4.27 Ken Bruen : Jack Taylor / Inspecteurs Roberts & Brant

 

1. Biographie :

 

Ken Bruen est un écrivain irlandais de romans policiers. Il est né en 1951 à Galway.

 

Après des études au St. Joseph’s College à Galway, puis à Trinity College à Dublin, où il devient docteur en métaphysique, Ken Bruen se met à voyager beaucoup, enseignant l’anglais dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et d’Amérique du Sud. Il fait même un séjour très éprouvant en prison au Brésil.

 

De retour en Irlande, il se fixe dans sa ville natale et écrit des romans noirs.

 

Bruen mène deux séries de front :

 

  • La première se déroule autour d’un personnage central, Jack Taylor, ancien garda (policier) viré pour alcoolisme reconverti en tant que détective privé et qui se déroule à Galway. Il profite de cette série pour faire un tableau plutôt sombre de la société irlandaise. Les romans de la série sont truffés de références à la culture populaire irlandaise (et anglo saxonne en général), notamment littéraire et musicale. Jack Taylor est lui-même un grand lecteur de romans noirs, aussi les références aux classiques du genre sont-elles également très présentes. On les retrouve en exergue des chapitres ou dans des allusions directes au fil du texte, souvent faites par le personnage lui-même.
  • L’autre série met en scène les inspecteurs Roberts & Brant. Cette série se veut en partie un hommage au 87e District de Ed McBain.

 

2. Œuvres :

 

1. Série Jack Taylor :

  • Delirium Tremens (The Guards, 2001) - Série noire Gallimard, 2004
  • Toxic Blues (The Killing of the Tinkers, 2002) - Série noire Gallimard, 2005
  • Le Martyre des Magdalènes (The Magdalen Martyrs) - Série noire Gallimard, 2006
  • Le Dramaturge (The Dramatist) : Une enquête de Jack Taylor (Série noire - Gallimard, 2007, traduction de Pierre Bondil)
  • La Main droite du diable (Priest) : Une enquête de Jack Taylor (Série noire - Gallimard, 2008, traduction de Pierre Bondil)
  • Chemins de croix (Cross) : une enquête de Jack Taylor (Série noire - Gallimard, 2009, traduction de Pierre Bondil)
  • En ce sanctuaire (Sanctuary) : une enquête de Jack Taylor (Série noire - Gallimard, 2010, traduction de Pierre Bondil)
  • Le Démon (The Devil) : Une enquête de Jack Taylor (Fayard Noir - Fayard, octobre 2012)
  • Sur ta tombe (Headstone) : une enquête de Jack Taylor (Fayard Noir - Fayard, octobre 2013, traduction Catherine Cheval et Marie Ploux)

 

2. Série R&B :

  • Le Gros Coup (Série noire - Gallimard, 2004, traduction de Marie Ploux et Catherine Cheval)
  • Le Mutant apprivoisé (Taming the Alien, 1999) (Série noire - Gallimard, 2005, traduction de Catherine Cheval et Marie Ploux)
  • Les Mac Cabés (Série noire - Gallimard, 2006, traduction de Marie Ploux et Catherine Cheval)
  • Blitz (Série noire - Gallimard, 2007, traduction de Daniel Lemoine)
  • Vixen (Série noire - Gallimard, 2008, traduction de Daniel Lemoine)
  • Calibre (Série noire - Gallimard, 2011, traduction de Daniel Lemoine)
  • Munitions (Série noire - Gallimard, 2012, traduction de Daniel Lemoine)

 

 

 

 

Titre : Delirium tremens - Une enquête de Jack Taylor
 
Auteur : Ken Bruen
Édition : Gallimard (2006)

Résumé :

Il n'y a pas de détectives privés en Irlande. Les habitants ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l'image haïe du mouchard. Jack Taylor le sait.

 

Viré pour avoir écrasé sciemment son poing sur le visage d'un ministre, cet ancien flic a gardé sa veste de fonction et s'est installé dans un pub de Galway.

 

Son bureau donne sur le comptoir. Il est chez lui, règle des broutilles, sirote des cafés noyés au brandy et les oublie à l'aide de Guinness. Il est fragile et dangereux.

