5.3 Eddings : Trilogie des Joyaux

 

Quelques petites explications :

 

Pour toi, ô lecteur qui ne connaît pas l'univers de David Eddings et qui voudrait bien en savoir un peu plus...

 

Pour les autres, passez directement aux Fiches "livres" et "critiques".

 

 

Histoire générale :

 

Émouchet le chevalier pandion rentre chez lui après de longues années d'exil.

 

Un chevalier pandion est similaire aux Templiers : un ordre religieux combattant. Emouchet été exilé par l'ancien roi. Il fut jadis le chevalier protecteur de la princesse héritière du trône.

 

Mais voilà qu'après la mort mystérieuse du roi, la jeune reine est victime d'un empoisonnement.

 

Sa jeune reine, Ehlana souveraine d'Élénie, souffre d'un mal mystérieux qui la tue lentement.

 

La sorcière styrique Séphrenia n'a pu que l’enchâsser dans un bloc de cristal qui retarde l'échéance.

 

Émouchet, accompagné de Séphrénia et la mystérieuse fillette Flûte entreprend une quête pour retrouver le Bhelliom, la pierre magique disparue depuis des siècles, seule chance de sauver la reine Ehlana.

 

Mais les ennemis des compagnons sont nombreux à rôder dans l'ombre et à comploter : Annias, le primat de Cimmura qui convoite le poste d'Archiprélat de l'église ; Martel, l'ancien chevalier Pandion chassé de l'ordre ; Ghwerig, le troll nain qui a façonné le joyau ; et surtout Azash le dieu du Mal, qui est lui aussi à la recherche de la pierre sacrée...

 

Les peuples :

 

- Les Élènes :

 

Les Élènes sont les habitants de l'Élènie, royaume situé à l'ouest du continent d'Éosie. Ils sont connus pour leur logique implacable. Ils vénèrent un dieu unique avec une église très codifié.

 

 

- Les Styriques :

 

Les Styriques sont des magiciens, maltraités et parfois assassinés par les Élènes de basses extractions. Ils vénèrent plusieurs dieux, proches de leur adorateurs.

 

 

- Les Zemochs :

 

Les Zemochs sont un peuple oriental issus d'un mélange d'Élènes et de Styriques qui adorent le dieu Azash.

 

 

- Personnages :

 

  • Annias, primat de Cimmura
  • Ehlana, reine d'Élénie
  • Émouchet, chevalier pandion, le héros de la saga
  • Flûte, une fillette mystérieuse aux étranges pouvoirs, déesse styrique
  • Kurik, écuyer d'Émouchet
  • Séphrenia, sorcière et prêtresse styrique
  • Vanion, grand maître de l'ordre Pandion

 

 

 

Plus de détails concernant les personnages ?

 

Pas toujours facile, au départ, de bien faire la différence entre les personnages. Voici quelques explications sur la petite bande.

 

Flûte :

"C'était une fillette d'environ six ans. Ses cheveux longs étaient noirs et luisants, ses grands yeux aussi profonds que la nuit. Un bandeau d'herbes tressées lui enserrait le front et rejetait ses cheveux en arrière."

"Elle était très légère et ses cheveux sentait la verdure."

"- Tu es une petite fille très désagréable, Flûte. Le sais-tu?

- Mais tu m'aimes quand même, n'est-ce pas? demanda-t-elle avec une ingénuité désarmante.[..]

- Oui, que Dieu me pardonne, dit-il à Flûte, je t'aime. J'ai quelquefois envie de te donner la fessée, mais je t'aime bel et bien."

"Le ton et les manières qu'elle affichait étaient adultes et elle lui donnait des ordres comme à un laquais. Plus surprenant, il lui obéissait automatiquement."

"Elle portait une robe au lieu de son habituelle blouse grossière et sa tête était couronnée de lumière. L'amusant subterfuge de la syrinx n'était plus nécessaire et elle leva la voix dans un chant de bienvenue clair et pur."

 

Bérit :

"Le novice sortit de l'écurie avec Faran et Emouchet le considéra songeusement. Il avait peut-être dix-huit ans et était assez grand. Ses poignets noueux sortaient d'une tunique de couleur terreuse trop petite pour lui. [..] Bien qu'il parût osseux, Bérit était en fait un robuste adolescent."

"Pardonne-moi, maître révéré, mais tu as des pieds trop gros et des coudes trop pointus pour te déplacer sans bruit [..]."

"Bérit était un pandion novice qui promettait beaucoup. C'était un grand gaillard osseux qui portait un jaseran et une simple cape. Il tenait une lourde hache d'armes à la main. C'était un jeune homme poli [..]."

