retrouve bientôt accusée de meurtre.

 

Son cauchemar ne fait que commencer.

 

Critique : 

Angleterre 1208. Suite à une grosse querelle entre le roi Jean d'Aquitaine (ex Sans Terre) et le pape Innocent III, toute l'Angleterre est sans prêtres, sans curés, cimetières et églises fermées, plus d'offices célébrées... Plus rien, quoi !

 

Toute l'Angleterre ? Oui ! Ici, il n'y aura pas de "Un petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur".

 

Nous, en 2016, dans le cas où ça arriverait, ça ne serait pas aussi grave qu'à cette époque puisque les mariages passent d'abord par l'officier d'état civil et je me demande qui pense encore à se confesser de nos jours.

 

Oui, mais en 1208, ce n'est pas le cas ! Les croyances sont fortes, les gens simples, l'Église toute puissante et si tu meurs sans confession, je te raconte pas les tourments de l'Enfer que l'on te promet ! Idem pour un enfant mort sans être baptisé : les limbes ! Eux, ils en ont encore la trouille, ces gens pieux et simples.

 

C'est dans ce contexte tendu entre Jean et Innocent que nous faisons connaissance des différents personnages qui vont nous entrainer dans cette histoire médiévale. Ils sont nombreux mais impossible de les confondre ou d'en faire une soupe.

 

Notons Elena, jeune serve, fille de campagne qui vient de se faire déniaiser par son fiancé mais qui restera toujours un peu niaise, idiote et naïve au fil des pages.

 

— C’est dangereux, tu es quand même capable de comprendre ça, non, espèce de petite idiote ? La prochaine fois, je ne serai peut-être pas là pour sauver ta misérable tête.

 

Énervante, Elena le sera souvent, grosse envie de la baffer, parfois, mais nous sommes en 1208 et l'Éducation Nationale pour tous n'est encore que de la SF à cette époque. Alors, on lui pardonne son imbécilité et ses croyances qu'on lui a bourrée dans le crâne. C'est pas de sa faute...

 

Penser le mal, lui avait dit un jour le prêtre du village, était aussi condamnable que le commettre.

Nul besoin de prêtres là-bas [en Terre Sainte]. Le pape avait juré que tout homme qui périssait en combattant de la Croix mourrait absous de tous ses péchés.

 

Un qui mérite le détour, c'est Raffaele qui pourrait être aussi savoureux qu'une friandise de chez Ferrero à la noix de coco sauf que le pauvre n'a plus ses bonbons...

 

Au milieu de tout ces étalons ou, au pire, "entiers" (puceau), notre Raffaele est un hongre ! On n'oubliera pas de dire merci à sa maman - la salope - qui l'a offert à l'Église (encore elle !) pour qu'elle en fasse en Petit Chanteur À La Croix De Bois version castrat.

 

Sans compter que maître Raffaele valait mieux que n’importe quel messager céleste, dans la mesure où, comme le savait tout un chacun, il était castré, si bien que, contrairement à l’archange Gabriel, il ne risquait pas de vous laisser avec un bâtard dans le ventre.

 

Hélas, Raffaele n'ayant pas le talent d'un Farinelli et il s'est finalement retrouvé comme écuyer et ensuite comme intendant de sire Gerard de Gastmere. Stature imposante et voix de fillette, la vie ne fut pas facile pour lui et ne l'est toujours pas.

 

— Maître Raffe, vraiment ? Tu parles d’une veine ! Alors, comment il est, le Bouvillon ? On dit qu’il fait des trucs que même une pute à matelots connaît pas.

 

Son passé en Terre Sainte recèlera quelques récits sanglants qu'il nous contera au fur et à mesure du récit, tout en nous gardant du suspense, le vieux bougre !

 

Ce roman de 528 pages se lit tout seul, les entrées de chapitre nous dévoilant une partie de l'herbier de la mandragore, les personnages sont travaillés, les deux méchants - Osborn et Hugh de Roxham - sont de vrais salauds bien torchés, comme on les aime. Et dans ces contrées, la Justice est expéditive et la torture normale.

 

— Mordiable, pourquoi faut-y que ça soit un des hommes de la suite de lord Osborn ! Avec un autre, on aurait pu s’contenter de pendre le premier gredin venu, dire que justice était faite, et on n’en parlait plus.

 

En plus de posséder du mystère, une enquête, des meurtres et des complots, le récit nous parle de la misère des gens de cette époque et met bien en avant la différence énorme entre les serfs, les gens nés libres et ceux dit "de noble extraction".

 

Entre nous, on est tous extrait du même endroit, sauf les frères Roxham qui durent être extrait hors d'un cul de basse-fosse...

 

L'enfer étant pavé des meilleurs intentions possibles, notre pauvre Elena va en voir de toutes les couleurs et n'est pas encore sortie de l'auberge.

 

Quant à Raffaele, il a beau être un hongre qui a mal vieilli (ça fait souvent ça quand on les coupe), il est un personnage fort, puissant, tenace, têtu et il m'a conquis. Tout comme les personnages ô combien étrange de Ma et de Talbot.

 

— Qu’un mendiant pète dans cette ville et je le sais avant qu’il en sente lui-même l’odeur !

— Je ne condamnerais pour rien au monde une femme qui se servirait d’un couteau contre un homme qui le mérite. Mieux, j’admirerais son cran.

 

Un excellent roman historique, une belle plume, une narratrice hors du commun pour certains passages, une grosse louche de croyances, de bigoterie, des complots, du sang, de l'intrigue, du suspense, des retournements de situation, la vie dans un lupanar et le tout sans vous rendre l'Histoire indigeste.

 

Quelques passages m'ont serré le cœur car je me suis dit que les exactions commises par certains n'ont rien à envier avec celles commises par d'autres... Autre temps, même mœurs et imbécilités commises par des Hommes qui me révulsent. Et ce n'est pas à Lui que j'en veux, mais à eux !

 

— C’est impossible. L’Église nous avait certifié que si nous partions en croisade, tous les péchés commis avant et pendant les guerres saintes nous seraient immédiatement pardonnés, effacés, comme s’ils n’avaient jamais existé. On nous l’avait juré. C’était un infidèle. Un mécréant. Le tuer était un acte sanctifié, un acte juste. L’Église nous avait promis le pardon.

