Le prince de la nuit : Swolfs

 

 

Prince de la nuit (Le) :

 

1. Le Chasseur (1994)

2. La Lettre de l'inquisiteur (1995)

3. Pleine lune (1996)

4. Le Journal de Maximilien (1999)

5. Élise (2000)

6. Retour à Ruhenberg (2001)

 

 

 

 

 

 

Titre : Le Prince de la nuit - Tome 1 : Le Chasseur


Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Edition : Glénat (1994)


Résumé : 

Tremblez lecteur, voici une nouvelle saga marquée sous le signe du sang !

 

Depuis la nuit des temps, les de Rougemont sont maudits. Un vampire aussi sanguinaire que séduisant, répondant au nom de Vladimir Kergan décime un à un tous les membres de cette famille, les poursuivant sans relâche jusqu'à leur extinction définitive.

 

Leur descendance se voue corps et âme à une quête unique: retrouver et tuer le vampire responsable de cette étrange malédiction qui pèse sur les leurs.

 

Que ce soit au Moyen Age ou dans le Paris des années trente, l'angoisse reste la même face à ce monstre intemporel. ''le Prince de la Nuit'' rôde... et nul ne lui échappera !

 

Critique :

 

Cette bande dessinée, je l'ai commencée dès sa sortie, en 1994, et j'ai suivi chacune des sorties. Yves Swolfs, je ne le connaissais pas. J'ai appris à faire sa connaissance à travers ce livre et je l'ai suivi dans ses autres collections (Durango et Légende).

 

Les traits de son dessin sont caractéristiques, bien fait et réaliste. Les couleurs sont le plus souvent dans les tons jaunes pour ce premier tome.

 

Ah, si seulement Jehan avait laissé ce troubadour dans la nuit... tout cela n'aurait pas eu lieu et son épouse n'aurait pas succombé aux charmes vampiriques de Kergan.

 

Dracula avait son Van Helsing … et Kergan aura son Rougemont. Dracula était, à sa façon, un séducteur et Kergan l’est tout autant. L'épouse de Rougemont qui se relève toutes les nuits de son caveau, c'est pareil dans "Dracula" avec Lucy. La différence, c'est que la descendance de Rougemont traquera le vampire sur quelques siècles.

 

Quant aux caractéristiques des vampires de Swolfs, ils sont de factures habituelles (celle d'avant l'arrivée de la mauvaise littérature vampirique) : pâleur cadavérique, canines acérées, goût immodéré pour le sang et le sexe (mais ils ne font pas ça de la même manière que nous et je doute que nous, les femmes, apprécierions de nous retrouver avec Kergan et sa paire de... canines acérées entre nos cuisses).

 

Bref, des vampires normaux, quoi !

 

Et pour les détruire ? me demanderez-vous, petits curieux : dévalisez l'église du coin de sa réserve d'hosties, munissez-vous d'un fusil à eau que vous remplirez d'eau bénite (à l'entrée des églises, sauf si elle a changé de place), taillez un pieu et plantez-lui en plein cœur (demandez-lui de ne pas trop bouger durant l'opération) et sans oublier la bonne vieille décapitation (attention, ça tache).

 

Les vampires de Swolfs n’apportent donc rien au mythe du vampire...

 

Où se trouve l'originalité, alors ? Elle se trouve dans les quatre pages qui coupent le récit moyenâgeux du sieur Rougemont par une incursion dans notre siècle (bédé parue en 1994, c'était toujours le 20ème), dans les années 30.

 

Dans cette brève partie, nous faisons connaissance avec Vincent qui a des cauchemars. Ce qu'il voudrait connaître, c'est l'étrange secret que lui cache son père.

 

On comprend très vite le pourquoi de la présence de Vincent...

 

Dans de nombreux albums, Swolfs jouera avec les flashbacks, et le lecteur se retrouvera pris dans les aller-retour entre le moyen-âge de Jehan et les années 30 de Vincent. Sans oublier que Vincent sera un personnage important et récurent. Très importants dans les derniers albums !

 

Cette structure de flash-back se répètera sur les albums suivants, mais avec d’autres ancêtres de la famille Rougemont. Une petite entreprise qui ne connaîtra pas la crise, la famille Rougemont ? Pas aussi sûre que vous !

 

L’ambiance et le scénario de cette série sont, en soi, une très bonne raison d’y jeter un œil (muni de toute sa panoplie de chasseurs de vampires, on est jamais trop prudents).

 

Surtout si on a un faible pour les VRAIS vampires...