 

Bévier :

"Sire Bévier était un chevalier cyrinique d'Arcie. Son surcot était blanc et son armure de cérémonie polie brillait d'une couleur argentée. Son heaume n'avait pas de visière, mais était doté de joues et d'un nasal imposants. [..] Bévier était jeune et assez mince. Son teint était olivâtre et ses cheveux bouclés bleu nuit."

"-[..] Mais je dois admettre qu'il est excellent au combat. Il porte toujours sa Lochabre? [..] Elle donne des frissons, non? Je l'ai vu l'utiliser à Larium. Il tranche d'un seul coup l'extrémité d'un poteau aussi épais que ma jambe, et ce au double galop. J'ai l'impression qu'il serait capable de passer à travers tout un bataillon de fantassins en laissant derrière lui un sillage de têtes tranchées large de dix verges."

"Bévier était peut-être un peu plus exalté. Les chevaliers cyriniques étaient renommés pour leur raideur et leur piété. En outre, ils étaient susceptibles. [..] Mais le jeune cyrinique, à l'évidence, serait un argument de poids en cas d'ennuis."

"- Non, le contredit Bévier avec tristesse. Je connais mes propres faiblesses. Je suis fortement attiré par les membres du beau sexe."

"Cher Bévier, dit-elle avec tendresse. Tu es tellement sérieux et dévot."

 

Emouchet : 

"Le voyageur était un homme de haute taille, tout en os et en articulations, plutôt décharné. Il avait le cheveu rare et noir, et jadis il avait eu le nez cassé. Il chevauchait tranquillement, mais avec la vigilance particulière du guerrier. Il s'appelait Emouchet, faisait bien dix ans de moins que son âge et ne portait pas vraiment l'érosion des ans sur son visage raviné; il n'avait guère qu'une demi-douzaine d'infirmités et inconforts mineurs, de larges cicatrices violettes un peu partout et des vieilles douleurs qui se réveillaient par temps humide."

"- Votre bague, sire Emouchet, dit-il de sa voix geignarde. C'est l'insigne de votre charge, n'est-ce pas?

- Pour ainsi dire, oui. En fait, cette bague... et celle de la reine... constituent le lien symbolique qui unit ma famille à la sienne."

"Dommage que tu n'aies pas eu l'occasion de rencontrer Lillias. [..] j'ai vécu avec elle quand j'étais en exil. [..] Cela faisait partie d'un déguisement indispensable. [..] C'est une femme aux appétits dévorants. J'avais besoin d'elle pour dissimuler mon identité véritable, aussi étais-je plus ou moins tenu d'essayer de lui permettre de trouver le bonheur."

"- Au fait... demanda Kalten à Emouchet avec une certaine curiosité. Est-ce que tu as vraiment demandé la main de la reine?

- C'est un malentendu.

- J'en étais pratiquement sûr. Tu ne m'as jamais paru être du genre à te marier [..] mais, très franchement, je n'ai guère d'espoir pour toi. J'ai vu le genre de regards qu'elle te jetait quand elle était petite fille. [..] De toute façon, il est temps que tu te fixes, Emouchet. Tu seras bientôt trop âgé pour courir le monde à te bagarrer sans arrêt."

"Cet Emouchet est Anakha, l'inconnu. Les destinées de tous les hommes sont clairement tracées... sauf celle d'Anakha. Anakha se déplace en dehors de la destinée. Les Dieux eux-mêmes le redoutent. [..] Nous savons uniquement que la soumission du Bhelliom à Emouchet est forcée. S'il venait à lui céder de bon gré, il deviendrait un Dieu."

 

Ehlana :

"Elle n'était pas seulement jolie comme bien des jeunes filles; elle était magnifique. Il y avait en elle une perfection presque lumineuse. Ses cheveux très blonds, longs et flous encadraient le visage. Elle portait ses robes d'apparat et la lourde couronne d'Elénie lui cerclait la tête. [..]Il se rappela qu'au premier abord il n'avait pas apprécié d'être désigné par le roi Aldréas comme tuteur de la petite fille. Puis il avait découvert une enfant moins rien qu'insouciante, dotée d'un esprit vif et d'une curiosité irrésistible envers le monde. Vite guérie de sa timidité initiale, elle s'était mise à l'interroger de prés sur les affaires du palais et c'est ainsi que, insensiblement avait commencé son éducation dans l'art de gouverner et les dédales de la politique."

"La cours de mon père était un endroit hostile, Emouchet. On m'habillait et on m'exhibait à la cour où je voyais Annias faire ses simagrées. Mes rares amis furent immédiatement chassés... ou tués... aussi fus-je forcée de me distraire en écoutant les ragots ineptes des femmes de chambre."