— Cette nuit-là, les prêtres qui accompagnaient l’armée de Richard vinrent bénir les hommes et tenter de les réconforter, leur assurant qu’ils étaient lavés de tous leurs péchés et qu’ils avaient œuvré pour la plus grande gloire de Dieu, car ces hordes païennes étaient de toute façon damnées, condamnées à brûler en enfer. Ils se juchaient sur un tertre ici ou là et déclamaient les paroles de saint Bernard de Clairvaux dans la touffeur de la nuit : “Le chrétien tire gloire de la mort d’un païen, parce que par là le Christ lui-même est glorifié.”

 

La vie est comme une roue, elle tourne et revient toujours à son point de départ, mais ils sont nombreux ceux qui ne l'ont pas encore compris...

 

Les loups pissent pour marquer leur territoire ; mais qu’ils sentent l’odeur d’une autre bande, et ils se retirent en silence. Pourquoi risquer un combat qui peut vous mutiler ou vous tuer ? Mais les humains, eux, vont se déchaîner et massacrer leurs semblables par milliers dans le seul but d’aller planter leur petit bout d’étoffe au sommet d’une colline ou d’un rempart.

— Semez ce que vous aimeriez récolter. Faites à autrui ce que vous aimeriez qu’il vous fasse.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), le Challenge "Polar Historique" de Sharon et "A year in England" chez Titine.

 

 

 

Titre : Apnée Noire


Auteur : Claire Favan
Édition : Éditions du Toucan (2014) / Pocket

Résumé :

"Vêtue d’un pyjama en satin écru, la jeune femme repose dans une baignoire remplie, en position de fœtus inversé. Ses mains et ses chevilles sont étroitement liées derrière son dos et elle flotte encore avec un soupçon de grâce."

 

À Columbia, sur la côte est des États-Unis, c’est la scène macabre que découvre le lieutenant Sandino. Officier intègre, c’est aussi un homme brisé depuis la disparition de sa famille.

 

Pour mener cette enquête, il doit collaborer avec Megan Halliwell, l’agent du FBI qui a permis l’année précédente l’arrestation de Vernon Chester, un tueur psychopathe qui vient d’être exécuté.

 

Très vite pourtant, il apparaît que ce dernier meurtre présente des ressemblances troublantes avec les crimes commis par Chester. Comment est-ce possible ?

 

Tandis que Megan n’ose imaginer le pire, une erreur judiciaire, Sandino se concentre sur certaines incohérences.

 

De discordes en silences la relation des deux policiers évolue, alors que chaque jour le tueur semble se rapprocher d’eux, omniprésent et insaisissable…

 

Critique : 

Pas toujours facile de proposer de nouveaux plats avec des ingrédients archi connus que sont les tueurs en série.

 

Soit le plat est insipide, manquant de sel, soit l'intrigue est déjà lue et rare sont ceux qui peuvent vous mitonner un repas somptueux et vous surprendre.

 

Claire Favan y est arrivée : de cet air de déjà-lu, elle nous change toute la recette et propose quelque chose de relevé niveau scénario mais foire du côté des cuisiniers, pardon, je veux dire "des personnages".

 

Le lieutenant Vince Sandino, de la police de Columbia et l'agent Megan Halliwell du FBI sont clichés à mort et j'ai eu du mal à m'attacher à eux deux.

 

Pour Vince Sandido, des circonstances horribles ont fait qu'il est devenu une loque imbibée d'alcool et j'ai soupiré devant cet éternel cliché du flic brisé par la vie et qui sombre dans l'alcoolisme sans avoir le panache d'un Jack Taylor de Ken Bruen.

 

Sa voix se brise et ses yeux se remplissent de larmes. Les deux flics détournent le regard pour éviter de voir un grand gaillard comme lui se mettre à pleurer comme un enfant.

 

Quant à la Megan, cette agent du FBI froide comme un iceberg, détachée de tout, sauf de son affaire de son tueur en série - Vernon Chester, mort - véritable robot sans émotions et qui peut devenir tout à coup plus chaude qu'un volcan sur le point d'entrer en éruption... Pas accroché du tout à elle.

 

Pire, je me suis demandée comment une femme aussi "bordeline" avait pu monter en grade au FBI alors qu'elle est souvent hors limite, hors logique et têtue au point de tenter de faire coller les faits avec ses théories débiles.

 

Et quand je dis "débile", c'est parce que c'est tellement tiré par les cheveux qu'elle même devrait s'en rendre compte, sauf si on se trouvait dans la Quatrième Dimension. Mais nous sommes dans la réalité.

 

Si le scénario tenait la route, était prenant, intriguant et que j'avais déjà entrevu la seule possibilité puisque, ayant éliminé l'impossible, ce qui restait devait être la vérité; niveau dialogues entre nos deux représentants de l'ordre, ce n'était pas Byzance mais limite un peu dialogues de Séries B. Dommage.

 

Les fanfaronnades de Vince ne sonnaient pas toujours juste dans les dialogues, mais bon, vous me direz que c'est sans doute dû au fait que quand un fanfaron se met à fanfaronner, ce n'est jamais juste dans ses propos.

 

Petit à petit, tout en ronchonnant sur le Vince qui engloutissait plus de bières qu'un pipe-line et sur son chef qui le couvrait pire qu'une poule couvant ses poussins, j'ai commencé tout doucement à m'attacher à lui sur la fin, quand il se réveille de sa torpeur et qu'il se met vraiment à enquêter.

 

Pour Megan, peau de zob, je n'ai jamais apprécié son personnage même si je lui ai trouvé des circonstances atténuantes. J'ai compris sa rancœur, mais pas pardonné son obsession jusqu'au boutisme, ayant toujours eu une aversion pour ceux et celles qui s'entêtaient alors que tout leur indiquait le contraire.

 

Niveau final, j'ai été gâtée ! Du suspense, de la course, une enquête prenante, un Vince réveillé, un Vince prêt à tout, un Vince digne d'un Sherlock Holmes.

 

Un roman avec un scénario bien inspiré, des retournements de situations, un personnage qui va s'élever tandis qu'un autre va descendre bien bas, une enquête qui va prendre de la vitesse sur la fin et une conclusion qui m'a fait sursauter (j'avais pas tout deviné) mais je ne vous dirai rien de plus.

