4.46 Romans Noirs [Amérique du Sud]

 

L'Amérique du Sud, dans cette section, c'est aussi Cuba, le Mexique, le Chili...

 

 

 

 

 

Titre : Tant de chiens


Auteur : Boris Quercia
Édition : Asphalte (2015)

Résumé :

Encore une mauvaise période pour Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili. Son partenaire Jiménez vient de mourir au cours d'une fusillade avec des narcotrafiquants. Pire encore, le défunt semble avoir été mêlé à des histoires peu claires, et il avait les Affaires internes sur le dos.


Par curiosité autant que par désœuvrement, Santiago commence à mener l'enquête, et il retrouve une jeune femme qu'il connaît bien, Yesenia. Tous deux ont grandi dans le même quartier avant que leurs chemins se séparent.

 

Entretemps, Yesenia a connu l'enfer : séquestrée et violée par son beau-père, elle ne vit plus que pour se venger. Au nom de leur amitié passée, elle va demander à Santiago d'abattre son bourreau...

 

Critique : 

Direction le Chili à la découverte d'un de ses flics : Santiago Quiñones qui se trouve en fâcheuse posture, les balles des narcotrafiquants sifflant au-dessus de sa tête, un rottweiller qui s'en prend à son partenaire, Jiménez...

 

Plusieurs pistolets mitrailleurs nous tirent dessus et les balles ricochent de partout, je suis planqué dans un cagibi où sont entreposées des bouteilles de gaz et les balles me sifflent aux oreilles.

 

Quand Quiñones s'en sort sans une égratignures, c'est pour apprendre que son partenaire est mort et qu'il avait les bœufs-carottes des Affaires Internes sur le dos.

 

Ce petit roman noir est un concentré de noirceur sur la vie au Chili. En peu de mots, de phrases, de réflexions de Santiago, de pages, l'auteur survole ce qui ne va pas dans son pays et on parle de la corruption, de la misère des gens, de la pédophilie, des trafics de drogues, des gens désabusés, le sort des mapuches, les flics ripoux, les politiciens véreux...

 

Le style de Boris Quercia ne fait pas dans la dentelle et appelle un chien un chien et ces derniers seront nombreux dans ce court récit, tant les gens ont des vies de chiens.

 

On était déjà allées au commissariat et ils avaient envoyé le dossier au tribunal, mais il y avait un pont ce week-end là et personne n’avait envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde s’en foutait. Je les comprends. Chacun a ses propres blessures, alors pourquoi souffrir en plus pour celles des autres ?

Il y a ce chien enragé de la malchance qui m'a sauté à la gorge et qui ne me lâche plus.

 

Les phrases sont courtes, sèches, mordantes comme les canines acérées d'un chien, piquantes comme des épines de cactus.

 

Je cherche mes cigarettes et lui en offre une. Il ne fume pas, c'est ce genre-là.

"Tire-toi", je lui demande. Mais elle, loin de m'obéir, dégrafe sa robe et reste en face de moi, en petite culotte et talons hauts. "C'est gratuit", elle me dit, mais la vie m'a appris que rien n'est gratuit, et ça encore moins.

 

L'enquête de Santiago Quiñones est courte, rythmée, remplie de chausse-trappes, de pièges, de drogues, de saloperie, le tout distillé à la goutte près, de la came pure, non coupée, en somme.

 

Quant à notre flic, il est comme je les aime : ténébreux, pas toujours réglo, qui boit sans virer à l'alcoolo, qui ne crache pas sur une ligne de coke à l'occasion ou à se faire tailler une pipe dans des toilettes sales.

 

Un portrait noir mais pourvu de quelques lumières car s'il n'est pas tout noir, il n'est pas tout blanc non plus, notre flic. En tout cas, Santiago est lucide et le regard qu'il porte sur la société est servi dans sa vérité toute nue.

 

Si on apprend une chose en étant flic, c’est que les pères sont de vraies merdes dans ce pays. Ils fourrent leur bite et disparaissent. L’autre chose, c’est qu’ici personne ne paie pour ses fautes, à moins d’être pauvre. Mais ça ne compte pas, les pauvres payent toujours, ici comme ailleurs.