"Elle est difficile, grommela Kurik. Sans principes. Cassante. Capricieuse. Dominatrice. Exigeante. Rusée. Impitoyable. Bref, une jeune reine comme toutes les autres."

"La femme-enfant qui s'approchait aujourd'hui était au début timorée et ne parlait qu'à Rollo, un petit animal empaillé en assez piteux état qui était à l'époque son habituel et sans doute unique compagnon. [..] Dès lors, elle s'était entièrement confiée à son chevalier... et il eût parfois préféré qu'elle s'en gardât."

 

Kalten :

"Ils avaient grandi ensemble chez les parents d'Emouchet à Démos après l'assassinat de la famille de Kalten; ensemble, ils étaient entrés comme novices à la maison mère des pandions. A bien des égards, ils étaient plus proches que des frères. Certes, Kalten avait un côté un peu rude, mais son amitié fidèle était l'une des choses qu'Emouchet appréciait plus que tout."

"- Voilà, ce qui me manquait quand tu n'étais pas auprès de moi, Kalten: un flot ininterrompu de jérémiades.

-[..] Tu m'aimes plus que je ne t'aime. C'est bien naturel, d'ailleurs. Je suis beaucoup plus aimable que toi. [..] Voilà à quoi servent les amis, repris Kalten d'un ton engageant. Ils nous signalent nos petits défauts."

"Sur le moment, ça m'a semblé une excellente idée, répondit Kalten avec un large sourire affaibli. Peut-être aurais-je du réfléchir un petit peu plus."

"- Il tourne tout à la plaisanterie, n'est-ce pas? fit remarquer Séphrénia.

- Oui, presque tout. Il se moque du monde entier depuis qu'il est gamin. Je crois que c'est pour ça que je l'aime tant. Le regard que je jette sur toute chose tend à être un peu sinistre et Kalten m'aide à conserver une perspective plus saine."

"- Pourquoi l'importuner avec ça? Elle sera probablement un peu faible après tout ce temps, et en tant que son champion tu devrais lui épargner tout effort. (Kalten lorgna Emouchet.) Ne te méprends pas, mais Ehlana est quand même une femme, et il est bien connu que les femmes ont le coeur un peu tendre. Si nous lui faisons confiance, elle risque de ne pas nous laisser le tuer. Je préférerais le savoir bien mort avant qu'elle se réveille. Nous lui présenterons nos excuses par la suite, bien entendu, mais il est très difficile de ressusciter quelqu'un, malgré toutes les excuses que l'on peut présenter.

- Tu es un barbare, Kalten."

 

Kring :

"Le chef, homme maigre aux yeux étroits et au cuir chevelu marqué de cicatrices, s'avança."

"- Mais, de temps à autres au cours des générations, les Zémochs ont essayé de franchir la frontière pour entrer en Pélosie. Le roi paie une demi-couronne en or pour les oreilles. C'est un moyen facile de gagner de l'argent."

"- Tu commences par lui dire que je suis très attiré par elle, et ensuite tu vantes mes qualités... le truc habituel, tu sais... quel grand chef je suis, combien je possède de chevaux, combien d'oreilles j'ai prises et quel guerrier je fais. [..] La vérité toute nue, Emouchet. C'est quand même moi le meilleur, après tout. [..] Oh, j'ai failli oublier. Dis-lui aussi que je suis poète. Cela impressionne toutes les femmes."

 

Kurik :

"L'homme était trapu, il avait les cheveux gris acier et une barbe épaisse taillée court. Son pantalon, son gilet long et ses bottes étaient en cuir noir. Une grosse dague était accrochée à sa ceinture, des bracelets en acier lui cerclaient les poignets; ses bras et ses épaules aux muscles massifs étaient nus. Ce n'était pas un bel homme et ses yeux étaient aussi dures que des agates."

"- Il y a un moment que je roule ma bosse en ce bas monde, Emouchet."

"- Je suis allé en mer quand j'avais seize ans. [..] C'est Aslade. (Kurik éclata de rire.) Elle devait avoir alors quatorze ans et elle devenait bien appétissante. Mais elle avait dans l'oeil ce petit air sérieux pour le mariage. Je n'étais pas encore prêt, alors je me suis enfui en mer. C'est la plus belle erreur que j'aie jamais commise. Je me suis embarqué sur le rafiot le plus percé de la côte ouest d'Eosie. [..] Quand je suis rentré, elle m'a fait monter dans le grenier à foin de son père et elle a usé de méthodes assez persuasives."

