4.10 Auteurs divers - Années 2013

 

 

 

 

Titre : Reflex
 
Auteur : Maud Mayeras
Édition : Anne Carrière (2013)

Résumé :

"Perdre un enfant est une maladie que l’on a peur de contracter. C’est une contagion dont on évite soigneusement les infectés. On change de trottoir, on les fuit à toutes jambes. De ces gens-là, je suis la peste et le choléra. Je suis leur faucheuse, leur cancer, leur 22 long rifle."

 

Iris Baudry est photographe de l'identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes.

 

Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

 

Mais une nouvelle affaire va la ramener au coeur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d'écorcher ses victimes en rappelle une autre.

 

La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu'Iris croyait éteint va s'enflammer à nouveau dans l'objectif de son reflex.

Critique : 

Put*** de bor*** de mer** !!! J'ai commencé "Reflex" lundi matin et je n'ai plus su le poser, le terminant au soir, lisant sans interruption de 18h à 22h30... Voilà pourquoi je n'étais pas sur le Net lundi 27 janvier soir, je bouffais, je dévorais, je m’empiffrais de ce livre qui m'a transporté ailleurs...

 

Monsieur Ernotte et son "C'est dans la boîte" m'avait déjà ébahie et collé un coup de pied dans les fesses, me laissant sans voix (un exploit), mais madame Mayeras vient de faire encore pire...

 

Âmes sensibles, attention ! Reflex n'est pas qu'un simple thriller, c'est aussi un roman noir. Un roman au-dessus de la moyenne et qui se lit d’une seule traite, la peur vous nouant le ventre. Certains passages, d’une rare violence, pourraient mettre les lecteurs les plus sensibles très mal à l’aise. Les plus aguerris aussi.

 

Le personnage principal, Iris Baudry, est photographe à l’Identité Judiciaire. La mort fait partie de sa vie quotidienne puisque son travail consiste à photographier les scènes de crimes avec ce qu'elles comportent de cadavres ensanglantés ou à l'état de putréfaction.

 

Notre Iris est une espèce de marginale, une frêle jeune femme qui chevauche une SuperDuke (moto), le petit bijou de chez KTM. Une pure machine à rouler sans aucun compromis, un naked bike de dingue, un moteur V2 débordant de puissance parfaitement maîtrisée ! La SuperDuke, c'est la terreur des Superbikes avec un châssis aussi maniable que précis. Pardon, je me laisse aller...

 

Dans son domaine photographique, Iris est une vraie "pro". On l'appelle et elle arrive sur son destrier au moteur ronflant. Bizarre comme vie, non, de ne pas avoir vraiment de vie ? Si Iris flashouille les cadavres avec autant de verve, c’est sans doute pour oublier la mort brutale de son fils Swan, assassiné il y a 11 ans par un dingo qui purge depuis une longue peine.

 

Et voilà notre Iris de retour non loin de sa ville natale, celle qu'elle a fui et où elle aurait aimé ne jamais revenir à cause des mauvais souvenirs. C'est à sa terrible mère, un espèce de croque-mitaine maléfique, qu'elle doit un bégaiement.

 

Mais voilà, le croque-mitaine est à l'asile, plus légume qu'autre chose. Ce ne serait-il pas le bon moment pour lever enfin tous ces secrets ??

 

Bien que le début du livre soit assez "lent", impossible de s'ennuyer, on suit l'histoire, on suit les déboires d'Iris, on échafaude des théories, on tente de comprendre ce qui a bien pu se passer dans le passé.

 

Mon esprit étant pervers, je pensais dur comme fer avoir trouvé la solution et c'était toute contente de ma trouvaille que j'avais poursuivi la lecture, me disant que "savoir" ne faisait que renforcer le sentiment d'oppression présent dans le livre et je crispais mes mains de plus en plus fort sur les pages.

 

Constamment renouvelé le suspense augmente au rythme des courts chapitres - 3 ou 4 pages - dont de nombreux commencent par la même formule "je n’aime pas" souvent annonciatrice d’un nouveau drame.

 

J'ai été de surprise en surprise avec les chapitres intitulés "Silence", débutant en 1919 avec l'histoire de Julie, de son viol, de sa sa mise au ban de la société suite aux rumeurs, de sa grossesse, de son arrivée dans un orphelinat tenu par des peau de vaches de soeur, et la naissance de Lucie et sa vie dans l'orphelinat... On se demande où l'auteur va nous entraîner et ce fut captivant de passer d'époque en époque et de suivre les personnages.

 

Niveau personnages, ils sont tous travaillés à la serpe, possèdent une part d'ombre et l'habit ne fait pas toujours le moine...

 

Dans ce roman, chaque rebondissement nous égare un peu plus... Oubliez vos théories, vous ne trouverez pas. Mon raisonnement était pervers, mais l'auteure l'était encore plus que moi. Je pensais avoir "déduit"... Tu parles, Charles ! Tiens, prends-toi ça dans les dents !

 

Lorsque j'ai découvert toutes les révélations subtilement dosées dans les dernières pages, j'en suis restée muette durant quelques minutes, bouche ouverte, dans un "oh putain" muet. Comme si mes jambes avaient été taclées d'un coup. Sur le cul, j'étais. Sonnée, groggy, soufflée, taclée brutalement, K.O.

 

D'ailleurs, je ne me suis pas encore remise du livre. En plus d'avoir été "sonnée" violemment, faut encore atteindre la dernière page, quasiment la dernière ligne pour comprendre tout le fin mot de l’histoire.

 

En tout cas, bravo à l'auteure, parce que c'était de la balle, son roman !

 

Pourtant, avec une narration au présent (ce que je déteste par-dessus tout), des phrases très courtes, commençant souvent par "je" (ce qui aurait pu être casse-gueule sans un certain talent d'écriture) et sans trop d'action au départ (ce qui aurait pu m'endormir), le pari était risqué...

 

Malgré ces petits détails qui dans d'autres livres m'énervent prodigieusement, ici, rien de tout cela ! J'ai été aspirée directement dans le livre. Je me demande d'ailleurs s'il n'y a pas des formules magiques dans les pages qui vous envoûtent et vous empêchent de le refermer... Une sorte d'Alien qui sort ses tentacules pour rentrer en vous...

 

Ce livre, c'est fort, ça percute et ça t’uppercutte (celle-là, je mets un copyright).

 

Une tuerie, ce livre !! Une putain de saloperie de tuerie... un truc de fou, un coup de coeur doublé de je ne sais combien de coups de pieds au cul et de décharge de chevrotines dans mes tripes...


Maintenant que je l'ai dit, je me sens mieux...

 

Là, pour faire plus calme, j'ai entamé "L'enfant des cimetières" de Sire Cédric : Bisounours et petits poneys garantis !!

Belette Retournée

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 

 

 

Titre : Yeruldelgger
 
Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel (2013)

Résumé :

Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille.

 

Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité.

 

Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses "terres rares" vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

 

Petit plus : Dans ce thriller d’une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l’Asie Centrale jusqu’à l’enfer des bas-fonds d’Oulan-Bator.

 

Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

 

Critique : 

De prime abord, ce roman paie tellement peut de mine qu'on hésiterait à le retourner afin de lire son résumé... Voyez vous-même sa couverture : un auteur inconnu, un personnage "hachuré" de noir, un titre imprononçable dont on ne sait trop à quel genre littéraire il pourrait appartenir...

 

Bref, à se demander si les gars du marketing avait une dent contre le roman ou s'ils n'étaient pas tout simplement pas partis en vacances ce jour là !

 

Grave erreur que cela aurait été de passer à côté !! Si à première vue sa couverture ne casse pas 5 pattes à une marmotte, une fois ouvert, ce polar noir est un véritable plaisir à lire.

 

Une copine de blog, Dominique, l'avait comparé à une yourte mongole : pas terrible de l'extérieur, mais magnifique à l'intérieur. L'image était bien trouvée !

 

Un polar noir et une action qui se déroule en Mongolie : j'étais bien servie, moi qui suis fascinée depuis toujours par ce pays.

 

Tout commence par un corps d'enfant enseveli sur son petit vélo, dans la steppe, juste après la découverte des trois cadavres de chinois, dans un entrepôt. Particularité ? On leur a coupé les testicules et leur membre viril aussi. Ensuite, nous aurons deux putes pendues...

 

Oyun cherchait les testicules du Chinois. Les testicules et le reste. Tout son bazar en fait. Pour les besoin de l'enquête, bien sûr, parce que la seule certitude à ce stade des investigations, c'était que le Chinois n'aurait plus jamais besoin de son bazar.

