1. Comanche : Herman et Greg

Comanche :

 

Comanche est une série de bande dessinée créée par Greg (scénario) et Hermann (dessin). Le dessin a été repris par Michel Rouge à partir du tome 11, et le scénario par Rodolphe au tome 15.

 

La série Comanche garde son esprit originel avec le tandem créateur jusqu'au tome 10. Elle évolue ensuite à partir du tome 11. Le tome 15 est le dernier de la série.

 

Synopsis :

Comanche est une jeune propriétaire terrienne du Wyoming. Avec le vieux Ten Gallons, elle fait péniblement survivre le ranch 666 que lui a légué son père.

 

Un jour, venu de nulle part, surgit un certain Red Dust. Subjuguée par la force tranquille de cet inconnu, Comanche lui confie le poste de contremaître.

 

Pour affronter l'adversité et les convoitises, celui-ci recrute des associés.

 

Leur véritable personnalité se précisera au fil des épisodes mouvementés de ce western qui se déroule au XIXème siècle.

 

 

Les personnages :

  • Comanche : jeune femme déterminée, propriétaire du ranch 666. Elle s'embourgeoise au fil de la série, représentant par là même la civilisation en marche.
  • Red Dust : cow-boy solitaire, devenu contremaître du 666. Redoutable pistolero avec un passé trouble au début de la série, il perd peu à peu ce statut de virtuose de la gâchette.
  • Clem dit "Cheveux Fous" : jeune vacher impulsif, il agit d’abord et réfléchit après. Lui aussi, au fil de la série, rentre dans le rang et devient un des cadres du 666.
  • Toby dit "Face Sombre" : ancien esclave, employé au 666, c’est le meilleur ami de Clem. C'est l'alter ego de Red Dust au sein du ranch 666 ; il endossera d'ailleurs le rôle de contremaître au départ de celui-ci.
  • Tache de Lune : jeune guerrier Cheyenne, recueilli au 666 par Dust. Combattant robuste, agile et taciturne, il se réfugie chez les "hommes blancs" pour ne pas avoir à choisir son camp dans la lutte qui oppose ses deux frères pour la succession de Trois-Bâtons, le chef de la tribu, et conservera une indéfectible loyauté envers Dust et Comanche par la suite.
  • Ten Gallons : ce vieux bougon se rapproche le plus d'un père pour Comanche. Contremaître "honorifique" du 666.
  • Wallace : au retour de Dust à Greenstone Falls, il occupe le poste de shérif. Il sera à l'origine de la rédemption de Red Dust, et leurs relations s'apparenteront souvent à celle d'un père et d'un fils.
  • Doc Wetchin : vétérinaire alcoolique de Greenstone Falls, il est impliqué dans plusieurs coups tordus, cherchant à nuire au ranch 666. Il quittera ensuite la ville avec une autre grande crapule de la série, Russ Dobbs.
  • Russ Dobbs : chef du clan des frères Dobbs, il représente le mal absolu. Présent dans seulement deux albums, il joue néanmoins un rôle prépondérant dans le destin de Red Dust, et donc dans l'évolution de la série.
  • Sid Bullock, la Comtesse, Bombardier Cavendish : respectivement cocher, tenancière de saloon et artiste de foire, ils partagent, outre leur amitié pour Dust, une certaine gouaille et un physique... généreux, ce qui contribue à faire de Comanche une série attachante.
  • Palomino : cheval de Red Dust, cet étalon était fait pour rencontrer "le meilleur cavalier", aux dires de Ten Gallons, qui l'a capturé.

 

Albums :

  1. Red Dust (1972)
  2. Les Guerriers du désespoir (1973)
  3. Les Loups du Wyoming (1974)
  4. Le ciel est rouge sur Laramie (1975)
  5. Le Désert sans lumière (1976)
  6. Furie rebelle (1976)
  7. Le Doigt du diable (1977)
  8. Les Shériffs (1980)
  9. Et le diable hurla de joie… (1981)
  10. Le Corps d’Algernon Brown (1983)
  11. Les Fauves (1990)
  12. Le Dollar à trois faces (1992)
  13. Le Carnaval sauvage (1995)
  14. Les Cavaliers du rio perdu (1997)
  15. Red Dust express (2002)

 

 

 

Petite histoire de la série :

 

Lorsque Comanche apparut dans le journal Tintin vers la fin 1969, on compara tout de suite ce western aux deux séries réalistes qui cartonnaient à l’époque : Blueberry (Pilote) et Jerry Spring (Spirou).

 

Il était difficile pour le duo Greg-Hermann de se démarquer, sans que les critiques ne les accusent de s’être inspirés, voire d’avoir copié ces chef-d’oeuvres de la BD.

 

C’est vrai que dans le Journal Tintin, il ne paraissait que Chick Bill, une série humoristique (elle aussi scénarisée à ses début par Greg, puis par Duchâteau).

L’univers de la série est à mettre à l’actif de Greg. Hermann ne participa pas à l’écriture du scénario, à l’exception de l’une ou l’autre suggestion. Il se défoula en créant un graphisme nerveux, âpre et violent.

 

Afin de se différencier de l’univers déjà exploité dans Blueberry et Jerry Spring, le point d’ancrage de l’histoire est un ranch situé dans le Wyoming.

 

Le personnage principal est cette fois un cow-boy, un vrai, et non un marshall ou un soldat.

 

Pourtant, c’est la patronne du ranch, le bien nommé Triple-Six (le nombre du Diable), qui donne son nom à la série, Comanche.

 

Hermann retrace un Far West violent, brutal. Grâce à son dessin, il arrive à reproduire les tensions entre les personnages et à développer une galerie de portraits typiques de son univers : des personnages tout en sueur, laids, vils et veules, des gueules cassées, etc.

C’est avec "Les loups du Wyoming", "Le ciel et rouge sur Laramie" et "Le désert sans lumière" que le duo Greg Hermann s’impose comme incontournable dans la production de la BD réaliste.
 
C’est là aussi que Hermann jette les bases de ce que sera plus tard Jeremiah.
 