 

 

 

 

 

Titre : Le Prince de la nuit - Tome 2 : La lettre de l'inquisiteur


Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Edition : Glénat (1995)


Résumé :

Tout commence, ou plutôt se poursuit, sur les bûchers de l'Inquisition.

 

Frère Aymar n'a guère de pitié pour ses victimes. Mais face à lui il y a un autre monstre, plus sanguinaire encore : Kergan le vampire. Ce dernier jongle avec l'éternité et ne cesse de poursuivre de sa haine les générations de la famille De Rougemont.

 

On le retrouve donc tant dans les rues chaudes de Paris dans les années trente que sur les canaux de Venise lors de la grande peste qui dévaste l'Europe.

 

Le dernier des De Rougemont mettra-t-il fin à la malédiction grâce au coffret légué par ses ancêtres ?

 

Critique :

 

Un an d'attente entre le premier et le deuxième tome (à l'époque de leur sortie, possédant les premières éditions).

 

Heureuse de retrouver l'univers vampirique de Swolfs (après une découverte de son univers "Western"), mais cet album possède un goût de trop peu.

 

Je m'explique : l'attente était forte, on obtient des informations (notamment le lien entre le passé et le présent de la narration, symbolisé par le coffret rouillé découvert par Vincent), mais j'avais trouvé que cet album faisait un peu piétiner l'aventure.

 

Si vous les lisez tous l'un à la suite de l'autre, vous ne le remarquerez probablement pas, mais lorsqu'à l'époque, il fallait attendre un an, on avait envie d'en apprendre plus.

 

Les dessins sont toujours bien réalisés et les couleurs jaune du premier tome se retrouvent dans bons nombres de cases.

 

Ici, dans la famille De Rougemont, je demande Aymar (il ne se prénommait pas Jean, n'étant pas dans une bédé comique... Jean Aymar... bon, je sors!).

 

Aymar est un vilain bonhomme, Inquisiteur de sa profession (profession que j'abhorre vu que, d'après mes amie, avec mes idées, j'aurais fini sur un bûcher si j'avais vécu à cette époque).

 

Notre bon curé (ironie) a un penchant pour les barbecues et s'amuse à faire feu de tout bois, brûlant les hommes comme d'autres font cuire du marshmallow. Pourtant, il a lui aussi un horrible secret, caché au plus profond de son être. Kergan, encore et toujours lui...

 

Quand à notre Vincent, beaucoup plus présent (des pans de sa vie nous sont dévoilés), il fait de plus en plus de cauchemars.

 

L'auteur continue son évocation des vampires et de ce qui les caractérisent :

le crucifix fera son apparition dans la lutte entre Aymar et Kergan, représenté comme un objet puissant contre les vampires, a condition qu’il soit tenu par une personne sûre de ses convictions (aie, c'est mauvais pour moi si je croise un vampire, je peux laisser tomber le crucifix).

 

Je précise qu'il n'y a que pour moi que cela posera problème, un certain homme d'église ayant l'âme tourmentée par tous les gens qu'il a fait rôtir au nom de la sainte Inquisition.

 

Kergan, lui, après avoir fait un tour à Venise, s'offrira les charmes des dames... Les pauvres.

 

Il engagera aussi un homme à tout faire en la personne de Rainer qu'il transformera en vampire.

 

Kergan nous donnera même une leçon de vampirisme : en devenant vampire, cela gomme les déficiences physiques, mais il vaut mieux éviter les vacances à la plage et le soleil qui va de pair.

 

Il lui conseillera aussi de boire au cou de gens qui n'ont pas de famille, des laissés-pour-compte, des gens que personne ne réclamera.

 

Parce que, contrairement à Dracula, le fait de s'abreuver tue la personne (sauf si on décide d'en faire un vampire) et il n'y a donc pas cette étape de langueur comme dans le roman de Stoker.

 

Non, cet album n'est pas un ratage complet, même s'il n'échappe pas à la cruelle loi qui veut que le deuxième soit moins bon que le premier.

 

C'est juste qu'il manque un peu plus d’évolution entre les deux albums.

 

Mais cette chasse au vampire étalée sur plusieurs générations, cela vaut le coup de se pencher dessus et de la découvrir.

 

 

 

Titre : Le Prince de la nuit - Tome 3 : Pleine lune


Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Edition : Glénat (1996)


Résumé :

Kergan le vampire, l'ennemi juré des Rougemont, traque de génération en génération les membres de cette famille de chasseurs de vampires .

 

Dans ce 3ème épisode, il se trouve face à Armand de Rougemont, commissaire du peuple pendant la révolution française.

 

"Tu as certainement plus de sang sur les mains que je ne pourrais en avaler en un siècle" proclame le vampire à sa victime.