 

Point commun ? Aucun. Du moins, en apparence. Ce sera au commissaire Yeruldelgger de faire toute la lumière sur ses sinistres crimes, ce qui risque de ne pas être facile vu tous les bâtons qu'on lui glissera dans les pattes !

 

S'il ne m'avait pas été chaudement recommandé, je serais donc passée à côté de ce roman... J'aurais commis une grosse erreur parce que je viens de prendre mon pied durant ces quelques 540 pages. Comme quoi, on peut avoir une couverture peu attirante et être bien foutu ! (le contraire marche aussi : belle cover et contenu médiocre).

 

Lecture jouissive à plus d'un titre car l'auteur ne se contente pas de nous faire suivre l'enquête, non, il nous fait entrer dans les yourtes, nous abreuve de thé au beurre salé, nous plonge dans l'Histoire et les coutumes de ce pays qui a le cul entre deux chaises, écartelé que les habitants sont entre le modernisme et le respect des traditions qui se perd.

 

Elle tenait à hauteur des yeux une petite coupelle qu'il savait rempli de lait de la dernière traite et, d'un geste croyant et respectueux, du bout des doigts, elle en aspergeait les quatre points cardinaux. [...] Yeruldelgger ressentit une sorte de bonheur à appartenir à ce pays où on bénissait les voyageurs aux quatre vents et où on nommait les cercueils du même mot que les berceaux. Une sorte de bonheur...

 

La Mongolie a une Histoire riche, des voisins pas toujours "fréquentables" (Chine, Japon, Corée, Russie) qui lorgnent sur ses richesses enfouies et l'auteur nous la fait découvrir plus en profondeur. On ne survole pas, on rentre dedans !

 

Le commissaire Yeruldelgger est un homme torturé depuis la mort de sa petite fille, enlevée et assassinée ensuite. Sa femme s'est murée dans son monde, sa fille aînée a tourné casaque (ou "cosaque", vu le pays) et nous sommes face à un homme qui n'a plus rien perdre, ayant déjà tout perdu.

 

Yeruldelgger fait partie des richesses de ce roman, mais il n'est pas le seul, il est entouré d'une multitude de personnages secondaires assez fort, eux aussi. Il a beau être le pivot central du roman, sans les autres, Yeruldelgger n'est rien.

 

C'est aussi un homme fort, un homme qui est imprégné de la tradition, qui veut la protéger, un policier qui se bat pour son pays, malgré ses propres blessures, ses fêlures, ses démons. Un homme qui ne renonce jamais.

 

Un roman au scénario travaillé, servi par un écriture très agréable à lire, ni trop complexe, ni trop simpliste. On vit l'enquête et on ressent les coups durs avec les personnages, certaines scènes étant plus violentes que d'autres (âmes sensibles...). Le tout parsemé de quelques petites touches d'humour.

 

Chuluum se pencha sur le cadavre, à hauteur de son entrejambe, et s'approcha autant que l'horreur et la puanteur le lui permirent pour essayer de deviner ce qu'avait observé le commissaire avec tant d'attention.
- Pas la peine de lui tailler une pipe, Chuluum ! cria Yeruldelgger sans se retourner. Ça ne peut plus le ranimer et ça ne te rapportera rien !

 

J'ai eu un gros coup de coeur pour Gantulga, un petit garçon fort débrouillard (normal pour un gamin des rues). À lui tout seul, il vaut bien les Irregulars de Baker Street !

 

Mon seul bémol sera pour les "méchants" : j'ai vite compris qui était le traitre et qui tirait les ficelles. Ce qui n'a pas entamé mon ardeur à le lire, toute contente que j'étais d'avoir une longueur d'avance.

 

Un roman noir qui nous dépayse, qui en profite aussi pour glisser quelques réflexions sur la Mongolie, sur ses rapports avec l'Occident, sur les massacres des mongols et sur le fait que la Seconde Guerre Mondiale ne veut rien dire pour eux. La Shoah et d'Hitler non plus, car ils avaient à souffrir des massacres perpétrés par Staline ou Mao.

 

- Regarde. Après la guerre en France, près de vingt mille femmes ont été tondues pour avoir pactisé avec les Allemands.
- Pactisé ?
- Oui, fréquenté, couché, aimé, si tu préfères !
- Vingt mille ! Je n'avais jamais entendu parler de ça.
- Que veux-tu, philosopha-t-il, dans notre monde c'est souvent "à chacun sa misère". D'après toi, combien de Français savent que dans les années vingt, notre Baron Fou a fait ébouillanter ou jeter dans les chaudières des locomotives des milliers d'hommes et de femmes ? Les guerres sont sales, et les victoires aussi.

 

Le tout sur fond d'argent sale, de magouilles, de trafics en tout genre, de crimes et de violence.

 

Un roman qui m'a ému aussi et entrainé dans l'immensité de la steppe.

 

Pour un "premier" roman, la réussite est au rendez-vous et elle totale. Mon seul regret est de l'avoir terminé...

 

Yeruldelgger... Un type que j'aime bien et avec lequel je suis prête à enfourcher un cheval pour repartir dans les steppes mongoles.

 

Yeruldelgger Khaltar Quichyguinnkhen... Quand vous parviendrez à prononcer correctement son nom, vous aurez un chocolat en récompense !

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 

 

 

Titre : L'heure des fous


Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (2013)

Résumé :

Paris: un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. "Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël", ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard...


Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.


L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.


Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous...

 

Critique : 

Kermit la grenouille ! Putain, et moi qui avais imaginé le capitaine Mehrlicht en beau grand blond avec des yeux bleus (et dans ma tête, j'entends Jean-Claude Dusse qui dit "Eh ouais, le nazi quoi !").

 

Ben merde alors, le capitaine Mehrlicht il est petit, moche, porte un costume marron que même celui de Columbo doit être plus neuf, il fume pire que toutes les cheminées d'usine du Londres de Sherlock Holmes et ses yeux globuleux de sa tête de grenouille suffirait à rendre jaloux Marty Feldman, l'acteur fétiche de Mel Brooks.

 

"Ses yeux étaient deux boules sombres que l’on aurait juré indépendantes l’une de l’autre, capables de lorgner l’une la grille de sudoku, l’autre ce qui se passait alentour. Nul n’aurait pu dire s’il avait une langue visqueuse, mais à l’instant où il quittait le bâtiment – ce qui se produisait toutes les demi-heures – on voyait poindre de sa gueule un mégot laiteux qu’il supait avec délectation, s’imbibant de sa teinte cireuse jusqu’au bout de ses doigts-ventouses. Au portrait s’ajoutaient des taches brunes qui ponctuaient chaotiquement son crâne fripé où vacillaient au vent du ventilateur les derniers lambeaux d’une chevelure défunte."

 

Quand à son équipe de flics, elle est barrée. Hormis le lieutenant stagiaire Ménard et Sophie Latour qui sont "normaux", on fera aussi la connaissance du lieutenant bodybuildé Dossantos qui vous récite le code pénal comme d'autres vous balancent des proverbes et dont la culture se résume aux séries télés.

 

Dossantos enfila des gants de latex et se pencha à son tour sur le corps.
— Qu’est-ce que tu fous avec des gants en latex, toi ? lui demanda Mehrlicht, éberlué.
— Je regarde Les Experts sur la Une. Tu devrais.
— Il a raison, reprit Carrel. C’est là que j’ai tout appris. Mehrlicht grogna et aspira une bouffée de sa gitane.
— Je regarde pas la télé. Ça rend con. Et puis, si c’est pour finir habillé en latex…

 

Il ne m'a pas fallu 10 lignes pour entrer dans le roman. D'ailleurs, j'y étais tellement bien que j'ai lu tout d'une traite. 276 pages, c'est peu, mais l'avantage c'est qu'on reste dans le rythme, sans pour autant faire des excès de vitesse.

 

Si j'ai trouvé Mehrlicht imbuvable au départ, me disant que si j'avais dû turbiner avec cézigue j'lui aurais ouvert le chou-fleur d'un coup d'surin. On m'aurait même pas embastillée au mitard tellement qu'il est imbuvable... Enfin, je le croyais imbuvable, le gus.

 

Dans ce roman qui se dévore, si j'ai adopté de suite l'équipe de flic de Mehrlicht, j'ai appris à bosser avec son capitaine, appris à le connaître, appris à l'apprécier, ce Kermit amateur de Sudoku, de bons mots trempés dans l'humour noir et de l'argot.