Alors que, dans "Le ciel est rouge sur Laramie", Greg décrit une scène de règlement de comptes somme toute classique, Hermann va pour la première fois véritablement suggérer à son scénariste de prendre un réel risque pour une BD dite de type classique.
 
L’histoire raconte les crimes des frères Dobbs, voleurs peu scrupuleux, qui écument la région.
 
Greg avait imaginé un final où le dernier des Dobbs, le pire de la bande, se battait en duel avec Dust, dans une rue de la ville.

Mais Hermann, dont le style (et la vision des choses) évoluait vers une âpreté inégalée en BD à cette époque, avait suggéré que Dobbs soit désarmé et que, en sous-vêtements, il se fasse abattre froidement par Dust pour s’écrouler au milieu des détritus. Cela fit scandale et la série ne fut plus publiée dans le journal Tintin.
 
Bien sûr, aujourd’hui, cette scène semble banale car tant en BD qu’au cinéma, on a vu bien pire depuis. La série elle-même est devenue un classique.
 
Pourtant, en son temps, elle fit l’effet d’une bombe et Hermann fut montré du doigt comme un auteur réactionnaire et indéfendable.


Pour celui qui y jetait un œil plus attentif, il constatait que Hermann se démarquait de plus en plus de la BD classique, de la conception traditionnelle du Western avec son gentil héros et de Greg lui-même.

 

Le cinéma de Peckinpah, d’Altman avait laissé des traces indélébiles dans son esprit et plus jamais il n’accepta de voir le Western comme la BD le voyait à l’époque. Comme celui défendu dans les films de John Wayne.

 

C’est à ce moment qu’il commença à se fatiguer de la série et que les prémisses de Jeremiah germèrent dans son esprit.

 

Le dernier Comanche en fut par ailleurs l’illustration : il truffa l’album d’anachronismes amusants visant à tourner en ridicule le récit dans l'album "Le corps d’Algernon Brown".

 

Red Dust se retrouve toujours dans des situations périlleuses. C’est l’essence même de ses aventures.

 

Malgré tout, on peut se demander si des passages n’ont pas été assez exploités au détriment de l’aventure. Rien n’est développé ou explicité sur son jugement ou sa condamnation. Et sa peine sera remise, semblant souligner que les autorités admettent qu’il ne la méritait pas.

 

Une fois de plus c’est Comanche qui réussit à sortir Red Dust de son bagne.

 

Greg voulait montrer un homme cassé, qui avait perdu foi en lui. Mais, une fois de plus l’aventure reprend ses droits, car le shérif lui demande de l’aide pour "nettoyer" la ville et il le nomme adjoint. Cette fois, ce sera Comanche qui tuera le méchant de service, Marlowe, mais ne sera pas condamnée.

C’est bien fini le "Greenstone Falls" des débuts où l’insécurité régnait et le plus fort faisait la loi. Le temps et la raison l’ont emporté.

 

Le Ranch va changer dans "Le désert sans lumière" tout comme le statut des membres de l’équipe. Le progrès frappe aux portes et avec lui son cortège de nouvelles habitudes, de nouveaux comportements.

 

Il y a les règles du savoir-vivre. Red Dust aura de la peine à s’y contraindre. C’est pour cela qu’il partira dans le Montana : on va élire un gouverneur à Greenstone Falls et le Montana n’a pas encore de gouverneur.

 

De savoir que Greenstone Falls aura des rues éclairées, des transports publics, Red Dust prend la poudre d’escampette. Il le dit : "Pense à l’ours qui fuyait toujours plus loin chaque fois qu’il voyait dresser une clôture de trop. Surtout les clôtures de luxe, celle qu’on peint en rose".

 

Lorsque Red Dust reviendra à Greenstone Falls, il va étrangement s’acclimater. Le sujet tournera autour d’un vendeur d’assurance ("Et le diable hurla de joie…").

 

On est bien loin du début de Comanche. Red Dust ne montre plus un malaise dans ce monde bourgeois et civilisé. C’est la fin d’une époque ; la fin de Comanche aussi en tant que série dessinée par Hermann : dans "Le corps d’Algernon Brown" on peut se demander si Red Dust va à l’agence Pinkerton pour avoir des informations ou s’il désire devenir lui-même un détective.

 

Il est devenu civilisé, se rase, s’endimanche et joue les détectives de salon. Même dans les dessins de Hermann, on ne retrouve plus la violence et l’âpreté des débuts.

 

Il est intéressant de penser que ce qui pousse Red Dust à s’accommoder de cette nouvelle vie, c’est l’amour qu’il voue à Comanche. Car cette dévotion est impossible. Il le sait mais continue à vouloir y croire. Il fait mine de changer afin de pouvoir rester auprès d’elle alors qu’il sait très bien qu’elle ne reviendra jamais sur sa décision.

 

Par un effet de miroir ironique, à l’image des efforts de Red Dust pour séduire la patronne du Triple-Six, Greg tentait alors de convaincre Hermann de revenir sur sa décision de dessiner là son dernier album de Comanche.

Hermann s’était lancé depuis quelques temps dans des projets personnels. Il avait créé Jeremiah et Greg avait voulu abandonner Bernard Prince.

 

Quant à Comanche, Hermann s’était déjà ennuyé à dessiner "Furie rebelle". Cette histoire ne lui plaisait pas du tout. Par la suite, il accepta de continuer à dessiner cette série, mais avec de moins en moins d’appétit.

 

Non seulement il commençait à connaître les ficelles des scénarios de Greg, mais il venait de se lancer dans sa propre production de BD en tant qu’auteur à part entière. Alors qu’il vole déjà de ses propres ailes, "Le corps d’Algernon Brown" en fit les frais.

Comanche reste une série réaliste classique qui ne devait pas révolutionner le genre ; on a vu que ce ne fut pas le cas.

 

Greg était un narrateur avant tout qui ne s’encombrait pas outre mesure de la psychologie et de la personnalité des personnages. En cela, Comanche reste une série tout publics. Tout pour l’aventure.

