1.1 Arthur Conan Doyle : Sherlock Holmes

 

 

 

 

Je ne consacrerai pas toutes mes critiques à l'oeuvre de Conan Doyle, mais aussi aux pastiches dédiés à Sherlock Holmes.

 

Un pastiche - ou apocryphe - est un roman qui n'a pas été écrit par l'auteur original.

 

Donc, pour ceux qui ne comprennent pas vite, les pastiches consacrés à Holmes ne furent pas écrits par l'auteur original : Conan Doyle !

 

 

 

 

 

 

Titre : Le chien des Baskerville


Auteur : Sir Arthur Conan Doyle
Edition : Livre de Poche Policier - Robert Laffon (1966)


Résumé :

Sir Charles Baskerville, revenu vivre une paisible retraite dans le manoir de ses ancêtres, au coeur des landes du Devonshire, est retrouvé mort à la lisière des marécages, le visage figé dans une absolue terreur. Autour du cadavre, on relève les empreintes d'un chien gigantesque.

 

Ami et médecin de la victime, James Mortimer sait que son patient était troublé par une vieille malédiction : un chien viendrait de l'enfer pour réclamer les âmes des descendants des Baskerville.

 

Il décide de faire appel à Sherlock Holmes pour protéger Henry, l'héritier de la victime. En acceptant, le fameux détective ignore qu'il met en péril sa propre vie.

 

Paru en 1902, ce roman est la plus célèbre des aventures d'Holmes. Il est baigné d'éléments fantastiques qui amènent le fameux détective à douter de ses pouvoirs de déduction.

 

Même le docteur Watson a du mal à le suivre ! La résolution du mystère mettra fin à ses interrogations. Cette fois-ci, le maître de la logique s'en tire de justesse.

 

Critique :

Ah, lui, il a une histoire : c'est mon premier roman policier et mon premier Sherlock Holmes !

Le titre m'avait attiré parce que l'on parlait d'un chien et que j'adore les chiens.

 

Bon, celui-là de chien, je l'aime un peu moins car le fait de le croiser vous fait avaler votre certificat de naissance sur le champ...

Je me revois encore, les yeux rivés sur le texte, découvrant le personnage atypique de Sherlock Holmes et celui du docteur Watson, la lande et son brouillard, ses cris lugubres...

Un chien sortit des Enfers et qui continue sa triste besogne suite à la malédiction de la famille Baskerville... Magnifique mais ça me fichait des frissons.

A 13 ans, on est impressionnable, que voulez-vous...

Et quelle enquête ! J'avais adoré, même si elle possède quelques points faibles.

Par contre, pas de chance pour moi d'avoir commencé par le roman où Holmes est quasi absent, Doyle ayant même pensé à le faire avec uniquement Watson.

Pourquoi ? Parce que Doyle n'aimait pas son personnage de Holmes, lui, il voulait gagner sa vie avec des romans historiques, pas avec des romans policiers.

Pourtant, il pouvait dire merci à Holmes car son détective avait fait de lui un auteur qui gagnait sa vie avec son œuvre et lui permettait de prendre un fiacre au lieu des transports en communs.

Donc, Doyle ayant fait mourir Holmes dans les chutes de Reichenbach et ayant tenu bon sur le fait de ne pas le faire revenir, et bien, il ne tint pas tout à fait parole... "Gling gling", tiroir caisse ??

S'étant débarrassé de son encombrant détective dans "le dernier problème" paru en décembre 1893, Doyle le fait revenir en 1901 dans "le chien des Baskerville" qui se passe avant le "dernier problème" et ce, afin d'avoir à éviter de ressusciter son personnage. Pas con.

Holmes reviendra pour de bon en 1903, dix ans après que son auteur lui ait donné la mort...

Livre excellent.

 

 

 

 

Titre : Les Aventures de Sherlock Holmes, tome 1


Auteur : Sir Arthur Conan Doyle

Edition : Omnibus (2005)

 

Résumé :

Il vit à Londres, au 221B Baker Street, à la fin du dix-neuvième siècle. Il a des idées un peu bizarres... Il se passionne pour certaines branches de la science. Il est assez calé en anatomie, est un chimiste de premier ordre qui, malgré des études très décousues et excentriques, a amassé un tas de connaissances peu ordinaires. Il n'est pas aisé de le faire parler, bien qu'il puisse être assez expansif quand l'envie lui en prend. Il joue du violon.

 

Il a un métier : dénouer des énigmes étranges auxquelles il est le seul à pouvoir apporter une solution.

 

Il a un défaut : il affectionne les drogues.

 

Il a un ami : le docteur Watson, témoin et narrateur de ses aventures.

 

Son créateur, Arthur Conan Doyle, a inventé le récit policier moderne.

Il s'appelle Sherlock Holmes.

 

Traduction nouvelle d'Eric Wittersheim - Edition bilingue et illustrée

 

Contenu :


* Une étude en rouge (roman)

 

* Le Signe des quatre (roman)

 

* Les Aventures de Sherlock Holmes (nouvelles) :

  • Un scandale en Bohème ;
  • La ligue des rouquins ;
  • Une affaire d'identité ;
  • Le mystère de la vallée de Boscombe ;
  • Les cinq pépins d'orange ;
  • L'homme à la lèvre tordue ;
  • L'escarboucle bleue ;
  • La bande tachetée ;
  • Le pouce de l'ingénieur ;
  • L'aristocrate célibataire ;
  • Le diadème de béryl ;
  • Les Hêtre-Dorés

 

* Les Mémoires de Sherlock Holmes (I) (nouvelles) :

  • Flamme d'argent ;
  • Le visage jaune ;
  • L'employé de l'agent de change ;
  • Le "Gloria-Scott"

Critique :

Quel plaisir de lire (enfin) une édition française un peu plus fidèle à l'originale anglaise.

 

Moi qui ai découvert Holmes avec les éditions "le livre de poche policier" des éditions Laffont (quand j'avais 13 ans, j'avais peu d'argent) je me suis rendue compte, en relisant celle-là que certaines choses avaient été changées, et pas des moindres.

 

Le plaisir est décuplé par le texte, en anglais, sur la gauche. Même si on ne comprend pas tout, on a la traduction française en face. Le must !

 

Autre point important : il y avait des actions que Holmes faisait dans ma vieille édition et qui ne sont pas les même dans celle de chez Omnibus et d'autres petits détails de textes. Même si la traduction n'est pas encore la meilleure par rapport aux éditions Oxford.

 

Ce qui me plaît dans ce recueil, c'est le papier bible, très fin et agréable, sans oublier les dessins de Sidney Paget pour agrémenter les pages.

 

Attention, dans les vieilles éditions Omnibus, l'aventure de "la boîte en carton" ne s'y trouve pas.

 

Par contre, le fameux début avec les portraits du général Beecher qui, à l'origine, se trouvait dans "la boîte en carton" et qui se retrouva, dans les anciennes éditions, en introduction du "patient à demeure" retrouve ici sa véritable place !! Et là, on comprend pourquoi Watson parle de chaleur alors que dans "le patient à demeure", la question de la chaleur torride se posait puisqu'il était dit que nous étions au mois d'octobre...

 

 

 

 

Titre : Les aventures de Sherlock Holmes - Tome 2

 

Auteur : Sir Arthur Conan Doyle

Edition : Omnibus (2006)

 

Contenu :


* Les mémoires de Sherlock Holmes (Nouvelles - deuxième partie)

  • Le rituel des Musgrave ;
  • Les propriétaires de Reigate ;
  • L'estropié ;
  • Le patient à demeure ;
  • L'interprète grec ;
  • Le traité naval ;
  • Le dernier problème

 

* Le Chien des Baskerville (Roman)

 

* Le Retour de Sherlock Holmes (nouvelles) :

  • La maison vide ;
  • L'entrepreneur de Norwood ;
  • Les hommes dansants ;
  • Le cycliste solitaire ;
  • L'école du Prieuré ;
  • Peter le Noir ;
  • Charles Augustus Milverton ;
  • Les six Napoléon ;
  • Les trois étudiants ;
  • Le pince-nez en or ;
  • Le trois-quart disparu ;
  • Le manoir de l'abbaye ;
  • La deuxième tache

 

 

 

 

 

Titre : Les aventures de Sherlock Holmes - Tome 3


Auteur : Sir Arthur Conan Doyle

Edition : Omnibus (2009)

 

Contenu :


* La Vallée de la peur (Roman)

 

* Son dernier coup d'archet (Nouvelles) :

  • Wisteria Lodge ;
  • Le cercle rouge ;
  • Les plans du Bruce-Partington ;
  • Le détective agonisant ;
  • La disparition de Lady Frances Carfax ;
  • Le Pied-du-diable ;
  • Son dernier coup d'archet

 

* Les Archives de Sherlock Holmes (Nouvelles) :

  • L'illustre client ;
  • Le soldat blafard ;
  • La pierre de Mazarin ;
  • Les Trois-pignons ;
  • Le vampire du Sussex ;
  • Les trois Garibed ;
  • Le pont de Thor ;
  • L'homme qui rampait ;
  • La crinière du lion ;
  • La pensionnaire voilée ;
  • Shoscombe Old Place ;
  • Le marchand de couleurs retraité;
  • La boîte en carton.
 