 

Mirtaï :

"- Elle se considère comme une guerrière et personne de raisonnable n'irait la contredire. La plupart du temps, elle porte des vêtements d'homme, probablement parce qu'elle ne veut pas être importunée par des types qui aiment les femmes costaudes. Elle a des poignards cachés dans les endroits les plus inattendus. Elle en a même intégré dans la semelle de ses chaussures. [..] Elle devait avoir dans les quinze ans, à l'époque, et elle n'avait pas fini de grandir. Elle ne parlait pas un mot d'élène, m'a-t-on dit. Il a essayé de la faire travailler dans un bordel, mais après qu'elle a eu mutilé ou tué une douzaine de clients, il a changé d'avis."

"La peau de Mirtaï possédait des reflets de bronze particulièrement exotiques et elle avait une chevelure d'un noir luisant. Chez une femme de taille normale, ses traits auraient été jugés magnifiques et ses yeux noirs, légèrement bridés, ravissants. Mais Mirtaï n'était pas de taille normale. Elle dépassait Emouchet de près d'une tête. [..] Elle avait les épaules très larges et les hanches minces. Malgré sa taille, elle paraissait parfaitement proportionnée. Toutefois, son regard était inquiétant par son manque d'expression."

"- Mais je t'ai dit que Mirtaï est une Tamouli atane. Ils ne considèrent pas la vie du même point vue que nous. Je crois qu'elle a déjà tué dix hommes."

 

Séphrénia :

"Elle était petite, avec cette perfection élégante qui accompagne parfois une petite taille. Ses cheveux étaient noirs comme la nuit, ses yeux bleu foncé. Ses traits n'étaient manifestement pas élènes, mais avaient l'expression étrange qui révélait une Styrique."

"La position de Séphrénia parmi les chevaliers pandions était très particulière. Elle était apparue aux portes de la maison mère à Démos à la mort du tuteur qui avait appris aux novices ce que les Styriques appelaient les secrets. Elle n'avait été ni choisie ni appelée, elle était simplement apparue et avait repris les fonctions de son prédécesseur. [..] L'apparition de Séphrénia à Démos ne s'était pas faite sans risque pour sa personne. Les mobiles de sa venue manquaient de clarté mais, au cours des années, elle s'était avérée une fidèle servante; jusqu'au dernier homme, les pandions l'aimaient et la respectaient. Même Vanion, Précepteur de l'ordre, faisait fréquemment appel à ses avis."

"- Séphrénia ne sait pas lire, expliqua Emouchet. Cela a à voir avec sa religion, je crois.

- Non. Cela a à voir avec le langage, mon petit. Je ne veux pas prendre l'habitude de penser en élène. Cela pourrait me gêner à un moment où j'aurais besoin de penser... et de parler... très rapidement en styrique."

 

Talen :

"Un gamin crasseux d'une dizaine d'années traversa la salle en traînant les pieds. Sa tunique sale était en haillons, mais il portait un long gilet en satin rouge qui avait été fabriqué en coupant les manches d'un pourpoint. Le gilet était percé de plusieurs coups de poignard."

"- Il a les doigts les plus agiles de tout Cimmura. Il pourrait te voler les yeux et tu ne t'en rendrais même pas compte avant de regarder quelque chose de très près."

"- Voilà un jeune homme fort intelligent, dit Emouchet.

- C'est lui le meilleur, acquiesça Platime. A mon avis, il me remplacera le jour de ma retraite."

"Talen était un gros dormeur et il n'aimait pas être réveillé."

 

Tynian :

"Tynian était un joyeux chevalier alcion originaire du royaume nordique de Deira. Son large visage arrondi était ouvert et sympathique. Ses épaules et sa poitrine étaient puissamment musclées, car l'armure deirane était la plus pesante du monde. Sur cette massive cuirasse, il portait un surcot bleu ciel."

"- C'est la vérité, admit Tynian. J'ai un amour immodéré pour le son de ma propre voix."

"Tynian était presque aussi insouciant que Kalten. Mais la masse seule de son torse et la manière professionnelle dont il maniait ses armes indiquaient qu'il constituerait un sérieux atout au combat, s'il fallait en venir là."

 

Ulath :

"C'était un imposant chevalier génidien qui devait bien avoir un tête de plus qu'Emouchet. Il ne portait pas d'armure, mais un simple casque conique et une cotte de mailles recouverte d'un surcot vert. Il avait un gros bouclier rond et une lourde hache d'armes. Ulath était un homme silencieux et réservé qui parlait rarement. Ses cheveux blonds pendaient en deux nattes sur le dos."