 

C’est une série qui débute au moment de l’âge d’or de la BD franco-belge et de celui de Greg : celui-ci avait une dynamique et une efficacité qui lui étaient propres.

 

Toutefois, à mesure que Hermann évoluait, le style trop classique, trop propre sur lui dans ses intentions, le lassait.

 

C’est donc sans état d’âme qu’il quitta la série ainsi que sa collaboration avec Greg ; sans qu’il n’oublie les acquis de Greg : son sens du dialogue, de la construction et sa rigueur.

 

Par la suite, Greg continua la série avec Rouge au dessin.

 

Il y a quelques années, comme pour exorciser son regret de ne pas avoir traité le Western tel qu’il l’entendait sur les scénarios de Greg, Hermann produisit seul un album qui illustrait enfin sa vision du Western, dur, rugueux et sans illusion, en un mot, l’album Western que Greg n’avait pu lui offrir. Ce fut « On a tué Wild Bill. »

Avec le temps, Comanche s’est imposée comme une des séries phare du Western produit de ce côté-ci du Rio Grande, pardon, de l’Atlantique.


Sans remettre en question le talent de Greg, elle le doit en grande partie au graphisme d’Hermann qui, davantage que dans Bernard Prince, y trouva un terrain idéal pour laisser son trait nerveux galoper dans les étendues sans fin de l’Ouest, le vrai !

Alors que l’on recherche parfois des erreurs involontaires du dessinateur, dans "Le corps d’Algernon Brown", on est gâté par la profusion d’anachronismes subtilement, et donc volontairement, glissés par Hermann.

 

Comme il était fatigué de cette série et qu’il ne pouvait pas intervenir sur le scénario, il décida de faire un pied-de-nez à sa manière.

 

Alors qu’il avait déjà procédé à un exercice de style dans "Tonnerre sur Coronado" (Bernard Prince) où Barney Jordan allait garder son oreiller durant une bonne partie de l’aventure, il se lâcha complètement et marqua ainsi son ras-le-bol et sa lassitude de ce type de western :  ici, il dessina un touriste japonais muni d’un appareil photo, là, un appareil téléphonique ou encore des prises électriques ainsi qu’une enseigne  "Toyota".

 

Greg n’apprécia que modérément la plaisanterie. Ces "frasques" marquèrent la fin de leur collaboration.

 

Hermann avait évolué et se sentait à l’étroit dans cette série. Il allait néanmoins encore dessiner deux pages pour des spécial Tintin.

 

Lors de sa prépublication dans le Journal Tintin, "Le ciel est rouge sur Laramie" fut présenté sous forme de chapitres (ce fut aussi le cas pour "Les Loups du Wyoming").

 

Greg eut alors l’idée, plutôt que de proposer avant chaque chapitre un résumé des épisodes précédents, de demander à Hermann de dessiner une planche surnuméraire en guise de transition entre lesdits chapitres.

 

Il y eut ainsi cinq planches qui ne furent publiées que dans le Journal Tintin car, redondantes, elles n’avaient pas leur place dans l’album.

 

 

 

 

Titre : Comanche - Tome 1 - Red Dust

 

Scénariste : Hermann
Dessinateur : Greg  


Édition : Le Lombard (1972)

Résumé :

Red Dust est un cow-boy. Tout ce qu'il y a de plus cow-boy, dans le sens hollywoodien du terme. Il porte un stetson, des bottes, un gilet, deux colts et une carabine.


Ne lui manque que le cheval au début de cet album.

Du coup, pour éviter de se déplacer à pied, il est obligé d'arrêter une diligence, dont l'occupant irascible va comprendre à ses dépens que Red Dust est une fine gâchette.

Arrivé à Greenstone Falls, Dust est pris pour quelqu'un d'autre et comprend très vite qu'un certain Cathrell recrute des as du pistolet, pour se débarrasser du gérant d'un ranch qui refuse de vendre à un mystérieux acheteur.


Le gérant est d'ailleurs une femme, qui répond au nom de Comanche, et qui n'entend pas se faire chasser de ses terres. Red Dust, agacé par les manières de Cathrell, décide d'aider la jeune femme à résister...
 

Critique : 

Oubliez vos bons vieux albums de Lucky Luke où les bons gagnent toujours, où les méchants sont châtiés, le tout sans trop de violence, ou du moins, elle est soft...

 

Ici, la violence règne et les coups bas sont permis. Les despérados ont une autre étoffe que les cousins Dalton et leur route est semée de cadavres.

 

Même la ville est remplie de scélérats, de vendus  et la diligence ne fait plus qu'amener des tueurs à gage pour dézinguer la proprio du 666...

 

Le 666 ?? Oui, une jeune surnommée "Comanche" a hérité d'un ranch et rien ne fonctionne. Normal, déjà elle est seule avec le vieux Ten Gallons pour l'administrer, elle n'a pas de vaches et elle a l'impression que certains voudraient la voir déguerpir ?

 

Pourquoi ? Telle est la question... Parce que c'est une fille ? Sans doute puisque ses terres ont peu de valeur.

 

Mais un rouquin descendu de la diligence, après avoir descendu le passager, va remettre de l'ordre dans tout cela !

 

Mélange de western, d'enquête policière (on a une mort suspecte), de magouilles politiques et d'argent, cet album n'est pas vraiment pour les enfants. Les dessins de Greg sont réalistes, les décors aussi et les scénarios vont devenir de plus en plus violent.

 

Si Comanche est agréable, Red Dust, le rouquin, cache un lourd passé et ses compétences aux six-coups (double gaine) n'est pas due à la pratique du tir au pigeon d'argile. Ten Gallon est un vieux sympathique, un peu bougon, mais délicieux.

 

Quand aux futures recrues "Tenderfoot" le jeune blondinet et Toby "Face Sombre" le Noir, c'est une belle paire d'amis aussi dissemblables l'un de l'autre.

 

Ceux qui ont vu "Il était une fois dans l'Ouest" ou le "Bandidas" auront compris pourquoi les terrains du Triple 6 (666) intéresse tant de monde au point que la racaille gangrène la ville. C'est couru d'avance !

