2.7 Auteurs divers

 

 

 

 

 

 

Titre : Meurtre à Oxford


Auteur : Tessa Harris
Édition : France loisirs (2015)

Résumé :

Quand la littérature se penche sur les débuts de la médecine légale.

Angleterre, 1780 : une jeune femme demande au Dr Thomas Silkstone, anatomiste passionné, d'enquêter sur la mort mystérieuse de son frère...

Parce qu'il est l'un des premiers à pratiquer les autopsies, le docteur Thomas Silkstone est appelé à la rescousse à Oxford après l'empoisonnement d'un lord.

 

Bientôt la mort frappe à nouveau.

 

Critique : 

Le personnage du Dr Thomas Silkstone pourrait être le pendant du Dr Kay Scarpetta car tous deux ont une passion pour la découpe des cadavres.

 

L'un est anatomiste et l'autre exerce la médecine légale.

 

Sauf qu'ils ne sont pas contemporains et que Thomas Silkstone n'a pas le même matériel que la jolie Scarpetta (dans tous les sens du terme, bande de petits obsédés).

 

Étant tous des fans des Experts de tout poils, la médecine légale n'a plus de secret pour vous, mais imaginez un peu le brave Horatio Caine plongé en 1780 ! Le pauvre, il n'aurait pas ses lunettes de soleil ni son matériel ultra sophistiqué.

 

Ce roman, bien qu’œuvre de fiction, est basé sur un fait réel : le témoignage d'un anatomiste lors d'un procès.

 

Pour tout dire, il devint le premier expert médico-légal de l'Histoire, et le récit qui va suivre rapporte sa première enquête.

 

L'Oxford de 1780 m'a bien plu, sans rien transcender dans le genre, le roman m'a divertit et les pistes en tout genre m'ont rendu zinzin. QUI a tué Edward Crick ? Vous ne le saurez qu'en ouvrant se livre et en plongeant tout entier dans les découpes de cadavres avec les bons mots des anatomistes de l'époque.

 

— Un bon cadavre, c'est comme un bon filet de bœuf, disait le maître – tendre sous les doigts, facile à découper.

Le scalpel entailla le péricarde aussi aisément qu'on entame au dessert une pêche bien mûre.

 

Le Dr Silkstone est un personnage attachant, amusant, tenace, plaisant. Un type qu'on laisserait volontiers tripatouiller dans notre bouche afin de nous ôter une carie particulièrement douloureuse.

 

Lady Lydia, soeur du défunt, est une femme qui sait faire preuve de courage et qui n'a pas trop froid à la grotte merveilleuse; quand à son mari, on lui collerait bien tout un flacon d'arsenic dans le bol de soupe.

 

Quant au défunt, il avait quelques petits secrets peu reluisant, bien de l'époque...

 

Il lui avait jadis décrété qu'il entrait dans les prérogatives d'un maître de pouvoir à sa guise jouir de ses domestiques, qui qu'ils fussent et tous sexes confondus.

 

L'enquête est bien torchée, cousue de bon fil à rafistoler les corps et j'ai été de surprise en surprise jusqu'au bout. Bien vu à l'auteur, elle a su me surprendre sans sortir un personnage de son chapeau au dernier moment.

 

L'atmosphère est so british et on sent bien le décalage entre la profession d'anatomiste de l'époque et celle de médecin légiste maintenant. À cette époque, les médecins n'étaient pas très riches et mal considéré.

 

Sans révolutionner le polar historique, l'auteur a réussi à modeler une intrigue qui, tel un cadavre  plastifié par Gunther von Hagens, semble vraie.  Quant aux esprits sensibles, ils ne devraient pas choir dans les pommes à la lecture de certains détails.

 

Attention, sous la plastique du cadavre, les chausses-trappes sont nombreuses et il faudra tout le talent de notre Thomas pour arriver à résoudre cette enquête aux multiples pistes et aux nombreuses révélations.

 

Surtout quand on a la chose qui palpite... Sherlock Holmes le disait toujours que les émotions n'étaient pas bonnes !

Thomas humait le parfum de la jeune femme en laissant courir ses mains le long de son échine. Sa peau était douce sous la chemise de nuit. Il s'aventura jusqu'aux seins rebondis.

