4.35 James Crumley

 

1. Biographie :

 

James Crumley est un écrivain américain, né le 12 octobre 1939 à Three Rivers (en) au Texas et mort le 17 septembre 2008 à Missoula dans le Montana.

 

Maître incontesté du roman noir, James Crumley, le "dur à cuire" de la littérature américaine, a hissé le genre au sommet avec "Le dernier baiser", son chef-d'oeuvre.

 

James Crumley est né au Texas en 1939. Après y avoir fait ses études et servi pendant deux ans dans l'armée, il devient professeur de composition littéraire. Il « visite » ainsi de nombreuses universités, il a la bougeotte et le métier de professeur ne lui convient pas.

 

Attiré par le poète Richard Hugo, comme d'autres écrivains de sa génération (James Welch, Bob Reid, Neil McMahon, John A. Jackson), il débarque à Missoula, Montana au milieu des années 1960.

 

Il s'essaye à la poésie et l'écriture de nouvelles, et anime des ateliers d'écriture en compagnie de Richard Hugo, James Lee Burke et d'autres…

 

En 1967, il écrit son premier roman, "Un pour Marquer la Cadence" (One to Count Cadence), qui n'est publié qu'en 1969. Sur fond de guerre du Viêt Nam, ce roman raconte une histoire d'amitié entre un sergent dur à cuire et un soldat gauchiste.

 

Crumley met déjà le pied dans le roman noir, genre dans lequel il excellera par la suite.

 

"Jamais de polar pur et dur mais des ouvrages où le suspense et l'intrigue servent avant tout à nous faire pénétrer au plus profond des questionnements humains sur le bien et le mal, la violence, la dépendance, le pouvoir", comme le dit Jean-Marie Wynants dans un article relatant la rencontre des Étonnants Voyageurs de Saint-Malo avec la ville de Missoula et ses écrivains.

 

Crumley est terriblement ancré à Missoula, comme tous les autres écrivains du coin. Missoula est leur coin de paradis, un paradis où règnent tolérance, bonne humeur, où l'alcool coule à flot et où les écrivains sont une denrée incroyablement fréquente.

 

À Missoula, tout le monde écrit. Au milieu des montagnes, dans cette ville de 50 000 habitants, Crumley reste donc. Il essaye bien parfois de s'en "échapper" mais il finit toujours par y revenir.

 

En 1966, peu de temps après son arrivée à Missoula, il laisse définitivement tomber l'enseignement. Il n'est pas fait pour ça. En revanche, il a l'écriture dans le sang. Il en parle d'ailleurs comme d'une drogue, quelque chose de vital et quasi obsessionnel. "En période d'écriture, je rêve de ce que j'écris toutes les nuits. Si je travaille trop longtemps, je plane littéralement parce que ça marche, alors je dépasse mes 4, 5 heures de travail quotidiennes. Ça peut aller jusqu'à 7 ou 8 heures. Mais après, je suis tellement excité que je ne peux plus dormir pendant 2 ou 3 jours. La sensation de ce trip dans l'écriture est géniale, j'adore ça. Mais après c'est terrible, très dur. Comme pour un camé en pleine descente".

 

James Crumley décède dans sa soixante-huitième année, le 17 septembre 2008.

 

 

2. Œuvres :

 

Romans :

  1. Le bandit mexicain et le cochon (Gallimard - 2004) 
  2. Putes (Rivages - 1990)ou Cairn et autres récits
  3. Tir aux pigeons (Gallimard - 2001)
  4. Tout le monde peut écrire une chanson triste (Gallimard - 2006)
  5. Un pour marquer la cadence (Gallimard - 1992)

 

Série Milo Milodragovitch :

  1. Fausse piste (T-1) (Gallimard - 2006) 
  2. La danse de l'ours (T-2) (Gallimard - 1999)
  3. La contrée finale (T-3) (Gallimard - 2004)

 

Série C.W. Sughrue :

  1. Le dernier baiser (T-1) (Gallimard - 2006) ou Le chien ivre
  2. Le canard siffleur mexicain (T-2) (Gallimard - 2001)
  3. Folie douce (T-3) (Gallimard - 2007)

 

Série Milo & Sughrue en duo :

  1. Les serpents de la frontière (Gallimard - 2000)

 

 

 

 

Titre : Fausse piste
 
Auteur : James Crumley
Édition : Gallimard (2006)

Résumé :

Quand on est pauvre avec un héritage bloqué par testament jusqu’à l’âge de cinquante-trois ans et que l’on vient de perdre l’essentiel de son gagne-pain quotidien, on ne crache plus dans la soupe.