 

Même le coupable, je l'avais découvert...

 

Une série à découvrir pour les amateur de western, plus dans la veine des "Blueberry" ou "Durango" que des "Jerry Spring" ou "Lucky Luke".

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.


 

 

 

Titre : Comanche - Tome 2 - Les Guerriers du désespoir


Scénariste : Hermann
Dessinateur : Greg 


Édition : Le Lombard (1973)

Résumé :

C'est au moment où le domaine du Triple 6 se prépare à livrer tout un convoi de bœufs pour les hommes du rail qui travaillent à proximité, que "Cheval Debout" et quelques guerriers Cheyennes viennent revendiquer la viande qui leur fait défaut.

 

Afin d'éviter une effusion de sang dans la région, Comanche et Red Dust décident de rencontrer "Trois Bâtons" le sachem pour négocier une trêve dans leur révolte.

 

A l'issue du grand conseil, il est convenu que sous trois jours, Red Dust doit rencontrer le Commissaire aux Affaires Indiennes à Arrow Creek pour lui faire part de l'état de famine des Cheyennes et revenir avec la nourriture promise par le traité.

 

En cas d'échec, Comanche sera exécutée. Malheureusement, cette mission est l'occasion pour certain de régler les comptes avec le Triple 6 et d'enflammer la région.

Critique : 

Ben voilà, tout va pour le mieux au Triple 6 ! Le chemin de fer avance, Comanche a renfloué ses caisses, les bêtes livrées maigrichonnes se sont remplumées et ils doivent livrer du bétail sur pieds aux travailleurs qui construisent le chemin de fer.

 

Oui, mais, y'a un os... chez les Indiens, on crève la dalle ! Le commissaire aux affaires indiennes s'est fait la belle avec la caisse et les indiens, parqués dans leur réserves de merde où la terre inculte ne leur donnera jamais rien, en sont réduits à sucer leur pouce.

 

Ils ne le suceront pas longtemps, puisque le Triple 6 a du bétail, ils débarquent en force pour leur prendre. Les amis du 666 ont les boules, pour une fois qu'ils s'en sortaient, tu penses !

 

Album rempli de suspense, sur fond de guerres indiennes qui pourraient reprendre et mettre le pays à feu et à sang si Red Dust ne revient pas à temps avec de la boustifaille pour nos indiens, à couteaux tirés entre eux, puisque les deux cadets ne sont pas toujours d'accord avec les décisions prisent par leur aîné, chef de la tribu, le tout sous le regard fatigué du patriarche.

 

Dans cet album, les auteurs ont décidés de montrer toute l'imbécilité de certains Blancs qui pensent qu'un bon indien est un indien mort... mais aussi du machisme des indiens envers les femmes, la colère des plus jeunes qui en ont marre de la résignation des anciens.

 

La fourberie et la vengeance auront pour conséquence de mettre le feu aux poudres... La stupidité et la cupidité humaine sont au centre de cette aventure et nos personnages favoris vont en faire les frais.

 

Dessins et scénarios toujours au top, une dimension tragique en plus. Non, non, pas question de roupiller au Triple 6 !

 

Encore un très bel album de cette série dont je ne me lasse jamais.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.

 

 

 

Titre : Comanche - Tome 3 - Les Loups du Wyoming

 

Scénariste : Hermann
Dessinateur : Greg

 
Édition : Le Lombard (1974)

Résumé :

Septembre et midi sur le Wyoming, une diligence est attaquée par des bandits, les frères Dobbs.

 

A son bord, un révérend et un coffre contenant les fonds de l'Union des éleveurs. Sauvé par les hommes du ranch "Triple-six", le cocher leur explique qu'il servait d'appât aux bandits, les fonds étant transportés par le shérif de Greenstone Falls, un ivrogne notoire.

 

Comanche, comprenant la gravité de la situation, décide d'escorter Pharaon Colorado mais pour cela, il faut le retrouver avant les frères Dobbs.

 

Ils entament donc les recherches par groupe de deux, Red Dust faisant équipe avec le révérend, chose qu'il n'apprécie guère. D'abord opposés, les deux hommes apprennent à s'apprécier.

 

Critique : 

Les frères Dobbs... une fiéffé fratrie d'êtres malfaisants qu'il aurait fallu étouffer dans l'oeuf dès le départ. Bandits vivant dans un petit bois, il faudrait l'armée pour les déloger à coup de canon et le cadet a déjà un casier judiciaire plus long qu'une journée sans lecture.

 

Ils terrorisent la région et plus moyen de faire transiter de l'argent par la dilligence, et à cette époque, Western Union n'était pas encore présent.

 

Alors faut ruser : charger l'argent et ensuite de donner à un cavalier qui n'attire pas l'attention sur lui : Pharaon Colorado, le plus assoiffé alcoolo de tout le Wyoming !

 

Heu, c'était peut-être pas une si bonne idée, tout compte fait... reconnaîtra le conducteur de la dilligence, obligeant Commanche et son personnel, aidé d'un prêcheur au six-coups, à retrouver où Pharaon s'est encore perdu dans sa soulographie.

 

Quant aux frères Dobbs, s'ils sont des abrutis, ce n'est pas le cas de l'aîne qui a tout compris.

 

Récit encore plus violent que les deux précédents, on verra s'affronter les méchants contre les bons, et tout le monde en prendra pour son grade...

 

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Titre : Comanche - Tome 4 - Le Ciel est rouge sur Laramie

 

Scénariste : Hermann
Dessinateur : Greg 


Édition : Le Lombard (1975)

Résumé :

Red Dust est sur la piste de Russ Dobbs comme il l'a promis au prêcheur Braggshaw avant qu'il ne meure.

 

La piste de Dobs est rouge, rouge sang. Les morts sont nombreux.

 

Dust doit impérativement mettre un terme à tout cela et empêcher Dobbs de continuer ce massacre.