"- Nous sommes bien moins cérémonieux en Thalésie qu'ici. Bon nombre de chevaliers génidiens ne sont pas de noble lignée, à strictement parlé. [..] Habituellement, nous attendons que le roi Wargun soit ivre mort, puis nous les faisons défiler pour qu'il leur accorde des titres. Certains de mes amis sont barons de lieux qui n'existent même pas."

 

Vannion :

"Vannion, Précepteur des soldats pandions, avait quelque peu vieilli depuis dix ans. Ses cheveux et sa barbe étaient désormais poivre et sel. Son visage affichait quelques rides supplémentaires, mais sans aucun signe de faiblesse. [..] Vanion avait toujours été un professeur sévère, ne tolérant aucune faiblesse chez les jeunes chevaliers qu'il entraînait."

"Vannion ne paraissait pas en grande forme. Arraché à son lit au milieu de la nuit, le précepteur de l'ordre des Pandions, chevalier sévère et usé par les soucis, probablement plus âgé qu'il ne paraissait, portait une tunique styrique inhabituelle en tissu blanc artisanal.[..] Pris parfois à l'improviste, le précepteur, l'un des fondements de l'église, ressemblait à moitié à un Styrique. [..] Le précepteur avait le visage gris et ses mains tremblaient légèrement. Le fardeau des épées des trois chevaliers défunts qu'il avait forcé Séphrénia à lui confier pesait manifestement davantage qu'il ne voulait bien l'admettre."

 


Bergstern  :
"L'homme qui poussait son cheval parmi les Thalésiens attroupés était énorme, plus grand encore qu'Ulath. Il portait un jaseran et un casque à cornes d'Ogre, et il avait une hache massive. Un large ruban noir du cou signalait qu'il s'agissait d'un homme d'Eglise."
"- Il était chevalier génidien. Il serait précepteur, à présent, s'il n'était pas entré en religion."

Dolmant  :
"Un homme maigre vêtu d'une sévère soutane noire était assis près de la fenêtre. Il devait avoir près de soixante ans et des cheveux argentés. Il avait un visage très perçants."
"- Vous étiez bien plus gentil quand vous n'étiez qu'un simple novice de l'ordre des Pandions. [..] Vous commencez à vous croire un peu trop impressionné par votre propre intelligence. Il est de ma responsabilité, en tant que mentor et amie, de restreindre ce penchant chaque fois que possible."
"- Dolmant, vous êtes l'homme le plus retors que j'aie jamais connu.
- je suis heureux que vous approuviez, mon fils, affirma le patriarche."

Faran  :
"L'animal ouvrit les yeux et laissa filtrer un regard franchement inamical.
- Suis ce chevalier, ordonna Emouchet. N'essaie pas de le mordre, de le botter ou de le coincer contre la paroi de la stalle... et ne lui marche pas sur les pieds.
Le grand rouan rabattit les oreilles, puis soupira."
"Faran sortit en un petit trop orgueilleux, levant haut ses sabots ferrés pour les laisser retomber bruyamment sur le pavé mouillé. Le gros cheval avait un goût particulier pour le théâtre et il se pavanait toujours outrageusement quand Emouchet le montait en armure."

Platime  :
"Dans la fosse, un homme énorme doté d'une terrible barbe noire et d'une vaste panse était affalé dans un grand fauteuil, les pieds tendus vers les flammes. Il portait un pourpoint de satin orange passé et taché sur le devant, et il tenait une chope en argent dans une main musculeuse."
"- Je crois que tu dois quelque chose à ma famille, Platime. [..] Cette dette n'a rien à voir avec l'argent. Il y a longtemps, des soldats de l'Eglise était en train de te pendre. Mon père les a arrêtés à temps. [..]
- C'était une méprise pure et simple. J'avais poignardé un type. Il ne portait pas son uniforme et je ne pouvais pas savoir qu'il était officier de la garde du primat."
"- Je commence à songer à prendre ma retraite, Emouchet... une propriété de campagne tranquille où je pourrai me distraire en compagnie d'un entourage de jeunes femmes immorales... Toutes mes excuses, votre majesté. Il est difficile de profiter de ses dernières années quand un certain nombre de délits vous poursuivent. [..] Quelques meurtres accidentels, des vols divers, des cambriolages, extorsions, effractions, incendies, de la contrebande, du banditisme de grands chemins, du vol de bétail, le pillage de deux ou trois monastères, la gestion de bordels sans licence... ce genre de choses."