 

Dommage que les personnages n'aient pas eu plus d'épaisseur et qu'on ait pas pu éviter le cliché du flic alcoolique qui a vécu un grand malheur et d'une agent du FBI aussi tranchée, aussi têtue, aussi butée...

 

Ma découverte de l'univers de Claire Favan ne s'est pas déroulée aussi bien que que je le pensais, mais je ne compte pas m'arrêter à cette première impression un peu mitigée.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016) et Le "Challenge US" chez Noctembule.

 

 

 

Titre : Le jour des morts


Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (2014)

Résumé :

Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l'hôpital Saint-Antoine: un patient vient d'y être empoisonné. Le lendemain, c'est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie...

 

Tandis que les cadavres bleutés s'empilent, la France prend peur: celle qu'on surnomme bientôt l'Empoisonneuse est à l'oeuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans.

 

Les médias s'enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d'une trentaine d'années que de nombreux témoins ont croisée?

 

Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ?

 

Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse: elle est une voisine, une sœur, une ex, et la chasse aux sorcières s'organise. Mais derrière l'Empoisonneuse, c'est la Mort elle-même qui est à l’œuvre, patiente et inexorable: nul ne lui échappera.

 

Critique : 

C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé toute l'équipe du capitaine Mehrlicht que j'avais laissée aux abords de la Sorbonne en décembre 2015.

 

Vu le plaisir ressenti lors de ma lecture précédente, je ne voulais pas laisser passer trop de paquet de Gitane sans filtre avant de retrouver mes policiers hors du commun.

 

Cette fois-ci, le mystère c'est des morts suspectes, des gens sans liens apparent entre eux et une piste évanescente.

 

Bourré d'humour et de nicotine avec du goudron dans les réparties acerbes que le capitaine Mehrlicht balance à tour de mâchoire et à tout être qu'il n'apprécie pas, des dialogues au poil entre les différents policiers, chacun étant bien typés, ce roman est un condensé de plaisir pur et addictif.

 

Dans cette enquête, l'auteur mettra en avant des magouilles de politiciens (eux qui sont si innocents), des pistons bien huilés, les dérives des médias, des livres rares que l'on rêverait de posséder et quelques pages sombres de l'Histoire...

 

L'Histoire sombre... Celle que l'on aime pas faire sortir des placards à squelette, celle de la folie qui saisi les Hommes et pourrait les ressaisir une fois de plus, celle qui fait que l'Homme est un loup pour l'Homme et que dès que le vent tourne, les victimes deviennent vite bourreaux.

 

Sans juger personne - c'est au lecteur à se faire juge et à sortir la guillotine ou pas - l'auteur déploie sa verve à travers les réflexions ou les pensées de ses policiers pour titiller là où ça fait mal.

 

Si Mehrlicht m'avait choqué dans le premier tome avec ses bizutages du pauvre stagiaire François, ici, je ne fus pas le moins du monde choqué et j'aurais volontiers mordu moi-même la main du nouveau, Guillaume.

 

Par contre, ce que je ferai, si je croise l'auteur, c'est lui coller le visage sur la table tout en transformant mon stylo en thermomètre anal parce sa dernière ligne... Salaud, je ne boirais plus de Côte-Rôtie et ne ferai plus de poupée vaudou.

 

Cet auteur peut vous faire rire, mais avec lui, j'ai aussi la larme facile. Mince, comment il a su m'émouvoir, ce *censuré*.

 

Du suspense, du mystère, une enquête prenante, des bons mots, une plume qui m'a chatouillé les zygomatiques, une plume acide dans certains cas, plongée dans le vitriol qui nous fait dire "c'est bien vrai, ça !", de l'émotion, de la profondeur et juste un seul regret : Mehrlicht a changé son appli de sonnerie de téléphone.

 

Vivement le prochain Lebel, surtout si le troisième est du même niveau que le premier et le deuxième, moi, je signe, mais je sens qu'une visite à quelqu'un de drôle va me manquer horriblement.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016).

 

 

 

Titre : Le baptême des ténèbres
 
Auteur : Ghislain Gilberti
Édition : Anne Carrière (2014)

Résumé :

Cécile Sanchez, commissaire de police spécialisée en criminologie, en analyse comportementale et en interprétation du langage non verbal, dirige une section d’élite de l’OCRVP, l’Office central pour la répression des violences aux personnes. Elle traque les criminels les plus dangereux et déviants de l’Hexagone.


Entourée par un médecin-légiste aussi compétent qu’excentrique, un groupe méticuleux de la police scientifique et une section d’assaut structurée en meute, Sanchez devra cette fois percer les arcanes d’un tueur au psychisme atypique.


Celui qui est rapidement surnommé « le Ramoneur » au sein des services de police, à cause de son penchant pour pénétrer ses victimes à la lame, signe ses actes en dessinant sur les visages des suppliciées un masque mortuaire à l’esthétique sanglante.


Alors que les enquêteurs luttent pour travailler à couvert, en retardant au maximum la fièvre médiatique, le tueur va accélérer la cadence et modifier son mode opératoire jusqu’à atteindre un niveau de barbarie insoutenable.


Au fil des investigations, la commissaire va plonger au cœur d’un dossier ténébreux. Heureusement, un spécialiste des profondeurs va la rejoindre en chemin et jouer le rôle d’un Virgile des temps modernes.


Critique : 

Robert Larousse me le confirme, "Baptême : plonger dans un liquide". Lors de votre baptême, on vous plonge la tête dans l'eau, si vous êtes étudiant, ce sera dans la bière pour le bizutage en règle.

 

Dans ce roman, vous plongerez dans le sang et la tête la première dans des ténèbres épaisses, profondes et sinistres. Au sens figuré puisque vous aurez un aperçu de l'âme tourmentée d'un serial killer particulièrement réussi et au sens propre, étant donné que les souterrains de la ville et la faune qui y grouille n'auront plus aucun secret pour vous.

 

La plume de l'auteur est magique puisque, malgré une narration au présent que je déteste, j'ai mis du temps à m'en rendre compte, tant le style de son écriture, acéré comme un scalpel, m'avait agrippé dès le départ.

 

Il est comme ça le monsieur, il couche des mots sur le papier et comme il y met toute son âme, toutes ses tripes, toutes ses connaissances de certains milieux, et bien, ça vous accroche, ça vous scotche et ça ne vous lâche plus.