 

 

Mes premières éditions de Sherlock Holmes

 

 

Certes, les éditions Laffont ne sont pas réputées pour le sérieux de leurs traductions...

 

Maintenant, je le sais. Merci qui ? Merci la SSHF (Société Sherlock Holmes de France).

 

Néamoins, je ne vais pas cracher dans la soupe. Si "Le chien des Baskerville" fut mon premier roman policier et mon premier Sherlock Holmes, je me suis vite mise en quête de la suite.

 

Les livres que je présente ici sont donc les premiers livres que j'achetai d'occase sur Holmes.

 

 

 

 

 

Titre : Une étude en rouge / Le signe des quatre

 

Edition : Robert Laffont (1971)

 

Résumé :

Une étude en rouge : Au n° 3 de Lauriston Gardens près de Londres, dans une maison vide, un homme est trouvé mort. Assassiné ? Aucune blessure apparente ne permet de le dire, en dépit des taches de sang qui maculent la pièce.

 

Sur le mur, griffonnée à la hâte, une inscription : " Rache ! " Vengeance !

 

Vingt ans plus tôt, en 1860, dans les gorges de la Nevada, Jean Ferrier est exécuté par des mormons sanguinaires chargés de faire respecter la loi du prophète.

 

Sa fille, Lucie, est séquestrée dans le harem du fils de l'Ancien. Quel lien entre ces deux événements aussi insolites que tragiques ?

 

Un fil ténu, un fil rouge que seul Sherlock Holmes est capable de dérouler.

 

Une intrigue toute en subtilités où, pour la première fois, Watson découvre le maître..

 

Le signe des quatre : Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l'armée des Indes, a disparu voilà longtemps, reçoit par la poste le présent d'une perle.

 

Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l'y accompagner...

 

Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui se soient offertes à la sagacité du détective.

 

L'Inde des maharajahs, le fort d'Agra cerné par la rébellion des Cipayes, le bagne des îles Andaman sont les décors de l'extraordinaire aventure qu'il va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise...

 

Une des plus inoubliables aventures de Sherlock Holmes, publiée pour la première fois en 1889.

 


Critique :

Mon second achat "Sherlock Holmes" et la passion était toujours là, elle ne m'ayant jamais quitté depuis...

J'avais 13 ans et j'ai maintenant... j'ai 30 ans et 60 mois (calculez vous même !).

Ma critique concernera "Une étude en rouge" et "Le signe des quatre" puisque mon édition Laffont, datée de 1956, se compose des ces deux aventures.

 

Certes, les éditions Laffont ne sont pas réputées pour le sérieux de leurs traductions...

Maintenant, je le sais. Merci qui ? Merci la SSHF (Société Sherlock Holmes de France).

Néanmoins, je ne vais pas cracher dans la soupe. J'étais toute folle, lors de mon achat de ce livre, à l'idée de retrouver Sherlock Holmes dans de nouvelles aventures (mon premier livre concernait "Le Chien des Baskerville").

Vous avez déduit que j'ai aimé lire les aventures de Holmes, pas besoin de vous le préciser.

Lui et moi, nous nous étions rencontrés dans "Le chien des Baskerville", comme je vous le précisais. Tout de suite, j'avais adoré ce détective qui sortait de l'ordinaire.

 

Par contre, je m'étais sentie un peu frustrée car on le voyait peu, Sherlock Holmes, dans "Le Chien".

 

A cette époque, Internet n'existait pas (évitez de tomber dans les pommes, s'il vous plaît !) et j'étais loin de me douter que Doyle détestait son personnage de Sherlock Holmes.

 

Doyle s'étant débarrassé de son encombrant détective dans "Le dernier problème" paru en décembre 1893, il l'avait fait revenir en 1901 dans "Le chien des Baskerville" (qui se passe avant "Le dernier problème") et ce, afin d'avoir à éviter de ressusciter son personnage. Pas con.

 

Voilà pourquoi j'avais été frustrée de la présence de Holmes dans "Le chien des Baskerville".

 

Ici, c'était tout autre ! Dans "Une étude en rouge" nous avons la rencontre entre Holmes et Watson. Rhâââ ! Je précise aussi, avant toute chose, que je ne les ai jamais "vu" en couple.

 

Revenons à "Une étude en rouge", si vous le voulez bien.

 

Imaginez la défaillance de mon coeur lorsque je lus, en avant-propos de l'aventure, la liste que Watson avait faite sur son colocataire. Je me souviens que, fébrile, j'avais cherché un carnet pour l'inscrire dedans, comme si elle pouvait s'envoler du livre. Indulgence, j'avais 13 piges !

 

C'est fou ce que Holmes ne savait pas, comme le fait que la terre tournait autour du soleil. Entre nous, il avait raison, cela ne lui servait à rien dans son métier.

 

Cette première enquête possède quelques défauts, comme le fait que "le coupable" (pas de spoiler) se laisse piéger grossièrement par Holmes, alors qu'il devait connaître son adresse, ayant envoyé un complice pour récupérer la bague.

 

Beaucoup lui reproche aussi l'histoire que le coupable raconte et tout le dévelopement qui est fort long. Moi pas, je ne lui reproche pas ce passage. J'avais 13 ans et je découvrait les Mormons.

 

Bref, l'histoire m'avait transporté, une du genre "tu-n-iras-pas-te-coucher-ce-soir".

 

Je me souviens aussi, lorsque je lus, directement à la suite, "Le signe des quatre", que mon coeur avait accéléré dans ma poitrine en lisant que Watson et Mary Morstan se tenaient par la main. Je ne me sentais plus, espérant que mon détective allait, lui aussi, finir par trouver l'amour. Ce dont il se moquait bien.

 

Je n'ai pas besoin de vous dire ce que ressentis lorsque je lus, dans "Un scandale en Bohème", l'introduction de Watson ?

 

Excellente histoire aussi que celle du "Signe des quatre", même si, là aussi, nous avons droit à une longue histoire sur le pourquoi du comment.

 

C'est pourquoi ma véritable critique va s'articuler sur autre chose que vous dire "super, génial". Mes prédécesseurs l'ont fait de manière brillante et je n'en ajouterai pas.

 

Une étude en rouge :

La rencontre entre Holmes et Watson est expliquée au lecteur.

 

L’aventure se passe en 1881 et c’est là que nos deux compères se rencontrent pour la première fois.

 

Un premier exposé de la méthode du maître est offert mais les traits de caractère du détective ne sont pas encore bien définis.

 

Pourtant, imaginez mon émoi en découvrant la liste de Watson sur les petites connaissances de Holmes, connaissances qui étaient particulières, Holmes se fichant pas mal que la terre tourne autour du soleil ou le contraire, vu que cela ne lui servait pas dans les enquêtes.

 

Particularité de ce roman : il comporte une histoire dans l'histoire, avec un crime dont les mobiles nous transportent dans l'univers mormon à Salt Lake City, quelques années auparavant.

 

Il est aussi le premier roman que Doyle écrivit sur Sherlock Holmes, lui qui ne voulait écrire que des romans historiques...

 

« Une étude en rouge » qu’il avait pensé intituler « Tangled Skein » (« un écheveau emmêlé » ou « un sac d’embrouilles » – ndt) fut écrite rapidement en mars et avril 1886. Trop rapidement car, ce petit roman – comme le qualifia sa femme – ne comportait que 50.000 mots.

 

James Payn lui trouva certaines qualités, mais considéra que le texte était trop court pour paraître en feuilleton et trop long pour une nouvelle.

 

L’humiliation devant ce refus augmenta encore les tentatives infructueuses auprès d’autres éditeurs.

 

Au bout de six mois, Doyle fini par accepter une offre qui venait d’une maison spécialisée dans « la littérature bon marché à sensation ».

 

Il accepta et son roman parut dans « Beeton’s Christmas Annual » de 1887. Par la suite, il n’obtint pas un penny de plus.

 

Les droits d’auteurs qu’il réclamait lui furent refusés, malgré tout, Doyle – qui aurait pu chercher ailleurs de meilleurs conditions – se plia pourtant aux exigences de Ward, Lock & C° car il avait un autre projet en tête : un roman historique.

 

Il oublia donc Sherlock Holmes pour un temps et se concentra sur la guerre civile anglaise qui lui permettait de combiner la littérature et les scènes d’action et d’aventures, convenant à son esprit jeune et fougueux.

 

Pourtant, lorsque le « Beeton’s Christmas Annual » de 1887 parut à la fin du mois de novembre, il eut l’espoir de voir le succès couronner son roman policier.

 

Le titre du roman « une étude en rouge », ressortait sur la page de couverture.