Une fillette qui vit dans la rue, dit Ricardo, a au moins son groupe de copains, des enfants comme elle qui vivent sous les ponts et sniffent de la colle. Ce sont des bandes urbaines avec des liens d’amitié très forts. Dans les foyers, l’amitié n’existe pas. Ce sont de petites prisons où tout dépend du sens moral de celui qui exerce le pouvoir, et l’histoire de l’humanité nous a suffisamment montré quel niveau d’abjection peut atteindre l’être humain.

 

La ville est aussi un personnage principal avec ses rues, ses habitants, sa pollution, ses salauds, ses pédophiles, ses trafics en tout genre. Une ville qui charrie encore son poison dans ses rues, elle qui a du mal à se remettre de la dictature.

 

C’est un grand type chauve, un peu voûté, comme souvent chez les gens grands au Chili. C’est un pays qui punit ceux qui dépassent la moyenne, les grands essayent de passer inaperçus et les très grands, comme ce type, se voûtent pour entrer dans le rang.

 

J'ai apprécié aussi que l'histoire ne parte pas dans le sens où je l'avais cru et qu'à un moment donné, tout en gardant ses protagonistes, elle bascule vers autre chose dont nous n'aurons le fin mot que dans les dernières pages, celles qui arrivent trop vite tant on aurait aimé prolonger le voyage.

 

Un petit roman noir corsé, une enquête qui sert de trame à présenter ce qui ne va pas dans le pays, à nous en brosser un portrait peu flatteur, une enquête rythmée, sans temps mort, avec quelques scènes de sexe pour faire passer tout cela.

 

Elle mord mon dos au travers de la chemise. Ça ressemble à une attaque cannibale. Je m’excite de plus en plus et j’ai du mal à me retenir, j’ai envie de la pénétrer, mais elle ne se laisse pas faire, elle continue à me travailler et à faire pression sur mon dos avec ses seins.

 

Une plume sèche, qui va droit au but et qui nous emporte directement au Chili.

 

Des personnages haut en couleur, des femmes fatales, des balles qui sifflent, une situation sociale de merde, des flics ripoux, de la violence non gratuite, de la drogue, des pipes, du sexe, des coups de pieds dans la fourmilière, des coups dans la gueule, des embrouilles, des magouilles, de l'horreur abjecte, des vérités vraies, ...

 

Une fois qu’on t’a mis en taule, tu n’en sors plus, même si tu sors. C’est "l’université du crime", pour reprendre l’expression à la mode dans l’émission du Flaco Fuenzalida.

 

C'est du brutal, cette came de 199 pages concentrée et non coupée.

 

Bref, du hardboiled comme on l'aime : intelligent, brutal, sans fioritures et servi, cette fois-ci, avec une petite sauce chilienne bien piquante.

 

Un flic n’est pas là pour faire respecter la loi. Un flic est là, comme presque tout le monde, pour exécuter des ordres, des mandats. Arrêtez tel type. Enquêtez sur tel autre. Suivez cette dame, découvrez qui a envoyé ce mail. Si on ne supportait pas les injustices dans ce monde, on ne pourrait plus allumer la télé et regarder les informations. En fait, ce qui nous préoccupe vraiment, c’est arriver à la fin du mois, en vie d’une part, avec un peu d’argent de côté si possible d’autre part. Car être vivant sans un rond, ce n’est pas être vivant.


Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016).

 

 

 

Titre : Coupable vous êtes


Auteur : Lorenzo Lunar
Édition : Asphalte (2015)

Résumé :

Santa Clara, ville de province cubaine. Le cadavre d’un caïd est découvert non loin de la gare routière.

 

L’arme du crime étant un marteau de cordonnier, le commissaire de quartier Leo Martín soupçonne tout de suite son ennemi juré, Chago Le Boeuf, dont c’est la profession. Sauf que celui-ci vient de lui-même au poste pour déclarer le vol de l’outil… Puis il annonce qu’il souhaite collaborer avec la police sur cette affaire. Sa piste : les prostituées.


Aux côtés d’un Leo Martín toujours en proie à ses démons, le lecteur découvre la vie des jineteras, jeunes femmes vendant leurs charmes aux hauts fonctionnaires cubains comme aux touristes, à travers une galerie de personnages féminins aux caractères bien trempés.