 

Par la suite, on retrouve Armand de Rougement, celui des années 1930, l'autre fil conducteur de cette passionnante saga qui revisite le mythe de Dracula.

 

C'est l'occasion pour l'auteur de décrire un ParisPopulaire traversé par des limousines d'époque.

 

Enfin, il y a Elise, la fiancée d'Armand, un autre enjeu de la lutte entre Kergan et ce dernier.

 

Critique :

 

Retour dans les années 30 avec notre ami Vincent Rougemont qui s’est lancé à corps perdu dans son combat contre Kergan le vampire qui est responsable de leur quête sans fin.

 

Décidé à mener à son terme la vengeance initiée voilà plusieurs siècles par son ancêtre Rougemont et dans laquelle nombre de ses aïeux ont perdu la vie, il prend le taureau par les cornes, à défaut de prendre le démon, pour l'instant.

 

Le moment de la première confrontation est enfin arrivé…Chouette !! La confrontation sera un point d'orgue dans ce troisième tome.

 

Les couleurs sont toujours dans les tons ocres, mais je sens que vous vous en fichez et que vous voulez savoir d'autres choses, notamment sur le vampire qui s'identifie de plus en plus à Dracula, notamment par ses métamorphoses (le loup).

 

Swolfs respectant de très près la mythologie du vampire, avec ses faiblesses, ses armes et ses pouvoirs, vous donnant l'impression de vous retrouver dans une sorte de Dracula en images.

 

L'auteur développe toutes les caractéristiques vampiriques, notamment le feu comme élément destructeur du vampire (toujours avoir un briquet sur soi, on ne sait jamais), l’échange de sang comme étant le seul moyen de créer un vampire et à nouveau cette impossibilité pour le vampire d’outrepasser les barrières religieuses, comme le cercle d’hosties consacrées ou le crucifix.

 

Du vampire classique, respectueux, avec une touche de gothique du plus bel effet.

 

 

 

 

 

Titre : Le prince de la nuit - Tome 4 : Le journal de Maximilien


Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Edition : Glénat (1999)


Résumé :

Le chasseur est tombé. Lui qui, pourtant, était persuadé d'avoir enfin éliminé sa proie...

Vincent Rougemont a eu beau expliquer qu'il avait réussi à vaincre un vampire, sa présence sur les lieux d'un crime suffit à l'esprit cartésien de la police pour en faire un suspect, voire un coupable...

Interné dans un asile psychiatrique, Vincent parcourt le journal de Maximilien, un de ses ancêtres, qui lui aussi devait croiser la créature sans âge...

Au fil des pages le passé ressurgit. Mais ce que Vincent ne sait pas encore c'est que le cadavre de celui qui ne peut pas mourir revient lentement à la vie. Le passé et le présent vont de nouveau fusionner.

La traque va devoir recommencer... Mariant avec habileté les canons de l'épouvante ave c l'originalité des flashes back, Swolfs entame ce nouveau cycle avec jubilation.

Il ouvre les cercueils et plonge ses personnages dans un tourbillon maléfique qui emporte le lecteur à sa suite...

Personne n'échappera au Prince de la Nuit...

 


Critique :

 

Retour vers le passé avec le personnage de Maximilien, un logicien et savant pragmatique. Ce digne descendant des Rougemont va se rendre en Autriche afin de démontrer aux siens que la querelle entre les Rougemont et Kergan est sans fondement.

 

Retour vers le futur : saut dans les années 30 où Vincent a été interné à la suite des événements du premier tome.

 

Mention spéciale à la couverture où l'auteur a dû penser à Vanessis Sparadrap (la génération Mini Keums aura compris, les autres, faites marcher vos neurones) version "dents qui rayent le plancher".

 

Nous découvrons la possibilité pour un vampire de revenir à la vie s’il parvient à reposer dans un cercueil rempli de la terre de son pays.

 

Ceux qui ont lu l'ouvre de Stoker le savaient déjà puisque Dracula avait entreposé des caisses de sa terre natale à travers Londres.

 

Nombreux points de détails de cet album peuvent d’ailleurs être rapprochés de l’oeuvre de Stoker : l’arrivée de Maximilien à Ruhenberg, les admonestations des autochtones locaux et la présence d’une succube qui va l’ensorceler.

 

Bref, rien de bien novateur dans ce tome qui est, ma foi, peu intéressant comparé au autres.

 

 

 

 

 

Titre : Le prince de la nuit - Tome 5 : Elise


Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Edition :  Glénat (2000)


Résumé :

Evadé grâce à la complicité de Leona Lansberg, la mystérieuse infirmière, Vincent Rougemont va pouvoir poursuivre l'éternelle et familiale chasse au vampire personnifié par le diabolique Vladimir Kergan.