 

Une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans le supplie d'enquêter. "On l'a noyée" sont les mots qu'elle a entendus au téléphone, prononcés par un homme qui savait.

 

De quoi ne plus dormir. Surtout si d'autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un...

 

Critique : 

Un roman de Jack Taylor, on ne le lit pas, on ne le dévore pas : on le boit ! Cul-sec, avec un peu d'eau à la rigueur, mais sans glaçons.

 

Jack Taylor, ancien de la Garda Síochána (Gardiens de la paix en Irlande), a réussi à se faire licencier (un exploit) et depuis, il est devenu un espèce de détective privé imbibé d'alcool.

 

Il est quasiment impossible de se faire renvoyer de la Garda Siochana. Il faut vraiment y mettre du sien. Tant que vous ne devenez pas un objet de honte, ils sont prêts à tolérer presque n'importe quoi. J'avais atteint la limite. Plusieurs
Mises en garde
Avertissements
Dernières chances
Sursis
Et je ne m'améliorais toujours pas. Je ne dessoulais pas non plus. Ne vous méprenez pas : les gardai et l'alcool entretiennent une vieille relation, presque amoureuse. A vrai dire, un garda abstinent est considéré avec méfiance, quand ce n'est pas avec une totale dérision, à l'intérieur et à l'extérieur de la police

 

Ok, pour ce qui est de l'alcool, non, non, rien à changé ! Il se pochetronnait déjà du temps qu'il était à la Garda.

 

Jack Taylor n'a rien d'un Sherlock Holmes - loin de là - et pourtant, je l'aime bien. Limite un anti-héros vu le nombre de pages où il est dans le cirage le plus total. Même une éponge est moins imbibée que lui, c'est dire.

 

Jack Taylor est un détective atypique, comme il n'en existe pas deux dans la littérature, un privé bordeline toujours en pleine révolte sur tout le monde (sa mère notamment) et en train de regretter son père qui lui offrit sa première carte de bibliothèque. Sa seule constante dans son alcoolémie furent les livres.

 

Mon père adorait lire ; il parlait toujours du pouvoir du livre. Après sa mort, un type m'a arrêté dans la rue et m'a dit : "Ton père, c'était une vraie pute avec les bouquins." --- J'aurais dû faire graver ça sur sa tombe. Ça lui aurait fait plaisir.

Il y a toujours eu des livres. Au cours de ma vie dissolue, ils ont été la seule constante.

 

Sa vie est une véritable soulographie, il se détruit à petit feu - et ça fait mal de voir qu'un alcoolo ne retient jamais les leçons du passé - et malgré tout, j'adore suivre ses enquêtes.

 

Jack Taylor résoudre une enquête ?? Oui, il y arrivera, avec un peu de chance et avec l'aide d'autres personnes, mais pas de la dive bouteille.

 

Ici, c'est une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans (retrouvée noyée) qui l'engage, alors qu'il est assis à sa table de pub préféré. Alors, notre Jack va réouvrir l'enquête et on dirait que ça ne plait pas à tout le monde...

 

Durant ses "enquêtes", Jack nous raconte ses souvenirs, son enfance, son Irlande, sa ville de Galway, son pub préféré, celui tenu par le vieux grincheux de Sean.

 

Aucune décoration au bar. Deux crosses de hurling sont croisées au-dessus d’un miroir tacheté. Plus haut encore, il y a un triple cadre. On y voit un pape, saint Patrick et John F. Kennedy. JFK est au centre. Les saints irlandais. Autrefois, le pape occupait le poste de centre, mais après le concile du Vatican, il s’est fait virer. Maintenant, il s’accroche à l’aie gauche. Position précaire.

 

On peut critiquer Jack et son alcoolisme galopant, mais contrairement à ses compatriotes sobres lui au moins a de l'empathie et de la sympathie pour les clochards de tout poil qui vivent en marge de la société, exclus qu'ils sont.

 

Par contre, des amis, il n'en a pas beaucoup et certains ont même tendance à le tirer vers le bas...

 

— Fragile ! Cet arnaqueur ? Il serait capable de construire un nid dans ton oreille et de te faire payer le loyer.

