4.21 Dennis Lehane

 

 

Dennis Lehane est écrivain américain d'origine irlandaise, né le 4 août 1965 dans le quartier de Dorchester à Boston.

 

Un de ses romans, Mystic River, a inspiré le film oscarisé du même nom, réalisé par Clint Eastwood, avec Kevin Bacon, Sean Penn et Tim Robbins. Gone Baby Gone a inspiré le film portant le même titre, réalisé par Ben Affleck, et dont le personnage principal est tenu par son propre frère, Casey Affleck.

 

Enfin, Shutter Island a inspiré le film de même titre, réalisé par Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio.

 

 

I. Romans de la série Kenzie & Gennaro :

 

1- Un dernier verre avant la guerre (A Drink Before the War, 1994).

2- Ténèbres, prenez-moi la main (Darkness, Take My Hand, 1996).

3- Sacré (Sacred, 1997).

4- Gone Baby Gone (Gone, Baby Gone, 1998).

5- Prières pour la pluie (Prayers for Rain, 1998)

6- Moonlight Mile (Moonlight Mile, 2010)

 

 

II. Romans hors série :

 

1- Mystic River (Mystic River, New York : W. Morrow, 2001).

2- Shutter Island (Shutter Island, 2003).

3- Un pays à l’aube (The Given Day, 2008). Trad. de Isabelle Maillet

4- Ils vivent la nuit (Live by Night, 2012).

 

 

 


 

Titre : Un dernier verre avant la guerre
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2000)

Résumé :

Amis depuis l'enfance, Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont détectives privés. Ils ont installé leur bureau dans le clocher d'une église de Boston. Un jour, deux sénateurs influents les engagent pour une mission apparemment simple : retrouver une femme de ménage noire qui a disparu en emportant des documents confidentiels.


Ce que Patrick et Angela vont découvrir, c'est un feu qui couve "en attendant le jet d'essence qui arrosera les braises". En attendant la guerre des gangs, des races, des coupels, des familles.

 

Petit plus :

Thriller urbain, roman engagé, "UN DERNIER VERRE AVANT LA GUERRE" est la première enquête du couple Kenzie-Gennaro, les deux héros meurtris de Dennis Lehane.

 

Ils ont, selon les mots de Jean-Pierre Perrin dans Libération, "Le désespoir terriblement drôle et l'humour ravageur prêt à fleurir sur la moindre cicatrice".

 

Critique : 

Voilà, c'est fait ! Je ne suis plus vierge de lectures de l'auteur Lehane ! Et oui, j'ai franchi le pas. Pourquoi ? Grâce à Jeranjou qui m'a plus que conseillé de découvrir cet auteur... Une fois que j'eus trouvé ce livre, je l'ai lu de suite.

 

Comment cela s'est passé cette découverte ? Bien, très bien. Pour une première fois, je suis conquise, c'est l'orgasme littéraire, le Nirvana, le 7ème ciel, le panard total.

 

Pourtant, ma main a tremblé un peu lorsque j'ai débuté la lecture de cee roman. Imaginez que je ne l'aime pas ? Aurais-je osé écrire une mauvaise critique et surtout la publier ?

 

Heureusement pour ma vie, j'ai ADORÉ le bouquin. Tiens, si je pouvais lui attribuer un 5,2 et bien, je le ferais.

 

C'est du pur malt, ce livre, la plaquette de chocolat noir !

 

Les personnages de Lehane sont haut en couleur, torturés, aussi. D'ailleurs, si l'on pouvait décerner les titres de "pires pères" à ceux de Patrick Kenzie et à Roland, je voterais pour. Plus que des salauds, leurs papas.

 

Pour ce qui est des lieux, nous sommes dans la ville de Boston et découvrons le ségrégationnisme poussé assez loin.

 

Ce qui a de bien, c'est que l'auteur n'enfonce pas de portes ouvertes et faciles avec des clichés tels que "Il est méchant, le Blanc" ou "Il est gentil, le Noir".