 

Ce dernier, bizarrement discret lors du tome précédent, se remettant progressivement de ses blessures, revient aujourd'hui plus déterminé que jamais.

 

Il puise désormais le sang régénérateur dans les entrailles d'enfants innocents. Sa nouvelle égérie, Elise, hante également les quartiers chauds de Paris, en quête de " nourriture ".


Abordant des thèmes tels que les traumatismes de l'enfance, la mort prématurée d'un jumeau, la transmission du sang, ce nouveau Prince de la Nuit met en scène des questions douloureuses, tout à la fois contemporaines et universelles.

Mariant avec habilité les canons de l'épouvante à l'originalité des flashes-back, Swolfs poursuit ce second cycle avec jubilation.

 

Il ouvre les cercueils et plonge ses personnages dans un tourbillon maléfique qui entraîne le lecteur à sa suite...

 

Personne n'échappera au Prince de la nuit ...

 

Critique :

 

Pas de flash back dans ce numéro 5, la soif de vengeance du dernier Rougemont occupant toute la trame de l'histoire.

 

Quant aux quelques scènes qui ne se situent pas dans le même espace-temps, elles ne sont là que pour leur portée symbolique, ce qui ne leur empêche pas d’être la clé de voute de l’intrigue. C'est pas juste pour faire joli et remplir des pages.

 

Nous découvrirons aussi Elise, devenue vampire, qui écume les rues de la capitale en quête de sang frais. Soif terrible...

 

Le sablier du temps de Vincent s'écoule de plus en plus vite. Il est partagé (quasi écartelé) entre son amour pour Elise et sa quête de vengeance envers Kergan, qui se remet péniblement de ses blessures.

 

Swolfs en profite pour mettre en scène les relations qui unissent le vampires à ses "rejetons".

 

Dans les romans d’Anne Rice, le vampire n’a pas de contact télépathique avec sa "progéniture".

 

Tout le contraire des vampires de Swolfs qui eux, possèdent ce lien télépathique enfant-parent (ressemblant très fort à la relation qui reliait Mina à Dracula dans l’oeuvre de Stoker).

 

De la même façon que Mina conduira Van Hellsing et sa troupe dans l’antre de Dracula, c’est Elise qui finit par amener Vincent et son alliée dans la tanière de Vladimir Kergan.

 

Ouh, on sent l'affrontement final qui arrive !!

 

Ce tome était très bien.

 

 

 

 

 

Titre : Le prince de la nuit - Tome 6 : Retourà Ruhenberg


Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Edition : Glénat (2001)


Résumé :

Depuis la nuit des temps, les de Rougemont sont maudits. Un vampire aussi sanguinaire que séduisant, répondant au nom de Vladimir Kergan, décime un à un tous les membres de cette famille, les poursuivant sans relâche jusqu'à leur extinction définitive.

 

Leur descendance se voue corps et âme à une quête unique : retrouver et tuer le vampire responsable de cette étrange malédiction qui pèse sur les leurs.

 

Que ce soit au Moyen Age ou dans le Paris des années trente, l'angoisse reste la même face à ce monstre intemporel.

 

Le Prince de la Nuit rôde... et nul ne lui échappera !

Nous retrouvons Kergan dans l'Allemagne d'avant-guerre. S'associant avec des miliciens nazis pour accroître sa puissance destructrice, il dresse un piège machi avélique à Vincent de Rougemont...

Même les cauchemars les plus délicieux ont une fin, puisque voici déjà le dernier tome du second cycle de la saga ! Mais la série se poursuivra...

 

Que le vampire Kergan s'en sorte vivant ou non, il est certain qu'il continuera à hanter vos nuits pendant très longtemps...


Un scénario mariant à merveille suspense et épouvante, un dessin au style remarquable et des couleurs aux contrastes et aux atmosphères superbes ont fait du Prince de la Nuit un des grands leaders de la BD.

 

Critique :

 

Je ne vous divulguerai pas la fin de cette saga héroïque, mais le final était digne de la série et il ne m'a pas déçue.

 

Ma plus grande crainte était que l'auteur, sur la fin, ne bâcle son travail, fichant toute la série en l'air.

 

Mais non, il ne l'a pas fait et cet album est flamboyant. Une saga à découvrir pour les amateurs de vampires, ceux qui aiment les vrais ou les autres qui veulent peut-être savoir quels sont les vrais vampires dont nous parlons, nous, les non fans d'une certaine saga...

 

 


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