Bon sang, on se croirait dans un récit "vrai" et pas une "fiction", comme si on lisait les mémoires d'une commissaire de la section d'élite de l'OCRVP.

 

On plonge fort bas dans les ténèbres, on les explore, on tremble, on sue et on serre les fesses.


Son premier roman m'avait emporté dans une maelstrom  d'émotions, le second aussi. D'un genre différent puisque pas d'alternance de personnages dans les chapitres, il m'a permis de mieux faire connaissance avec un de ses personnages, Cécile Sanchez, la commissaire de police spécialisée en criminologie, en analyse comportementale et en interprétation du langage non verbal, dirigeante de la section d’élite de l’OCRVP.

 

Pourtant, j'avoue avoir eu un peu peur quand, peu après la page 100, la commissaire nous annonçait déjà le nom du criminel... Là, je me suis demandée comment on allait pouvoir meubler les 300 pages restantes.

 

Franchement, l'auteur aura le droit de me taper sur l'épaule et de me dire, en me faisant des gros yeux (si je le croise un jour) : "Tu n'as pas honte d'avoir mis en doute mon talent, femme de peu de foi ?". Oui, "shame on me" d'avoir eu cette idée qui m'a traversé l'esprit.

 

Non seulement l'auteur nous tient en haleine tout en nous donnant le nom du coupable, mais en plus, il nous entraine à sa poursuite à tel point que les pages défilent sans que l'on s'en rende compte.

 

La tension est toujours présente, le suspense aussi, sans en ajouter et sans abuser des codes du thriller. Gilberti joue avec nos nerfs et notre claustrophobie (si vous l'êtes).

 

Les personnages sont bien torchés, j'apprécie de plus en plus Cécile et son criminel était réussi, bien que j'aurais aimé entrer dans sa tête durant les crimes. Bon, je ne vais pas faire ma chieuse, niveau psychologique, on est bien servi.

 

Niveau scènes de crimes, les amateurs de hard seront servi, les autres déglutiront un bon coup et inspireront profondément (si je puis me permettre ce mot vu les mises à mort). Je précise que les descriptions un peu hard sont nécessaires et pas de voyeurisme, la commissaire étant un personnage qui a de l'empathie et du respect pour ces pauvres femmes.

 

Malgré tout le plaisir que j'ai eu à lire ce roman, je pense coller un procès à monsieur Gilberti pou l'augmentation de mon rythme cardiaque, pour ma tension artérielle qui a monté en flèche, pour mes mains qui sont devenues moites, pour ma déglutition qui s'est parfois coincée, pour mes jambes qui se sont serrées, malgré moi.

 

Indemnités pour ma claustro qui est revenue, pour ma respiration qui s'est accélérée et pour le fait que par deux fois j'ai failli louper mon arrêt de métro !! Sans la présence de mon mari, j'étais en route pour le terminus.

 

Procès aussi parce que maintenant, je dois attendre pour le troisième opus afin de découvrir de nouvelles aventures.

 

Les romans de Gilberti, c'est une plume acérée, un récit rythmé, des personnages taillés à la serpe, avec de la profondeur, un méchant psychologiquement travaillé et un travail titanesque afin de blinder toutes les parties du récit pour que l'ensemble soit cohérent et vraisemblable.

 

Bref, un put*** de bon roman dont la couverture trouve son origine dans le récit.

"Quand tu regardes l'abîme, l'abîme regarde aussi en toi." J'ai intérêt à me plonger dans ma collection de Petzi, à présent.

 

Merci, Ghislain pour ce roman magnifique, tu peux être fier de ton travail. Moi, les mots me manquent.


Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015).

 

 

 

Titre : Des noeuds d'acier
 
Auteur : Sandrine Collette
Édition : Le Livre de Poche (2014)

Résumé :

Théo Béranger sort de prison. Dix-neuf mois de rapports humains violents et âpres, qu’il a passés concentré sur un seul objectif : sa libération.

 

Son errance le mène au fin fond de la France, dans une région semi-montagneuse couverte d’une forêt noire et dense. Là, kidnappé par deux frères déments, il va replonger en enfer.

 

Un huis clos implacable, où la tension devient insoutenable.

 

Critique : 

Si, pendant mes vacances dans le Sud, notre proprio nous parle d'une super balade qui ne se trouve pas sur les cartes et qu'il se met à tracer la route sur la carte, je vous jure que je fou le camp en hurlant !

 

"J’ai bu mon café à petites gorgées, heureux qu’il soit trop chaud, heureux de prendre mon temps. J’ai déplié la carte sur la table en teck. Mme Mignon m’a montré un trajet insoupçonnable. Je ne voyais aucun chemin et je le lui ai dit ; elle a répondu qu’il y avait une sente, et que si je réussissais à la trouver, j’arriverais dans une sorte de crevasse qui permettait de monter jusqu’en haut du petit mont. Et là, la vue était à couper le souffle.[...] Elle a tracé le chemin au crayon, elle a dit : À peu près, hein. Elle m’a montré où laisser la BM. Elle a souri".

 

Après avoir purgé sa peine de 19 mois, Théo Béranger sort de prison. Il avait cassé la gueule à son frère, le laissant avec autant de dynamisme qu'un légume passé de date. Ses 19 mois furent constitués de rapports humains violents et âpres, qu’il a passés concentré sur un seul objectif : sa libération.

 

"La violence, j'en ai soupé et je n'en ai pas le goût. Mais que ce soit clair : s'il faut l'utiliser, je le fais. Je n'ai pas l'âme d'une victime. Certains ressortent écrasés par la prison, d'autres endurcis ; je suis de ceux-ci. Avec une conscience aiguë des choses pour lesquelles cela vaut la peine de cogner, et celles qui ne le justifient pas".

 

S'il n'avait pas décidé d'aller faire le mariole devant son légume baveur de frère, il n'aurait pas eu les infirmiers aux fesses et n'aurait pas dû ficher le camp sur les chapeaux de roues afin de ne pas retourner à la case "prison" pour la violation de son "interdit de visite".

 

Son errance le mène au fin fond de la France, dans une région semi-montagneuse couverte d’une forêt noire et dense. Logeant chez des petits vieux, il se lie avec madame Mignon, qui gère le gîte...