 

— Il habite avec sa femme, Jeanne Crémieux, dans le cinquième arrondissement, 34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.
— Là, tu peux dire "habitait" parce ce que, en ce moment, il habite dans le douzième arrondissement, 2, place Mazas, à l’institut médico-légal.

 

Dans ce roman qui se dévore, si j'ai adopté de suite l'équipe de flic de Mehrlicht, j'ai appris à bosser avec son capitaine, appris à le connaître, appris à l'apprécier, ce Kermit amateur de Sudoku et de bons mots.

 

Ce que j'ai aimé aussi, dans ce roman, c'est que ce n'est pas qu'un polar où il faut résoudre l'assassinat du Docteur Lenoir et trouver que le coupable est le chandelier dans le Colonel Moutarde avec la biblio (oups, remettez-les dans le bon ordre)... Non, c'est mieux que ça !

 

On a du contexte social, une critique de notre société, de la culture générale, quelques tours dans Paris et ses bois, le tout servi enroulés dans de l'argot (Mehrlicht) et des répliques cultes d'Audiard (je veux l'appli de Mehrlicht, moi !).

— Arrête ! Ça me défrise, la verdure. Il y a que les toubibs et les cordonniers pour te conseiller un tour en forêt, parce que c'est comme ça que t'attrapes la crève et que tu bousilles tes godasses, putain.

 

Un roman qui se lit tout seul, des personnages peu habituels et attachants, une critique sociale "pan dans ta gueule, tu l'as pas volée celle-là", de l'humour noir, de l'humour tout court, et un meurtre dont l'enquête les mènera là où ils ne s'y attendaient pas.

 

Un ronflement irrégulier s'échappait d'un vieil ordinateur dont l'apparence aurait tué Steve Jobs une seconde fois.

 

Vivement que j’enquille sa suite !

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016).

 

 

 

Titre : Le festin du serpent


Auteur : Ghislain Gilberti
Édition : Anne Carrière (2013)

Résumé :

Cécile Sanchez, commissaire de police spécialisée en criminologie, traque les criminels les plus dangereux et les plus déviants qui sévissent dans l'Hexagone.

 

À la tête d'une section d'élite de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), elle est confrontée à un tueur particulièrement brutal, qui éviscère ses victimes avant d'emporter leurs organes.

 

Ange-Marie Barthélemy, figure légendaire de l'antiterrorisme, traque avec son équipe un groupuscule islamiste radical, ultra-violent, qui parcourt les grandes villes d'Europe : les membres d'An-Naziate - les " Anges qui arrachent les âmes" - ne laissent dans leur sillage que mort, ruines et chaos.

 

Depuis quelques mois, ils sont de retour sur le territoire français : un massacre en plein Paris met le feu aux poudres, et une chasse impitoyable est lancée.

 

Ces deux affaires délicates, apparemment sans rapport, vont pourtant se croiser et plonger les enquêteurs dans la plus grande confusion. Il va falloir percer ces ténèbres pour découvrir la sinistre vérité.

 

Cécile et Ange-Marie vont apprendre à leurs dépens que le mal ne connaît pas de limites et qu'il n'a pas toujours le visage qu'on attend.

Critique : 

Tel un serpent tentateur, Gruz m'avait agité sous le nez ce thriller, le faisant onduler devant mon regard hypnotisé et, comme Eve, j'ai succombé aux charmes du roman, vanté par lui dans sa chronique.

 

Gilberti, l'auteur, s'est transformé, quant à lui, en python, m'enserrant l'esprit dans les anneaux puissants de son thriller, les resserrant de plus en plus autour de moi, jusqu'à me faire lâcher prise et quitter le monde réel.

 

Plongée dans le métro à la page 480, je fus tirée de ma lecture par mon homme qui me donnait un coup de coude. Quoi ? C'était pour me signaler que le métro arrivait à notre station de destinations. Sans lui, et bien j'aurais fini au terminus !

 

Ce qui m'a plu, dans ce roman, c'est qu'il soit constitué de deux récits qui, comme des crochets venimeux du Cobra, se sont plantés dans ma gorge, distillant un venin addictif.

 

D'un côté, Cécile Sanchez, commissaire de police spécialisée en criminologie qui traque les criminels les plus dangereux et les plus déviants qui sévissent dans l'Hexagone. La voici confrontée à un tueur particulièrement brutal qui éviscère ses victimes avant d'emporter leurs organes.


De l'autre côté, en alternance "un chapitre sur deux", nous avons Ange-Marie Barthélemy, commissaire à l'antiterrorisme qui lui traque un groupuscule islamiste radical, ultra-violent, qui parcourt les grandes villes d'Europe : An-Naziate, dont les membres ne laissent dans leur sillage que mort, ruines et chaos.

 

Cette alternance de chapitres est diabolique et délicieusement frustrante : je râlais de quitter la commissaire Sanchez et son enquête mais je me réjouissais d'en apprendre un peu plus sur celle de Barthélemy, râlant lorsque je devais le quitter, et ainsi de suite.

 

Frustrant, mais j'adore les romans écrits de cette sorte parce que je trépigne d'impatience et que le suspense est maintenu durant toute la lecture.

 

Point de vue personnages, Cécile Sanchez (surnommée Torquemada) n'a rien à voir avec la commissaire Julie Lescaut. Non, Sanchez, c'est du costaud et ayant étudié la synergologie, elle tiendrait plus d'un Patrick Jane de par son talent de "Mentalist"; le côté "borderline", fantasque et irrespectueux des règles en moins, ce qui est dommage parce que je l'ai trouvée un peu trop "too much" et que j'ai eu du mal à m'attacher à elle au départ.

 

Par contre, le commissaire Barthélemy, Ange-Marie de son prénom (l'auteur a-t-il pensé à la douleur de porter un tel prénom dans la vie courante et surtout à l'école ?), lui, j'ai aimé son côté froid et bourru, plus en adéquation avec le personnage. Surnom : l'Archange.

 

On se doute qu'à un moment donné, leurs enquêtes respectives vont se télescoper, mais "quand" ? Et surtout quel sera le dénominateur commun entre les éviscérations et le terrorisme ?

 

Lorsqu'elles ont fusionnées, j'ai compris qui était l'Éventreur, mais j'étais loin d'avoir compris le "pourquoi" de ces meurtres... Pire, lorsque Cécile Sanchez comprend et l'explique à ses hommes, elle tiendra le pôvre lecteur dans l'ignorance, ajoutant par-là encore plus du suspense.

 

Suspense qui devient plus fort dans les cent dernières pages, faisant monter l'adrénaline, l'angoisse et la fébrilité du lecteur, agrippé à son livre comme un vampire assoiffé.

 

A-t-on idée de torturer son lectorat de la sorte ? De lui faire sortir ses tripes de cette manière, de faire un suspense qui serait insoutenable pour le coeur d'un cardiaque ?

 

Ce que j'ai aussi apprécié aussi chez cet auteur, en plus de son écriture correcte et agréable, du suspense qu'il sait distiller correctement, de son réalisme dans l'action, de sa manière de construire son récit et d'expliquer les choses, de cette impression qu'il m'a donné de maîtriser tous les sujets abordés dans le roman ?

 

Et bien, c'est le fait qu'il n'ait pas sombré dans certain travers : considérer que tous les musulmans sont tous des extrémistes et des Islamistes enragés.

 

Un passage dans le livre illustre bien le fait qu'il ne faille pas mettre tous les musulmans dans le même sac, que le Coran est une religion d'amour et que bien que le Livre possède quelques passages violents, il fait dire par Barthélemy que la Bible n'en est elle-même pas exempte.

 

Bref, Gilberti est un cobra et il m'a fasciné par son histoire : j'apprécierais fortement revoir les deux commissaires pour une autre enquête... et qu'il ne leur arrive rien de fâcheux, sinon, je hurle !

 

Transformée en Anaconda vorace, je viens d'avaler tout cru ce pavé de 552 pages et de le digérer, assimilant toutes les données. Le menu était copieux mais pas indigeste.

 

Un vrai festin, je vous jure ! Je m'en suis léchée les babines et les canines... Pardon, les crochets !

 

Lu dans le cadre du challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 

 

 

Titre : X
 
Auteur : Sébastien Teissier
Édition : Nouveau Monde (2013)

Résumé :

Banlieue parisienne, 23h15. Lucas Moriani, agent de la police scientifique, se rend sur une scène de crime. Arrivé sur place, il est seul et éprouve une gêne incompréhensible devant la victime égorgée.