 

L'écriture de Bruen, c'est de la poésie cynique, noire, vacharde. Et j'en redemande. Lire Bruen, c'est lire de l'Irlande et la respirer à plein poumons.

 

Je descendais Forster Street quand une averse éclata. Le genre de pluie qui vous en veut.

 

Je ne sais s'il trempe sa plume dans de l'alcool à 90° ou dans un encrier rempli d'amertume, mais il nous brosse un portrait de son pays peu flatteur, mais l'ambiance est là.

 

En réalité, le temps ne passe pas. C'est nous qui passons.

La pluie de Galway est capable de noyer presque toutes les prétentions.

 

Un roman noir qui se boit plus vite qu'une Guiness... C'est drôle, incisif, bourré de répliques acerbes, des citations comme s'il en pleuvait, des références aux grands noms du Roman Noir, de la chanson, le tout mitonné aux petits oignons dans des chapitres et des phrases courtes qui donnent du rythme au roman.

 

C’est toute l’histoire de ma vie : les hordes se dirigent vers la plage, moi je vais au cimetière.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le "RAT a Week, Winter Édition" chez Chroniques Littéraires (384 pages - xxx pages lues sur le Challenge).

 

 

 

Titre :
 
Auteur : Ken Bruen
Édition :

Résumé :

 

Critique : 

 

 

 

 

Titre : Le martyre des Magdalènes - Une enquête de Jack Taylor
 
Auteur : Ken Bruen
Édition : Gallimard (2008)

Résumé :

Lessivé, rincé par sa dernière enquête, Jack Taylor tente d'en faire passer le goût amer en éclusant des pintes de Guinness au comptoir de son pub préféré. Alors qu'il répète à qui veut bien l'entendre qu'on ne l'y reprendra plus, Jack est sommé par un caïd local de retrouver "l'ange des Magdalènes".

 

Contraint et forcé d'accepter afin de s'acquitter d'une dette d'honneur, Jack se retrouve au cœur d'un fait divers des années 1960, et croise bientôt les fantômes des "Magdalènes", des filles-mères reniées par leurs familles, exploitées dans des couvents catholiques où elles lavaient leurs péchés en travaillant comme blanchisseuses.

 

Hanté par ses échecs passés, poursuivi par une police locale qui lui cherche constamment des crosses, Jack va tenter de retrouver cet "ange", une mystérieuse femme qui serait venue en aide à ces pauvres filles mises au ban de la société.

 

Cependant, comme l'alcool, la vérité est bien souvent trompeuse. Gare au retour de flamme. Ce qui s'annonçait comme une mission rédemptrice va vite se transformer en chemin de croix.

 

Le martyre de Jack Taylor ne fait que commencer...

 

Critique : 

Si vous trouvez que le commissaire Erlendur est trop hanté par ses souvenirs, si vous pensiez qu'un flic ne pouvait pas être plus imbibé que l'inspecteur Harry Hole ou le privé Matt Scudder et qu'on ne pouvait pas faire plus torturé que le sergent sans nom qui enquêtait sur la mort de Dora Suarez, et bien, c'est que vous n'avez pas encore fait connaissance avec Jack Taylor...

 

Ancien guarda (flic), Jack Taylor s'est fait virer pour abus de substances illicites, dont l'alcool et la Guiness. Le savoir-faire des brasseurs n'était pas dégusté avec sagesse. Sans parler d'une petite snifette de temps à autre. Là, il vit dans un petit hôtel.

 

"Les alcooliques sont presque toujours des gens charmants. Ils sont bien obligés car ils doivent se faire de nouveaux amis en permanence. Ils consument les précédents".

 

Alors qu'il fait briquer le zinc d'un pub avec ses manches (comprenez qu'il y est accoudé), un truand lui demande d'éponger sa dette en retrouvant "l'ange des Magdalènes", celle qui aurai sauvé des jeunes filles, dont la mère du truand.

 

Magdalènes ? Quoi t'est-ce ?? Pour ceux qui ne le sauraient pas, dans l'Irlande catho, les "Maisons des Magdalènes" était une charmante institution, tout ce qui a de plus légale, où des charmantes bonnes sœurs avaient la mission de purifier les filles mères ou toutes autres pécheresses. Amen.