 

Randonnant gaiement, nos ancien taulard va se retrouver aux prises avec deux petits vieux tellement sadiques et salauds qu'à côté d'eux, ses anciens compagnons de cellule sont des anges !

 

Prisonnier, obligé de les servir comme un esclave, il va perdre petit à petit son humanité pour finir quasi comme un chien. Non, comme l'ombre d'un chien...

 

"Peu à peu, je suis devenu transparent. Les autres êtres transparents possibles sont peu nombreux dans l’univers. Les fantômes. Les ectoplasmes. La fumée peut-être. Comme eux, j’existe à peine et je me coule dans les recoins du monde".

 

Oh, il a bien essayé de résister, mais les vieux l'ont cassés, physiquement et psychologiquement. Il s'est résigné, lui qui voulait tant se révolter.

 

Pourtant, Theo n'est pas une femmelette, j'aurais même pensé qu'il aurait résisté beaucoup plus.

 

"J’ai arrêté de lutter contre ma propre déchéance. Et oublié la moindre idée de révolte".

 

Huis clos prenant, violent, inhumain... tout ça au menu.

 

On assiste, impuissant, à la déchéance d'un homme qui, au départ, répugnait à manger sa pitance sur le sol, apprendra à happer les os au vol où même tombé dans la crasse.

 

Il était devenu un chien...

 

"Je ne suis plus qu’un reste d’humanité. Une entité qui ne pense qu’à manger, boire et dormir, éviter les coups, et à se relever le lendemain. Les vieux avaient raison. Je ne vaux pas beaucoup plus qu’un chien. Je ne suis même pas affectueux. Je suis de la race de ces bêtes galeuses qu’on attache au bout d’une chaine et que personne ne veut plus caresser".

 

L'écriture est simple, mais elle fait mouche parce que l'auteur ne décrit pas des scènes de tortures abominables, mais notre imagination fait le travail lorsqu'elle suggère avant de nous balancer le tout en pleine figure. 

 

La narration est à la première personne, renforçant le sentiment du lecteur qu'il lit le journal écrit par Théo lui-même. Le prologue en avait déjà ajouté une couche : "Non, non, ce n'est pas l'auteur qui écrit, mais c'est bel et bien Théo" me suis-je dit, complètement immergée dans le récit.

 

Les personnages des deux vieux sont des salauds de première, rien ne les excuse, et on s'attache à Théo. Lui qui était un peu arrogant au départ va manger son pain noir et j'ai ressenti de l'empathie pour lui.

 

Ambiance tendue comme une corde de violon jusqu'à la fin, suspense psychologique assez lourd qui laissera le lecteur vidé.

 

L'auteure est vache et j'aime ça ! Et en plus, la boucle est bouclée.

 

PS : j'aime bien les Rottweiler, moi... Théo aussi je pense.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014) et Lire "À Tous Prix" chez Asphodèle (Grand Prix de la Littérature Policière 2013).

 

 

 

Titre : Carter contre le Diable
 
Auteur : Glen David Gold
Édition : Super 8 éditions (2014)

Résumé :

Entre 1890 et 1930, le divertissement était l’apanage des hommes de scène, des gens du cirque et des prestidigitateurs qui ravissaient les foules, captivées par les prouesses d’agilité, d’imagination et de courage de ces amuseurs professionnels.

 

Glen David Gold nous entraîne sur les traces de Charles Carter, dit "Carter le Grand", l’un des illusionnistes les plus réputés de l’âge d’or de la prestidigitation. Si le héros du roman a bel et bien existé, le récit est une œuvre de fiction, qui joue avec l’histoire comme Carter avec ses artifices et nous grise de mystifications et de rebondissements.

 

Le rideau se lève à San Francisco, où Carter bénéficie de l’aimable concours du président des États-Unis, Warren Harding, pour un numéro exceptionnel qui terrorise le public. Comble de malchance, deux heures plus tard Harding trépasse mystérieusement dans sa chambre d’hôtel.

 

Plutôt que de risquer le lynchage, le magicien prend la fuite et laisse les agents perplexes: comment venir à bout d’une enquête quand on a face à soi un génie du trompe-l’œil.

Critique : 

♫ Maggi, Maggi ♪ et vos idées prennent du génie ♫  Nooooon, coupez, ce n'est pas le bon jingle !

 

Il n'est bien sûr pas question de bouillon dans ce roman, mais de magie... Et si le bouquin a tout du pavé, il n'a rien du bouillon de 10h car c'est du fin, du très fin et ça se mange sans faim.

 

Tout petit vous dévoriez les histoires de Mandrake le magicien, gardant la bouche ouverte devant les tours de magie ? Vous aimiez déjà Copperfield avant qu'il ne se tape l'égérie des crash-test Citroën ? Alors, ce livre est fait pour vous !

 

Vous n'avez rien à battre des tours de magie ? Pas grave, vous pouvez le lire parce qu'il n'est pas question QUE de magie dans ce livre, hormis la magie de l'écriture, celle qui vous ravi durant votre lecture.

 

Magie aussi de l'histoire qui réunit un peu tous les genres en un sans pour autant devenir aussi insipide qu'un cube de Maggi que vous auriez mis tremper dans votre verre dans le but de le boire cul sec...

 

Un soupçon de roman policer, un zeste de roman historique, une goutte de grande fresque sociale, quelques morceaux d'amour pur (garantit sans ajout de Harlequin), une belle dose d'aventure, un chouia de fantastique, le tout servi par une brochette de personnages expressifs.

 

Les années 20, les années un peu folles où le music hall était en train de subir les assauts du cinéma muet... et cette sensation amusante de tout savoir sur ce qui nait devant vos yeux et dont vous connaissez déjà la destinée.

 

Un peu comme si vous assistiez à la naissance de John Fitzgerald Kennedy et que le voisin disait "Il mourra vieux et il sera chômeur toute sa vie".

 

Charles Carter, qui a réellement existé, m'a transporté, envoûté, emmené loin de mes murs dans une aventure qui, sans être trépidante, est tout à fait captivante.

 

J'ai aimé que l'auteur commence son récit avec la mort du président Harding avant de passer ensuite à la jeunesse de Charles Carter et aux débuts de l'agent Griffin avant de revenir en 1923.