 

Oh non, l'auteur ne met pas les fautes dans l'un où l'autre groupe, les fautes sont partagées et les crétins finis sont aussi cons d'un côté que de l'autre.

 

Entre le Blanc qui insulte le jouer de foot parce qu'il est noir et le Noir qui pense que s'il a une vie de misère, c'est la faute aux autres, alors il doit prendre des flingues et descendre tout le monde, sans réfléchir... et j'en passe.

 

Alors, les gangs se forment...

 

Bref, pas de manichéisme, tout n'est pas tout blanc ou tout noir avec l'auteur, mais gris. Si les gangs Noirs sont armés lourdement, il en va de même pour les gangs Blancs.

 

Pourtant, malgré la noirceur du roman, l'auteur nous glisse des tas de petites réflexions amusantes, par l'entremise des pensées de son détective, Kenzie.

 

Des métaphores qui m'ont fait pouffer de rire, glousser, me faisant penser à un autre auteur, Frédéric Dard et son célèbre commissaire San-Antonio.

 

La différence étant que Dard faisait dans le polar burlesque, le sexuellement non sérieux. Lehane m'a fait rire mais a poussé ma réflexion sur les remarques plus sérieuses de ses personnages.

 

Ce que j'ai apprécié aussi, ce sont les retournements de situation, les rebondissements d'enquête. Lorsque vous croyez que tout est réglé, hop, rebondissements ! Et ce, jusqu'à la dernière ligne. Magnifique !

 

Mon intention est de poursuivre ma découverte de cet auteur. J'ai justement Di Caprio qui m'attend sur une étagère... "Shutter Island" pour ceux qui n'ont pas compris.

 

Titre participant au challenge "Thrillers et polars" de Liliba.

 

 


 

Titre : Ténèbres, prenez-moi la main
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2002)

Résumé :

Une nuit, la psychiatre Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu'elle croit lié à l'une de ses patientes.

 

Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans mention de l'expéditeur, elle prend peur et demande de l'aide à Patrick Kenzie et Angela Gennaro.

 

C'est pour les deux détectives le début d'une affaire bouleversante qui va les confronter à l'inacceptable, jusqu'à l'imprévisible dénouement.

Critique :

C'est avec fébrilité que j'ai enfilé ma tenue de détective privé et que je me suis attachée à suivre les pas de Patrick Kenzie et Angela Genaro, bien déterminée à découvrir ce qui se tramait dans ce livre qui, d'après un certain Babelien, était tellement bien qu'il en a fait son avatar.

 

P. Kenzie : Vous êtes bien sûre de vouloir nous suivre, madame la Belette ?

 

Moi : Bien sûr ! Je vais mettre en application les principes du Maître à tous, Sherlock Holmes, et résoudre votre affaire.

 

Kenzie : Heu, vous savez, nous ne sommes pas chez un quelconque auteur de polar à deux balles, ici. Nous sommes chez Lehan, tout de même.

 

Moi : Et alors ? Je vais suivre toutes les pistes et mettre le doigt sur LE détail qui me fera résoudre cette affaire fissa.

 

Kenzie : Et vous êtes assez naïve pour penser que le Grand Lehane va laisser traîner un détail énorme, une piste tellement facile à suivre que Rantanplan y arriverait ou une affaire tellement bête et téléphonée que même Nabilla arriverait à la résoudre ? Non, mais allo, quoi ? Suivez-nous, mais ne croyez pas que vous allez solutionner aussi vite et facilement les méandres de notre créateur...

 

Moi (toute fière) : Hé, j'avais compris bien avant vous à quoi avait pu servir le fa... (No spoil !)

 

Kenzie : Chut ! Ok, sur ce coup là, vous marquez des points, mais pour le nom du coupable, vous repasserez !

 

Moi (bougonne) : Gruummmblll. Vous y avez pensé, vous ? Hein ? Non.