 

Il brûlait de la posséder, mais lorsqu'elle ferma les paupières, s'abandonnant à ses caresses, elle s'inclina [...]

 

Moi, je n'avais pas trouvé la solution... juste quelques morceaux épars de cadavre, mais pas l'entièreté du corps.  Bluffée je fus, satisfaite je suis.



Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015) , au Challenge "Polar Historique" de Sharon et au Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

 

 

 

 

Titre : Une étude en écarlate


Auteur : Jean d' Aillon
Édition : 10-18 (2015)

Résumé :

Le 21 mai 1420, Isabeau de Bavière, reine de France, signait, au nom de son mari Charles VI, fou et incapable, un traité par lequel le roi reconnaissait Henri V de Lancastre, son gendre, héritier de la couronne de France.

 

Quelques mois plus tard, Edward Holmes, clerc et demi-frère du baron de Roos tué à la bataille de Baugé, était chassé de l’hôtel parisien de son seigneur.

 

Ne pouvant rentrer en Angleterre, maître Holmes trouva logis chez le bonnetier Bonacieux, sis rue du Coq, où il partagea la chambre de Gower Watson, un archer blessé à la bataille d’Azincourt.


Dans un Paris ou règnent la faim, le froid et la misère, Edward Holmes devra mettre à jour un terrible complot dans lequel les conjurés veulent entraîner son ami Gower Watson.  

 

Critique : 

♫ C'était au temps où Paris s’anglicisait, ♫ C'était au temps où l'roi des Anglais vous gouvernait ♪

 

Hé oui, les gars, un jour, il y a 600 ans, vous fûtes sous l'autorité d'un roi Anglais ! Charles VI a signé le traité qui stipulait que la couronne de France serait cédée à Henri V d'Angleterre. Mais ce con de numéro 5 meurt et c'est son fils, Henri VI d'Angleterre, qui est reconnu roi de France par les Anglais et les Bourguignons, maîtres de Paris et de la partie nord du royaume de France.

 

Un pastiche de Sherlock Holmes qui n'en est pas tout à fait un, ça ne pouvait qu'éveiller ma curiosité ! Pensez bien, un clerc nommé Edward Holmes qui résout des petites énigmes après avoir croisé un dénommé Gower Watson et qui se balade dans les rues de Paris en 1420, je ne pouvais passer à côté.

 

Bien entendu, j'ai cherché toutes les petites références canoniques mais je n'en ai pas vu beaucoup (la viole au lieu du violon), le clerc Holmes étant tout de même assez éloigné de son modèle officiel, tout comme Watson, archer dans cette aventure.


Sherlock Holmes savait se battre, notre Edward Holmes est parfois un peu pusillanime quand il s'agit de monter au front, bien qu'il ne manquasse pas de courage lorsqu'il faut montrer qu'on en a et sauver son ami Gower.


Malgré ces petites choses, j'ai souri, car ce pastiche est bien fichu et les personnages aussi.

 

Rien de trépidant, ceci n'étant pas un thriller, mais un récit qui a du rythme, plaisant à lire à condition que l'on ne soit pas allergique à l'Histoire. Parce que oui, de l'Histoire de France, vous allez en bouffer ! Moi, j'ai apprécié, mais il n'en aurait pas fallu plus.


On sent de suite que l'auteur maîtrise l'Histoire et si vous n'aimez pas ça, vous risquez l'indigestion parce qu'elle importante, vu les complots qui se trament dans les arrière-cour ! Ils avaient déjà dû lire "Game of thrones" en 1420 parce niveau complotages et assassinats, ça vole bas.


Les dialogues sont en VO, c'est-à-dire avec des mots de l'époque et les notes explicatives en fin d'ouvrage sont à consulter souvent ainsi qu'un dictionnaire afin de ne pas laisser passer des mots inusités et dont on ne connait pas la signification. Avec l'inconvénient de ralentir la lecture.


Plusieurs petites affaires à dénouer, des intrigues de Cour, des autres mystères que Holmes devra déjouer pendant que vous, peinard, les pieds au chaud (et pas dans les rues boueuses de Paris), vous suivez la manière dont il va résoudre les énigmes, parce que vous, Lecteur, vous savez déjà tout puisque vous avez aussi accompagné les conspirateurs dans leur périple.