 

Carter le Grand est un personnage flamboyant, un homme que l'on aurait envie de rencontrer, de suivre... Et tous les autres qui gravitent autour, amis ou ennemis, policiers ou services secrets, sont travaillés à tel point qu'on les croirait ancrés dans la réalité.

 

Dans ce roman, les tours de magie ne sont que peu expliqué, et c'est tant mieux, ils perdraient de leur magie. D'ailleurs, je regrette que Carter ait expliqué à son ami Borax (pas Borat, je vous prie) comment il faisait disparaître l'éléphant.

 

Mesdames et messieurs, approchez et venez voir Carter Le Grand ! Entrez dans son spectacle, suivez ses aventures, ses débuts, sa rencontre avec le président des z'États-Unis et son combat contre le diable !

 

Entrez dans le livre et laissez-vous porter par sa magie, laissez-vous envoûter par ces mots, lisez ces phrases, ouvrez grand les yeux et la magie opérera à tel point que vous aurez du mal à lâcher ces pages.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), Challenge "Polar Historique" de Sharon, le "Challenge US" chez Noctembule et "Ma Pedigree PAL - La PAL d'excellence" chez The Cannibal Lecteur.

 

 

 

Titre : Bird box
 
Auteur : Josh Malerman
Édition : Calmann-Lévy (2014)

Résumé :

Malorie élève ses enfants de la seule façon possible: barricadés chez eux. Dehors, il y a un danger terrible, sans nom. S'ils s'aventurent à l'extérieur, ce sera les yeux bandés pour rester en vie.

S'ils ôtent leurs bandeaux, ils se donneront la mort avec une violence inouïe. Malorie a deux solutions: rester cachée avec ses enfants, isolée, ou bien entamer un terrifiant périple jusqu'au fleuve dans une tentative désespérée, presque vaine, pour rejoindre une hypothétique colonie de survivants. La maison est calme.

Les portes sont verrouillées, les rideaux sont tirés, les matelas cloués aux fenêtres. Les enfants dorment dans la chambre de l'autre côté du couloir. Mais bientôt, elle devra les réveiller et leur bander les yeux. Aujourd'hui, ils doivent quitter la maison et jouer le tout pour le tout.  

Petit Plus : Un tour de force psychologique oppressant au cœur de l'Amérique contemporaine, dans une atmosphère de fin des temps digne d'un livre de Barjavel, de "La Route" de Cormac McCarthy ou du "Jour des Triffides" de John Wyndham. "Bird Box" revisite le roman post-apocalyptique et hisse son jeune auteur Josh Malerman parmi les grands noms du genre.

 

Critique : 

♫ Ouvrez, ouvrez, la cage aux oiseaux... Regardez-les s’entretuer, c'est beau ♪

 

Oui, j'ai transformé un peu les paroles mais j'ai ouvert la cage aux oiseaux. Pas au sens propre, mais au figuré, ayant ouvert le roman Bird Box.

 

Par contre, si Pierre Perret avait chanté sa chanson dans le livre, il n'aurai pas eu beaucoup de succès parce que JAMAIS Malorie et les autres n'auraient relâché les oiseaux de la cage puisqu'ils étaient là pour leur sécurité.

 

Voilà un livre qui m'a collé des frissons de trouille, des sueurs froides en jouant sur une peur ancestrale de l'homme : le noir ! Et pas le noir un petit peu éclairé, mais le vrai noir, celui que l'on obtient lorsqu'on doit se balader dehors les yeux bandés pour ne pas mourir et vivre reclus chez soi, sans lumière du jour.

 

Ajoutons à cela la peur de l'inconnu car l'ennemi est invisible. Il est là, on sait que si on le regarde dans le blanc de l’œil on va devenir fou et massacrer notre entourage, ou nous suicider nous même.

 

Vous vous voyez vivre calfeutré chez vous, les fenêtres obstruées par des matelas et des couvertures ? Vous vous imaginez en train d'arpenter votre quartier à la recherche de potentiels survivants ou de vivres, les yeux bandés, mettant 48h pour faire votre tour de pâté de maison, vous ? Moi, ça me file les chocottes.

 

Non content de nous plonger dans un suspense à couper au couteau avec ces gens qui doivent vivre reclus, l'auteur en ajoute une couche en alternant les chapitres, le sadique qu'il est !

 

Un chapitre du présent avec l'héroïne principale, Malorie et ses deux enfants baptisés "Garçon" et "Fille", qui cherche à s'enfuir de chez elle (nous sommes 4 ans après) et un chapitre du passé avec cette même Malorie, enceinte, et vivant dans cette maison avec d'autres occupants : 4 hommes, 3 femmes et 1 chien (beaucoup de possibilités, mais personne ne baise) avant d'accueillir deux chiens, une cage avec des oiseaux et un autre homme.

 

La question que je me suis posée durant toute ma lecture c'est "Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer dans cette maison transformée en boite de conserve pour que Malorie se retrouve seule avec ses enfants ?". Et je vous jure que l'auteur a fait durer le plaisir, le bougre.

 

Niveau des personnages, ils étaient tous bien travaillés, sans en faire trop, avec leurs défauts, leurs forces, leurs faiblesses... Le huis-clos est oppressant, prenant, sans temps mort.

 

Non seulement l'auteur a l'art de maintenir son suspense sans le faire faiblir (viagra ?), de nous coller des angoisses durant la lecture, de nous faire poser un tas de questions, mais en plus, toute sa construction tient la route, tout en nous laissant dans un flou que nous devrons combler.

 

Bref, une lecture bourrée d'adrénaline, de suspense et de sueurs froides.

 

Faites gaffe quand vous sortez... mais ouvrez quand même les yeux pour lire le roman.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015) et Le "Challenge US" chez Noctembule.

 

 

 

Titre : Les noyées de la Tamise / Ressac mortel


Auteur : A.J. Waines
Édition : France loisirs (2014) / Les Escales (2014) / 10-18 (2015)

Résumé :

Au milieu de la nuit, la psychologue Juliet Grey reçoit un étrange SMS qui l'invite à se rendre au pont de Hammersmith.

 

Sur place, un cadavre de femme est en train d'être repêché, vêtue d'habits que Juliet ne connaît que trop bien : les siens.