 

C’était une époque où les critiques gardaient un oeil aussi bien sur les magazines que sur les livres. Conan Doyle était sûr que sa « brochure » marcherait.

 

Si les lecteurs n’en firent pas un succès, plusieurs critiques relevèrent pourtant, brièvement mais avec bienveillance, l’ingéniosité du récit.

 

Durant l’été 1888, « une étude en rouge » sortit sous forme de livre.

 

Épuisé, le roman fut réédité la même année dans un volume comportant quatre nouvelles d’autres auteurs.

 

Les tirages limités de ces deux premières éditions font que les rares exemplaires que l’on trouve aujourd’hui sont fort prisés par les collectionneurs.

 

Il en est de même pour le « Beeton » de 1887 : même un fac-similé, paru en 1960, est maintenant hors de prix.

 

 

 

Le signe des Quatre :

En entamant la seconde aventure de ce recueil, je cru défaillir (j'avais 13 ans) en découvrant toutes les petites choses sur les deux personnages. J'en avais déjà eu pour mes sous dans "Une étude en rouge" et là, ça continuait.

 

Notamment sur ses phases d'abattement profond, lorsqu'il n'avait aucune affaire en cours et cette addiction à la cocaïne pour stimuler son esprit, toujours dans le cadre de cette non-activité.

 

Contraste étonnant, s'il en est, avec ses phases d'une extrême activité, où il pouvait se passer de manger et de dormir.

 

Oui, il y a deux hommes chez Holmes !

 

Je découvrait aussi un peu plus son comportement à la limite de la psychose maniaco-dépressive, sans parler de sa sociopathie prononcée pour ses semblables.

 

C'est dans cette aventure que Watson découvrira sa femme en la personne de Mlle Mary Morstan, cliente de Holmes. Mon coeur de midinette s'était accéléré...

 

Il s'agit ici la deuxième aventure du couple Sherlock Holmes et Watson.

 

Pourtant, lors de ma lecture, plusieurs détails me frappèrent.

 

Premièrement, si l’action du premier roman se situait en 1881, celle du second se situe 1888. Dans l'intervalle ? Rien !

 

Par contre, en sept ans, la blessure de Watson s’est déplacée de son épaule à sa jambe… à moins bien sûr qu’il n’ait eu une seconde blessure que Doyle n’avait pas mentionnée dans le premier récit.

 

Je ne parlerai même pas de la quasi impossibilité à dater exactement le récit, tout semblant se brouiller dans les calculs, rien ne correspondant. Le nombre de perles reçues, le nombre d'années du décès de Mary Morstan, la cliente de Holmes.

 

Jean-Pierre Crauser eu beaucoup de mal à la dater exactement "Le Signe" dans son livre "Quel jour sommes-nous, Watson ?".

 

Pourquoi ces discordances ? Là, je vais vous parler de ce qui est ma passion : l'holmésologie, même si je l'applique en diletante, pour m'amuser.

 

Non, je ne me contente pas de lire les aventures de Holmes, je les étudie aussi et je me nourri des études des autres. Là, je m'appuie sur celle de mon "Irregular" : Wiggins.

 

Petite histoire :

- "Une étude en rouge" fut publiée la première fois dans le "Beeton's Christmas Annual" en novembre 1887.

- "Le signe des quatre" fut publié la première fois dans le "Lippincott's Monthly Magazine" en février 1890.

 

Que s'est-il passé et pourquoi avons-nos failli ne jamais avoir de suite à "une étude" ?

 

Doyle avait terminé un roman historique sur l’Angleterre puritaine « Micah Clarke » en février 1888, entre la parution d’Une étude en rouge dans le Beeton’s et sa réédition en livre.

 

James Payn le lui refuse, le réprimandant, même : « comment peut-on perdre son temps et son talent à écrire des romans historiques ? ».

 

Au bout de neuf mois de tournée des éditeurs, il fut publié par Andrew Lang.

 

Recevant de bonnes critiques, il était de plus en plus persuadé que son avenir et sa réussite littéraire se feraient grâce au roman historique.

 

S’il en avait été ainsi, cela aurait signifié la fin de Holmes et Watson et la légende n’aurait jamais vu le jour.

 

Mais Payn avait recommandé Doyle à un américain, Joseph Marshall Stoddart (béni soit cet homme !), qui venait d’être nommé directeur du Lippincott’s Monthly Magazine, publié simultanément à Londres et à Philadelphie.

 

Venu à Londres, au cours de l’été 1889, pour y dénicher de nouveaux talents, Stoddart donna un dîner le 30 août.

 

Ses hôtes furent Oscar Wilde, qui cherchait à faire son chemin dans le monde littéraire, puisqu’il quittait son poste de rédacteur en chef du magazine Woman’s World, et Arthur Conan Doyle.

 

Stoddart offrit à Wilde une avance pour écrire le roman qui allait scandaliser le Londres littéraire et mondain : « le portrait de Dorian Gray ».

 

Conan Doyle se vit réclamer, non pas un roman historique, mais une autre aventure de Sherlock Holmes.

 

N’étant pas en mesure de refuser puisque la médecine ne lui procurait que de modestes revenus, les ventes de « Micah Clarke » étaient moyenne, de plus, il lui faudrait des mois pour achever son nouveau roman historique et bien plus longtemps encore pour le vendre à quelqu’un…

 

Il n’eut donc pas le choix ! Déplaçant son centre d’intérêt de cinq siècles, il envoya une nouvelle fois Holmes et Watson résoudre une affaire dans « The sign of the four » (le signe des quatre), comme il l’avait d’abord nommée, avant de préférer un titre moins explicite : The sign of four (le signe de quatre).

 

Une fois encore, il écrivit avec fougue et impatiente, sans se soucier de vérifier certains détails de « une étude en rouge ».

 

Doyle n’entendait pas faire du « Signe des quatre » une suite à la première aventure de Holmes.

 

Ce n’était qu’un texte écrit pour répondre à la demande d’un éditeur et pouvant lui procurer un complément de revenus.

 

S’il avait espéré plus avec cette publication, il n’aurait pu être que déçu.

 

La parution dans le Lippincott’s de février 1890 ne retint pas particulièrement l’attention.

 

Comme je vous le disais, nous retrouvons Holmes en consommateur de drogue.

 

Comme Watson le désapprouve, il explique qu’il combat ainsi l’ennui engendré par l’inactivité mentale.

 

Une raison valable en cette ère victorienne finissante, avant la réglementation sur les stupéfiants et bien avant leur emploi abusif.

 

Pour Doyle, il s’agit simplement de rajouter une manie de plus au comportement de Holmes et d’insister sur son habitude à sombrer dans l’introspection quand il est réduit à l’inaction. 

 

Voilà pour la partie historique, qui, je l'espère, vous aura un peu éclairé sur l'auteur et la naissance du "Signe des quatre".

 

C’est aussi dans cette aventure que les « Baker Street Irregulars » démontrent une nouvelle fois leur efficacité. Cette fois-ci, ils sont chargés de surveiller les mouvements de bateaux sur la Tamise.


N'oublions pas Toby, le chien au flair particulièrement développé !

 

Une super aventure dont certains reprocherons la longueur des explications sur le trésor d'Agra.

 

 

 

Critique publiée le 22 juillet 2012 sur Babelio et retravaillée dans son introduction pour le Challenge "Thrillers et Polars" de Liliba ainsi que pour le Challenge "I love London" de Titine et Maggie.

 

 

 

Titre : Les Aventures de Sherlock Holmes - The Adventures of Sherlock Holmes
 
Edition : Robert Laffont


Résumé :
- Un scandale en Bohême.
- La ligue des rouquins.
- Une affaire d'identité.
- Le mystère du Val Boscombe.
- Les cinq pépins d'orange.
- L'homme à la lèvre tordue.
- L'escarboucle bleue.
- Le ruban moucheté.
- Le pouce de l'ingénieur.
- Un aristocrate célibataire.
- Le diadème de béryls.
- Les Hêtres Rouges.

 

Critique : 

S'il y a bien un tome qui est mon préféré de chez préféré, c'est bien celui-là. Je l'avais acheté peu de temps après le roman "Le chien des Baskerville"(pourquoi faire dans l'ordre quand on je joue pas au Tiercé ?) et la première ligne me faisait déjà tressaillir : "Pour Sherlock Holmes, elle est toujours LA femme. Il la juge tellement supérieure à tout son sexe, qu’il ne l’appelle presque jamais par son nom ; elle est et elle restera LA femme. Aurait-il donc éprouvé à l’égard d’Irène Adler un sentiment voisin de l’amour ?".

 

Non mais là, je vous le jure, je ne me sentais plus. La suite doucha mon enthousiasme juvénile (j'avais 14 ans !) : " Absolument pas ! Son esprit lucide, froid, admirablement équilibré répugnait à toute émotion en général et à celle de l’amour en particulier."

 

Malgré tout, "Un scandale en Bohème" reste mon histoire préférée (exæquo avec "Le ruban moucheté") en raison du fait que Holmes se fait avoir par une femme ! Monsieur l'avait sous-estimée et bardaf, elle aura le dernier mot.