 

Pourquoi cet agent expérimenté ne parvient-il pas à retrouver sa routine ? Pourquoi aucun autre policier ne se trouve sur les lieux ? Son téléphone garde la trace de l'appel de l'inspecteur l'ayant envoyé sur place mais le numéro est masqué. Quel est son nom déjà ?

 

Rapidement, Lucas Moriani réalisera les raisons de son trouble et prendra la mesure de l'horreur qui l'entoure. Acteur contre son gré d'une grotesque comédie, la vie de l'agent bascule. Ses souvenirs ne correspondent plus à aucune réalité. La démence est-elle la seule explication rationnelle ?

 

Lucas Moriani va enquêter sur la victime et sur lui-même pour décrypter l'énigme la plus complexe de sa carrière. Mais la vérité aura un prix.

 

Il trouvera sur sa route l'inspecteur Félix Vizzini. Enquêteur génial et fou, doué d'une mémoire prodigieuse et d'un sens de la déduction logique hors du commun, lui seul comprendra qui est Lucas Moriani, ce qui le lie à la victime.


Lieu seul saura enrayer la folie, déjouer le piège, et le refermer à jamais.

 

Critique : 

Une amie avait eu un orgasme en lisant ce livre et je dois avouer que j'ai pris mon pied aussi (mais bon, je n'ai pas hurlé ma joie, les grandes jouissances sont muettes, c'est bien connu).

 

En tout cas, disons-le sans détours, ce court roman est jouissif (comme quoi, on peut en avoir un pas très long qui est très bon). Son originalité scénaristique y est pour beaucoup. À lui tout seul, ce roman m'a fait passer par plein d'émotions dont la peur, le suspense, l'horreur, les sourires, les palpitations cardiaques, la folie tant j'ai trituré mes méninges...

 

Mais il va être difficile à chroniquer tant je suis limitée, ayant peur de vous révéler des choses par inadvertance.

 

23 h 15. Lucas Moriani, agent de la police scientifique, se rend sur une scène de crime. Arrivé sur place, il se retrouve seul et éprouve une gêne incompréhensible devant la victime égorgée. Pourquoi aucun autre policier n'est-il sur les lieux ? Qui lui a demandé de se déplacer ? Son téléphone conserve la trace d'un appel mais le numéro est masqué... Et il tient un scalpel ensanglanté dans les mains.

 

Dès le départ, ça pue l'embrouille à plein nez et on se demande comment tout cela va se terminer pour le sympathique Lucas. Il doit enquêter seul sur cet étrange meurtre et ce ne sera pas facile.

 

Écrit à la première personne du singulier, on s'immerge encore plus dans les pensées de Lucas, nous suivons ses interrogations légitimes, on cherche aussi qui aurait pu lui jouer ce tour de cochon et surtout "pourquoi ?". Tout comme lui, nous allons de surprises en surprises au fil des chapitres.

 

Le seul qui peut l'aider, c'est l'inspecteur Félix Vizzini. Là, par contre, j'ai eu moins d'affinité avec cet enquêteur doué d'une mémoire prodigieuse et d'un sens de la déduction logique qui ferait pâlir de jalousie Sherlock Holmes lui-même, tellement il est poussé.

 

Mais voilà, il est sans doute trop poussé et je n'ai pas eu d'affinités avec cet inspecteur aussi génial que fou, bien que, à la fin, j'ai tout de même ressentit des choses pour lui.

 

C'est sa perception à "voir" les choses dans tout leur ensemble qui m'a un peu déroutée au départ. Bien que sa prodigieuse mémoire soit tout à fait possible, un dénommé Daniel Tammet en est la preuve vivante (1).

 

Niveau "méchant", le serial killer a été agrémenté au petits oignons, il est magnifique d'ingéniosité. Super !

 

Ce polar/thriller m'a tenu en haleine tant le récit était bien construit, ne se dévoilant qu'au fur et à mesure, comme une effeuilleuse qui aurait envie de ne pas tout vous dévoiler du premier coup.

 

Taclée, uppercutée, KO debout, la bouche ouverte, silencieuse je suis restée en repassant tout le livre dans ma tête, une fois la dernière ligne dévorée.

 

Bref, l'auteur est un beau salaud (ceci est un compliment, dans ce cas-ci !) car il a joué avec mes nerfs et avec ces petites choses que je ne possède pas puisque je suis une femme. Et j'aime quand les auteurs jouent avec ce que je n'ai pas.

 

Laissez-vous tenter par cette équation aux multiples inconnues. C'est enlevé, addictif, bien pensé et le final est anthologique.

 

Dire qu'on laisse dans la nature des auteurs capables d'autant de perversité envers ses pauvres lecteurs...

 

(1) Daniel Tammet : selon les scientifiques qui se seraient penchés sur son cas, cet Anglais de trente-cinq ans aurait développé des facultés extraordinaires – et quasi surhumaines – à la suite d’une crise d’épilepsie survenue à l’âge de quatre ans et qui lui aurait laissé des lésions cérébrales. Atteint des syndromes d’Asperger et de synesthésie depuis, Daniel Tammet est doté d’un QI et d’une mémoire hors normes. Il y a dix ans, il récite les 22 514 décimales de Pi en cinq heures, neuf minutes et vingt-quatre secondes. Un sans-faute – battu depuis et paraît-il – qui lui a permis de devenir l’objet de convoitise de l’ensemble de la communauté scientifique.

 

Challenge  "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 

 

 

Titre : Un long moment de silence
 
Auteur : Paul Colize
Édition : Manufacture de livres (2013) / Folio Poche (2014)

Résumé :

1920, Wladyslaw ouvre sa pharmacie à Lwów.
1948, trois jeunes Italiens attendent la sortie des élèves du Brooklyn College devant leur coupé Hudson rouge.
1952, un homme poursuit une fillette sur le parking enneigé de l’aéroport de Stuttgart.
1989, une femme prend trop vite une courbe du Ring de Bruxelles.
2012, Stanislas déshabille une femme qu’il connaît à peine.

Critique : 

Ce roman possède ce que j'appellerai le "double effet Kisscool" (celui que seuls les anciens connaissent)...


Tout comme le célèbre bonbon, j'ai eu droit à deux explosions : un "bang" en lisant la solution et un "triple bang" dans la gueule en lisant les dernières lignes.

 

Il y a deux récits dans ce roman. Le premier concerne Stanislas Kervyn qui voudrait savoir pourquoi on a commis un attentat au fusil mitrailleur, à l'aéroport du Caire, en 1954, fauchant son père puisqu'il faisait partie des 21 victimes inocentes. Savoir aussi qui l'a commandité, qui était visé dans la foule...

 

Bref, il a grandi avec une place manquante, celle de son père, il avait des questions, il a enquêté, écrit un livre et quand il pensait que tout était terminé, un vieil homme vient tout remettre en question.

 

Le second récit concerne un jeune homme, Nathan Katz qui a survécu aux terribles "186 marches" du camp de Mauthausen. Arrivé à New-York, il va s'engager, avec un groupe, à traquer les anciens nazis et à les éliminer.

 

Quel était le point commun entre ces deux histoires qui à un moment donné, sont en alternance ? Durant toute ma lecture, je me suis posée la question et j'ai tenté de trouver la solution, bien que Gruz, ici présent, m'ait dit que je ne la trouverais jamais... Il avait bien raison.

 

Si la solution de l'affaire m'a fait pousser un "ah oui, j'y avais pas pensé, joli !", le mot de l'auteur à la fin m'a filé un coup de poing dans l'estomac.

 

Encore un auteur qui pourra se vanter d'avoir réussi à me laisser muette, offrant ainsi à mon homme un long moment de silence.

 

L'auteur a réussi le pari fou de tenir son lecteur en haleine (sans courses poursuites), avec un quatrième de couverture qui ne dévoile rien de l'histoire et qui ne donne pas envie d'aller voir plus loin.

 

Niveau personnages, fallait oser aussi nous pondre un type aussi détestable que Stanislas Kervyn : égocentrique, mal poli, en guerre avec la terre entière, égoïste, tyrannique, colérique et j'en passe. Je veux bien qu'il a perdu son père dans l'attentat alors qu'il n'avait qu'un an, mais en vouloir au monde entier ne changera rien.

 

Stanislas a aussi un problème avec les femmes parce qu'il ne leur "fait pas l'amour" mais il les baise à la hussarde, à la brutale, par devant, par derrière, il s'en moque. Pour lui, elle ne sont rien.

 

Nathan Katz, par contre, est un jeune homme sympathique, bien que sa manière d'agir ne soit pas toujours très "kasher" ("catho" n'ira pas dans ce cas-ci).  Il aura au moins le mérite de nous faire réfléchir aux notions de "vengeance" et de "pardon", ainsi que sur l'imbécilité des guerres.