 

L’une d’elle pourrait bien être impliquée dans le meurtre…

 

Critique

Cuba comme vous ne le verrez pas sur les guides touristiques vous vantant les charmes des cigares cubains ou des plages de sable fin...

 

El Condado, le quartier pauvre de Santa Clara, ne fait sans doute pas partie des cartes postales proposées par les Tour-Opérateurs. Ça vous ferait foutre le camp fissa !

 

Pourtant, le commissaire Leo Martín aime son quartier, ses putes, bien qu'il soit fort critique envers son pays, surtout que nous sommes en pleine période "spéciale" (période qui eut lieu après la chute du bloc soviétique et qui a vu les importations de produits d'Europe de l'Est chuter et cela a bouleversé l'économie locale, créé des pénuries en tout et de ce fait, fait augmenter l'économie parallèle et le système D) et on ne peut lui donner tort.

 

Entre les femmes qui doivent se prostituer, les files pour obtenir un peu de viande hachée, les listes jaune ou rouge sur lesquelles ils faut être inscrit pour avoir le droit d'aller à l'hosto et la pénurie dans toutes les choses importantes, l'amertume est grande, mais tout le monde fait avec.

 

La description de la vie à Cuba est sans fard, sans artifices, sans colifichets, elle est brute de décoffrage, donnant à certains cubains le moral à hauteur du cul, c'est à dire : bas ! (Cuba, si vous aviez pas compris le jeu de mot).

 

Une chose est sûre, on ne doit pas choisir une enquête de Leo Martín pour son rythme trépidant parce que notre Leo, il trépide pas fort...

 

Pour résoudre le cas du maquereau de Varadero assassiné à coups de marteau de cordonnier (ça s'invente pas), monsieur le commissaire va à une allure de sénateur, emberlificoté qu'il est dans ses histoires de cœur, de cul, de sexe...

 

Notre homme prend le temps, à chaque interrogatoire, de nous dévoiler des morceaux entiers de la vie du suspect, nous donnant ainsi un portrait peu flatteur de l'ile de Castro.

 

Roman court, véritable concentré de renseignement sur les prostituées et les hommes du parti qui se pavanent (ou qui chutent), le tout servi par une plume sans fard et acérée qui donne lieu à une critique acerbe du pays, mais sans jugement aucun sur celles qui font le trottoir, le tout emballé dans de belles feuilles de tabac et arrosé d'alcool pas net.

 

C'est tout ça dans ce petit roman qui, contrairement au guide touristiques, ne vous donne pas envie d'aller folâtrer dans le quartier de Leo Martín, mais juste de lire ses autres aventures !

 

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

 

 

 

 

Titre : Puerto apache


Auteur : Juan Martini
Édition : Asphalte (2015)

Résumé :

Puerto Apache est un bidonville autogéré en plein cœur de Buenos Aires, sur la rive du río de la Plata. Ses habitants sont pleinement conscients de leur condition d’exclus et se revendiquent comme étant "un problème du XXIe siècle".


Parmi eux, le Rat, qui vit de petits larcins. Mais son activité la plus lucrative, c’est de travailler pour un caïd de la ville : il doit retenir des séries de nombres, sans les noter, et les restituer telles quelles à un autre dealer. Il ne sait pas à quoi tous ces chiffres correspondent, mais qu’importe, l’affaire paie bien…


Jusqu’au jour où il se retrouve pieds et poings liés sur une chaise, passé à tabac par des inconnus qui voient en lui plus qu’un simple maillon de la chaîne.

 

Qui veut la peau du Rat ? Pourra-t-il trouver refuge dans les rues de Puerto Apache ?
 

Critique : 

Voilà un roman noir qui sort de l'ordinaire, non pas à cause de son scénario - connu ! - mais à cause de la narration de l'histoire !

 

Direction l'Argentine... Le Rat, personnage principal, nous en faisons la connaissance alors qu'il est ligoté sur une chaise, en train de se faire passer à tabac par trois mecs dont il n'a aucune idée de ce qu'ils lui veulent.