Critique : 

C'est une chasse, que dis-je, c'est une traque, une poursuite infernale à lquelle Red Dust va se livrer sur une bête fauve qui faut arrêter avant qu'elle ne commette un massacre de plus... Sauf que le fauve, le prédateur, celui-que-l-on-doit-arrêter, est un être humain.

 

L'aîné des frères Dobs s'est enfui, laissant derrière lui les cadavres fumants ou froids de ses 4 frères, tués par les gars du Triple 6 en ligitime défense et ce bandit sème les maccabés sur sa route.

 

Red s'est juré de l'éliminer et patiemment, remontant sa piste, il lui colle aux basques, sachant que se sera lui ou Dobs qui y laissera sa peau. Il est dit que celui qui cherche vengeance doit creuser deux tombes, une pour son ennemi et une pour lui.

 

Dans une Amérique qui oscille entre grand banditisme, laxisme ou culs-bénis, l'épopée sanglante de Dobs nous fera rencontrer quelques spécimens des plus représentatifs de ce jeune pays qui voulu rayer les anciens habitants afin d'avoir une histoire vierge.

 

Quête éperdue de vengeance, réflexions sur la justice personnelle ou le manque de justice tout court, cet album dans les tons ocres est une manière pour Red Dust de se donner un but, lui qui manie le six-coups aussi bien qu'un bandit de grand-chemin.

 

Ici, les méchants n'ont même pas le quart d'une once pour les racheter et ils sont juste bon à flinguer avant de mettre à la fosse commune ou à laisser leurs os blanchir au soleil.

 

Violent, sanglant, des innocents perdront la vie suite au laxisme de l'armée qui ne régla jamais le compte des frères Dobs...

 

Mais une fois la vengeance accomplie, que reste-t-il ?

 

Une fois de plus, du grand Herman et Greg...

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.

 

 

 

Titre : Comanche - Tome 5 - Le Désert sans lumière


Scénariste : Herman
Dessinateur : Greg


Édition : Le Lombard (1976)

Résumé :

Après avoir purgé vingt mois de détention au bagne à casser du caillou pour avoir tué l'assassin Dobbs, Red Dust rentre chez lui au Triple 6.

 

Diminué physiquement et semble-t-il moralement, il doit se plier aux exigences du shérif local et éviter de faire des vagues sous peine de retourner en prison.

 

A la stupeur de tous ses amis, Red semble se résigner à sa nouvelle vie sans arme. Mais, un nouveau danger menace Greenstone Falls; il s'appelle Shotgun Marlowe.

 

Réputé pour semer la mort partout où il passe, ce fléau vivant va s'abattre sur cette ville qui compte peu de téméraires. Le shérif Wallace réquisitionne de fait Red.

Critique : 

Hé oui, faire justice sois-même et éliminer de la vermine nuisible et malfaisante, ça ne donne pas droit à une médaille ! Red Dust en a fait l'amère expérience après avoir tué l'aîné des frères Dobbs, un assassin qui avait laissé une longue trace de cadavres derrière lui.

 

Mais ses amis ne sont pas restés les bras croisés et on fait des pétitions pour réclamer la libération de Dust. Cela fait déjà 20 mois qu'il casse des cailloux lorsque l'on lui apprend que ses amis ont eu gain de cause : il est libre, mais en conditionnelle !

 

Le voici de retour à Greenstone Falls, au ranch du Triple Six... qui a bien grandi et a engagé du monde.

 

Ce tome va nous plonger en plein dans la déchéance de Red Dust qui, de "dur" est passé à celui de "faible" aux yeux d'une partie de la populace. Il est surveillé de toute part par un jeune flic car au moindre faux pas, à la moindre goutte d'alcool bue, au moindre coup de feu tiré, il repartira au bagne.

 

— Pas de problème avec le libéré sur parole du "Triple-Six", patron. Je lui ai fait sa petite leçon dès la descente du train. Il filera doux, c'est le genre ex-mustang bien maté, devenu cheval de bât. Bon exemple pour les jeunots de la ville, d'ailleurs. En voyant ce qui reste de ce Dust, ils auront un peu moins de jouer les affranchis.

— Vous avez vu tout ça d'un coup d'oeil, hein, Davis ? Vous êtes très fort...

— On apprend ça à l'école fédérale, sheriff. Il y a un cours de psychologie criminelle. Les types sont classés par catégorie.

 

Alors, certains en profitent puisque Red ne peut pas répliquer.

 

Le scénariste nous démontrera la faiblesse de certains, qui, sachant que le chien a une muselière ou est enchaîné, en profitent pour le provoquer, sachant qu'il ne pourra pas répliquer. C'est très lâche et ils n'en sortiront pas grandis, Red Dust oui.

 

Pourtant, parmi tous ces fiers paons, pas un n'aurait osé s'attaquer à un seul des frères Dobbs il y a deux ans. À ce moment, ils faisaient tous des traces de freinage dans leur sous-vêtements.

 

Et si ces grandes gueules n'avaient rien à craindre de Dust, puisque muselé et sans armes, ils détalleront comme des lapins apeurés lorsque Shotgun Marlowe entrera dans la ville.

 

Encore un tome assez violent car vous vous doutez bien qu'avec un nom pareil, Shotgun n'est pas le nouvel épicier du coin mais un distributeur de plomb dans le corps...

 

Petite pique aussi à ces jeunes flics qui, parce qu'ils ont tout appris sur les bancs de l'école sur les "profils du suspect" pensent en savoir plus.

 

— Cours de droit ! Cours de psychologie ! Cours de criminologie ! Ces braves petits ont tant gratté de porte-plume que leurs doigts n'ont plus la force d'appuyer sur une détente...

 

La rédemption de Red Dust ne sera pas facile, mais heureusement, il y a encore des flics avec du plomb dans la cervelle !

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.

 

 

 

Titre : Furie rebelle


Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann  


Édition : Lombard (1976)

Résumé :

Red Dust est désormais Shérif adjoint de la ville. Alors qu'il s'apprête à accueillir un photographe renommé, il doit arrêter deux Indiens ivres qui semaient le trouble dans la ville. Cela n'augure rien de bon…

 

Au même moment, Comanche vient au secours du ranch des Stuart, attaqué par des Indiens.