Stratgen  :
"- Il est le fils illégitime d'un comte et il se montre assez susceptible au sujet de ses origines. Il aime que nous l'appelions "Milord". C'est absurde, mais c'est un bon chef, aussi jouons-nous le jeu."
"Les regards ne pouvaient manquer de se braquer sur un homme mince dont les boucles sophistiquées tombaient en cascade sur une fraise. Il était vêtu de satin blanc et son fauteuil à l'autre bout de la salle avait presque tout d'un trône. Son visage affichait une expression sardonique et ses yeux enfoncés dans leurs orbites exprimaient une sorte de douleur obscure."
"- Au fond la vie ne m'a pas laissé le choix. Je ne suis pas assez humble pour l'Eglise, pas assez obéissant pour l'armée, et je n'ai pas le tempérament nécessaire pour le commerce. J'ai bien essayé de vivre à la cour, puisque le gouvernement a toujours besoin de bons administrateurs, qu'ils soient ou non légitimes, mais après avoir obtenu un poste que convoitait également le fils débile d'un duc, je fus soumis à ses injures. Je le défiai, bien entendu, et il se montra assez stupide pour venir à notre rendez-vous avec une cotte de mailles et un sabre. [..] Après que je l'eus transpercé à plusieurs reprises, il parut se désintéresser de toute l'affaire. [..] Le ballot que je venais de tailler en pièces était en fait un lointain cousin du roi Wargun et notre ivrogne de monarque est très chichement doté en matière de sens de l'humour."
"- Mais j'ai sans doute un don unique pour la criminalité. Je n'ai jamais éprouvé le moindre remords depuis le jour où j'ai tué mon père et mes deux demi-frères."

 

 

 

 

 

Sommaire "Trilogie des joyaux" :


 

 

 

 

 

Titre : La trilogie des joyaux, Tome 1 : Le trône de diamant

 

Auteur : David Eddings
Edition : France loisirs / Presse Pocket (2007)


Résumé :

Emouchet, le chevalier pandion, est de retour d’exil, prêt à reprendre sa place de Champion de la reine.

 

Mais sa maîtresse est frappée d’un mal mystérieux et Séphrenia, la vieille sorcière, n’a pu que retarder l’échéance : assise sur son trône, enchâssée dans un bloc de cristal, la jeune reine est mourante ; il faut vite trouver un remède…


Emouchet part en quête, en compagnie de Séphrenia et de la petite Flûte aux étranges pouvoirs…

 

 

Critique :

 

Toute triste après avoir quitté les cycles de la "Belgariade" et celui de la "Malorée", je fus toute en joie en découvrant cet autre cycle de monsieur et madame Eddings.

 

Bon, cette trilogie est juste un petit cran en dessous de la fameuse décalogie, mais ne boudez pas votre plaisir en passant outre. Elle est excellente tout en étant fort proche de l’autre, de par le style d’écriture, de l’humour, de la quête et de par la conception de ses personnages.

 

En effet, on retrouve plus ou moins le même schéma : une communauté qui se crée pour aller remplir une mission, des personnages plus ou moins ressemblants à ceux de la Belgariade, tout en gardant un monde différent et j’ai vraiment passé un excellent moment.

 

Cette trilogie est plus politisée que les autres, mais pas trop, rassurez-vous si vous y êtes allergique. Cela vous permettra juste de remarquer que les manœuvres politiques, où qu’elles soient, même dans un autre monde, restent les mêmes...

 

En tout cas, le personnage d’Emouchet a de l’humour et le rythme de la narration est très soutenu . Les autres personnages aussi sont agréables et j’ai eu mes petits préférés.

 

La compagnie d'Emouchet comprend les inévitables personnages type de tout bon roman de fantaisie et tous ces sympathiques personnages donnnt la puissance à ce roman très bien écrit et on devine nombre de choses sur le devenir de la quête sans jamais pouvoir en être absolument certain.

 

Je me suis régalée avec ce premier tome d'une trilogie qui s'annonce délicieuse. Tous les ingrédients y sont présents : monstres mythiques, pouvoir magiques, chevalerie, noblesse, artefacts, mais aussi intrigues, complots, meurtres, mystères, humour, personnages bien travaillés et fantômes.

 

"Le trône de diamant" pose vraiment les bases de cette quête qui va être réalisés par des personnages aux capacités peu ordinaires et qui sont des plus flamboyants, alternant la ruse et la fuite avec le combat brut et direct.

 

Un très bon livre donc.

 

 

 

 

 

Titre : La trilogie des joyaux, Tome 2 : Le chevalier de rubis
 
Edition : France loisirs / Presse Pocket


Résumé :

Le royaume d'Élénie se consume de tristesse car la jeune reine se meurt, enchâssée dans un enchantement de cristal.

 

Les précepteurs des quatre ordres combattants se sont consultés : il faut lui rendre vie, sous peine de voir Annias, le vénal primat, se hisser jusqu'à l'archiprélature, quitte à transiger avec l'antique ennemie, Otha de Zémoch, qui campe à la frontière d'Orient.