 

— Je suis le Rat, je lui dis.
Le type me croit pas. Il m’envoie une mandale, j’essaie d’esquiver mais il m’atteint en pleine face, il me défonce l’arcade. Je ne vois plus rien de l’œil gauche. Que du sang. J’ai les mains sur les genoux, je tiens comme je peux sur cette petite chaise. Mon couteau est dans ma poche arrière.
— Espèce de crétin. Dis-moi la vérité et tu sauves ta peau.
Le type se lèche les articulations. Il s’est fait mal aux doigts.
— J’te jure, je lui dis. Je suis le Rat.
Ce mec est un con. Pourquoi je lui mentirais ? Je suis déjà mort. J’ai pas de raison de lui mentir. De toute façon, il m’en colle une autre. Je ne bouge pas. Je veux qu’il s’explose la main. Il m’éclate l’œil. Le même. Maintenant, je ne vois même plus le sang. Le type s’est broyé la main. Les os, ça fait du bruit quand ça casse. C’est comme ça. Les petits os de la main, ils font crac et ils cassent.

 

Là où on sort des sentiers battus (si je puis m'exprimer de la sorte face à un type qui se fait casser la gueule), c'est grâce à tous les petits récits coincés dans le récits principal.

 

On tabasse le Rat et lui, il digresse dans sa tête au bout de deux paragraphes de cassage de gueule, notre ami nous parle de son pote Cúper, de sa maîtresse Maru, du quartier spécial qu'est Puerto Apache, bidonville autogéré en plein cœur de Buenos Aires...

 

À Puerto Apache il y a, je sais pas, vingt ou trente blocs. On a tracé les rues, on a tiré au sort, on a donné à chacun sa parcelle, mais on a rien brûlé. S'il y avait des arbustes ou des plantes à déplacer, on les a déplacés. On est pas venus ici pour tout saccager. On est venu ici parce que les gens ont besoin d'un endroit pour vivre. Nous, on est réglos. On a nos embrouilles, comme tout le monde, parce qu'on a pas le choix mais on est réglos.

 

Et c'est ainsi durant tout le récit - les petits récits explicatifs de la vie du quartier ou du Rat, pas son ravalement de façade ! Au début, ça surprend, j'ai tiqué et puis, je me suis prise au jeu.

 

Voilà que je reprends pied après ce voyage brutal dans une Argentine post écroulement économique, en plein marasme social, le tout du point de vue de ces habitants d'un bidonville, la fange de Buenos Aires, la lie qui stagne au fond des chiottes.

 

Il y a quelques temps, on a fabriqué un énorme panneau, on l'a fixé sur des poteaux, comme ça les cons de bourges qui longent le fleuve dans leurs Kawasaki, leurs BMW ou leurs 4x4 ne peuvent pas rater la définition de Puerto Apache que Cúper a inventée : "Nous sommes un problème du XXIe siècle". On s'est installés à l'automne 2000. Je n'arrive toujours pas à comprendre si c'était la fin du siècle dernier ou le début du suivant.

 

C'est avec délectation que j'ai suivi les pérégrinations du Rat afin de trouver qui, de son patron ou d'un autre, a voulu lui faire peur, qui lui a envoyé ces trois crétins pour l'amocher sérieusement.

 

Mais faut surveiller ses arrières, mon Ratounet, parce dans le bidonville, tu y as tes amis, mais aussi sûrement des ennemis qui ne te veulent pas que du bien !

 

Les complots, les magouilles, les règlements de compte, les truands, les coups bas, écraser les autres pour y arriver, les arrangements avec la vérité et la misère sociale font partie de la vie et de tout bon roman noir. Le scénario n'est éculé que parce qu'il fait partie intégrante de la réalité.

 

Le Rat n'a rien d'un Ratatouille, ce n'est pas pour les enfants, mais le ton de plume, bien qu'incisif, avec une pointe d'humour désabusé qui n'était pas pour me déplaire.

 

Un roman noir profond, avec multitude de personnages bien décrits, de par toutes ces petites ellipses qui émaillent le roman et qui pourraient en rebuter plus d'un car on peut se perdre aussi bien dans les petites venelles sombres que dans la narration.