 

Il semble que Feu Solitaire soit décidé à reprendre le combat. Il a été rejoint par d'autres rebelles et veut récupérer les territoires de ses ancêtres...

 

Critique : 

Red Dust porte l'étoile d'assistant shérif et son plus gros travail est d'arrêter deux indiens qui avaient trop forcé sur "L'eau-de-feu". Et c'est tout ??

 

Normal, avec Dust comme assistant shérif, les voyous évitent Grennstone Falls. Sa réputation dépasse les frontières de la ville.

 

Si vous pensez que ce tome va être tranquillos, accrochez-vous à l'album parce que ça va déménager !

 

Des indiens dissidents se sont regroupés sous le commandement de Feu-Solitaire, un des fils du chef indien Trois-Bâtons, que l'on avait croisé dans l'album "Les guerriers du désespoir". L'aîné des fils du Grand Chef, Cheval-Debout, avait succédé à son père dans le tribu des Cheyennes et l'autre frère, Tache-de-Lune, ne voulant pas choisir, était venu s'établir au ranch "666".

 

Sur fond de pillages menés par des indiens dissidents, aiguillonnés par la haine que Feu-Solitaire voue aux Blancs, cet album est très émouvant. Ce sont trois frères qui étaient unis et que ne le sont plus, l'un ayant le cerveau trop près du scalp et un caractère bouillonnant, ne voulant pas reculer devant l'envahisseur Blanc et ayant dans l'esprit de récupérer les territoires de ses ancêtres.

 

L'autre, le chef, il sait que si l'armée entre en jeu, c'est toute la nation Cheyennes qui sera exterminées.

 

Quant à Tache-De-Lune, qui choisir ? Ses nouveaux amis du "Triple-Six", son frère qui commande la nation Cheyenne ou son excité d'autre frangin ?

 

L'armée, n'en parlons pas, ils n'ont jamais rien compris aux Indiens et à leur fonctionnement : c'est à Cheval-Debout d'arrêter son frère, pas à l'armée. De plus, ils arriveraient trop tard. Déjà que la petite patrouille ne sait pas comment voyager discrètement...

 

— Avec vos bourrins ferrés à l'ordonnance, vos flingots en faisceau, votre tambouille offert au vent et le choix de cette cuvette sans recul, je suppose que le manuel du parfait mort-pour-la-patrie a été respecté de bout en bout.

 

En tout cas, toute cette agitation et ce conflit fera un beau reportage photo pour le journaliste Dan Morgan du "Boston Examiner", sans compter que cet homme est venu avec un ballon pour photographier tout depuis le ciel.

 

Beaucoup de violence, de balles perdues ou qui ont fait mouche, mais aussi beaucoup d'émotion dans ce très bel album.

 

Ces deux Cheyennes étaient fils de "Trois-Bâtons", le chef légendaire. C'était le troisième, "Cheval-Debout" qui détenait le terrible pouvoir de la justice indienne. Il lui avait, ce jour-là, donné l'une de ses dernières victoires, la plus amère. Et dans la nuit, les tambours du triomphe se turent comme les clameurs de guerre. La dernière révolte était morte, et même Dan Morgan renoncerait à la chanter....

 

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.

 

 

 

 

Titre : Le doigt du diable


Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann  


Édition : Lombard (1977)

Résumé :

Alors que la ville s'apprête à accueillir son futur gouverneur, Red Dust décide de quitter la région pour de bon et d'aller vers le Nord.


En arrivant dans le Montana, il sauve deux pauvres diables qui lui apprennent que le cuivre, qui se trouve en abondance dans cette région, cause la ruine de bien des fermiers au profit de quelques escrocs.


Engagé dans la ferme des Duncan, il est obligé de combattre les représentants d'une société qui veut chasser les propriétaires de leurs terres afin d'en extraire le cuivre…


Critique : 

La civilisation est en marche et elle avance à grands pas sur la petite ville de Greenstone Falls, faisant faire la grimace à Red Dust qui ne voit pas ça d'un très bon œil.


Mais est-ce bien parce que la civilisation entre en ville en la personne du futur nouveau gouverneur Dillon où parce que la proprio du ranch "Triple Six" s'est embourgeoisée au point de porter des robes et d'écouter, les yeux brillants, le blondin de futur gouverneur ??

 

Alors, Dust fuit vers le Montana, croyant fuir ses problèmes, mais les problèmes, ils sont les mêmes partout ou s'ils sont différents, ils n'en restent pas moins des emmerdes !

 

Le Montana ne vaut pas mieux que Wyoming. Ici, on fait la guerre du cuivre. Eu il y a la terrible loi de l'Apex qui dit que tout propriétaire à le droit d'exploiter jusqu'au bout une veine minière affleurant dans son terrain.

 

Autrement dit, si vous avez du cuivre sur votre terrain et qu'il affleure chez le voisin, vous avez le droit d'éventrer son terrain pour continuer le filon.

 

Si Dust avait pensé avoir trouvé la tranquillité chez les Duncan, père et fille, c'était sans compter que le passé vous rattrape toujours et que les armes misent dans une armoire devront ressortir un jour où l'autre. Surtout lorsqu'on a un champ contenant du cuivre...

 

Cet album aux couleurs ocres a pour trame de fond le combat entre une famille qui ne cherchait que la tranquillité dans ses champs et la compagnie d'extraction du cuivre Heinze, surpuissante, n'ayant pas hésité à recruter des terreurs, dont Dan Wallach qui a rempli quelques cimetières à lui tout seul, toujours en état de légitime défense, même quand il flinguait un gosse.

 

Red Dust, même s'il dégaine toujours ses armes s'est assagi depuis le premier tome. Dommage... Bien qu'il sache toujours faire mouche avec ses "six coups" et que sa sagacité soit toujours bien présente.

 

J'adore l'album, mais les personnages du ranch "666" me manquent.


Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.