 

Voilà, c'est armée de ma loupe que j'ai suivi les pas de nos deux détectives qui ont repris le collier et se sont retrouvé "engagés" par une certaine Diandra Warren car elle a été menacée par téléphone et a reçu une photo de son fils Jason par courrier.

 

Et c'est partit pour une filature ! Là, j'ai jouée les voyeuse en compagnie d'Angie, Jason étant un chaud lapin affligé d'un sexe de la taille d'un python... et ses trois petites amies aiment lui tutoyer la clarinette pythonesque.

 

Quelques temps après ces filatures et ces fellations, le meurtre d'une connaissance à nos détectives va les impliquer directement dans une enquête des plus sordides.

 

Y'auraiti pas un sérial killer qui officierait dans le coin ? La jouant à la Jésus-Christ en raison de quelques crucifixions...

 

Toujours plus complexe qu'il n'y paraît, Lehane sait vous dérouter, vous surprendre et vous faire rire avec les réparties de Kenzie et l'humour trash de Bubba.

 

Et si oui, j'ai bien découvert une chose avant eux, pour le reste, je me suis ramassée !

 

Non, on ne devine pas chez Lehane ! J'avais mon suspect, j'y croyais dur comme fer et bien, j'ai repris mes billes et j'ai opté pour un autre, qui s'est révélé un tout aussi mauvais choix. Raté ! Lehane aime surprendre.

 

Les moments entre Kenzie et un prisonnier font froid dans le dos, pareil avec le final, manquait plus que la musique d'Ennio Morricone.

 

Bien que l'on entrevoit une partie de tout l'iceberg bien avant le mot "Fin", on en a pour son argent parce que le final est long, rempli de suspense, de questions, de rebondissements, de balles dans tous les sens.

 

Bref, comme les produits Durex©, Lehane fait durer le plaisir et le multiplie, nous collant quelques torgnoles au passage, pour se terminer dans un orgasme littéraire.

 

Voilà pourquoi, entre autre, j'aime cet auteur. Pour les surprises qu'il réserve à ses lecteurs, pour les enquêtes qui nous mènent là où on ne s'y attend pas, pour les frissons, pour la profondeur de ses personnages, pour les questions qu'il soulève dans notre tête, pour le climat du livre (Boston, on est en plein dedans, et pas les beaux quartiers), pour son style d'écriture des plus agréable à lire, pour l'humour qu'il mélange à son noir, ou son noir mélangé d'humour.

 

Si le livre était un café, il serait noir de chez noir, additionné de sucre (humour). Mais croyez-moi, on ne verrait pas le clocher de l'église au fond de sa tasse ! (1) Même pas les célèbres piques de l'Hôtel de Ville de Bruxelles ! Non, il faisait très sombre...

 

Lehane, une valeur sûre dans le polar bien noir, un auteur qui gagne à être lu et connu. Ce livre était magistral et m'a donné bien du plaisir. Merci Jeranjou !

 

(1) "Voir le clocher de l'église Untel dans le fond de sa tasse" est valable pour les cafés trop léger dont on voit le fond de la tasse.

(1) A contrario, si on dit qu'on ne verrait pas le clocher de l'église Untel dans le fond de sa tasse, c'est que le café est tellement noir que même le sucre n'ose pas aller dedans.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 

 


 

Titre : Sacré
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2003)

Résumé :

Des détectives privés kidnappés en plein jour, voilà qui n'est pas banal ! C'est pourtant la mésaventure dont sont victimes Patrick Kenzie et Angela Gennaro dans une rue de Boston.

 

Deux costauds patibulaires, vite surnommés Culbuto et Le Zombie les ayant pris en filature, le tandem se sépare pour les piéger et... se fait surprendre. Leurs ravisseurs les conduisent chez Trevor Stone, un nanti dont le cynisme n'a d'égal que la fortune colossale : plus de deux milliards de dollars !