Un roman policier historique qui se laisse lire, à condition qu'on attrape pas des boutons en lisant des récits remplis de faits historiques, des personnages bien campés, le tout dans un Paris qui crève de faim, dans un Paris écartelé, dans un Paris qui fut massacré, un Paris où les vides-gousset sont légion.


Un pastiche holmésien qui n'en est pas un, mais qui s'inspire des personnages de Conan Doyle, pour mon plus grand plaisir. Si l'auteur continue, je le lirai avec grand plaisir.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), le Challenge "Polar Historique" de Sharon, le Challenge "Victorien" chez Arieste et le Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park.

 

 

 

Titre : La malédiction du Norfolk


Auteur : Karen Maitland
Édition : Sonatine (sept 2014) / Presse Pocket (2015)

Résumé :

1208. Le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d'Angleterre. Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements, ni confession, ni mariage, ni extrême-onction. S'ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, en particulier chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours.

 

C'est dans ce contexte particulièrement difficile qu'une jeune paysanne, Elena, est appelée au service du seigneur de Gastmere, dans le comté de Norfolk.

 

Là, on l'oblige à s'adonner à un étrange rituel, celui des "mangeurs de péchés", consistant, en l'absence d'extrême-onction, à prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés d'un mourant.

 

Cette cérémonie va être le début d'une véritable descente aux enfers pour la jeune fille qui se retrouve bientôt accusée de meurtre.

 

Son cauchemar ne fait que commencer.

 

Critique : 

Angleterre 1208. Suite à une grosse querelle entre le roi Jean d'Aquitaine (ex Sans Terre) et le pape Innocent III, toute l'Angleterre est sans prêtres, sans curés, cimetières et églises fermées, plus d'offices célébrées... Plus rien, quoi !

 

Toute l'Angleterre ? Oui ! Ici, il n'y aura pas de "Un petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur".

 

Nous, en 2016, dans le cas où ça arriverait, ça ne serait pas aussi grave qu'à cette époque puisque les mariages passent d'abord par l'officier d'état civil et je me demande qui pense encore à se confesser de nos jours.

 

Oui, mais en 1208, ce n'est pas le cas ! Les croyances sont fortes, les gens simples, l'Église toute puissante et si tu meurs sans confession, je te raconte pas les tourments de l'Enfer que l'on te promet ! Idem pour un enfant mort sans être baptisé : les limbes ! Eux, ils en ont encore la trouille, ces gens pieux et simples.

 

C'est dans ce contexte tendu entre Jean et Innocent que nous faisons connaissance des différents personnages qui vont nous entrainer dans cette histoire médiévale. Ils sont nombreux mais impossible de les confondre ou d'en faire une soupe.

 

Notons Elena, jeune serve, fille de campagne qui vient de se faire déniaiser par son fiancé mais qui restera toujours un peu niaise, idiote et naïve au fil des pages.

 

— C’est dangereux, tu es quand même capable de comprendre ça, non, espèce de petite idiote ? La prochaine fois, je ne serai peut-être pas là pour sauver ta misérable tête.

 

Énervante, Elena le sera souvent, grosse envie de la baffer, parfois, mais nous sommes en 1208 et l'Éducation Nationale pour tous n'est encore que de la SF à cette époque. Alors, on lui pardonne son imbécilité et ses croyances qu'on lui a bourrée dans le crâne. C'est pas de sa faute...

 

Penser le mal, lui avait dit un jour le prêtre du village, était aussi condamnable que le commettre.

Nul besoin de prêtres là-bas [en Terre Sainte]. Le pape avait juré que tout homme qui périssait en combattant de la Croix mourrait absous de tous ses péchés.

 

Un qui mérite le détour, c'est Raffaele qui pourrait être aussi savoureux qu'une friandise de chez Ferrero à la noix de coco sauf que le pauvre n'a plus ses bonbons...

 

Au milieu de tout ces étalons ou, au pire, "entiers" (puceau), notre Raffaele est un hongre ! On n'oubliera pas de dire merci à sa maman - la salope - qui l'a offert à l'Église (encore elle !) pour qu'elle en fasse en Petit Chanteur À La Croix De Bois version castrat.

 

Sans compter que maître Raffaele valait mieux que n’importe quel messager céleste, dans la mesure où, comme le savait tout un chacun, il était castré, si bien que, contrairement à l’archange Gabriel, il ne risquait pas de vous laisser avec un bâtard dans le ventre.