 

 

 

Titre : Les shériffs


Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann  


Édition : Lombard (1980)

Résumé :

Suite à l'affrontement d'avec les milices des compagnies d'extraction du cuivre (cf : Le doigt du Diable), Red Dust et ses nouveaux amis remettent en route le ranch de Duncan, mais le passé n'est jamais loin qui se matérialise un jour pour Red Dust sous la forme de 6 shériffs qu'il a bien connu.

Chacun d'eux a dû un jour affronter la bande des Ruhmann, des foux furieux, qui ont mis leur ville à feux et à sang. Aujourd'hui cette même bande organise le siège d'une ville et les shériffs ont décidé d'agir, mais pour ce faire, ils ont besoin de l'aide de Red Dust qui plongera dès qu'il apprendra que Comanche est coincée dans cette ville...


Critique : 

Si Red Dust comptait se la couler douce à la ferme des Duncan, il en est pour ses frais.

 

Le passé n'est jamais bien loin et le voilà qu'il se matérialise sous les traits d'un curieux cavalier mexicain qui débarque à la ferme. Un mexicain basané qui sait manier les armes...

 

Éclaireur d'une troupe de fines gâchettes, ils sont venu demander l'aide de Red Dust afin d'éliminer la famille Ruhmann qui terrorise partout où elle passe, semant des cadavres sur son chemin. Là, ils assiègent la ville de Summerfield.

 

Si Red refuse tout d'abord, il acceptera en apprenant que Comanche fait partie des gens retranchés dans la ville. Cela fait déjà six jours qu'ils se défendent... Et on se doute que le cœur de Dust bat plus fort quand il voit la belle Comanche.

 

Comanche... celle à cause de qui il avait quitté Greenstone Falls car la belle flirtait un peu trop avec les jolies robes et un jeune futur gouverneur.

 

Ici les héros ne sont pas des preux chevaliers. Tous des anciens shérifs, mais pas vraiment des hommes purs, hormis peut-être l'ancien shérif de Greenstone, celui qui avait aidé Red Dust.

 

Nos hommes sont fatigués, les Ruhmann leur ont pris des êtres chers, ils sont brisés, cherchant avant tout une sorte de  rédemption à travers un ultime exploit car ils savent que c'est leur dernière chance de se battre pour une cause noble.

 

Il y a des "7 mercenaires" dans ces 6 shérifs accompagné de Red Dust.

 

Le scénario est travaillé, les couleurs oscillent dans des tons ocres et rouges, le rythme est trépidant des les dernières pages et même avant car leur voyage ne sera pas de tout repos.

 

Heureusement, ils pourront compter sur un allié de poid.

 

J'ai bien aimé l'utilisation du procédé de la "voix off" dans certains passages pour illustrer les pensées de Red. Cela renforçait encore plus le côté désespéré de cette chevauchée "de la dernière chance".

 

Les dialogues sont aussi parfois incisifs.

 

[Wabash découvrant que le Cheyenne s'est peint le visage]

— Des peintures de guerre ! Y a pas à dire, les gars, mais quand on aura fini de flinguer les désagréables, elles auront du boulot, les maîtresses d'école, pour que ce sacré pays devienne civilisé ! Ha ! Ha ! Ha !

— Il viendra sans doute un jour, en effet, où les indiens ne se peindront plus. Ils s'acrocheront, comme nous, de petites breloques en argent pour signifier exactement la même chose. Et le monde aura fait un gigantesque pas en avant. Grâce à des civilisateurs comme toi, Wabash... [lui réplique celui que l'on surnomme "Le Rabbin"]


Au moins, Comanche aura compris que la vie est un bien précieux et changera de tout au tout, remisant ses jolies robes et son service à thé au placard.

 

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Titre : Et le diable hurla de joie...


Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann  


Édition : Lombard (1981)

Résumé :

Après de longs mois d'absence, Red Dust a regagné Greenstone Falls où les fermes sont incendiées les unes après les autres. Le ranch "Triple Six" n'a pas été épargné !


Dans les décombres fumants, l'assureur De Véga a découvert une flèche incendiaire. Pour lui, il n'y a pas de doute : les coupables sont les Indiens.


Red Dust affirme au contraire, que cette flèche n'a pas pu être tirée par un Peau-Rouge…


Critique : 

♫ Boum, quand votre ranch fait Boum ♪ Les assurances Simoun, viendront vous rembourser... ♪

 

Bon, d'accord, ce ne sont pas les assurances Simoun... Pourtant, je n'ai pas tout à fait tort car dans la ville de Greenstone Falls, le concept d'assurances vient de débarquer !

 

Oui, on vient de les "inventer" mais certains sont encore un peu septiques (on ne peut pas leur donner tort non plus). Pourtant, ça tombe plutôt bien, l'assurance, car depuis quelques temps, des ranch ont tendance à partir en fumée.

 

Red Dust, de retour dans la petite ville, regarde d'un air circonspect le jeune vendeur d’assurance, De Véga. Quand le "Triple Six" brûle et que le jeune blanc-bec découvre une flèche Pawnees, Dust a tout compris : mise en scène !

 

Pas con, vous faites brûler quelques ranch, les autres, morts de trouille, signent des contrats ! Hop, l'affaire est dans le sac...

 

Dans un contexte de suspicion bien légitime, le vendeur d'assurance et son adjoint doivent filer ventre à terre afin de ne pas se faire lyncher.

 

Véritable enquête policière menée par Red Dust et le Cheyenne Tache-de-Lune, qui, lancés sur la piste des fugitifs, vont aller de surprise en surprise.

 

Le Sherlock Holmes de l'affaire, c'est le Cheyenne, moins impulsif que son ami aux cheveux de feu, et qui va faire marcher ses petites cellules grises afin de résoudre cette affaire qui est bien plus complexe qu'elle ne le laisserait penser au départ.

 

Red Dust est parti avec un handicap dès le départ : la haine envers De Véga... Enfin, pas vraiment pour l'homme, mais pour ce qu'il représente : la civilisation, celle que Dust ne veut pas.

 

Une fois de plus, le personnage de Dust prend une autre envergure, celle d'un homme qui peut faire des erreurs et qui, quand il est en colère, a le cerveau un peu trop près du chapeau !