 

Pourtant, il l'avait eu le premier, quand, déguisé en valet d'écurie, il lui avait servi de témoin pour son mariage en catimini avec l'avocat. Holmes : 1 / Irène : 0

 

Il l'avait bien eue aussi, quand, déguisé en clergyman non conformiste, il lui jouait cinq lignes, découvrant la cachette de la photo compromettante. Holmes : 2 / Irène : 0

 

Irène n'étant pas absente le jour où on distribuait les cerveaux, le sien additionna les faits et elle suivit Holmes, déguisé en homme. Elle lui souhaita "Bonne nuit, monsieur Holmes" et il ne la reconnu pas dans ce jeune dandy. Holmes : 2 / Irène : 1

 

Elle le flousa ensuite de la plus belle des manières en jouant la fille de l'air et Holmes, surpris mais bon jouer ne demanda que le portrait de la belle cantatrice au Roi. Holmes : 2 / Irène : 2

 

On a souvent fait de la belle Irène Adler une voleuse ou autre, pourtant, dans le récit canonique, ce n'était qu'une femme qui avait aimé un homme, mais c'était Wilhelm Gottsreich Sigismond von Ormstein, grand-duc de Cassel-Falstein, et roi héréditaire de Bohême (ouf, je l'ai dit), et qui se fit trahir de bien cruelle manière (monsieur s'est fiancé avec une prout-prout-ma-chère de son rang). Moi aussi je me serais vengée.


C'est dans ce recueil que l'on retrouve la crème des enquêtes de Sherlock Holmes, telle "La ligue des rouquins" (magnifique !) et "Le mystère du Val Boscombe" où Holmes empêchera une condamnation injuste.

 

"L'homme à la lèvre tordue" va mettre Holmes en difficulté, jusqu'à ce que la lumière se fasse dans son esprit, suite à une action qu'il fit (Dr House, copie de Holmes, résolvait ses cas suite à un mot ou à un détail qui lui faisait comprendre la maladie du patient). Du grand art !

 

"L'escarboucle bleue" donnera à Holmes la possibilité de montrer toute l'étendue de son talent en déduisant sur un chapeau. Sans compter que la cachette pour l'escarboucle volée était des plus "innovante" et ingénieuse. Holmes est au sommet de son art.

 

"Le ruban moucheté" est mon préféré. La roublardise d'un docteur, son machiavélisme, son sadisme... Bref, géniale aventure et j'aurais bien aimé que Holmes se rapproche un peu plus de sa cliente... Romantique, que voulez-vous, je ne me referai pas.

 

"Une affaire d'identité", "Le pouce de l'ingénieur", "Un aristocrate célibataire" et "Les cinq pépins d'orange" ne sont pas mes préférées. Elles sont originales, mais je ressent moins de jouissance durant ma lecture que pour les autres.


"Le diadème de béryls" est magnifique de par une phrase de Holmes : "Ce que vous devez, ce sont de très humbles excuses à votre fils, ce noble garçon, qui s’est conduit en cette pénible circonstance comme je serais fier de voir mon fils le faire si j’avais le bonheur d’en avoir un."

 

Encore une histoire où une femme mène un homme par le bout du nez...


C'est dans "Les Hêtres Rouges" que Holmes nous dit une phrase qui a fait penser à certains holmésiens qu'il avait une soeur : "Mon Dieu, mademoiselle, je vous avoue franchement que ce n’est pas la situation que je choisirais pour ma soeur, si j’en avais une". Il a lieu de lire qu'il n'en pas, de soeur...

 

Un recueil qui me fait toujours passer du très très bon temps, malgré les quelques aventures qui me font moins décoller.

 

Le format des nouvelles convient bien aux enquêtes de Sherlock Holmes, même si le lire en roman est aussi un plaisir parce que ça dure plus longtemps.

 

Sherlock Holmes, tu y goûtes une fois et tu es accro ! La preuve...

 

Challenges "Thrillers et polars" de Liliba, "Sherlock Holmes" de Lavinia sur Livraddict, "I Love London" de Maggie et Titine, "Le mois anglais" chez Titine et le challenge "Victorien" chez Arieste.

 

 

 

Titre : Souvenirs de Sherlock Holmes - The Memoirs of Sherlock Holmes
 
Edition : Robert Laffont (1964)


Résumé :

Que fait Sherlock Holmes toute la journée ? Il déduit et, de déduction en déduction, il découvre pourquoi les moutons boitent quand les chevaux de course disparaissent, pourquoi un homme en fait chanter un autre et pourquoi le colonel Barclay s'effondre, mort, dans son salon. C'est très clair, " élémentaire, mon cher Watson ! " Et les onze énigmes deviennent de simples histoires d'amour, de vengeance et de mort.


Dans ce dernier volume de la série des Sherlock Holmes, le célèbre détective anglais affronte un adversaire aussi intelligent que lui, le professeur Moriarty, criminel génial et machiavélique. Le duel aura lieu dans les montagnes suisses. "

Au sommaire :
- Flamme d'Argent
- La figure jaune
- L'Employé de l'agent de change
- Le Gloria Scott
- Le Rituel des Musgrave
- Les Propriétaires de Reigate
- L'Estropié
- Le Pensionnaire en traitement
- L'Interprète grec
- Le Traité naval
- Le dernier problème.

 

Critique : 

Dans cette vieille édition de chez "Le livre de poche", une intro est erronée... C'est celle qui concerne les déductions de Holmes sur les pensées de Watson, où il nous parle du portrait du général Beecher... Cette fameuse intro se trouve dans la nouvelle "Le Pensionnaire en traitement".

 

A l'origine, cette intro était celle de "La boîte en carton"  !!

 

Oh, vu comme ça, c'est pas bien grave, me direz-vous. Mais si c'est grave ! Voilà encore un exemple d'une belle prise de tête lors de ma première lecture, quand je portais des culottes courtes.

 

Dans cette intro, Watson nous parle de chaleur torride, de 33°, de Parlement en vacances, de la population qui avait déserté la capitale...

 

Or, dans ce passage inséré dans "Le Pensionnaire en traitement", la question de la chaleur torride ne se posait pas puisqu'il était dit, noir sur blanc, que nous étions au mois d'octobre...

 

Angleterre, mois d'octobre et chaleur torride de 33° ??? J'avais pas compris.

 

C'est plus tard que j'eus l'explication : "La boîte en carton" comprenant des mutilations humaines, elle n'avait pas été retenue dans les publications en recueil, pour ne pas choquer les âmes sensibles, mais puisque cette intro était magnifique, hop, abracadabra, la voilà dans une autre nouvelle "Le Pensionnaire en traitement" et l'intro du pensionnaire prenait la place de "La boite en carton"... Ni vu, ni connu, je t'embrouille.

 

Oui, mais quand on découvre le canon avec des vieux livres mal traduits ou avec les vieux arrangements, ben, on se demande ce qui se passe pour avoir du 33° en plein mois d'octobre à Londres !

 

Dire qu'il y en a qui croient que lire le canon est une promenade de santé !

 

Dans ce recueil, je les aime toutes, hormis la dernière qui est "Le dernier problème" et j'ai beau l'avoir lue 36.000 fois, j'ai toujours les larmes aux yeux.

 

Dans "Flamme d'Argent", le niveau des déductions de Sherlock Holmes atteint un niveau particulièrement élevé. Le chien qui n'a pas aboyé, c'est étrange. C'est aussi dans cette aventure que Holmes est décrit portant une casquette à rabats sur les oreilles... Illustré par Sidnet Paget.


Sherlock Holmes se montre trop sûr de lui dans "La figure jaune" et se lance sur une fausse piste. Mais il sait reconnaître ses torts et demandera à Watson que, si un jour il se fie un peu trop à ses facultés, ou qu'il accorde à une affaire moins d’intérêt qu’elle ne le mérite, et bien qu'il faudra lui rappeler "Norbury".


"L'Employé de l'agent de change" : ce n'était pas ma préférée, avant, maintenant, je la redécouvre avec plaisir. De plus, il est bon de savoir que la SSHF a tiré son nom holmésien "Les Quincailliers de la Franco-Midland" de cette aventure...


"Le Gloria Scott" : la première affaire dans la vie de Sherlock Holmes ! Et il nous la raconte... Il nous parle aussi de son seul ami de l'époque, Trévor.


"Le Rituel des Musgrave" : on nous gâte, voilà encore des premières enquêtes de Sherlock... Je l'adore aussi, celle-là, on y apprend toutes les petites manies de Holmes, dont le tabac dans la babouche persane !


Dans "Les Propriétaires de Reigate", alors qu'il prend quelques jours de repos, Sherlock Holmes doit résoudre l'énigme du meurtre d'un cocher. Il est assez vachard avec le pauvre Watson, mais on apprend aussi que Holmes était surmené, ainsi que quelques titres d'Untold Stories pour nous faire rêver.