 

Pourtant, rien ne va plus. Sa femme a été assassinée il y a quelques mois, lui-même est atteint d'un cancer et sa fille, la ravissante Desiree, reste introuvable.

 

Déjà, un premier enquêteur, parti à sa recherche, n'a plus donné signe de vie. Pour contraindre Patrick et Angela de s'y coller, Stone leur propose une forte somme.

 

De premiers indices les conduisent dans les bureaux du centre de SOS Détresse, mais ils devront aller jusqu'en Floride pour débrouiller l'écheveau des relations familiales de la famille Stone.

 

Petit plus : Un peu moins noir que "Un dernier verre avant la guerre" et "Ténèbres, prenez-moi la main", ce troisième épisode des aventures du tandem Kenzie-Gennaro ravira tous ceux qui adorent les histoires de privés.

 

Action, mystère, rebondissements, poursuites, plongée au cœur d'associations qui plument les gogos, chasse au trésor, tout y est, avec une bonne dose d'humour et quelques cadavres pour corser le menu.

Critique :

Les Grands Manitous de Babelio sont iccoruptibles ! Malgré les millions d'euros posés sur la table, ils ont refusé mon changement de pseudo sous prétexte que celui que je voulais prendre était déjà pris : "Lehane-Fan" est indisponible et je ne puis le prendre, ce pseudo.

- N'insistez pas, m'ont-ils répondu sans même baver devant les liasses de billets de 500€ qui débordaient de la table, s'entassant à même le sol.

- "Lehane-Addict", je peux ? Ou "Lehane-Ma-Came", c'est toléré ? leur demandai-je fébrillement tandis que mon Parrain récupérait l'argent.

- Absolument.

 

Et oui, je suis devenue une inconditionnelle de Denis Lehane (je sens que Jeranjou est en train de danser la gigue), de son style d'écriture, de ses atmosphères et surtout de ses deux détectives, Patrick Kenzie et Angie Gennaro.

 

Bien des passages m'ont fait sourire, rire, pouffer de rire, les réparties ou les pensées de Kenzie étant un must pour ceux qui aiment l'humour qui ne vole pas toujours très haut. J'aurais pu vous en citer plein sur Babelio, mais bon, j'en aurais eu beaucoup trop...

 

De plus, cette enquête, c'était coup de pied ou cul sur coup de pied au cul. Waw.

 

Au moment ou vous pensez "blanc", et bien, c'est "noir", paf, coup de pied au cul. Le haut est en bas, le bas est en haut et comme disait mon médecin préféré, le Docteur House "Tout le monde ment !".

 

Bon, on est en bien dans le vrai, là ? Re-paf, coup de pied dans les fesses. Et encore un, et tiens, prends-le.

 

400 pages de pur bonheur et de rebondissements, le roman étant moins sombre que "Un dernier verre avant la guerre" et "Ténèbres, prenez-moi la main" (qui viennent tout deux avant celui-ci).

 

Les personnages sont au top, que ce soit du côté de nos deux détectives, avec Angie qui ne va pas bien, ou du côté des autres. Trévor Stone mérite une médaille et sa fille, la pauvre petite qui a disparu, et bien, on remuerait bien la terre pour elle.

 

Surtout que sa fille, elle est bêêêlle ! Vachement bêêêêlle. Belle comment ? Et bien, je dirai comme avait écrit Frédéric Dard "Elle était belle à faire tourner la tête d'un intégriste musulman à l'heure de la prière". C'est vous dire.

 

Autre atout du livre ? Les salauds sont des vrais salauds et qui dit "méchants" réussis, dit "livre super" parce que un mauvais qui est raté, ben, c'est toute la sauce qui tourne à l'aigre et qui ne prend pas.

 

De ce point de vue là, Lehane nous soigne au petit poil, on boit son petit lait et on déguste la volée de prunaux qui part parfois dans tous les sens.

 

Le scénario est béton et on va de surprise en surprise. Le couple de détectives aussi.