 

Le récit, l'histoire, les personnages, tout est profond et bien travaillé.

 

Pas de temps mort, les chapitres, courts, s'enchainent et les deux histoires s'alternent, le présent faisant suite au passé, nous abandonnant toujours à un moment où l'on voudrait poursuivre, avant de se rejoindre pour l'explication finale à laquelle je n'avais pas pensé.

 

Deux romans de mon concitoyen lus et deux réussites ! Chapeau bas, monsieur Colize.

 

Ses derniers mots me trottent encore dans la tête...

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), Le "Challenge US" chez Noctembule, le "Challenge Ma PAL fond au soleil - 2ème édition" chez Métaphore et "Ma Pedigree PAL - La PAL d'excellence" chez The Cannibal Lecteur.

 

 

 

Titre : Joyland
 
Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (2014)

Résumé Albin Michel :

Les clowns vous ont toujours fait un peu peur ?
L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage.

 

Résumé véritable :
Après une rupture sentimentale, Devin Jones, 21 ans, débarque l’été 1973 à Joyland, petit parc d’attraction sur le littoral de la Caroline du Nord.

 

Il est embauché avec d’autres étudiants pour compléter l’équipe de forains, à la fois étrange et joyeuse. Sa rencontre avec un petit garçon doué de voyance, atteint d’une maladie grave, et surtout de sa mère, va changer la vie de Devin.

 

Obsédé par le mystère du train fantôme soi-disant hanté par le spectre d’une femme égorgée 4 ans auparavant, le jeune homme se lance dans l’enquête.

 

Un nouveau meurtre est-il possible ? Parviendra-t-il à l’éviter ? Une chose est sûre, l’aventure le changera à jamais.

Critique : 

Vous êtes à la recherche de clowns terrifiants et de fêtes foraines plus angoissante que la scène de douche dans "Psychose" ? S'il vous plaît, reposez ce livre dans le rayon et allez voir ailleurs...

 

Quand au fait qu'il ne faut pas monter sur une grande roue un soir d'orage, n'importe quel plouc... heu, n'importe quel lapin aurait pu vous le dire (seuls ceux qui ont lu le livre la comprendront, celle là !).

 

Sincèrement, je ne sais pas ce qu'ils fument au service de rédaction des "4ème de couv'" chez Albin Michel, mais en tout cas, c'est de la bonne ! Ou alors, personne n'a lu le livre parce que le court résumé au dos du livre ne correspond pas du tout à l'histoire !

 

On m'avait déjà prévenue et ça tombait bien parce que je ne voulais pas lire un récit avec un clown qui fait peur.

 

Durant ses vacances d'été de 1973, Devin Jones, 21 ans et toujours puceau, débarque à Joyland, petit parc d’attraction sur le littoral de la Caroline du Nord. Il est embauché avec d’autres étudiants pour compléter l’équipe de forains, à la fois étrange et joyeuse.

 

Notre brave gars dont la copine n'a jamais voulu qu'il trempe son biscuit dans sa tasse de café, sent bien que ça ne marche pas fort dans son couple et en effet, il va se taper un gros chagrin d'amour durant son job d'été.

 

Mais non, Devin, toute la vie ne s'écroule pas après une rupture ! Tu es désespéré, c'est normal, mais tu verras ensuite quelle renaissance tu vas avoir.

 

L'histoire commence doucement durant les 80 premières pages, mais je ne m'ennuyais pas et je suivais Devin, un personnage attachant, faire ses premiers pas dans le parc. Oui, j'étais bien, dans le parc en compagnie de mes bleus préférés : Devin, Erin et Tom.

 

C'est bien simple, le King aurait pu me raconter la fabrication du pop-corn, j'aurais eu la banane tellement j'étais bien dans son roman.

 

Quand au personnel déjà présent à Joyland, j'avais plaisir à les retrouver au fur et à mesure des chapitres, Devin nous racontant tout de cet été, mélangeant les moments de 1973 et ceux vécus plus tard, à l'âge vraiment "adulte" ou à 60 ans.

 

Pas une seule seconde d'ennui, les pages se tournaient toutes seules et j'avais envie d'en savoir plus sur le mystérieux tueur qui avait tuée sa "fiancée" dans le train fantôme, ainsi que sur ce garçon dans son fauteuil roulant.

 

Un parc d'attraction, c'est le milieu des forains de chez forains et j'ai adoré le fait que l'auteur nous ait plongé dans le bain avec la "parlure", terme utilisé pour décrire ces expressions réelles ou inventées par l'auteur  utilisées par le milieu des forains.

 

Les traductrices ont dû en voir de toutes les couleurs pour mettre à la sauce française ces expressions plus que particulières.

 

L'écriture est plaisante, elle coule toute seule, les personnages sont attachants et on a du mal à les quitter, comme on a du mal à quitter des amis.

 

Quand au rythme, bien qu'un peu lent au départ, il s'accélère dans les dernières pages pour nous mettre le suspense à son comble avec la résolution de l'affaire du meurtre dans le train fantôme... Devin était un Sherlock Holmes qui s’ignorait !

 

Sans oublier, au passage, quelques vérités assénées dans les dialogues ou les réflexions des personnages.

 

La fin sera douloureuse et la mâchoire me faisait mal à force de me retenir de pleurer. C'est donc les pieds lourds que j'ai quitté le parc de "Joyland" où on m'a vraiment vendu du bonheur sous forme d'un roman de 325 pages délicieusement attachantes.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), Le "Challenge US" chez Noctembule et Lire "À Tous Prix" chez Asphodèle (Joyland a été nommé au prix Edgar-Allan-Poe 2014 dans la catégorie du meilleur livre original en poche).

 

 

 

Titre : Le cimetière des hirondelles
 
Auteur : Mallock
Édition : Fleuve noir (2013)

Résumé :

Sur un coup de tête, Manuel Gemoni a traversé toute la Terre pour assassiner un obscur vieillard, qu’il ne connaissait même pas. Aux policiers venus l’arrêter, il n’a trouvé qu’une seule chose à dire : « Je l’ai tué parce qu’il m’avait tué ».

 

Pour lui éviter la mort, le commissaire Amédée Mallock devra prouver la folie de Gemoni ou démontrer la parfaite véracité de sa déclaration.

 

Depuis sa toute première journée de commissaire divisionnaire, Mallock a vieilli, mais il n’a pas changé. Son cynisme et sa misanthropie ne l’ont pas guéri de son envie de lutter contre l’iniquité foudroyante du Monde.

 

Comme un enfant vidant la mer avec une pelle en plastique, il continue à se battre pour sauver le moindre château de sable de l’avancée des vagues. Dans le cas présent, la citadelle éphémère qui l’entraîne si loin de sa litière ressemble fort à l’une de ces putains d’énigmes dont le gros chat raffole.

 

Pour sauver Manuel Gemoni, il aura à traverser l’humidité hostile d’une jungle tropicale, une chambre d’ambre en feu, des forêts de boue peuplées d’ogres, un cimetière de certitudes et un Paris engloutis sous la neige.

 

Poupée russe diabolique, derrière chaque énigme se cachera un mystère, et sous chaque mystère, l’attendra la véhémence d’un secret. Et si le cœur d’un homme assassiné pouvait encore battre et chanter pendant des siècles ?

Critique : 

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, ce n'est pas un cimetière rempli de cet oiseau qui y fera quelque chose... Pourtant, ce roman faussement étiqueté "Thriller" a soufflé un petit vent agréable de printemps lors de ma lecture.

 

Ce qui n'était pas gagné d'avance parce que, si le début était enchanteur et prenant, la suite a soufflé soufflé le chaud et le froid.

 

Le rythme a diminué lorsque Mallock est entré en scène en République Dominicaine pour tenter de comprendre quelle guêpe avait bien pu piquer Manuel Gemoni, homme honnête et frère d'un membre de son équipe, à traverser le monde pour aller loger des balles dans un vieillard et dire ensuite "Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué".

 

Oui, j'ai eu du mal au départ à me faire au personnage assez spécial du commissaire Amédée Mallock.

 

Les plus perspicaces d''entre vous auront remarqué que le nom du personnage est le même que celui de l'auteur. Ceci est en fait un pseudo, tout comme Frédéric Dard signait "San-Antonio" ses romans avec son personnage.