Avec l'aventure de "L'Estropié" (parfois nommé "Le tordu"), nous avons un meurtre en chambre close et d'étranges traces au mur. Un joli récit sur la vengeance qui est un plat qui se déguste froid.


"Le Pensionnaire en traitement" est encore une aventure digne d'intérêt (enfin, c'est ce que moi je pense). Holmes s'intéresse au comportement étrange de Mr Blessington, riche pensionnaire ayant concédé l'usage du rez-de-chaussée de sa demeure à un jeune médecin en échange de soins et d'une partie de ses honoraires. Quand on le retrouve pendu... the game is afoot. De plus, ayant adoré la version de la Granada avec Jeremy Brett, lorsque je la lis, je vois la série.


"L'Interprète grec" est un must rien que pour le fait qu'on apprend que Holmes a un frère ! Watson ne le savait pas non plus... Et leurs déductions sur le type dehors, sur le trottoir !


"Le Traité naval" me transporte parce que l'on découvre un Holmes sentimental (le fameux épisode de la rose) qui contraste avec sa philosophie rationaliste.


"Le dernier problème" est celui qui me fait monter les larmes aux yeux avec la mort de Sherlock Holmes. Cette aventure devait ainsi marquer la fin de la série aux yeux de Conan Doyle, mais l'avenir l'obligea à revenir sur cette cruelle décision.

 

S'il était tombé sur le personnage de King,  Annie Wilkes (Misery) et bien, il aurait fait revenir Holmes plus vite !

 

Vous l'aurez compris, ce tome fait partie de mes préférés ! Toutes les aventures sont extra, bien écrites, avec de l'action, des déductions, des révélations et tutti quanti.

 

Challenges "Thrillers et polars" de Liliba, "Sherlock Holmes" de Lavinia sur Livraddict, "I Love London" de Maggie et Titine, "Le mois anglais" chez Titine et le challenge "Victorien" chez Arieste.

 

 

 

Titre : Résurrection de Sherlock Holmes - The Return of Sherlock Holmes
 
Edition : Le Livre de Poche Policier  


Résumé :

Choisies parmi les enquêtes les plus remarquables de Sherlock Holmes par le fidèle Watson qui a été personnellement mêlé à la plupart d'entre elles, voici treize « affaires » captivantes qui mettent en lumière les facultés étonnantes du célèbre détective :

Au sommaire :
- La Maison vide
- L’Entrepreneur de Norwood
- Les Hommes dansants
- La Cycliste solitaire
- L'École du prieuré
- Peter le noir
- Charles-Auguste Milverton
- Les Six Napoléons
- Les Trois Étudiants
- Le Pince-nez en or
- Le trois-quarts manquant
- Le Manoir de l'abbaye
- La Deuxième Tache.

 

Critique : 

Sherlock Holmes est de retour !! Yes ! Les chutes de Reichenbach n'ont pas causées sa chute. Heureusement que Conan Doyle l'avait fait disparaître de cette manière... S'il avait choisi l'option "un coup de fusil dans le coeur et six pieds sous terre", restait plus que Jésus pour le faire ressortir de terre, tel Lazare.

 

La littérature permet beaucoup de chose. Ses lecteurs de l'époque furent les premiers contents et je l'ai été aussi lorsque je sus qu'il revenait ensuite. Je ne dus pas être la seule, non ?

 

Bon, nous n'avons aucun mérite, à notre époque (que ce soit au XXè et XXIè siècle), nous n'avons pas dû attendre 10 ans, nous, tandis que ceux de l'époque, ben ils se sont bouffés les doigts entre décembre 1893 et septembre 1903 !

 

Tout de même, dix ans sans ma drogue, je n'aurais pas survécu... Oui, je sais, Conan Doyle a cédé aux sirènes de l'argent et publié "The hound of Baskerville" en 1901... Mais c'était pas la résurrection de Sherlock.

 

Bref, lire ce recueil est toujours vivifiant. Mon chouchou est revenu. "La Maison vide" ne l'est plus ! Terrible cette affaire. Sa tête est mise à prix et faudrait pas que l'ignoble Colonel Moran nous le dégomme direct.


Dans "L’Entrepreneur de Norwood", les empreintes digitales sont utilisées comme élément de preuve. J'apprécie beaucoup cette affaire en raison de son caractère "rusé". Fallait y penser ! Mais Sherlock fut le plus fort et encore plus rusé que l'autre rusé.


Avec "Les Hommes dansants", Holmes est pris de vitesse et ne parvient pas à sauver son client à temps. Bel exercice de déchiffrage d'un code composé de petits bonshommes qui dansent.


Non, "Le Cycliste solitaire" ne parle pas d'un cycliste du tour de France dopé à l'EPO et qui ferait la course seul en tête ! Une cliente viens chez Holmes : Miss Violet Smith... L'aventure est retorse et je l'adore.

 

Petit plus pour vous : Le titre anglais "The Solitary Cyclist" est impersonnel et de longues polémiques ont lieu pour savoir s'il s'agit de Violet Smith ou de Mr Carruthers, tous deux cyclistes... solitaires. D'ailleurs, dans de nombreuses éditions, il est noté "La"... Mais un manuscrit de Conan Doyle a résolu l'affaire puisque qu'on y voit le titre "The Solitary Man" avec le mot "Man" rayé et remplacé par "Cyclist".


"L'École du prieuré" traite d'une double disparition du jeune lord Saltire et de son professeur d'allemand. Holmes arrive à déterminer la marque des pneus du vélo en observant les traces dans la boue, ainsi que sa direction. Pour la direction, il fut prouvé ensuite qu'il est impossible de le déduire à partir des traces dans la boue...


"Peter le noir" a été retrouvé transpercé par un harpon, littéralement cloué sur l'un des murs de la remise de son jardin. Holmes est toujours aussi fort...


"Charles-Auguste Milverton" est un maître-chanteur et l'aventure a failli me donner une crise cardiaque lorsque je lus que Holmes s'était... fiancé ??? Rhâââ, oui ? Et bien non. Le rustre a séduit une jeune servante de la maison juste pour en apprendre plus sur le maître chanteur, ensuite, Holmes se livre à un cambriolage d'utilité publique et refuse d'aider la police. Il y a de l'humour dans cette aventure.


"Les Six Napoléons"... A croire que quelqu'un n'aime votre Empereur, en Angleterre, car on retrouve des statuettes de son buste brisées... Wellington a-t-il un alibi ? Et Nelson, il était où ? Vous l'avez compris, cette histoire, je l'apprécie beaucoup. Holmes un peu z'ému, que demander de plus ?


Avec "Les Trois Étudiants", pas de partouzes, mais juste le vol de la copie des questions d'examen... de grec. Et puisque Holmes était dans les parages. A chaque fois j'oublie qui est le coupable et je le redécouvre.


"Le Pince-nez en or" n'est pas bon pour la santé parce que Holmes fume comme un dragon à côté du lit d'un client, pour la bonne marche de son enquête. De toute façon, le client, immobilisé dans le lit, fume encore plus. Holmes est un génie ! Sans son intervention, on restait avec un crime impuni.


"Le trois-quarts manquant" démontrera toute la ruse de Holmes pour arriver à suivre la voiture du docteur Armstrong. Une seringue et un peu de produit, non pas dopant, mais de l'anis et un chien qui a du flair et le tour est joué.


"Le Manoir de l'abbaye" ou "on ne la fait pas à Holmes". Nan, faut pas lui raconter des carabistouilles. Holmes peut aussi se placer au-dessus de la loi et considérer que le coupable l'est moins que la victime.


"La Deuxième Tache" ou "on est jamais aussi bien trahi que par une femme"... Holmes est mandaté pour retrouver un document hyper-important, un document couvert par le secret d'Etat, dont la divulgation pourrait entraîner l'Europe dans la guerre. Une enquête superbe, un document retrouvé, mais ce n'est pas ça qui empêchera un jour la guerre de se déclarer.

 

Une fois de plus un recueil que j'aime relire, que ce soit dans mes vieilles éditions (parce qu'elles ont une histoire) ou des les éditions Omnibus, traductions parfaites et V.O sur la page gauche.

 

Sherlock Holmes a beau avoir un caractère spécial, il n'en reste pas moins un personnage avec du caractère et pas de la guimauve dans les veines.

 

Du caractère, mais sans être pour autant un alcolo notoire comme certains flics de polars (j'ai rien contre eux, mais à la fin, ils le sont tous), s'administrant une fois de temps en temps une injection de cocaïne, une solution à 7%, pas pour planer, mais parce que son cerveau se rebelle à la stagnation et qu'être sans affaire est pour lui un supplice.

 

Challenges "Thrillers et polars" de Liliba, "Sherlock Holmes" de Lavinia sur Livraddict, "I Love London" de Maggie et Titine, "Le mois anglais" chez Titine et le challenge "Victorien" chez Arieste.