 

Tout sauf ça !

 

Émouchet, le chevalier pandion, connaît la solution : retrouver le Bhelliom, la pierre sacrée perdue depuis des siècles, et qui seule peut sauver l'héritière des rois.

 

Le champion tente sa chance avec ses compagnons, désignés par les chevaliers de l'Église. Il sait que Ghwerig, le Troll nain, fera tout pour s'emparer le premier du précieux joyaux.

 

Et même si Émouchet le battait sur la ligne d'arrivée, il ne ferait qu'éveiller la convoitise d'Azash, le dieu du Mal.

 

On ne saurait jouir du Belliom en paix. Priez pourtant, mes frères, priez pour que le champion réussisse ; car s'il vient à échouer, tout le continent d'Éosie sombrera fatalement dans la guerre générale, et la civilisation telle que nous la connaissons cessera d'exister.

 

Critique :

 

Comme je suis une femme prévoyante (pas toujours), j’avais profité de opportunité qui m’était donné d’acheter la trilogie en une fois.

 

En effet, ce jour là était un jour de chance puisque les trois tomes se trouvaient ensemble dans ma bouquinerie préférée.

 

Les belles éditions de chez France Loisirs, en plus ! Pardon, je m’égare...

 

Pas tant que ça, puisque cela m’a permis de me faire la trilogie en une fois, sans temps mort, sans être coupée parce que je ne possédais pas la suite. Malin, non?

 

Donc, dès la fin du tome un, je me suis enquillé la suite des aventures de cette sacrée bande disparate de chevaliers de l'Église, repartis en quête du moyen de guérir la jeune reine d'Elénie.

 

Comment ça, le moyen de la guérir ? Mais oui, dans le tome 2, le problème n'est plus de déterminer comment sauver la reine, mais de mettre la main sur l'objet qui peut la sauver (vous suivez, de temps en temps ?).

 

Pas question pour notre troupe de faire les pantouflards parce que leurs aventures sont loin d’être un long fleuve tranquille.

 

Sans oublier qu’un tas de créatures du monde obscur vont se mettre en travers de leur chemin.

 

Faudrait tout de même pas que ce soit une promenade de santé, sinon, nous hurlerions notre colère.

 

Cette suite donc a répondu à mes attentes, tant au niveau de la qualité de la narration que de l'histoire elle-même, puisque j’ai commencé à vivre avec mes héros, espérant avec eux, cherchant avec eux, tremblant avec eux,...

 

Bref, j’étais dedans !

 

Et puis, j’ai adoré les personnages : Emouchet est un héros presque cinquantenaire, intelligent et machiavélique. Plusieurs fois il m’a fait sourire ou pouffer de rire, avec ses réparties.

 

Sa compagnie de héros utilise souvent des méthodes douteuses, mais la fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? Pour moi, oui !

 

D’habitude, je lis rarement plus de deux livres du même auteur parce que j’aime varier et ne ne veux pas me lasser.

 

Parfois, je fais des exceptions et cette trilogie des Joyaux en fait partie.

 

L’auteur a réussi à ma captiver et à me donner envie de lire les trois romans d’une traite.

 

Pourtant, le pari n’était pas gagné après la superbe décalogie que furent la Belgariade et la Mallorée. Comment Eddings a-t-il fait ?

 

La recette de cette réussite est simple : vous prenez peu de magie, vous la trempez dans une guerre de pouvoirs, vous ajoutez de la noirceur pour les méchants, additionné de dieux et de déesses, le tout saupoudré d'amour, d’une forte dose d'amitié, sans oublier un kilo d'humour et vous faites mariner le tout dans dans une épopée grandiloquente, ce qui permettra au tout de glisser facilement dans votre estomac, sans indigestion aucune.

 

Les héros sont attachants, l'histoire tient la route et surtout l’avantage d’une trilogie, c’est qu’elle permet d'avoir de longues heures de lecture devant soi.

 

Ne passez pas à coté de cette trilogie. C’est une très bonne histoire. Le seul défaut qui se présente à l’horizon, c’est toujours que cela va se terminer, à un moment.

 

Sans oublier que vous risquez de vous couper du monde durant votre lecture car vous voudrez connaître la fin, ce qui accélerera le trépas de cette trilogie ô combien attachante.

 

 

 

 

 

Titre : La trilogie des joyaux, Tome 3 : La Rose de Saphir
 
Edition : France loisirs / Presse Pocket


Résumé :

Bonne nouvelle : Émouchet a retrouvé le joyau légendaire. Il libère la reine Ehlana du trône de cristal, ce cocon qui la maintenait en vie tandis qu'il cherchait un remède à son mal mystérieux.