 

C'est aussi sombre que la misère qui suinte des murs de Puerto Apache, mais les habitants et les criminels qui le peuplent sont philosophes et ne manquent pas d'humour. Noir et désabusé, bien entendu !

 

C'est plus facile de gagner. Ou de crever.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016).

 

 

 

 

Titre : Tijuana city blues


Auteur : Gabriel Trujillo Muñoz
Édition : Gallimard (2010)

Résumé :

Toujours risqué, d'avoir des ouvriers chez soi, surtout quand on vit à Mexico. Aussi, quand Miguel Àngel Morgado, avocat qui s'est officiellement consacré à la défense des droits de l'homme, en voit arriver un en larmes, il se dit que pour une fois...

Mais le charpentier nommé Blondie a appris qu'il travaille en fait pour le plus privé des privés, et lui demande de retrouver son père, disparu depuis 1951.

Une enquête historique, se dit encore Morgado, car le disparu est le dernier ami resté fidèle à l'écrivain Willliam S. Burroughs, quand celui-ci est sorti de taule après avoir logé une balle dans la tête de sa femme, Joan.

C'est par Burroughs que le père de Blondie a été envoyé avec un paquet suspect à Tijuana, d'où il n'est jamais revenu.

 

Critique : 

Vous avez décidé de visiter le Mexique et la ville de Tijuana ? Pas besoin de vous farcir des tonnes de prospectus, ce petit roman d'un peu plus de 100 pages fera l'affaire.

 

Bon, après lecture, vous aurez peut-être, tout comme moi, décidé d'abandonner le voyage !

 

Miguel Àngel Morgado est un avocat et le voici engagé par un charpentier (qui ne prénomme pas Joseph) pour retrouver la trace de son père, un américain mystérieusement disparu en 1951 lors de la fusillade dans la cantina El Tecolote à Tijuana.

 

Est-il toujours vivant ou non ? Et si oui, pourquoi cet homme bien n'a-t-il plus donné signe de vie à sa fiancée mexicaine qui avait un polichinelle dans le tiroir ?

 

La quête de ce paternel disparu mystérieusement de la circulation - comme si c'était Copperfield - mènera l'avocat dans la ville de Tijuana pour une confrontation avec la vérité toute nue et sans l'éclat du bronzage.

 

Une lecture qui se termine vite, sans temps mort, l'intrigue étant aisée à suivre sans pour autre être simpliste.

 

L'enquête était correcte, le dépaysement était total, et j'ai savouré les petites répliques acides entre l'avocat, mexicain, et le gars du FBI, américain jusqu'aux bout des ongles.

 

Et prends-toi dans la gueule, gars du FBI, que les yankees considèrent le Mexique comme un lieu de défoulement et un super réservoir pour obtenir des travailleurs à bas prix ou des prostiputes.

 

Mais attention, le gars du FBI a de la réplique ! Et prends-toi dans les dents que les Mexicains ne sont pas des anges non plus avec les autres.

 

— Arrêtons, Morgado. Je sus venu avec le drapeau blanc, des intentions pacifiques.
— C'est ce que vous avez dit à Géronimo et tu sais ce qui est arrivé.
— Et c'est ce que vous dites, vous, les mexicains, aux Indiens du Chipas, et tu sais ce qu'il leur arrive, répliqua Harry. Rien ne vous sert de leçon, à vous non plus. À toi moins qu'à tout autre. Je me trompe ?

 

Le seul bémol est la petitesse du roman (oui, parfois, la taille est importante).

 

La plume de Muñoz est un plaisir à suivre et j'aurais bien poursuivit l'Histoire de la ville, de ses vices et de ses délices, bien en sécurité dans mon divan que j'étais.

 

Vu les personnages, les approfondir ne leur auraient pas fait de tort, que du contraire, cela aurait donné encore plus de corps au récit.

 

Hélas, en 100 pages, l'auteur doit aller à l'essentiel et c'est bien dommage parce qu'il y avait matière là à nous écrire un bon 300 pages sans soucis. Plus si affinités.

 

Pas de regret d'avoir découvert "ce saisissant portrait du Mexique" comme l'écrivait Le Monde.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le "RAT a Week, Winter Édition" chez Chroniques Littéraires (109 pages - xxx pages lues sur le Challenge).

 


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