 

 

 

Titre : Son dernier coup d'archet - His Last Bow
 
Edition : Le Livre de Poche Policier

 

 
Résumé :

Relatées par le fidèle Watson, huit aventures captivantes de Sherlock Holmes :
• L'aventure de Wisteria Lodge.
• La boîte en carton
• L'aventure du cercle rouge
• Les plans du Bruce Partington
• L'aventure du détective agonisant
• La disparition de Lady Frances Carfax
• L'aventure du pied du diable
• Son dernier coup d'archet.

Huit "affaires" inextricables que le célèbre détective réussit à dénouer grâce à ses dons d'observation aigus et ses méthodes subtiles et hardies.

 

Critique : 

Le recueil que j'aime le moins relire car il contient le toute dernière aventure de Sherlock Holmes "Son dernier coup d'archet" où Holmes fait arrêter Vonbork, un espion allemand basé en Angleterre. C'est le début de la Grande Guerre. Lui et Watson sont âgés et fatigués.

 

Si "L'aventure du cercle rouge" me plaît moins, celle "du pied du diable" m'a fait pleurer parce que Holmes dit "Je n'ai jamais aimé...". Elle est terrible, cette aventure là.

 

"L'aventure de Wisteria Lodge" possède elle aussi une entourloupe de taille : Conan Doyle commet une grosse faute, plaçant cette histoire en mars 1892, alors qu'à cette date, Holmes ne pouvait résoudre cette affaire, pour cause de grand hiatus ! (1891-1894).


"La boîte en carton" (janvier 1893) devait être à l'origine publiée dans "Les mémoires de Sherlock Holmes" mais son côté assez sombre et glauque avec des mutilations lui a valu d'être retardée dans sa publication en recueil et la voici fichue dans "Son dernier coup d'archet".


"Les plans du Bruce Partington" : un des cas les plus politiques de la saga du détective, avec des références à l'espionnage. Le coup du cadavre placé sur... (non, je ne dévoilerai rien) était une riche idée pour embrouiller les policiers, mais on ne mystifie pas Holmes.


"L'aventure du détective agonisant" : une nouvelle qui m'a bluffé, Holmes est au sommet de son art et sa ruse n'a pas d'égal.


"La disparition de Lady Frances Carfax" :pas mal, mais quelle complexité juste pour commettre un meurtre !


"L'aventure du pied du diable" : en plus de la phrase mythique, Holmes a l'air surmené et son état de santé de Holmes au début de l'aventure laisserait penser à un surmenage important, ou un abus de drogue...

 

Celui-ci est le recueil que j'ouvre avec le plus de nostalgie parce que je sais que lorsque j'ai fini de le relire (pour la 36ème fois), j'en ai terminé avec les écrits canoniques.

 

Aaah, Sherlock, toi et moi, c'est une vieille histoire d'amour... Et je ne m'en lasse pas, bien que j'aille voir un peu de tout les côtés. D'ailleurs, je lui laisse le mot de la fin...

 

– Ah ! ma Belette ! me fit Holmes en remettant de l’ordre dans son col froissé. Les voyages finissent toujours par réunir les amoureux, comme on dit ! Je ne crois pas que j’ai eu le plaisir de vous voir depuis que vous m’avez comblé d’attentions quand j’étais sur ma plate-forme au-dessus des chutes de Reichenbach.

 

(Extrait de "The Adventure of the Empty House" - "La maison vide" et je n'ai changé qu'un mot : "Colonel" a disparu au profit de "ma Belette").

 

Challenges "Thrillers et polars" de Liliba, "Sherlock Holmes" de Lavinia sur Livraddict, "I Love London" de Maggie et Titine, "Le mois anglais" chez Titine et le challenge "Victorien" chez Arieste.

 

 

 

Titre : Archives sur Sherlock Holmes
 
Edition : Le Livre de Poche (1976)


Résumé :

Conan Doyle n'a pas toujours vécu de sa plume. Pendant la première guerre mondiale, il a parcouru les côtes d'Afrique comme médecin de bord.

 

Certains de ces douze récits extraordinaires puisent donc leur origine en Afrique où l'on meurt aussi bien d'épidémie que d'une flèche empoisonnée.

 

L'auteur du célèbre "Chien des Baskerville" met en scène des bêtes monstrueuses capables d'infliger d'effroyables souffrances mortelles. Quand les criminels ne meurent pas, ils sont vitriolés.

 

La morale est sauve, et Sherlock Holmes toujours vainqueur pour la plus grande joie du lecteur.

Source : Librairie Générale Française (LGF)

Au sommaire :
- La Pierre de Mazarin
- Le Problème du pont de Thor
- L'Homme qui grimpait
- Le Vampire du Sussex
- Les Trois Garrideb
- L'Illustre client
- Les Trois pignons
- Le Soldat blanchi
- La Crinière du lion
- Le Marchand de couleur retiré des affaires
- La Pensionnaire voilée
- L'Aventure de Shoscombe Old Place.

 

Critique : 

Bien que ce recueil-ci ne soit pas aussi "bon" que les autres, il y a des aventures qui valent le détour tant la roublardise, la méchanceté, le sadisme de certains est poussé.

 

Je pense notamment à celle qui meurt dans "Le Problème du pont de Thor"... Non mais, fallait être retorse ! C'est aussi dans cette aventure que Holmes se montrera très rude avec Neil Gibson (dont la gouvernante est accusée du meurtre de sa femme) montrant ainsi son aversion envers les riches et les puissants... Et il avait raison, ce Gibson me sortait par tout les trous.

 

Fallait y penser aussi, à une histoire pareille dans "Les Trois Garrideb". Il y en a qui on de ces idées ! Autre chose, Watson se fait blesser et nous avons la preuve qu'il y a un coeur qui bat sous la carapace d'insensibilité de Holmes. Il a eu peur pour son ami. Oui, il a beau cacher ses sentiments, il a de l'amitié et de l'estime pour son ami.

 

Roublardise aussi dans "Le Marchand de couleur retiré des affaires" dont un protagoniste s'est cru plus malin que Holmes... Pas de chance pour lui, Holmes est le meilleur détective au monde ! (avec Patrick Kenzie et Angela Gennaro)

 

Holmes se voit chargé par le Premier ministre de retrouver la pierre de Mazarin, l'un des joyaux de la Couronne dans "La Pierre de Mazarin". Cette aventure est relatée à la troisième personne, tout comme "Son Dernier Coup d'Archet" (mais là, on pouvait comprendre).

"L'Homme qui grimpait" ne restera pas dans mes annales, mais on peut dire que "science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Une fois encore, le comportement bizarre du chien éveille les soupçons de Holmes. Un chien qui attaque son propre maître doit avoir ses raisons.


"Le Vampire du Sussex" pourrait nous faire croire à un déménagement du comte Dracula, mais il n'en est rien. C'est assez retors comme histoire, les apparences sont trompeuses et le coupable n'est pas toujours si coupable que ça. Le criminel est lui aussi, inhabituel. J'aime bien cette histoire, déjà son nom me fait rêver... Sussex... vous ne voyez pas ? SuceSex... Un dessin peut-être ?


"L'Illustre client" commence aux bains Turcs, mais sans personne qui sifflote "Tea for two, And two for tea, Just me for you, And you for me" et pas de Big Moustache non plus.

 

Là, quand une femme est amoureuse, on peut la mettre en garde et tout ce qu'on veut, rien ne la fera changer d'avis ! Un épisode de vengeance violente aussi parce que une femme bafouée, ça devient violent.


"Les Trois pignons" pourrait sembler banale, comme affaire. Pourtant, ce n'est pas banal ni courant que l'on vous offre une somme disproportionnée pour acheter votre maison avec TOUT ce qu'elle contient ! N'espérez pas emporter un string ou un slip, vous ne pourrez sortir avec rien. Et on a pas l'air d'accord que Holmes vienne mettre son grain de sel.


"Le Soldat blanchi" et "La Crinière du lion" sont des aventures spéciales pour deux raisons : la première, c'est que c'est Holmes qui en est le narrateur. La seconde, elle concerne les coupables... Mais je n'en dirai pas plus.

"La Pensionnaire voilée" est assez étrange, mais le récit fera froid dans le dos de Holmes et Watson. Une sombre histoire de vengeance, elles ont toujours la cote, celles-là !


Il fallait avoir diablement avoir besoin d'argent pour en arriver à ces extrémités là. Faire tout cela uniquement dans le seul but de gagner un peu de temps afin d'avoir son cheval engagé dans la course ! Ben oui, c'est ce qui fait toute l'horreur de "L'Aventure de Shoscombe Old Place".

 

Ce recueil n'est pas au top de mes préférences, mais il y a de très bonnes histoires à l'intérieur, on apprend aussi quelques petits détails sur Holmes, mais moins que dans "Les souvenirs de Sherlock Holmes" (ou " Mémoires") qui avait beaucoup de scènes se passant au 221b et une foule de détails sur mon détective préféré.

 

Challenges "Thrillers et polars" de Liliba, "Sherlock Holmes" de Lavinia sur Livraddict, "I Love London" de Maggie et Titine, "Le mois anglais" chez Titine et le challenge "Victorien" chez Arieste.