 

Bientôt un nouveau message, la dirigeant vers un autre pont et un nouveau cadavre, avec un autre objet lui appartenant.

 

À quel jeu joue le tueur ? Quel lien existe-t-il entre elle et lui ? Est-il l'un de ses patients ?

 

Forcée de mener l'enquête aux côtés du jeune inspecteur Brad Madison, Juliet se retrouve prise dans les filets d'une terrible vengeance qui va faire resurgir les fantômes du passé.
 

Critique : 

Juliet Grey est une psychologue ordinaire et sa vie aurait pu être continuer à être un long fleuve tranquille si  un beau jour, ou peut-être une nuit, elle n'avait reçu un étrange SMS lui enjoignant de se rendre au pont de Hammersmith avant 7h15 du matin !

 

Vous et moi, prudents que nous sommes, nous l'aurions ignoré pensant à une erreur d'envoi, mais Juliet, elle, elle y fonce et bardaf, c'est l'embardée puisqu'elle aperçoit un cadavre sur les bords de la Tamise.

 

Et ce curieux SMS ne sera pas le premier... "Mais pourquoi moi ?" aurait pu être la phrase culte de Juliet.

 

Ce roman, paru sous deux titres différents, "Ressac Mortel" et ensuite "Les noyées de la Tamise" (dans le but d’attraper des imbéciles comme moi qui retiennent les titres mais pas les résumés) aurait dû se nommer "Les étranglées jetées dans la Tamise" puisque tous les cadavres que la police repêchera (c'est la saison) au fil de l'eau et du récit auront tous été étranglés !

 

Si de noyade il ne sera pas question, on pourra tout de même dire que les flics pataugeront dans leur enquête et que sans l'aide de Julit Grey, ben, ils pataugeraient encore !

 

Le mystère est bien présent tout au long de l'eau car LA question que l'on se pose c'est de savoir QUI en veut ainsi à Juliet au point de tuer des femmes et de la prévenir chaque avant au moyen d'énigmes à résoudre afin de trouver le bon pont.

 

Mystère aussi avec le passé de Juliet et l'incendie qui avait ravagé - il y a 20 ans - la maison de ses parents alors qu'elle n'avait que 12 ans, tuant son grand frère qui était retourné chercher le chien.

 

Une bonne louche de mystère, du suspense, un brin de romance, quelques temps un peu plus mort (mais bon, ça allait encore) et un personnage principal un peu enfantin, parfois, têtue et désobéissante.

 

Avec le coup de sa descente dans les égouts en cachette de l'inspecteur, elle aurait pu tout faire capoter et en plus, penser que l'on peut arpenter les égouts avec des bottines de marche et une vieille salopette, faut vraiment avoir de la semoule à ce moment là dans le cerveau.

 

Si j'avais trouvé assez vite le coupable, je séchais sur le mobile, et pour cause, il était un peu fort de café et dur à avaler. Simpliste, je trouve, dans le sens de la personne coupable car trop vague dans le déni. Je ne puis vous en dire trop, mais ça manquait de profondeur, là, dans la bêtise et le déni.

 

Parfois les gens ne supportent pas d’entendre la vérité. Ils déploient une énorme énergie pour la dissimuler, à eux-mêmes comme à leur entourage. En psychanalyse, on appelle cela le déni.

 

Pas un grand cru mais un petit vin qui s’accommodera avec beaucoup de plats.

 

Un roman policier sympathique à lire au coin du feu, une tasse de thé à proximité ou en vacances, au coin de la piscine, avec un mojito dans les mains.

 

Pas LE roman policier de l'année, ni même du mois, encore moins de la semaine, mais ça se lit avec plaisir et vous donne du temps de cerveau afin de le préparer à plus mieux.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), "A year in England" chez Titine, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le "RAT a Week, Winter Édition" chez Chroniques Littéraires (480 pages - 480 pages déjà lues pour le Challenge).

 

 

 

Titre : Le dernier apprenti sorcier - Tome 1 - Les rivières de Londres


Auteur : Ben Aaronovitch
Édition : J'ai Lu (2014)

Résumé :

L'agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu'au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel... S'il n'était mort depuis plus d'un siècle !


Et Peter n'est pas au bout de ses surprises : recruté par l'énigmatique inspecteur Nightingale, il intègre l'unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles.


Au programme, traquer vampires, sorcières et autres créatures de la nuit ; faire respecter les divers accords passés entre les forces occultes de Londres ; réconcilier les divinités qui se partagent la Tamise, sans devenir esclave de leurs charmes ; et bien sûr apprendre le latin, le grec ancien et une montagne d'incantations bizarres et pour le moins rébarbatives.


Peter doit en passer par là, s'il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres...

 

Critique : 

Hakuna matata ! Oups, pardon, je me suis trompée de formule : Avada Kedavra ! Voilà qui ira mieux pour entrer dans le monde de la magie...


Ah ben non, bien que l'on cite mon vieux copain Harry Potter, la magie présente ici est un peu différente et moins tapageuse niveau sorts en tous genres.


Une fois de plus j'ai lu un roman à l'aveugle et bardaf, comme le précédent, je tombe sur du fantastique, mêlé à de la sauce policière. Sauf qu'ici, le fantastique est plus présent.


Je pourrais qualifier ce roman policier fantastique de "Feel Good" tant je me suis amusée à le lire, pouffant sur les bons mots et les réflexions que nous lâche Peter Grant, son narrateur et jeune inspecteur de police à la Metro.


Sur place pour garder les lieux d'un crime "étrange", le voilà qui tombe sur un témoin... Mais son témoin est un ectoplasme (et c'est pas une injure du capitaine Haddock ici) vieux d'un siècle au moins.


Notre pauvre ami, qui après sa période de stage rêvait d'incorporer la Criminelle n'a pas de bol car le voici recruté par l'énigmatique inspecteur Nightingale qui lui fait intégrer l'unité de la police londonienne chargée des affaires... surnaturelles.


Fox Mulder notre Peter Grant ?? Non, pas tout à fait, ici, pas de E.T ou autres bonhommes verts la Zone 51 à la sauce MIB, mais la vérité est ailleurs, assurément.


Le pitch sera troublant pour tout réfractaire au fantastique ou à la magie, moi, en tout cas, j'ai adoré. Ça ne vaudra jamais un Pulitzer à l'auteur, mais il mérite le prix de la lecture qui rend heureux et qui fait pousser un sourire en forme de banane.