 

Hélas, Raffaele n'ayant pas le talent d'un Farinelli et il s'est finalement retrouvé comme écuyer et ensuite comme intendant de sire Gerard de Gastmere. Stature imposante et voix de fillette, la vie ne fut pas facile pour lui et ne l'est toujours pas.

 

— Maître Raffe, vraiment ? Tu parles d’une veine ! Alors, comment il est, le Bouvillon ? On dit qu’il fait des trucs que même une pute à matelots connaît pas.

 

Son passé en Terre Sainte recèlera quelques récits sanglants qu'il nous contera au fur et à mesure du récit, tout en nous gardant du suspense, le vieux bougre !

 

Ce roman de 528 pages se lit tout seul, les entrées de chapitre nous dévoilant une partie de l'herbier de la mandragore, les personnages sont travaillés, les deux méchants - Osborn et Hugh de Roxham - sont de vrais salauds bien torchés, comme on les aime. Et dans ces contrées, la Justice est expéditive et la torture normale.

 

— Mordiable, pourquoi faut-y que ça soit un des hommes de la suite de lord Osborn ! Avec un autre, on aurait pu s’contenter de pendre le premier gredin venu, dire que justice était faite, et on n’en parlait plus.

 

En plus de posséder du mystère, une enquête, des meurtres et des complots, le récit nous parle de la misère des gens de cette époque et met bien en avant la différence énorme entre les serfs, les gens nés libres et ceux dit "de noble extraction".

 

Entre nous, on est tous extrait du même endroit, sauf les frères Roxham qui durent être extrait hors d'un cul de basse-fosse...

 

L'enfer étant pavé des meilleurs intentions possibles, notre pauvre Elena va en voir de toutes les couleurs et n'est pas encore sortie de l'auberge.

 

Quant à Raffaele, il a beau être un hongre qui a mal vieilli (ça fait souvent ça quand on les coupe), il est un personnage fort, puissant, tenace, têtu et il m'a conquis. Tout comme les personnages ô combien étrange de Ma et de Talbot.

 

— Qu’un mendiant pète dans cette ville et je le sais avant qu’il en sente lui-même l’odeur !

— Je ne condamnerais pour rien au monde une femme qui se servirait d’un couteau contre un homme qui le mérite. Mieux, j’admirerais son cran.

 

Un excellent roman historique, une belle plume, une narratrice hors du commun pour certains passages, une grosse louche de croyances, de bigoterie, des complots, du sang, de l'intrigue, du suspense, des retournements de situation, la vie dans un lupanar et le tout sans vous rendre l'Histoire indigeste.

 

Quelques passages m'ont serré le cœur car je me suis dit que les exactions commises par certains n'ont rien à envier avec celles commises par d'autres... Autre temps, même mœurs et imbécilités commises par des Hommes qui me révulsent. Et ce n'est pas à Lui que j'en veux, mais à eux !

 

— C’est impossible. L’Église nous avait certifié que si nous partions en croisade, tous les péchés commis avant et pendant les guerres saintes nous seraient immédiatement pardonnés, effacés, comme s’ils n’avaient jamais existé. On nous l’avait juré. C’était un infidèle. Un mécréant. Le tuer était un acte sanctifié, un acte juste. L’Église nous avait promis le pardon.

— Cette nuit-là, les prêtres qui accompagnaient l’armée de Richard vinrent bénir les hommes et tenter de les réconforter, leur assurant qu’ils étaient lavés de tous leurs péchés et qu’ils avaient œuvré pour la plus grande gloire de Dieu, car ces hordes païennes étaient de toute façon damnées, condamnées à brûler en enfer. Ils se juchaient sur un tertre ici ou là et déclamaient les paroles de saint Bernard de Clairvaux dans la touffeur de la nuit : “Le chrétien tire gloire de la mort d’un païen, parce que par là le Christ lui-même est glorifié.”

 

La vie est comme une roue, elle tourne et revient toujours à son point de départ, mais ils sont nombreux ceux qui ne l'ont pas encore compris...