 

Mais ce n'est pas cela qui m'a dérangé au départ : c'est la manière dont le roman était rédigé qui m'en a empêché, les "Pour un Mallock" et autre "Avec un Mallock" n'y furent pas étrangers, comme si "Mallock" était une profession ou une race de chien policier.

 

Ces quelques exaspérations du "un" sont vite passées et le talent d'écriture de l'auteur a réussi à me faire apprécier ce gros ours qui se la joue parfois comme un dictateur égocentrique (il engage lui-même ses collaborateurs, les mets sur l'affaire qu'il décide et son équipe, elle est la meilleur et bosse à "Fort Mallock").

 

Ensuite, entre Mallock et moi, le courant a commencé à passer, je l'ai sondé un peu plus, examiné ses blessures, tenté de le comprendre, me suis forcée à le faire parler un peu plus, je l'ai caressé dans le sens du poil et ni une ni deux, j'ai su mieux apprivoiser l'ours Mallock au point que j'ai envie de suivre ses autres aventures policières.

 

L'auteur manie la plume différemment des autres, utilisant des tournures de phrases plus complexes, plus poétiques, bref, son style d'écriture est recherché, son vocabulaire assez riche, assez poussé, mais cette recherche d'écriture n'empêche pas le livre de se laisser lire et ne le ralentit pas.


Si l'enquête pourrait en rebuter plus d'un allergique au "non rationnel" de par la tournure qu'elle prend durant tout le livre, je peux les rassurer en leur disant que de l'irrationnel peut surgir du tangible.

 

Il s'est imposé dans mon esprit comme un flash : bon, sang, mais c'est bien sûr... Oui, j'ai compris avant le dénouement final ! Le plaisir était double d'avoir trouvé un indice capital. Yes ! Pour une fois que je trouve...

 

J'ai aimé aussi ce livre pour le mélange entre l'enquête à notre époque et la seconde guerre mondiale, le deux enquêtes se mariant à merveille, décuplant notre envie de tout savoir, de tout comprendre, rassasiant notre curiosité avec parcimonie.

 

Impossible ensuite de lâcher ce livre !

 

De plus, discuter avec l'auteur fut un bénéfice non négligeable. Alors que ma lecture était en cours, j'ai appris que si c'était un récit de fiction, il était additionné de certains éléments qui étaient véridiques et ajoutaient un cachet supplémentaire au roman : le personnage de Mister Blue (un mélange de deux personnes), le magasin d'ambre en République Dominicaine, le bar aussi, le resto du Camp David, la collection de voitures de Trujillo... Toutes ces choses que l'auteur avait vue lors de sa reconnaissance dans le pays.

 

Un "Thriller" qui ne mérite pas son nom, certes, mais qui vaut plus que cette appellation, un roman plus noir, plus sombre, plus fouillé.

 

Un rythme lent, recherché, une immersion dans toute l'enquête, un personnage central qui ne se donne pas au premier venu, un commissaire qui devrait parfois écouter les autres, un homme bourru mais avec un coeur d'artichaut.

 

Ah, si le commissaire avait pensé à "Gilette", toute son enquête en aurait été changée... Pour le plus grand malheur du lecteur qui serait passé à côté d'un récit des plus étonnant.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 


 

Titre : 22/11/63
 
Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (2013)

Résumé :

22 novembre 1963 : 3 coups de feu à Dallas.
Le président Kennedy s'écroule et le monde bascule.
Et vous, que feriez-vous si vous pouviez changer le cours de l'Histoire ?

2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d'une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d'un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d'empêcher l'assassinat de Kennedy.

 

Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d'un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d'une jolie bibliothécaire qui va devenir l'amour de sa vie.

 

Il va aussi découvrir qu'altérer l'Histoire peut avoir de lourdes conséquences...


Petit plus : Une formidable reconstitution des années 60, qui s'appuie sur un travail de documentation phénoménal. Comme toujours, mais sans doute ici plus que jamais, King embrasse la totalité de la culture populaire américaine.

 

Critique : 

"Mes amis voici le temps venu, d'aller prier pour mon salut, le King, est revenu !".

 

Ah, Stephen King, tu es responsable de mes premiers frissons, de mes premières "vraies" frousses, tu es l'homme qui a enchanté mes après-midi de lecture avec tes nombreux ouvrages dont mes doigts aggripaient les couvertures, le souffle court et totalement immergée dedans.

 

Oui, Stephen (tu permets que je te tutoie, vu ce que tu m'as fait vivre) tu es l'auteur qui m'a fait regarder les voitures avec la sueur qui me coulait dans le dos et dont je n'ai jamais osé lire "Cujo" de peur de regarder mon chien de manière suspicieuse.

 

Stephen, c'est l'ami Gruz qui est LE responsable de ma lecture de ton livre, sa critique plus que dithyrambique m'ayant poussé à nouveau vers toi, quant à Laurence64, si elle avait publié avant lui, elle m'y aurait poussée aussi...

 

Et alors, Stephen ? Il paraît que tu es désormais en odeur de sainteté auprès des grands quotidiens francophones ?  La faute au nouveau pape ou au fait qu'ils aient ENFIN remarqué ton talent indéniable de conteur-frissoneur hors-pair ?

 

Comme le dit si bien le Figaro "Sans la liberté de blâmer, il n'y a pas d'éloges flatteurs" et dans ton cas, après t'avoir longtemps blâmé, ils te lancent ENFIN des fleurs, et sans le pot.

 

Ont-ils raison de t'encencer, comme le fit Gruz, Laurence64 et tous les autres ?

 

Ma foi (nouveau pape oblige), je dirais "oui" et "non"... et je commencerai par ce qui fâche d'abord :

 

Stephen, les préliminaires, c'est agréable, il en faut, on a le droit de prendre son temps et de me faire languir, mais, à un moment donné, il faut passer à l'acte ! Rentrer dans le sujet.

 

Trois cent pages en trop... trois cent pages de moins n'auraient pas été du luxe parce qu'à un moment donné, bien que j'ai passé du bon temps à suivre les tribulations de Jake Epping, je l'ai trouvée un peu longue, ton histoire.

 

Non, Stephen, ne t'en fais pas, cela n'enlève rien à la qualité de ton livre ! Il faut dire que l'assassinat de Kennedy à Daaallaaaas, cet univers impitoyable, ne m'intéressais pas plus que ça, mais que, depuis que j'ai lu ton ouvrage, et bien, cela m'a intrigué plus, surtout au niveau des implications que cela a eu sur le reste du monde et sur les événements qui ont surgi ensuite.

 

As-tu raison lorsque tu dis - à travers ton personnage de Al - que si Kennedy n'était pas mort, tout ce qui a suivi n'aurait pas eu lieu ?

 

Hormis cette légère critique sur les pages en trop, tout le reste, c'est du petit lait et j'ai eu plaisir à te retrouver, mon ami que j'avais perdu de vue, bien que cette fois-ci, il n'y ait pas eu de véritables monstres caché dans les placards ou sous le lit pour me coller les sueurs froides.

 

Le "monstre" n'est d'ailleurs pas un habitué de tes livres (le renouveau du cheptel), mais "Carton Jaune" m'a fait me poser de nombreuses questions quant à sa présence. Une sacré trouvaille !

 

De plus, on sent que point de vue "références", tu les as pompée chez toi-même, mon grand. Ne dit-on pas que l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ?

 

Oui, Stephen, tu nous a pondu un bon roman, j'ai vibré, supputant mille et une choses sur la fin, me demandant si "oui" ou "non", Jack allait y arriver et sur ce qu'il se passerait ensuite.

 

Tout son périple, ses amis, ses amours, ses emmerdes, je les ai suivi, m'agrippant parfois aux pages de ce livre, me délectant de cette plongée dans cette période qui va de l'année 1958 jusqu'à 1962.

 

Bigre, je m'y serais crue et j'ai souri avec tendresse devant ces vieilles années (que je n'ai pas connues) jusqu'à ce que Jake, ton personnage principal (ô combien délicieux), ne me rappelle qu'en 58, ce n'était pas "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" et que nous étions loin de l'univers des Bisounours, bien que l'on y ait cru, durant un moment, à cet univers enchanteur.

 

Tu m'as bien étonné et je pense que dans ton explication finale, il y ait aussi une référence à Timon, le suricate du "Roi Lion" qui avait bien raison quand il expliquait au jeune Simba que...

 

Non, je ne spoilierai pas ! Visionnez le dessin animé (et trouvez la phrase) ou lisez le livre !