Enquête de police il y a, mais notre suspect sera, comment dire, un peu différent de ce à quoi nous avons l'habitude et oubliez le traditionnel Colonel Moutarde dans la biblio avec son chandelier, car ici, rien n'est tout à fait habituel.


Urban fantasy, magie, humour, tensions, meurtres, petits problèmes de territorialités entre différentes divinités se partageant la Tamise, personnages qui sont loin d'être médiocres, énigmes, suspense, questions sans avoir toutes les réponses (la suite aux prochains épisodes), ironie, mystères, le tout donnant un cocktail détonnant qui donne envie d'en boire un autre.


Comme je le disais, ce n'est pas le prochain Pulitzer mais qu'est-ce que ça fait du bien au moral ce genre de lecture.


Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016) et "A year in England" chez Titine.

 

 

 

Titre : Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex


Auteur : L.C. Tyler
Édition : Sonatine (2014)

Résumé :

Findon, province du Sussex. L’écrivain Ethelred Tressider a décidé de délaisser pendant un temps le roman policier pour se consacrer à sa grande œuvre littéraire. Au grand dam de son agent, Elsie Thirkettle, que la littérature intéresse surtout pour son aspect commercial.

 

Pour apaiser les tensions qui règnent entre eux, ils s’affrontent au Cluedo et sortent dans le grand monde. Comme ce fameux soir où Sir Robert Muntham, un ami d’enfance d’Ethelred ayant fait fortune dans la finance, les convie à dîner avec quelques notables.

 

À peine ont-ils le temps de remarquer la saisissante ressemblance entre le magnifique manoir de Sir Robert et celui du Cluedo que leur hôte est retrouvé étranglé. Avec une corde. Dans la bibliothèque.

 

Commence alors pour Ethelred et Elsie une nouvelle partie, bien réelle cette fois, d’autant plus "jubilatoire" que la pièce était fermée de l’intérieur lors du crime, et que seul l’un des dix convives présents a pu commettre le meurtre.

 

Critique : 

Qui a tué le respectable banquier - si tant est que l'on peut être respectable ET banquier - avec la corde dans la bibliothèque ?

 

Ici, pas de mademoiselle Rose ou de Colonel Moutarde, mais des invités qui se sont absentés au moins une fois au cours de la soirée avant que l'on retrouve Sir Robert ayant avalé son extrait de naissance, dans la bibliothèque où tout était clos !

 

Une mort par strangulation dans une pièce hermétiquement fermée.

 

À qui profite le crime ? Telle est la question que vont se poser nos deux narrateurs présents sur place : Ethelred Tressider, auteur raté de polars et Elsie Thirkettle, son agent littéraire et éditrice à la verve caustique et ayant des manquements au niveau de l'éducation.

 

Les récits de nos deux protagonistes sont bien distincts de par des polices d'écriture différentes et de par leur ton utilisé aussi car il varie selon l'auteur du récit.

 

Si Ethelred est un grand benêt devant une paire de nibards sur-gonflés, Elsie nous éclaire davantage mais nous ment effrontément sur ce qu'elle a mangé (nous parler de saumon alors qu'elle s'est goinfrée de 3 paquets de frites).

 

J'ai souri, j'ai pouffé en les lisant, c'est drôle et amusant mais ça ne cassera pas trois pattes à un banquier véreux.

 

Une roman policier amusant, une enquête drôle mais une résolution un peu simpliste.

 

À lire quand on veut se ménager une plage détente car on passe un bon moment, même si ça ne restera pas inscrit dans les annales.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016) et "A year in England" chez Titine.

 

 

 

 

Titre : Le mystère de High Street


Auteur : Anne Perry
Édition : Ombres Noires (2014)

Résumé :

Lorsque Monty Danforth, libraire dans le quartier de Cambridge, retire d'un carton un très vieux parchemin, il ne sait pas encore que plus rien ne sera comme avant.


Trois individus énigmatiques se présentent successivement à lui, voulant tous - et à n'importe quel prix - acquérir le mystérieux manuscrit.


Qui sont ces étranges personnages et comment expliquer les phénomènes inquiétants qui envahissent peu à peu la vie de Monty ? Malédiction ou anathème ? Qui pourrait détenir la clé du mystère ?

Prolongez votre lecture avec une interview inédite d'Anne Perry à la fin du roman.

Critique : 

"Mystère autour d'un parchemin" aurait pu aussi être titrée cette nouvelle de Anne Perry.


Monty (mais pas Python) travaille dans une librairie spécialisée dans les livres anciens et en l'absence de son boss, le voilà qui tombe sur un vieux parchemin semblant dater de Mathusalem.


Le mystère vient de ce morceau de papier, ancien (mais que l'on peut déplier facilement pour poser sur l'écran de la photocopieuse), vraisemblablement écrit en Araméen et qui ne veut pas se laisser copier, le bougre !


Oui, beaucoup de mystères dans cette courte nouvelle, mais peu de réponse pour l'amateur d'énigme policière qu'est le lecteur. En fait, la vérité est, comme le disait si bien Mulder "ailleurs" !


Quelle énigme donc pour les amateurs que nous sommes, que celle des croyances religieuses, de ce qui se serait passé, ou pas, lors de la crucifixion (et l'après), sur les traitrises, ou pas... M'est avis que nous résoudrons jamais cette énigme de notre vivant et qu'elle continuera pour des siècles et des siècles, amen.


Le problème des nouvelles, c'est que c'est toujours trop court et qu'à la fin, elles ont toutes un goût de trop peu, nous laissant sur notre faim, notre soif, avec l'impression qu'on nous a agité une belle pièce sous nos yeux avant de nous la soustraire de manière délibérée et sadique.


En tout cas, j'ai remarqué qu'elle avait la même idée que moi (idée à ne pas balancer en classe, au cours de religion, sous peine de se faire buser en juin) au sujet du mal nommé Judas le traître.


Une chouette petite nouvelle qui se lit d'une traite, avec quelques petites fautes, plus réussi à mon sens que celle de David Bell "La cavale de l'étranger".


Mais le côté "fantastique" ou "mystique" m'a laissé un goût de trop peu...

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016) et "A year in England" chez Titine.

 


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