 

 

 

Titre : La vallée de la peur
 
Edition : Le Livre de Poche (1964)


Résumé :

Sherlock Holmes vient à peine de déchiffrer un message codé le prévenant qu'un certain Douglas de Birlstone Manor House, est en grave danger, qu'il apprend par l'inspecteur MacDonald de Scotland Yard que Douglas vient d'être affreusement assassiné.


Par le signataire du message, Sherlock Holmes sait que derrière cette affaire se trouve son ennemi juré : le professeur Moriarty, criminel génial et machiavélique. Accompagné de son fidèle Watson, Holmes se précipite à Birlstone...

 

Rempli d'intrigues et d'action, La Vallée de la peur, où l'on voit Sherlock Holmes se mesurer avec Moriatry adversaire en tous points à sa taille, est sans doute le meilleur roman de Conan Doyle.

 

Critique : EN COURS !

"La vallée de la peur" ou comment justifier, presque vingt ans après, l'existence du Tout Grand Méchant qu'on avait sorti un jour de son chapeau !

 

Là, tout de suite, je vais plus vous parler des coulisses de ce livre que d'autre chose, les autres crtitiques étant là pour vous aider à vous faire votre propre avis (sinon, lisez-le et faites-vous vraiment votre propre avis).

 

Petit retour en arrière : lorsque Conan Doyle en eu plus que marre de ce détective qui lui pourrissait la vie (lui qui ne rêvait que d'écrire des romans historiques), il décida de le tuer.

 

Oui, mais, problème : il fallait un Méchant à la hauteur du détective, pas un minable voyou des rues. Il fallait un final digne du héros qui lui avait fait gagner assez d'argent que pour se déplacer en fiacre s'il le voulait. Un écrivain qui vivait de sa plume, c'était assez rare à l'époque.

 

Que fit-il ? Un truc d'auteur : il inventa Le Grand Méchant Napoléon Du Crime Orgnanisé De Londres. Un mec qui régnait en maître sur la pègre de la City, mais le faisait tout en se cachant derrière son métier de professeur de mathématiques. Un type tellement bien camouflé que personne n'avait entendu parler de lui, sauf Holmes.

 

La preuve ? Watson ne savait même pas qu'il existait ! Noir sur blanc dans "Le dernier problème".

 

Bref, Conan Doyle met tout ça en place et se débarasse de l'encombrant détective en le faisant tomber lors d'un combat au corps à corps dans les chutes de Reichanbach. Fin de l'histoire.

 

"The Adventure of the Final Problem" fut publié en décembre 1893 dans "The Strand Magazine"... Mauvais Noël que pour ses nombreux fans puisque certains portèrent même un brassard noir (et dans les hautes sphères).

 

Cédant juste un peu à la pression, de août 1901 à mai 1902, Conan Doyle fit publier "The Hound of the Baskervilles", toujours dans "The Strand Magazine".

 

Conan Doyle s'en tira avec une pirouette en faisant dire à Watson qu'il publiait une enquête jamais encore publiée (sans faire revenir Holmes à la vie puisque publiée du vivant du détective, mais avec un temps de retard).

 

Il pensa même ne pas faire intervenir son diable de détective, mais lui donna tout de même un petit rôle... Voilà pourquoi Holmes est si peu présent dans ce roman là.

 

En septembre 1903, dans le "Collier's Weekly" paraît le retour tant espéré de Holmes : "The Adventure of the Empty House". Et c'est reparti pour un tour pour le plaisir de tous.

 

Et puis, un jour, Conan Doyle, voulant sans doute donner un peu plus de légitimité à Moriarty, le Grand Méchant dont personne n'avait entendu parler, décide de le faire intervenir dans une enquête de Sherlock, censée se passer bien avant le Grand Hiatus (hiatus = période entre sa fausse mort, le 4 mai 1891 et son retour en 1894).

 

Voici donc "The Valley of Fear" (La vallée de la peur) publié entre  september 1914 et mai 1915 dans "The Strand Magazine". 21 ans après la publication où Holmes parlait de Moriarty !

 

Tout s'éclaire-t-il donc ? Le Grand Méchant est légitimé ? Que nenni ! Ça ne résoud rien, que du contraire, cela soulève encore plus de questions.

 

Dont une importante : dans "Le dernier problème" (qui est censé se passer APRÈS "La vallée de la peur" - même si publié avant), Watson ne connaît pas du tout Moriarty !

 

Extrait "Le dernier problème" :

– Vous n’avez probablement jamais entendu parler du Pr Moriarty ?

– Jamais ! dis-je.

– C’est bien là ce qu’il y a de merveilleux et de génial chez cet homme ! s’écria-t-il. Il règne sur Londres et personne n’a entendu parler de lui. C’est ce qui fait de lui le criminel des criminels. Je n’hésite pas à vous déclarer, Watson, en toute sincérité, que, si je pouvais réduire ce

Moriarty à l’impuissance et délivrer de lui la société, je considérerais que ma carrière a atteint son apogée et que je serais tout prêt à adopter un genre de vie plus calme. [...]

 

Hors, dans "La vallée de la peur", publiée APRÈS "Le dernier problème" mais se passant AVANT, Watson connaît Moriarty !

 

Extrait "La vallée de la peur" :

– Vous m’avez entendu parler du professeur Moriarty ?

– Le célèbre criminel scientifique, qui est aussi connu des chevaliers d'industrie…

– Vous allez me faire rougir, Watson ! murmura Holmes d'un ton désapprobateur.

– J'allais dire : « Qu'il est inconnu du grand public. »

 

Imaginez mon trouble, mon désaroi, lorsque étant gosse (j'avais 14 ans) je découvris le canon holmésien et que je tombai sur une erreur de logique pareille : un coup il le connait, un coup il ne le connaît pas du tout !

 

Ce serait correct si "la vallée de la peur" avait été publiée avant "le dernier problème" (puisque Moriarty meurt) et que dans la "Vallée" Watson ne sache pas de qui on parle et que la seconde fois que Holmes cite Moriarty, il sache de qui on cause. Pas le contraire !

 

Et comme Moriarty était mort dans les chutes et que "la vallée de la peur" se passait AVANT leur face-à-face mortel, j'y ai perdu mon latin.

 

Watson avait-il des troubles de mémoire ou bien l'auteur avait-il fumé un truc pas net ? Voilà ce qui donne des cheveux blancs aux holmésiens... Conan Doyle avait sans doute envie que l'on s'arrache les cheveux sur cette erreur de logique, 100 ans après sa mort.

 

Et le livre, qu'est-ce que j'en ai pensé ? Ben, c'est pas mon préféré...

 

Bon, on cause de Moriarty mais il n'apparaît pas ! Remboursez ! Sherlock Holmes enquête sur le meurtre d'un nommé Douglas, et c'est un homme qu'il suppose faire partie de la bande de Moriarty qui l'a renseigné, mais de Moriarty, même pas l'ombre d'un poil de ses gambettes !

 

La solution du meurtre, elle est révélée à la fin de la première partie... pourquoi donc s'esquinter à lire la suite qui n'a pas vraiment d'intérêt ?

 

C'est comme dans "Une étude en rouge" et "Le signe des quatre", il y a une histoire dans l'histoire, mais si les deux autres étaient intéressantes, là, bof, mitigée.

 

La seconde partie aux Etats-unis, dans une vallée minière style trou du cul du monde, où les forces de l'ordre jouent à réglements de compte à O.K Corral avec une bande de malfrats, version société secrète "imitation maçonnique" mais en eux, ils sont gore.

 

Ça nous éclaire sur le passé du quidam, mais c'est assez lourd. Alors que je n'ai jamais ressenti cet ennui dans "Une étude en rouge" ou "La signe des quatre". Là, l'auteur aurait pu trancher un peu et limiter la seconde partie.

 

Holmes est peu présent dans le roman. On le voit, lui et Watson uniquement dans la première partie et dans l'épilogue...

 

Mention minimale de Moriarty dans l'épilogue : on le soupçone d'être l'expert du crime qui joue les nettoyeurs pour l'organisation américaine, mais rien n'est prouvé...

 

Bref, ce roman aurait pu se contenter d'avoir la taille d'un nouvelle avec deux fois plus de page qu'une autre, mais un format "roman", il y a trop de temps mort que le plus petit retournement de situation vous fait sursauter.

 

Et puis, quel affrontement avec Moriarty ??

 

Challenges "Thrillers et polars" de Liliba, "Sherlock Holmes" de Lavinia sur Livraddict, "I Love London" de Maggie et Titine, "Le mois anglais" chez Titine et le challenge "Victorien" chez Arieste.

 

 

 

 

Titre : Sherlock Holmes, tome 2
 
Edition : Robert Laffont (1998)


Résumé :

Les brumes de Londres, les landes désolées... autant de décors inquiétants qui hantent les enquêtes de Holmes, toujours épaulé -même s'il le nie- par le fidèle Dr Watson.