 

Bref, un grand moment de lecture, une plongée dans le passé, dans cette Amérique, avec ses bons et ses mauvais côtés, des personnages aussi attachants que la cervelle et le sang de Kennedy sur la veste de son épouse (et les personnages m'ont bien plus collé, même après avoir fermé le livre) et un super travail de fond du King en personne (pas Elvis, mais Stephen).

 

Des dernières pages qui m'ont fait sourire et presque mit la larme à l'oeil...

 

Et puis, Stephen, ne t'inquiète pas trop, si j'ai trouvé le livre trop long de 300 pages, Gruz l'a trouvé trop court de 300 pages... la moyenne est faite, non ?

 

Stephen ? Pourquoi t'arraches-tu donc les cheveux ?

 

 

Les coïncidences entre l'assassinat de Lincoln et celui de Kennedy :

 

La liste ci-dessous présente les coïncidences les plus souvent mentionnées à partir de 1964.

 

  1. Les noms Lincoln et Kennedy contiennent sept lettres.
    Si l'on prend le nom complet, avec un seul ou les deux prénoms, le nombre de lettres est différent.
  2. Lincoln fut élu au Congrès en 1846, Kennedy en 1946.
    En fait Lincoln est élu sénateur (Il n’occupe réellement son siège qu’en décembre 1847), alors que Kennedy est élu à la chambre des représentants et n'est élu sénateur qu'en 1952.
  3. Lincoln fut élu président en 1860, Kennedy en 1960.

     

  4. Tous les deux étaient impliqués dans la défense des droits civils.
    Lincoln défend l’abolition de l’esclavage et Kennedy défend l’émancipation des Noirs. L’aboutissement de cette lutte : le 13e amendement de la Constitution qui abolit l’esclavage est ratifié le lundi 18 décembre 1865, huit mois après la mort de Lincoln, alors que le Civil Rights Act reconnaissant les droits civiques aux noirs est voté en juillet 1964, huit mois après la mort de Kennedy.
    Aucun des deux présidents n’a vu le résultat de sa lutte de son vivant, survenu dans un même délai après leur décès. Leur engagement dans ces causes reste très lié à la contrainte politique conjoncturelle.
  5. Leurs épouses perdirent un enfant alors que le couple présidentiel résidait à la Maison Blanche.
  6. Tous les deux furent assassinés un vendredi.
    Lincoln fut assassiné un vendredi, mais mourut le lendemain, tandis que Kennedy succombe le jour même de son assassinat.
  7. Tous les deux furent assassinés par derrière d'une balle dans la tête

     

  8. Tous les deux furent assassinés en présence de leur épouse qui se tenait à côté d'eux.

     

  9. Les deux assassins venaient d'un État du sud.

     

  10. Les deux assassins furent abattus avant d'avoir été jugés.

     

  11. Les deux assassins, John Wilkes Booth et Lee Harvey Oswald, sont connus sous leurs patronymes complets. Ceux-ci contiennent le même nombre de lettres : quinze.
    Il s'agit ici d'une constatation a posteriori basée sur l'usage des historiens de désigner des personnages historiques par leurs noms complets. En fait, il est peu vraisemblable que Booth ait été connu comme « John Wilkes », et on sait que Oswald était appelé simplement « Lee ». Dans le même ordre d'idée, John Fitzgerald Kennedy n'a été connu sous ce nom qu'après son décès.
  12. L'assassin de Lincoln (John Wilkes Booth) est né en 1839 et l’assassin de Kennedy (Lee Harvey Oswald) est né en 1939.
    John Wilkes Booth est né le 18 mai 1838, et non en 1839.
  13. Booth tira sur Lincoln dans un théâtre puis se réfugia dans un entrepôt. Lee Harvey Oswald tira depuis un entrepôt puis se réfugia dans une salle de cinéma (theateren anglais).
    Outre l'approximation dans le mot « theatre », Booth ne s'est pas réfugié dans un entrepôt, mais fut tué alors qu'il se cachait dans une grange.
  14. Le théâtre où mourut Lincoln s'appelait le « Ford's Theater ». La voiture dans laquelle Kennedy fut assassiné était une Lincoln. La Lincoln de Kennedy était fabriquée par Ford.

     

  15. La secrétaire de Lincoln s'appelait Kennedy et celle de Kennedy s'appelait Lincoln
    Le secrétaire de Lincoln s'appelait John Nicolay (en). La secrétaire de Kennedy s'appelait Evelyn Lincoln (en), mais Lincoln est un nom très commun.

     

  16. Les successeurs de Lincoln et Kennedy s'appelaient Andrew Johnson et Lyndon Johnson. Ils étaient tous deux des démocrates du Sud,

     

  17. Les successeurs de Lincoln et Kennedy naquirent respectivement en 1808 et 1908 et moururent dix ans après les présidents respectifs qu'ils remplaçaient.

     

  18. Les noms des deux successeurs comportent en tout 13 lettres chacun.

 

 

 

Titre : W3 : Le sourire des pendus
 
Auteurs : Jérôme Camut & Nathalie Hug
Édition : Télémaque (2013) / LP (2014)

Résumé :

Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et ses déviances. Elle disparaît sur un parking d'autoroute...

Désemparés par la lenteur de l'enquête, ses proches reçoivent le soutien de Léon Castel, fondateur d'une association de victimes.


Sa fille Sookie, policière hors norme, a enquêté sur une triple pendaison qui semble liée à cette affaire.

Qui a enlevé Lara ? Pourquoi ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits s'affichent depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Réseaux criminels ou tueurs isolés ?

Partout, le destin d'innocents est broyé sans pitié.
Ils auront bientôt une voix : W3.

Critique : 

880 pages avalées en trois jours... C'est ce qu'on peut appeler un thriller addictif !

 

Je devrais arrêter de lire les quatrièmes de couverture, où ils en disent trop, où ils magouillent la vérité ou alors, ils sont réducteurs et synthétisent un peu trop le roman...

 

Bref, après avoir lu le résumé, je m'attendais à une certaine ligne de conduite mais les auteurs - petits sadiques - m'ont emmenés sur un tout autre chemin.

 

Chemin tellement inattendu (et non indiqué sur le quatrième) que je me suis même inquiétée devant certaines tournures de l'affaire, me demandant comment ils allaient rebondir...

 

Le récit, c'est comme une balle magique, ça démarre fort, ça part dans tous les sens, rebondit partout, vous met les nerfs à vifs et vous laisse pantelante.

 

La profusion des personnages auraient pu être un frein, mais vu qu'ils étaient tous bien décrits et travaillés, impossible de faire un amalgame ou de les confondre.

 

Même s'ils frôlent parfois la caricature et que le ton se fait parfois léger dans les dialogues, il n'en reste pas moins que toute cette palette d'acteurs sont à leur place et nous divertissent parfaitement.

 

Certains sont attachants, intrigants, d'autres sont carrément bizarres, telle Sookie Castel, la policière qui met tout le monde dans des boites.

 

Elle, c'est un pitt bull, quand elle tient un morceau d'os, elle ne lâche rien. Quant à son père, c'est un sacré lascar lui aussi.

 

Tout ce petit monde est travaillé, chacun en profondeur, n'étant ni jamais tout à fait blanc, ni tout à fait noir, possédant leurs qualités, leurs défauts, leurs points fort ou faible, faisant des erreurs, des folies... Et vu que les auteurs sont des sadiques, ils ont bien brouillés leurs pistes avec les personnages.

 

Du rythme, de l'action, du suspense, des personnages multiples et bien distincts, des rebondissements, de l'amitié et des souffrances... voilà le programme, en gros, de ce thriller qui ne m'a pas lâché.

 

Sans oublier quelques réflexions sur les institutions françaises (qui n'ont rien à envier aux belges), sur les médias qui sont prêtes à jouer aux vautours afin d'avoir le scoop les premiers, sur les magouilles en arrière-plan, les copinages dans les mairies et les dépravations de certaines personnes.

 

J'ai bien fait d'attendre avant de le lire, ainsi, je ne devrai pas attendre trop longtemps pour le volet suivant.

 

Comme au resto, c'est en trois plats. L'entrée était copieuse et je me suis régalée. Vivement le plat principal et le dessert s'ils sont du même acabit.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015) et Lire "À Tous Prix" chez Asphodèle (Prix des lecteurs 2014 dans la catégorie Polar).

 

 

 

 

Titre : Black Cocaïne


Auteur : Laurent Guillaume
Édition : Denoël (2013)

Résumé :

"Au Mali, tout est possible et rien n'est certain", ainsi parle Solo, ce Franco-Malien recherché par la police française qui a laissé derrière lui un passé obscur pour recommencer une nouvelle vie sur le continent noir.