 

Quelle déception pour l'empoisonneur, qui avait programmé secrètement l'extinction de la dynastie !

 

Et quelle tentation pour l'immonde Azash, dieu aîné des Zemochs, qui a besoin de la pierre sacrée pour devenir maître du monde !

Alors Émouchet se retrouve soudain traqué par des assassins tapis dans la nuit. Et une autre menace plane, plus ténébreuse encore. Il ne suffit pas d'avoir repris le joyau, il faut maintenant le protéger.

Car si l'empoisonneur arrivait à ses fins, il ne se contenterait pas d'usurper le trône, il pourrait livrer à son maître caché le joyau lui-même !

Émouchet repart donc avec son écuyer, un novice, un jeune voleur et quatre chevaliers des ordres combattants : huit compagnons qui galoperont jusqu'au terme de leur quête, dans un tourbillon d'aventures et de magie, dans une gerbe d'étincelles et de gloires fulgurante, dans un fracas d'épopée où s'entrechoquent fortissimo et la plus haute bravoure et la plus noire infamie.

 

Critique :

 

En entamant ce dernier tome, j’avais déjà un pincement au cœur : une fois de plus, j’allais quitter des personnages que j’aimais beaucoup et de nouveau errer comme une lectrice en peine jusqu’au prochain roman accrocheur (mais des accrocheurs comme les livres d’Eddings, ils sont peu nombreux). C’est trop injuste !

 

Pas déçue de ma lecture gargantuesque qui consista à avaler les trois tomes, l’un à la suite de l’autre.

 

Ce troisième tome continue sur la lancée des deux premiers : action, amitié, humour, sarcasmes, combats et pas trop de temps mort, même si ce livre est plus épais que ces prédécesseurs.

 

Oui, vous n’avez pas rêvé, ce tome est quasi deux fois plus volumineux que les deux autres réunis (800 pages contre un 600 et un 550).

 

Pourquoi aussi gros ? Parce que l'auteur l’a bien nourri de sa prose et qu’il fait tout pour aller jusqu'au bout de sa trilogie : pas de fin à la "va-comme-je-te-bâcle" et des raccourcis dangereux.

 

Nous avons tous connu des sagas qui se terminaient en coui**** heu, en queue de cerise, nous laissant comme des débiles avec un horrible goût de trop peu et l’idée tenace que l’auteur avait terminé au plus vite sa saga pour pouvoir partir en vacances.

 

Ce n’est pas le cas chez Eddings ! L’auteur ne s’en tire pas par une simple conclusion ou une pirouette après un combat épique.

 

Non, nous avons droit à l'aboutissement de la quête d'Emouchet et de sa lutte contre les forces obscures d'Azash.

 

Merci, monsieur Eddings.

 

Toutefois, je tiens à signaler aux âmes très sensibles que ce tome est plus violent que les précédents.

 

Certes, pas des scènes de torture comme dans «L’épée de vérité», mais le coup du soldat coupé en deux et qui reste accroché par ses intestins, à la muraille, reste quand même un must... A ceux qui pourraient être choqués, je leur conseille de lire les Bisounours.

 

Quant à la Reine d'Elenie, enfin sortie de sa gangue de glace et avec laquelle on a hâte de faire connaissance, ben, elle s'avère être une sale peste !

 

Ok, moins que Ce'Nedra de la Belgariade, mais quand même... Avoir attendu aussi longtemps pour avoir envie de la refoutre dans le cercueil de glace de Blanche-Neige, c’est fort de café.

 

Point intéressant au sujet de mon chouchou Emouchet : non, il n'est pas tout blanc, il a ses défauts et n'a pas envie de se rendre agréable, ça change...

 

Tiens, on dirait un peu Sherlock Holmes, lui aussi se fichait bien de se rendre agréable.

 

L'humour est comme toujours au rendez-vous, caustique et même cynique (j’adore ! plus c’est perfide et mieux je me sens) tout comme dans la Belgariade et la Mallorée (un cran au-dessus, je dirais, en cynisme), mais cependant décapant. Les zygomatiques en prennent un sacré coup, tout de même.

 

Jamais un auteur ne m'a fait autant rire que Eddings ! Enfin, si, d’autres m’ont fait rire, mais c’était la finalité de leur œuvre. Ici, nous sommes dans la Fantasy, tout de même.

 

Et le soupir arrive avec les dernières lignes de la fin... Nooooon, c’est fini ! Ah tiens, non, on poursuivra avec la trilogie des Périls.

 

Chouette ! Mais quand j’aurais fini la trilogie suivante, que me restera-t-il ?

 

 


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