 

Les loups pissent pour marquer leur territoire ; mais qu’ils sentent l’odeur d’une autre bande, et ils se retirent en silence. Pourquoi risquer un combat qui peut vous mutiler ou vous tuer ? Mais les humains, eux, vont se déchaîner et massacrer leurs semblables par milliers dans le seul but d’aller planter leur petit bout d’étoffe au sommet d’une colline ou d’un rempart.

— Semez ce que vous aimeriez récolter. Faites à autrui ce que vous aimeriez qu’il vous fasse.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), le Challenge "Polar Historique" de Sharon et "A year in England" chez Titine.

 

 

 

Titre : Carter contre le Diable
 
Auteur : Glen David Gold
Édition : Super 8 éditions (2014)

Résumé :

Entre 1890 et 1930, le divertissement était l’apanage des hommes de scène, des gens du cirque et des prestidigitateurs qui ravissaient les foules, captivées par les prouesses d’agilité, d’imagination et de courage de ces amuseurs professionnels.


Glen David Gold nous entraîne sur les traces de Charles Carter, dit "Carter le Grand", l’un des illusionnistes les plus réputés de l’âge d’or de la prestidigitation. Si le héros du roman a bel et bien existé, le récit est une œuvre de fiction, qui joue avec l’histoire comme Carter avec ses artifices et nous grise de mystifications et de rebondissements.


Le rideau se lève à San Francisco, où Carter bénéficie de l’aimable concours du président des États-Unis, Warren Harding, pour un numéro exceptionnel qui terrorise le public. Comble de malchance, deux heures plus tard Harding trépasse mystérieusement dans sa chambre d’hôtel.


Plutôt que de risquer le lynchage, le magicien prend la fuite et laisse les agents perplexes: comment venir à bout d’une enquête quand on a face à soi un génie du trompe-l’œil.

Critique : 

♫ Maggi, Maggi ♪ et vos idées prennent du génie ♫  Nooooon, coupez, ce n'est pas le bon jingle !


Il n'est bien sûr pas question de bouillon dans ce roman, mais de magie... Et si le bouquin a tout du pavé, il n'a rien du bouillon de 10h car c'est du fin, du très fin et ça se mange sans faim.


Tout petit vous dévoriez les histoires de Mandrake le magicien, gardant la bouche ouverte devant les tours de magie ? Vous aimiez déjà Copperfield avant qu'il ne se tape l'égérie des crash-test Citroën ? Alors, ce livre est fait pour vous !


Vous n'avez rien à battre des tours de magie ? Pas grave, vous pouvez le lire parce qu'il n'est pas question QUE de magie dans ce livre, hormis la magie de l'écriture, celle qui vous ravi durant votre lecture.


Magie aussi de l'histoire qui réunit un peu tous les genres en un sans pour autant devenir aussi insipide qu'un cube de Maggi que vous auriez mis tremper dans votre verre dans le but de le boire cul sec...


Un soupçon de roman policer, un zeste de roman historique, une goutte de grande fresque sociale, quelques morceaux d'amour pur (garantit sans ajout de Harlequin), une belle dose d'aventure, un chouia de fantastique, le tout servi par une brochette de personnages expressifs.


Les années 20, les années un peu folles où le music hall était en train de subir les assauts du cinéma muet... et cette sensation amusante de tout savoir sur ce qui nait devant vos yeux et dont vous connaissez déjà la destinée.


Un peu comme si vous assistiez à la naissance de John Fitzgerald Kennedy et que le voisin disait "Il mourra vieux et il sera chômeur toute sa vie".


Charles Carter, qui a réellement existé, m'a transporté, envoûté, emmené loin de mes murs dans une aventure qui, sans être trépidante, est tout à fait captivante.


J'ai aimé que l'auteur commence son récit avec la mort du président Harding avant de passer ensuite à la jeunesse de Charles Carter et aux débuts de l'agent Griffin avant de revenir en 1923.


Carter le Grand est un personnage flamboyant, un homme que l'on aurait envie de rencontrer, de suivre... Et tous les autres qui gravitent autour, amis ou ennemis, policiers ou services secrets, sont travaillés à tel point qu'on les croirait ancrés dans la réalité.


Dans ce roman, les tours de magie ne sont que peu expliqué, et c'est tant mieux, ils perdraient de leur magie. D'ailleurs, je regrette que Carter ait expliqué à son ami Borax (pas Borat, je vous prie) comment il faisait disparaître l'éléphant.