 

J'ai beau avoir lu l'album 10 fois, j'oublie toujours qui tire les ficelles et c'est toujours une découverte pour moi. Vive Alzeimer...

 

Niveaux dessins, les tons sombres côtoient les tons plus lumineux, selon que l'histoire se déroule de jour ou de nuit.

 

Dans l'album "Le doigt du diable", Red Dust avait quitté sa ville car il trouvait qu'elle s'ouvrait un peu trop au progrès à son goût. Au u final, il retrouvera une cité qui a peu changé, ce qui le confortera dans l'idée qu'une partie de son "ouest" peut survivre.

 

Un des derniers bons albums de Comanche, bien que cette dernière soit peu présente dans cet album.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.

 

 

 

Titre : Le Corps d'Algernon Brown


Scénariste : Greg
Dessinateur : Herman


Édition : Le Lombard

Résumé :

Après 20 jours de pluies diluviennes, Comanche et les siens constatent les dégâts dans leur cheptel. Au pied d'un talus, Red Dust découvre le cadavre d'un homme abattu de deux balles dans le ventre. Les papiers découverts sur ce dernier révèlent son identité, Algernon Brown.


De retour avec leur funeste découverte et en attendant la venue du shérif, la patronne du Triple 6 et son bras droit font la connaissance de Colby, le nouveau docteur de Greenstone Falls.


Après examen du défunt, le médecin déclare connaître le dénommé Brown pour l'avoir croisé autrefois à Laramie.


Le dépeignant comme un bandit de grand chemin, ses dires s'opposent à ceux du shérif qui reconnaît en ce cadavre un enquêteur du cabinet Pinkerton.


Mais qui cet Algernon Brown ?
 

Critique : 

♫ Il pleut, il pleut, cow-boy, ♪ rentre tes brunes Longhorn ♪  Le scénariste aurait pu commencer le récit du 10ème album de Comanche par cette ritournelle parce qu'après 20 jours de pluie diluvienne, les terres sont assez gorgées d'eau que pour y élever des poissons.


Alors que Comanche et les membres du ranch "Triple-Six" comptent les cadavres de vaches qu'ils n'avaient pas rentré et qui se sont noyées, faute de branchies, Red Dust découvre un cadavre.


Algernon Brown n'est pas mort noyé, mais abattu de deux balles. Qui était-il et que foutait-il là ?? Pour le moment, on ne le sait pas, mais il va falloir enquêter, monsieur Red "Sherlock" Dust.


Couleurs assez sombres, comme des lavis de brun, cet album marquera la fin de la collaboration du dessinateur Hermann avec le scénariste Greg car Hermann voulait changer de registre et les idées qu'il avait pour la série "Comanche" n'était pas "catholiques".


Pourtant, lui, son idée était de faire une série western réaliste, vraiment réaliste... C'était déjà lui avait suggéré que le bandit Dobbs ("Le ciel est rouge sur Laramie") soit désarmé et en sous-vêtements lorsqu'il se faisait abattre, froidement, par Dust, son cadavre criblé de balles s’écroulant au milieu des détritus.


Cela avait fait scandale à l'époque...

 

Véritable enquête policière, cet album va faire remonter à Dust une piste fort embrouillée et il aura besoin de toute sa sagacité (et d'un peu d'aide) pour démêler l'écheveau.


L'atmosphère "suspicieuse" étant entretenue par les doutes de Red et les soupçons de Comanche. À la manière d'un puzzle, tout deux vont assembler leurs indices jusqu'à la découverte du tableau final.


La première fois que j'avais lu ce tome 10, j'avais pensé que j'étais victime d'hallucinations en découvrant un touriste japonais prenant une photo à l'aide d'un argentique, dans le décor. Ce qui, à cette époque (fin XIXè), était impossible.


Si le lecteur cherche parfois des erreurs involontaires d'un dessinateur, dans cet album, il sera gâté par la profusion d’anachronismes. Le pire, c'est que ces erreurs furent volontairement glissés par Hermann.

 

Hermann étant fatigué de cette série et vu qu’il ne pouvait pas intervenir sur le scénario, il décida de faire un pied-de-nez à sa manière.

 

Comme il avait déjà fait dans "Tonnerre sur Coronado" (la série "Bernard Prince") où le running gag était que le personnage de Barney Jordan allait garder son oreiller durant une bonne partie de l’aventure, ici, il marqua son ras-le-bol et sa lassitude en dessinant un touriste japonais muni d’un appareil photo, un appareil téléphonique, des prises électriques et une enseigne  "Toyota".

 

Greg n’apprécia que modérément la plaisanterie. Ces "frasques" marquèrent la fin de leur collaboration.


Mon seul bémol sera sur le fait que les personnages auraient dû être plus approfondi au fil des albums...


Surtout ceux de Clem "Tenderfoot" et de Toby "Face-Sombre" qui, bien que personnages secondaires, auraient pu avoir plus à dire. À croire que le scénariste ne s'embarassait pas trop de la psychologie de ses personnages.


Au final, la série "Comanche" tourne plus autour de Red Dust qui, au fil des albums, s'est assagi, discipliné, éduqué... Pire, il sait se saper comme un milord et même se laver. On est loin du cow-boy mal rasé et mal dégrossi du début !


Le progrès a frappé aux portes de la ville de Greenstone Falls, la lumière fut dans les rues, les transports publics aussi et on loin aussi des débuts où l’insécurité régnait et où la loi du plus fort faisait La Loi.


Le temps et la raison l’ont emporté. Du chaos est né l'ordre. Idem pour la ville de Laramie qui a une odeur de propre comparé au bourbier qu'elle était dans l'album 4.

 

Je me demande si je n'aimais pas mieux l'ambiance des débuts, quand le bordel régnait et que les six-coups parlaient...


Malgré tout, la série vaut que l'on s'attarde sur elle.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), "Le mois Américain" chez Titine, Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, "Il était une fois dans l'Ouest" chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le "Marathon Bédé" chez Chroniques Littéraires.

 

 


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