 

Afin d'expliquer à ses gamines que ce qu'elles avaient fait était "mal", on leur donnait comme mission de s'occuper de la lessive, le tout dans des conditions de travail qui ferait défaillir le plus coulant des syndicaliste. L'église - bénie soit-elle - se faisant bien entendu rétribuer pour ce service.

 

Comme on se fichait pas mal de la cause qui avait planté un polichinelle dans le tiroir de ses jeunes filles - viol familial ou autre - on leur faisait payer leur ignominie afin de laver plus blanc que blanc leurs péchés imaginaires. La dernière de ces maisons a fermé dans les années 1990.

 

Sérieusement, si ces bonnes sœurs méritaient le peloton d'exécution et la damnation éternelle dans les flammes de l'Enfer, Jack Taylor aussi. Parce que niveau enquête, il est à fouetter ! Je dirais qu'il n'en a rien à branler, malgré le fait que son truand psychotique de client lui ait collé des traces de freinage dans le slip en lui donnant des frayeurs.

 

De plus, Jack s'est fait confier une autre enquête : sur une veuve qui aurait tué son mari. L'enquête étant demandée par le beau-fils. Là aussi, rien à battre, il continue de s'imbiber grave et décide que la veuve est innocente.

 

Il est dit dans une critique qu'on ne suit pas Jack pour ses enquêtes et c'est bien vrai. Non, on suit ses aventures dans les brumes de l'alcool et du brouillard de poudre blanche pour tout autre chose. Les ambiances... les mots d'irlandais, sa nonchalance, ses pensées, ses bons mots, son je-m’en-foutisme, sa manière de se mettre la terre entière sur le dos, son manque de morale absolue.

 

— Je vous emmerde, Jack Taylor. Vous êtes un individu méprisable.

 

La quête du savoir est semblable à un joli petit cul dont vous savez pertinemment que vous ne devriez pas essayer de vous le faire, à la fin, vous essayez quand même.

 

Comment enjoint-on à un homme de partir, en termes vulgaires ? Dégage, tire-toi, fous le camp, taille la route etc. Tous très efficaces. Mais rien ne vaut l'expression classique utilisée pour de vrai par Spike o'Donnell ( l'un des frères O'Donnell, de Chicago, la seule petite bande qui ait dit aux gangsters de Capone d'aller se faire voir et qui en ait réchappé). Ce qu'il a dit, c'était : fais toi rare.

 

Je m'attendais à avoir plus de passages sur les Magdalènes, mais l'auteur n'a inclus que quelques courts chapitres, sans trop développer, tout en arrivant à vous coller des sueurs froides. Écriture sobre, mais percutante, pour ces passages.

 

On frémit devant quelques sévices admonestés par ces femmes frustrées, qui n'avaient pas choisi les voies de Dieu par vocation ou alors, n'avaient rien compris au message initial. Et puis, le pouvoir, ça grise et ça fait jouir !


Si j'ai eu un peu de mal au départ en découvrant Jack, il a réussi à m'étonner sur la fin. Bon, il a fallu qu'il lâche un peu la bouteille et se bourre de médocs qui lui auraient fait gagner le Tour de France s'il avait décidé de le courir.

 

Par contre, j'ai bien aimé le fait que Jack Taylor, grand lecteur, nous livre ses opinions et ses coups de cœur sur tel ou tel auteur. Mieux, le roman est truffé de citations, de clins d'œil ou de pensées sur ses auteurs favoris qui sont tout de même : Robin Cook, David Peace, James Ellroy ou Edward Bunker. Du lourd.

 

Au travers des bouteilles sombres de Guiness, la réalité est souvent trouble, Jack va s'en rendre compte.

 

Une enquête qui doit presque se résoudre sans l'aide de Jack, mais malgré tout, un roman noir qui m'a fait découvrir un autre univers et un auteur que je vais suivre de très près.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015) et "Challenge Ma PAL fond au soleil - 2ème édition" chez Métaphore.

 

 

 

 

Titre :
 
Auteur : Ken Bruen
Édition :

Résumé :

 

Critique : 

 

 

 

 

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