Mesdames et messieurs, approchez et venez voir Carter Le Grand ! Entrez dans son spectacle, suivez ses aventures, ses débuts, sa rencontre avec le président des z'États-Unis et son combat contre le diable !


Entrez dans le livre et laissez-vous porter par sa magie, laissez-vous envoûter par ces mots, lisez ces phrases, ouvrez grand les yeux et la magie opérera à tel point que vous aurez du mal à lâcher ces pages.


Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), Challenge "Polar Historique" de Sharon, le "Challenge US" chez Noctembule et "Ma Pedigree PAL - La PAL d'excellence" chez The Cannibal Lecteur.

 

 

 

Titre : Trois mille chevaux vapeur
 
Auteur : Antonin Varenne
Edition :  Albin Michel (2014)


Résumé :

Birmanie, 1852. Arthur Bowman, sergent le la Compagnie des Indes orientales est choisi pour accomplir une mission secrète durant la 2e guerre anglo-birmane. Mais l’expédition tourne mal et les hommes sont capturés et torturés pendant plusieurs mois. Seuls dix d’entre eux en sortiront vivants.

Londres, 1858. Alors qu’il se noie dans l’opium et l’alcool, luttant avec ses fantômes, Bowman découvre dans les égouts le cadavre d’un homme mutilé. La victime semble avoir subi les mêmes sévices que ceux qu’il a endurés dans la jungle birmane.

Persuadé que le coupable est l’un de ses anciens compagnons de captivité, Bowman décide de partir à sa recherche. Une quête qui s’achèvera douze ans plus tard, en 1864, sur les rives d’un autre continent.

À l’Ouest. Où une autre guerre a éclaté. Le chemin qui le mènera à la vérité sera aussi celui de sa rédemption.

 

Critique :

1852, Madras, Birmanie... Nous partîmes 15 mille, mais pas un prompt renfort, nous ne fûmes plus que dix élus à monter sur le Sea Runner, 30 en arrivant à la jonque qui devait nous mener en mission, mais elle s'échoua sur la berge...

 

Par mon commandement, mes hommes se mirent en joue et nous vinquîmes la jonque ennemie, mais deux autres survinrent. Prisonniers, nous ne fûment que 10 à survivre aux tortures lorsqu'en 1853, les Birmans libérèrent les prisonniers britanniques dont nous faisions partie.
 
1858. Arthur Bowman est rentré depuis 5 ans à Londres, cassé, traumatisé, hanté par une armée de fantômes qu'il tente de noyer dans l'alcool. Surveillant à la brigade de la Tamise, il regarde la ville suffoquer sous l'odeur pestillencielle qui la ronge.
 
Les chaleurs des derniers mois ont fait desendre le niveau de la Tamise et les déchets s'y accumulent : merde, cadavres de bêtes en provenance des abattoirs et tutti quanti. Franchement, n'éditez jamais ce roman en odorama, on le fuirait tant ça y fouette dans ces passages !
 
"Fin juin, la température avait continué de grimper et la Tamise s'était épaissie au point de devenir une lente coulée de lave putride.
 
Les déchets des usines, déversés dans les mêmes égouts ou directement sur les berges, s'accumulaient en nappes noires et grasses. Les rejets des abattoirs flottaient à la surface du fleuve solidifié.
 
Des carcasses de vaches et de moutons, engluées dans la boue, passaient lentement devant le nouveau Parlement de Westminster.

Les pattes des squelettes pointaient en l'air comme sur un champs de bataille abandonné et des corbeaux venaient s'y percher.
 
Il fallait une demi-journée pour que les cornes d'un bœuf, à l'horizon du pont du Lambeth, passent sous les fenêtres de la Chambre des Lords et disparaissent sous le pont de Waterloo. On prétendait qu'à certains endroits on pouvait traverser le fleuve à pied.

Le 2 juillet, la chaleur fut sans égale et la ville tout entière recouverte par l'odeur d'un gigantesque cadavre".
 
Londres crève, Londres pue, Londres à soif mais Londres continue !
 
"Si l'enfer avait une odeur, elle ne pouvait pas être différente de celle-là et l'idée faisait son chemin: Londres se changeait bel et bien en enfer, il y avait derrière cette peine divine une raison enfouie, un péché monstrueux".
 