 

Bon, je dois réparer mon erreur et lire le tome 2 ! Quant à vous, lisez Lehane, si ce n'est déjà fait.

 

Titre participant au challenge "Thrillers et polars" de Liliba.

 


 

Titre : Gone, Baby, Gone
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2007)

Résumé :

Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne. Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar.


Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme dealait pour le compte d’un dénommé Cheddar Olamon et qu’elle aurait détourné les deux cent mille dollars de sa dernière livraison. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fille de son «employée» ?

Cette quatrième aventure de Kenzie et Gennaro distille une petite musique déchirante et se termine par une chute aussi inattendue que bouleversante.

 

 


 

Titre : Prières pour la pluie
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2006)

Résumé :
Patrick Kenzie est toujours détective privé à Boston, mais il s'est séparé de sa fidèle coéquipière, Angela Gennaro.


Lorsque Karen, une jeune femme victime de harcèlement, a recours a ses services, il règle rapidement le problème et pense ne plus en entendre parler. Jusqu'au jour où il apprend que Karen s'est jetée du vingt-sixième étage d'une tour.

 

Il semble qu'une invraisemblable succession de malheurs ait poussé à bout la jeune femme...

 

Mais Patrick ne croit pas à une telle série de coïncidences et, confronté à un tueur qui ne tombe sous le coup d'aucune loi, il va avoir besoin de l'aide d'Angela.


Avec ce cinquième épisode de la saga Kenzie-Gennaro, Dennis Lehane confirme son statut d'auteur de best-sellers.

 

Critique : 

 

 


 

Titre : Moonlight Mile
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2012)

Résumé :
Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l'embaucher définitivement car il n'est pas assez « lisse » pour son patron.

 

Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c'est peut-être cela - ainsi que la culpabilité - qui le pousse à accéder à la demande de Beatrice, la tante d'Amanda McCready.

 

Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d'avoir retrouvé l'enfant s'était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd'hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger...


Petit Plus : Comme "Gone, Baby, Gone", "Moonlight Mile" est un roman totalement contemporain qui dépeint une Amérique en proie à une grave crise morale et sociale.

 

L'auteur de "Mystic River" et de "Shutter Island" n'a rien perdu de son art de la métaphore, des dialogues incisifs et des scènes choc. L'art de faire palpiter la vie à chaque page.

Dennis Lehane ne cessait de répéter que ses deux enquêteurs fétiches, Patrick Kenzie et Angela Gennaro étaient morts et enterrés pour la fiction. Et puis il a rouvert la porte et laissé revenir ses personnages pour un ultime tour de piste.

 

De héros, ils sont devenus des Américains moyens. Ils se sont mariés, ont une petite fille de quatre ans, Gabriella, et les problèmes quotidiens de tous les couples, entre autres des fins de mois difficiles.

 

Critique : 

 

 


 

Titre : Shutter Island
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2006)

Résumé :

Shutter Island est un îlot au large de Boston où un hôpital psychiatrique semblable à une forteresse accueille des pensionnaires atteints de troubles mentaux graves et coupables de crimes abominables.

 

Un matin de septembre 1954, le marshall Teddy Daniels et son équipier Chuck Aule débarquent sur cette île pour enquêter sur l’évasion de Rachel, une patiente internée après avoir noyé ses trois enfants.

 

Dès leur arrivée, les deux policiers perçoivent l’étrange atmosphère de ce lieu clos. Ils comprennent vite que personne ne les aidera dans leur mission et ils se posent plusieurs questions : quel rôle jouent sur l’île les médecins qui dirigent cet hôpital et quelles méthodes expérimentent-ils sur leurs patients ?

 

À quoi sert le phare qui domine l’îlot et dont l’entrée semble inaccessible ?

 

Persuadés que l’évadée a bénéficié de complicités, les deux marshalls vont ruser pour découvrir tout ce qu’on leur cache mais un message codé laissé par Rachel les enfonce davantage en plein mystère.