 

Milo Milodragovitch, rejeton maudit de ce qui fut une famille importante de Meriwether (Montana), ne peut qu’accepter l’offre d’Helen Duffy. Retrouver un frère innocent, gentil garçon raisonnablement de gauche et passionné d’armes à feu, disparu dans un incendie, n’est pas si compliqué. Surtout si la demande émane d’une femme à ce point démunie qu’elle en devient troublante.

 

Le vice, la haine et la violence ne sont pourtant pas loin. La laideur cache son jeu et les morts s’amoncellent. Qui ment et pour quelles raisons ?

 

À coucher avec ses clients, Milo ne verra que trop tard ce qu’il avait sous le nez…
 

Critique : 

Ne lisez pas un livre de Crumley dans l'espoir de suivre un détective privé futé, qui remonte les pistes, tel un chien de chasse lancé sur un gibier ! Oubliez aussi les déduction parfaites, l'étincelle dans l'oeil à la perspective d'avoir une nouvelle énigme à résoudre...

 

Milo Milodragovitch a été flic, il est devenu privé, mais il tenait plus du détective cherchant la photo compromettante qui prouvera l'adultère, donnant ainsi la possibilité de divorcer à son cocu de client (ou à sa cocue de cliente).

 

Catastrophe, la loi a changé et maintenant, pour divorcer, plus besoin de prouver le cocufiage, on peut divorcer pour n'importe quel motif ! Bardaf, c'est l'embardée pour la petite entreprise de Milo...

 

Notre privé biberonnait déjà à la bouteille, se demandant comment effectuer son recyclage professionnel, son héritage testamentaire étant bloqué jusqu'au jour béni de ses 53 ans, lorsque Helen Duffy, une potentielle cliente rousse à la croupe incendiaire, lui proposa une enquête sur la disparition de son petit frère.

 

Ça commence bien, Milo veut déjà la sauter... La cliente a tout d'une gentille naïve et le petit frère n'est pas aussi clean qu'elle le dit.

 

Une enquête assez difficile pour notre privé qui passe plus de temps à boire qu'à enquêter. Ou qui boit beaucoup trop en enquêtant.

 

Avec Crumley, pas de précipitation dans le récit, pas de courses poursuites, mais des ambiances de bars plus vraies que nature.

 

D'ailleurs, au bout de quelques pages, j'étais bourrée en lisant toutes les gorgées de whisky que Milo avait ingurgité en compagnie de tout un tas de laissés-pour-contre.

 

À la fin de l'enquête, je frôlais le coma éthylique... hips, et j'étais remplie de tous les coups reçu au fil des pages. Suivre Milo dans ses pérégrinations n'est pas toujours de tout repos, mais je me suis attachée à lui, ainsi qu'au clodo Simon.

 

Ceci est un roman noir ! Le lecteur explore les bars crades où se retrouvent les paumés; les clodos, les alcoolos et les flics corrompus, qui, pour quelques dollars de plus, ferment les yeux sur les flippers et autres infractions.

 

L'auteur n'est pas tendre avec son éponge imbibée d'alcool qu'est Milo. Pas tendre non plus envers les habitants de la ville de Meriwether qui regardent un jeune voleur à la tire se faire rouler dessus par des voitures, dans une parfaite indifférence, des flics corrompus ou des dealer occasionnels. Bref, tout le monde en prendra pour son grade.

 

Les personnages sont tous plus ravagés les uns que les autres et le ton du roman est assez impertinent, surtout avec Milo !

 

Ne lisez pas ce roman noir dans l'espoir de croiser un foudre d'enquêteur parce que Milo tourne souvent en rond, se bourre la gueule, doit débourrer et soigner ses coups. C'est simple, j'avais le nom du coupable avant lui...

 

Non, on lit cet auteur pour sa plume, son ironie, ses descriptions de la misère humaine échouée dans les bars. On le lit pour sa galerie de personnages... et on s'enfonce dans les eaux sombres car l'auteur nous maintient la tête sous l'eau.

 

On le lit pour ses 473 pages que je n'ai pas vue passer... pour le coup de pied au cul final.

 

En fait, on peut même dire que l'enquête est secondaire, accessoire. Juste une manière de faire plonger le lecteur en eaux troubles.

 

- Barman ! La prochaine tournée est pour moi !

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014) et le "Challenge US" chez Noctembule.


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