Ancien des stups respecté de la profession, Solo est devenu à Bamako un détective privé populaire. Même si les souvenirs douloureux le hantent souvent, Solo les noie avec application dans l'alcool.

Jusqu'au jour où une belle avocate française l'engage pour faire libérer sa sœur arrêtée à l'aéroport avec de la cocaïne. Un dossier en apparence simple pour Solo, mais cette banale histoire de mule va prendre une tournure inquiétante.

Ses vieux démons réveillés, l'ex-flic se lance dans cette affaire dangereuse, entre tradition et corruption, avec la détermination de celui qui n'a rien à perdre.
 

Critique : 

Bamako, la capitale du Mali, me faisais toujours penser à l’horrible chanson d’Amadou et Mariam qui m’avait cassé les oreilles un été, sur une chaine française… "Le dimanche, à Bamako, c’est le jour des mariages". Une horreur.

 

Maintenant, lorsqu'on me parlera de Bamako, je penserai à Souleymane Camara, dit Solo, ancien flic de la brigade des Stups française, en exil dans ce pays qui ne pratique pas l'extradition de ses ressortissants.

 

Ce qu'il a fait à Lyon et qui a nécessité une fuite aussi loin, nous le saurons dès le prologue, ensuite, il nous faudra juste additionner un plus un pour comprendre la débauche de violence du début.

 

Solo, ça rigole pas, comme mec, quand on lui prend ce qu'il a de plus cher au monde. Là, il devient un vrai fauve.

 

Malien de par son père, français de par sa mère, métis, il a toujours l'impression d'être assis le cul entre deux chaises : en France, il était le Black de service, au Mali, il est le Blanc. Cherchez pas docteur...

 

Solo a fait son trou au Mali, est devenu détective privé, comme Sherlock Holmes... À la différence que le Consulting Detective anglais ne prenait une solution à 7% de cocaïne uniquement lorsque son cerveau n'avait pas d'énigmes à se mettre sous les petites cellules grises !

 

Notre détective franco-malien, lui, il carbure à l'alcool, aux rails de coke et autres pilules magiques telles les Benzodiazépines.

 

Vu ainsi, le personnage aurait pu être abject, l’auteur aurait pu en faire trop, mais il a su doser le cocktail de la personnalité de Solo pour en faire un personnage attachant, drôle, qui ne lâche rien dès que l’on touche aux siens.


L’affaire dont une cliente l’avait chargé semble banale, à priori : payer un magistrat pour faire sortir une mule à la demande de sa sœur (la cliente).


Mais cette affaire banale est comme un peu comme un chèche, on a le commencement, mais on ne sait pas à quel moment on atteindra le bout, après avoir déroulé des mètres de tissus.


L’écriture passe toute seule, elle coule comme l’eau dans votre gorge assoiffée d’aventures et l’histoire prendra une tournure inattendue, le tout devenant vite périlleux.


La plume est sans gants, plongeant dans des mots crus, pimentant le tout avec quelques scènes de sexe et diluant l’encre dans du sang.

 

Elle défit ma braguette et descendit mon pantalon. Elle eut un petit soupir d'aise lorsqu'elle réalisa combien je bandais. Elle s'empara de ma bite sans douceur, la dégageant de mon caleçon pour mieux l'engloutir. Elle me suça avec délectation, jouissant de son pouvoir sur moi. Je m'arrachai à sa bouche, pour ne pas jouir là comme un con, le pantalon en bas des pieds, à sa merci.

 

Dans un pays où tout est à vendre et où tout s'achète (suffit d'y mettre le prix), il n'est pas facile de remonter le flux de l'affaire afin d'arriver au commanditaire.

 

Drôle mais sans concession, la verve de l'auteur vous plongera la gueule la première dans un pays gangrénés par les trafics et la corruption.

 

— Vous ne les avez pas tués, dit-elle en guise d'introduction.
— En fait assassiner une bande de narcos armés jusqu'aux dents est plus compliqué qu'il n'y paraît.

 

Le portrait du Mali est cash, brut de décoffrage, violent, mais on sent que là-dessous, l’auteur connait le pays et l’aime bien, malgré ses lourds défauts.


L’histoire ne perdra pas de temps en salamalecs inutiles, on rentre direct dedans, on fonce dans le tas, on prend des coups, on les rend, on enquête, on fouille, on défouraille et on en sortira groggy, secoué, éprouvé après cette putain de bonne lecture !


♫ Cette semaine, à Bamako, c’était les journées vendetta ♪


Un roman lu en une journée… J’étais encore un peu dans mon trip « Mois Anglais », oubliant que la vitesse de lecture n’était plus importante.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015).

 

 

 

 

Titre : Lundi mélancolie - Le jour où les enfants disparaissent


Auteur : Nicci French
Édition : Pocket (2013)

Résumé :

En ce lundi brumeux à Londres, la photo de Matthew, 5 ans, fait la une de toutes les télévisions, de tous les journeaux : l'enfant a disparu à la sortie de l'école quelques jours auparavant, sans laisser de traces.


Dans son cabinet, la psychanalyste Frieda Klein est témoin d'autres drames, ceux qui se jouent dans l'esprit de ses patients.


Comme Alan, cet homme très perturbé qui lui confie son rêve : il ne cesse de songer à un enfant, roux comme lui, qui serait son fils. Curieusement, cette description correspond trait pour trait au petit Matthew.


Frieda aurait-elle reçu sur son divan les confidences d'un kidnappeur d'enfant, d'un tueur peut-être ? Elle avertit le commissaire Karlsson en charge de l'affaire, mais il refuse de la prendre au sérieux...


Persuadée qu'elle doit découvrir la vérité et retrouver Matthew, Frieda va essayer de percer les pensées les plus intimes d'un psychopathe.


Pendant que près de là, dans les ténèbres, un petit garçon effrayé se demande si quelqu'un viendra jamais le délivrer de son cauchemar...

 

Critique : 

Frieda Klein n'a rien de l'image que l'on se fait d'un psychanalyste, c'est-à-dire le patient couché dans un divan dans lequel on veut lui faire avouer qu'il voulait coucher avec sa mère et tuer son père, ou le contraire.

 

Non, Frieda Klein est différente et on aurait presque envie de prendre rendez-vous avec elle pour quelques séances.

 

Ami du trépidant, ne viens pas t'engager dans ce roman car il n'a rien d'un 24h/chrono où l'auteur indiquerait qu'il est 06h02 et que Frieda boit un café avant d'aller rejoindre Jack Bauer à 7h05.

 

Non, non, pas de course-poursuite, même si le final fait mon l'adrénaline (surtout, ami lecteur, si tu comprends certaines), mais plutôt un roman qui prend le temps de présenter les personnages et de planter le décor, sans pour autant vous donner l'impression de tourner en rond ni vous faire bailler.

 

Malgré l'utilisation de thèmes connus (enlèvements d'enfants, médias nécrophage et qui font dans la surenchère, personnage principal avec un lourd passé, enfance foutue en l'air, culte au disparu ou pour d'autres, la page qui est tournée, faire justice sois-même, une psy qui aide les flics dépassés), la soupe n'est pas indigeste car la manière de les aborder est telle que vous avalez le bouillon en vous délectant les babines.

 

Notre psychanalyste a ses petits problèmes - comme je le soulignais - mais je remercie les auteurs de ne pas en avoir fait trop, ce qui aurait ruiné le capital sympathie que j'ai ressenti pour elle.

 

Oui, elle boit un petit verre de temps en temps, mais sans abus notoire, oui elle a une vie sentimentale un peu merdique, mais elle ne la ramène pas non stop comme certaines autres héroïnes d'un autre roman.

 

Frieda, elle aime son job, mais elle aspire aussi à se retrouver chez elle, dans sa maison, cocon douillet qu'elle préserve jalousement. Passé lourd, problèmes dont on en saura sans doute plus au prochain tome, mais pas de surenchère ni de lourdeur dans les actions de Frieda.

 

Bon, je devais être bien réveillée ou alors, l'abus de Sherlock Holmes en juin a-t-il aiguisé mon esprit parce que moi, je ne me suis pas laissée abuser comme certains personnages !

 

Frieda, mais où avais-tu donc la tête ?? Comment ne t'es tu pas rendue compte que [NO SPOILER]. Allez ma grande, tu n'es pourtant pas une imbécile, tu as même réussi là où Scotland Yard avait échoué.

 

Certes, nul n'est parfait ou infaillible (même pas Holmes) et une héroïne trop futée m'aurait énervée.

 

Un premier tome prometteur !

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

 


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