 

Petit à petit, ce drame fait ressurgir chez Teddy des éléments de son passé : il a connu la douleur de perdre sa femme dans un incendie criminel.

 

Mais lorsque Chuck Aule découvre que le pyromane responsable des malheurs de son collègue se trouve interné sur l’île, il s’interroge sur Teddy : celui-ci est-il venu pour enquêter ou pour se venger ?

 

 

Petit plus : Dennis Lehane a construit un puzzle diabolique et subtil dans l’intention de jouer jusqu’au bout avec les nerfs de ses lecteurs qui vont s’interroger tout au long d’un récit où les apparences sont souvent trompeuses et la vérité entrevue, contredite au chapitre suivant.

 

Critique : 

Ma deuxième fois avec Lehane fut tout aussi réussie que ma première, pourtant, le livre partait avec un gros handicap puisque j'avais vu le film de Martin Scorsese, avec le bô Léonardo Di Caprio.

 

"Mon dieu ! Elle savait la fin" se disent avec effroi tous ceux qui ont lu le livre.

 

Oui, je connaissais la fin, malgré tout, cela n'a pas entamé mon plaisir durant lecture, bien que j'aie eu peur de ne pas apprécier le livre étant donné que j'avais moyennement aimé le film.

 

En fait, j'avais trouvé le film un peu touffu (monsieur Scorsese, si vous me lisez, j'implore votre pardon pour ce que je viens de dire) et je n'avais pas tout capté, surtout la fin.

 

Le film était sombre et j'avais décroché quelques fois, la faute sans doute aussi à la mauvaise qualité de film téléchargé. Oui, punie.

 

Par contre, durant ma lecture, je vous avoue que j'avais le palpitant à 100 à l'heure et ma visite sur l'île me laissera quelques séquelles psychologiques. L'avantage des livres sur les films, c'est que nous sommes actifs.

 

Lehane joue avec nous comme un chat avec une souris, nous faisant croire que nous allons en réchapper, mais que dalle !

 

Il le fait si bien (je parle de l'écriture) qu'à un moment donné, j'étais à fond dans l'histoire, sursautant à chaque rebondissements que nous apprenait le marshall Teddy Daniels, avant de me secouer en me disant "Imbécile, tu connais la fin, pourtant".

 

Si ça c'est pas un talent digne d'un grand auteur...

 

Pire : malgré tout, j'ai tout de même senti le coup de pied au fondement à la fin parce là, faut avouer que c'est grandiose ! En plus, cerise sur le gâteau, j'ai enfin compris le film !

 

Alléluia !

 

PS : petit avantage, durant ma lecture, j'avais Di Caprio qui se promenait dans ma tête. Avouez qu'il y a pire...

 

Titre lu en Lecture Commune avec Liliba et faisant partie aussi des Challenges "Thrillers et polars" chez la même et  "La littérature fait son cinéma" chez Kabaret Kulturel.

 

 


 

Titre : Mystic River
 
Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2004)

Résumé :

East Buckingham, non loin de Boston, abrite le quartier des locataires, les Flats et celui de petits propriétaires, le Point. Aux Flats, l'avenir des habitants se résume aux allocations chômage de fin de mois.

 

Au Point, on espère se faire une petite vie tranquille loin des voyous de "Cradeville". Mais quelquefois, les enfants de ces deux quartiers aiment à se retrouver. C'est le cas de Jimmy Marcus et Dave Boyle des Flats et de Sean Devine de Point.

 

Leurs familles se connaissent car les pères travaillent dans la même entreprise de chocolat… même si le père de Sean est contremaître et celui de Jimmy, simple ouvrier.

 

Un samedi de 1975, alors que les trois gamins se bagarrent dans la rue, deux prétendus policiers descendent de voiture, les sermonnent et se proposent de raccompagner le petit Dave chez lui. L'enfant ne réapparaît que quatre jours plus tard. Tous comprennent et se taisent.

 

Dave, qui a subi le pire, se réfugie lui aussi dans le silence et la culpabilité.