 

Dans "Le Chien des Baskerville", son aventure la plus célèbre, il résout de manière élégante et rationnelle une énigme où affleurent des accents de fantastique. La lande de Dartmoor ne sera plus jamais la même...


Malgré les efforts de son géniteur pour le faire disparaître -précipité dans les chutes de Reichenbach- Sherlock Holmes ressuscite dans "La Maison vide", puis sort de sa retraite pour nous faire profiter de "Son dernier coup d'archet". Jusqu'à la prochaine fois...

Cette édition comporte :
- La vallée de la peur : roman
- Le chien des Baskerville : roman

Les archives de Sherlock Holmes :
- L'illustre client
- Le soldat blanchi
- La pierre de Mazarin
- Le vampire du Sussex
- Les trois pignons
- Les trois Garrideb
- Le problème du pont de Thor
- L'homme qui grimpait
- La crinière du lion
- La pensionnaire voilée
- L'aventure de Shoscombe Old Place
- Le marchand de couleurs retiré des affaires

Son dernier coup d'archet :
- L'aventure de Wisteria Lodge
- La boîte en carton
- L'aventure du cercle rouge
- Les plans du Bruce-Partington
- L'aventure du détective agonisant
- La disparition de lady Frances Carfax
- L'aventure du pied du diable
- Son dernier coup d'archet

Les exploits de Sherlock Holmes (Adrian Conan Doyle & Dickson Carr) :
- L'aventure des sept horloges
- L'aventure du chasseur d'or
- L'aventure des joueurs en cire
- L'aventure du miracle de Highgate
- L'aventure du sombre baronet
- L'aventure de la chambre hermétiquement close
- L'aventure de Foulkes Rath
- L'aventure du rubis d'Abbas
- L'aventure des anges noirs
- L'aventure des deux femmes
- L'aventure de l'horreur de Deptford
- L'aventure de la veuve rouge

Pièces de théâtre :
- Le diamant de la couronne (en un acte)
- Sherlock Holmes (en 5 actes)

Documents :
- La kermesse sportive
- Comment Watson apprit le truc
- Avec Sherlock Holmes, sujet pour une nouvelle non écrite
- La véritable histoire de Sherlock Holmes (de Francis Lacassin)
- Les quatorze enquêtes préférées de l'auteur
- Bibliographie de Sherlock Holmes

 

Critique :

C'est lors d'une de mes descentes en bouquineries (endroits de perdition pour quelqu'un tel que moi) que je suis tombée sur ce recueil "Sherlock Holmes" de Conan Doyle.

 

Le prenant en main avec tendresse, mon oeil amoureux se posa sur la couverture afin de lire - juste pour le plaisir - son contenu.

 

Premier sursaut en voyant que "Les exploits de Sherlock Holmes" écrits par Adrian Conan Doyle (le fils du père) et J. Dickson Carr étaient compilés sous le nom du père !

 

Grosse erreur ! Ils n'ont rien à faire là, même s'ils sont très bons. Le recueil est au nom du père, pas du fils ! Et encore moins du saint-esprit.

 

Aucune indication lorsque nous abordons la lecture des "Exploits" pour nous signaler que c'est l'oeuvre du fiston et pas du paternel...  Seuls les connaisseurs rectifieront, les autres l'incluront dans l'oeuvre canonique, faisant une énorme erreur.

 

Les éditions Laffont ne sont pas réputées pour son sérieux en matière de traduction et de compilation... Ceci explique sans doute cela (les éditions "Le Masque" firent pire dans leurs recueils sur Sherlock Holmes).

 

Pourquoi l'avoir acheté, alors, puisque je possède toute l'oeuvre holmésienne de Conan Doyle, père (et fils), et que celle-ci n'est pas tout à fait correcte ? Le plaisir du doublon ?

 

Non, tout simplement pour les bonus ! Il y a deux pièces de théâtre inclues dans le recueil :

 

La première est "Le diamant de la couronne" et ressemble fortement à l'aventure canonique "La pierre de mazarin".

 

La seconde est celle qui a mit le feu à mon esprit.

 

Intitulée "Sherlock Holmes", pièce en cinq actes et six tableaux, signée par Arthur Conan Doyle et aussi par l'acteur qui joua le rôle du détective au théâtre : William Gilette (un Holmes au poil, si je puis me permettre ce jeu de mot foireux).

 

- Yeeeessss !! m'écriai-je dans la bouquinerie.

 

Serait-ce CETTE pièce de théâtre dans laquelle Gilette, acteur américain et auteur dramatique, prit une part prépondérante et fit une demande un peu spéciale à Conan Doyle ? 

 

"Mais qu'est-ce qu'elle avait donc de spécial, cette pièce dont je vous parle?" vous demandez-vous.

 

Qu'est-ce qui a bien pu me faire frémir dans un bouquinerie alors que je crevais de chaud sous ma veste ? Qu'est-ce que j'espérais comme pièce de théâtre ? Quels souvenirs sont revenus à la surface ?

 

Je vous l'explique...

 

Ce qui m'a fait frémir et m'a donné des étoiles dans les yeux, c'est que je me suis souvenue de la pièce de théâtre dans laquelle Gilette, ayant envisagé de "marier" Holmes, écrivit donc à Conan Doyle pour savoir s'il pouvait le faire.

 

Conan Doyle, en plein rejet de son personnage, lui télégraphia : "Vous pouvez le marier, l'assassiner ou en faire ce que vous voudrez".

 

William Gilette renonça à marier Holmes... Dommage !

 

Voilà donc la cause de mon émoi devant cette possible concordance entre la pièce dans le recueil et celle jouée par Gilette (le rôle du groom Billy était tenu par un gamin de 14 ans : Charlie Chaplin ! Oui, LE Chaplin).

 

Mon âme "fleur bleue" n'a pu résister à cet achat et puis, une collection, c'est une collection !

 

Alors, est-ce bien elle ? Sont-elles les mêmes ? Je ne le sais pas avec certitude. Celle du recueil a 5 actes, l'autre en possédait 4... C'est la seule différence !

 

Dans cette pièce que je viens de lire, Holmes tombe tout de même amoureux d'une femme (je précise pour les yaoistes qui me liraient et espéreraient un mâle).

 

Rien que pour lire cela, le jeu en valait la chandelle.

 

Hormis le coup de foudre de Holmes, la pièce reprend une grande partie du canon holmésien.

 

Le pitch ? Nous avons une jeune femme qui est tombée amoureuse d'un homme issu d'une famille princière et qui, pas de chance, s'est vue laissé choir comme une vieille chaussette par son amoureux sous prétexte qu'elle n'était pas issue de la noblesse.

 

Non, ce n'est pas une célèbre cantatrice prénommée Irène Adler (voir "Un scandale en Bohème" - SCAN en abrégé).

 

La grande différence avec SCAN, c'est que l'amoureuse éconduite avait un polichinelle princier dans le tiroir et qu'il est mort avec sa pauvre mère.

 

C'est donc sa soeur, Alice, qui a récupéré les lettres d'amour compromettantes que le prince avait envoyées, les photos et tout le tralala.

 

A qui fait-on appel dans ce genre de situation pour récupérer un paquet de lettres sirupeusement compromettantes ? A Sherlock Holmes !

 

Pour découvrir la cachette des lettres, la méthode "allumer le feu" marche toujours autant.

 

Par contre, la jeune fille semble sous séquestre chez deux personnes peu recommandable... Si elle veut la vengeance, eux veulent le pognon du chantage princier !

 

Holmes va devoir jouer serré et bien négocier l'affaire afin d'honorer son contrat avec ses employeurs...

 

Mais, mais... Que lis-je ? Monsieur Holmes qui avoue à son fidèle Watson qu'il n'a pas été insensible au charme de la demoiselle.

 

Là, c'est du coup de foudre, vu le peu de temps qu'il l'a vue. Un peu rapide mais la pièce ne fait que 5 actes et pas 5 volumes !

 

Je sais, un peu trop rapide, mais je m'en voudrais de bouder mon plaisir, j'ai tellement rêvé de lire une chose pareille dans un livre !! Alors zut, je déguste.

 

Dans cette pièce et en vrac, nous avons aussi Moriarty dans le rôle du Grand Méchant, des méchants secondaires, le rituel de la seringue de cocaïne ("Le signe des quatre"), une allusion à l'affaire de Lauriston Gardens ("Une étude en rouge"), les déductions sur la montre de Watson ("Le signe des quatre"), des déductions tout court, des pièges, de l'amour avec un grand A et un Holmes qui demandera sûrement à son Alice de l'emmener au Pays des Merveilles...

 

Ah, oups, désolé, mais de "ces choses là", on ne nous le dira pas, même si on sait avec assurance qu'ils se marieront sans aucun doute, ses penchants étant partagés par la demoiselle...

 

Bref, un bon moment de lecture et l'impression de m'être transformée, le temps de la lecture, en midinette de 14 ans.

 


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