C'est un meurtre horrible qui va faire bouger l'ancien sergent Bowman de la torpeur dans laquelle il se complaisait : ce corps, comme passé à la moulinette, il est persuadé que c'est un de ses anciens hommes qui l'a torturé. Ils étaient dix à s'en être sorti...
 

Menant son enquête afin de retrouver les 9, il élimine les incapables, les décédés, le fou, l'emprisonné et le suicidé. Lorsque sa liste ne comporte plus que deux noms, il apprend qu'un est parti et que l'autre est pasteur.

 

Bowman n'hésitera pas à traverser l'océan à destination de l'Amérique pour suivre la piste de son homme lorsqu'il lira qu'un meurtre semblable à celui des égouts de Londres à eu lieu dans une ville américaine.

 

Là, on peut dire que ce roman vous fait vivre l'aventure avec un grand "A". Un Triple "A" même : Aventure, Action, Amérique.

 

Réunissant un peu tous les genres, mélangeant le roman de guerre avec du polar historique et trempant le tout dans du western et de l'aventure intérieure, ce roman entre dans 7 de mes challenges littéraires.

 

Un superbe voyage sur trois continents, passant de la Birmanie à Londres puis New-York et ensuite sur les plaines désertiques de cette jeune nation en construction que sont les États-Unis. Le portrait n'est pas flatteur, mais il est réaliste.

 

— Les États-Unis ne sont pas une jeune nation, mais un commerce d'êtres humains florissant. Ceux qui débattent aujourd'hui à Washington de l'émancipation des esclaves sont les propriétaires des usines où travaillent ces femmes. Ce sont eux qui font tirer sur les ouvriers. Dans le Sud, un Blanc qui tue un Nègre ne va pas en prison, mais un Blanc qui aide un esclave en fuite ira moisir dans une cellule pendant longtemps. Les pauvres sont trop nombreux, on ne doit pas les laisser se réunir.

 

— Les Blancs ont inventé en Amérique un pays sans passé pour avoir une vie nouvelle. Mais cette terre a une mémoire. C'est pour ça qu'ils nous tuent [les indiens], pour l'effacer. Qu'est-ce que tu en penses ?

— Ce que j'en pense ? Que c'est la même saloperie partout où je suis allé.

 

L'écriture est magique, elle vous scotche aux pages qui défilent plus vite que le vapeur Persia sur l'océan, celui qui possède un moteur de trois mille chevaux vapeur et qui vous fait la traversée en 9 jours et quelques heures (sans croiser d'iceberg, lui).

 

Pas de baillement, pas de décrochement de la machoire, pas de "Hé, c'est du chiqué" car tout est bien dosé, bien écrit, bien pensé, bien dosé et les personnages secondaires sont bien travaillés. Un pensée émue pour les Fitzpatrick.

 

L'aventure est une véritable épopée, vous traverserez les states sur votre mustang, suivant la piste sanglante du criminel, mangeant sur le pouce une tambouille d'haricots ou de lard, bivouaquant à la belle étoile, chassant, dépeçant et buvant des les rivières, avant de vous saouler dans un bar quelconque.

 

Ce roman, c'est aussi des galops furieux durant des heures et des heures qui m'ont cassé le dos, mis les reins en compote et collé des hémorroïdes au cul tellement la selle était peu confortable et que mon Arthur Bowman cravachait comme un fou.

 

L'ex-sergent Bowman... un sacré mec ! Bougon, grognon, un meneur d'homme, pas un tendre, mais tout de même... sous sa carapace, là, bien au fond, il saura s'émouvoir. Et nous émouvoir de par ses blessures profondes dans l'âme.

 

Bowman, c'est un boxeur. Cent fois mis au tapis, cent fois il se relèvera et repartira au combat, encore plus enragé qu'avant. Jusqu'au K.O final, mais il ne renonce jamais.

 

— Pour votre malheur, Browman, vous avez survécu à des choses qu'un homme normal n'aurait pas supportées. Vous auriez dû vous tuer depuis longtemps, mais si vous ne l'avez pas fait, c'est qu'il y a en vous quelque chose de plus fort que ce dont vous avez été victime.

 

La traque est intense, rude, il est seul avec Walden, son mustang, seul avec lui-même et ses fantômes. Seul avec ses armes et ses pensées noires. Seul sur la piste...