 

Vingt-cinq ans plus tard, l'assassinat de Katie, la fille de Jimmy Marcus, portera en écho le sceau de cet événement tragique et indicible.

 

Petit plus : S'il délaisse ses personnages habituels (les détectives privés Patrick Kenzie et Angela Gennaro), Dennis Lehane n'abandonne pas pour autant ses thèmes favoris comme l'amour et la trahison, la faute, la culpabilité, le remord et la vengeance et livre là son chef-d'œuvre.

 

"Mystic River", dont Clint Eastwood a acheté les droits, c'est Shakespeare au cœur de l'Amérique avec, en son sein, les lumières et les ténèbres des hommes qui se défendent d'être des héros et n'aspirent qu'au bonheur.

 

Critique : 

 

 


 

Titre : Un pays à l'aube


Auteur : Dennis Lehane
Edition : Payot et Rivages (2010)


Résumé :

L'Amérique se remet difficilement des soubresauts de la Première Guerre mondiale.


De retour d'Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois, souvent occupés par des Noirs en leur absence. L'économie est ébranlée, le pays s'est endetté et l'inflation fait des ravages.

 

La vie devient de plus en plus difficile pour les classes pauvres, en particulier dans les villes. C'est sur ce terreau que fleurissent les luttes syndicales, que prospèrent les groupes anarchistes et bolcheviques, et aussi les premiers mouvements de défense de la cause noire.


En septembre 1918, Luther Laurence, jeune ouvrier noir de l'Ohio, est amené par un étonnant concours de circonstances à disputer une partie de base-ball face à Babe Ruth, étoile montante de ce sport. Une expérience amère qu'il n'oubliera jamais.

 

Au même moment, l'agent Danny Coughlin, issu d'une famille irlandaise et fils aîné d'un légendaire capitaine de la police de Boston, pratique la boxe avec talent.


Il est également chargé d'une mission spéciale par son parrain, le retors lieutenant McKenna, qui l'infiltre dans les milieux syndicaux et anarchistes pour repérer les " fauteurs de troubles " puis les expulser du territoire américain.

 

A priori Luther et Danny n'ont rien en commun. Le destin va pourtant les réunir à Boston en 1919, l'année de tous les dangers. Tandis que Luther fuit son passé, Danny cherche désespérément le sens de sa vie présente, en rupture avec le clan familial.


Dans une ville marquée par une série de traumatismes, une ville où gronde la révolte, la grève des forces de police va mettre le feu aux poudres.

 

 


 

Titre : Ils vivent la nuit


Auteur : Dennis Lehane
Edition :  Payot et Rivages (2013)


Résumé :

Boston 1926. En pleine Prohibition, l’alcool coule à flots dans les speakeasies, les armes font la loi et Joe, le plus jeune fils du capitaine Coughlin (Un pays à l’aube), est bien décidé à se faire une place dans le milieu de la pègre.

 

Il commence par braquer un bar clandestin appartenant au parrain local Albert White, mais commet l’erreur de séduire sa maîtresse. La vengeance de White ne se fait pas attendre et Joe se retrouve derrière les barreaux.

 

Entre son père et Maso Pescatore, le parrain qu’il rencontre en prison, son choix est fait. Pescatore se charge de son « éducation ». Joe se retrouve en Floride à Ybor City, à la tête d’un réseau de trafic de rhum, noue des liens avec les Cubains et bâtit un empire.

 

Mais la Prohibition prend fin et les temps changent. Pour Joe, le chemin de la rédemption est aussi pavé d’embûches, car traîtres et ennemis ne manquent pas dans ce monde.

Petit plus : Comme dans "Un pays à l’aube", Lehane affirme de manière éclatante son talent de raconteur d’histoires.

Drôle, émouvant, palpitant, tranchant, noir, il a toutes les cordes à son arc. « Ils vivent la nuit, c’est Le Parrain pour ceux qui savent penser. » Stephen King

 


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