 

Un livre qui restera gravé dans ma mémoire, tel un mustang marqué au fer rouge sur la cuisse : à vie.

 

Un anti-héros avec qui j'ai voyagé sans m'ennuyer une seule seconde, un homme qui m'a ému, émerveillé, emballé et avec qui j'aurais encore fait un bout de chemin.

 

À tel point que ce matin, alors que je continuais mon roman sur la jeunesse de Sherlock Holmes à Pau entammé la veille (j'étais p 40) dans la foullée de "Trois mille chevaux vapeur"  je me suis dit "Mais pourquoi Bowman va-t-il à la biblio municipale ? Il n'y en a pas dans l'Ouest sauvage !" quand je me suis souvenue que le roman était terminé et que j'étais dans un autre où les biblio municipales sont présentes.

 

C'est vous dire si Bowman m'a marqué !

 

Réclamation : pourquoi, à un moment donné - p554 - ce roman se termine ?? L'auteur ne pouvait-il pas encore ajouter 200 pages juste pour mon plaisir personnel ? Quel est l'imbécile qui a inventé le mot "Fin" à des romans de cette trempe là ??

 

Un gros coup de coeur pour ce roman sombre, mais lumineux.

 

"Je ne crois pas au fond nous ayons lu trop de livres. Seulement nous vivons entourés de gens qui n'en n'ont pas lu assez, aussi incultes que cette terre. Si nous avons été naïfs, c'était en croyant des hommes d'affaires, plus qu'à nos idées".

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), Challenge "Polar Historique" de Samlor (repris par Sharon), Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, Challenge "Victorien" chez Arieste, le "Challenge US" chez Noctembule, le Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, le "Challenge Ma PAL fond au soleil - 2ème édition" chez Métaphore,  "Il était une fois dans l'Ouest" chez The Cannibal Lecteur et "Ma Pedigree PAL - La PAL d'excellence".

 

 

Titre : La Scribe

 

Auteur : Antonio Garrido

Edition : Presse de la Cité (2009)

 

Résumé :

(Amazon et quatrième de couverture) : Et si une jeune scribe tenait entre ses mains le destin de l'Occident ? Franconie, an 799, à la veille du sacre de Charlemagne. Fille d'un célèbre scribe byzantin, Theresa est apprentie parcheminière. Contrairement aux jeunes femmes de son âge, dont le rêve est de fonder une famille, elle n'aspire qu'à une chose : vivre parmi les livres.

 

Mais un drame l'oblige à quitter sa ville et à se réfugier dans la cité abbatiale de Fulda. Là, elle devient la scribe du moine Alcuin d'York, véritable Sherlock Holmes en robe de bure. Alors que Theresa l'assiste dans ses enquêtes, elle découvre que, dans sa fuite, elle a emporté à son insu un précieux parchemin qui pourrait bien sceller l'avenir de la chrétienté...

 

A travers les aventures de Theresa, jeune femme hors norme et attachante, La Scribe évoque une page décisive du christianisme au Moyen Age.

 

Coups de théâtre, érudition et étonnants personnages fictifs ou réels sont les ingrédients de ce roman historique au rythme trépidant.



Critique :

C'est un roman historique très agréable à lire (mais bon, moi j’adore ce genre là), bien documenté (sans être rébarbatif) sur l'époque à laquelle se déroule les faits (le règne de Charlemagne, roi et pas encore empereur).

 

On améliore sa culture générale sur la fabrication des parchemins, le quotidien des scribes ou des apprentis, ainsi que sur les rouages du clergé. Croyez-moi, ce n’est pas triste !


Theresa est le personnage clé du livre, une héroïne tout feu tout flamme, un peu naïve mais souvent déterminée. Apprentie parcheminière, elle a, grâce à son père, la chance de savoir lire et écrire, un véritable pouvoir pour une femme de cette époque (une hérésie pour certain !).


Dans son aventure parsemée d'embûches, elle rencontre un moine très influent, Alcuin d'York, dont le sens de la déduction terriblement aiguisé fait effectivement penser à Sherlock Holmes (ce n’est pas Holmes, mais pour ses méthodes de déduction, c’est le même principe et pour sa froideur aussi).

 

A deux, et malgré le fait qu'ils s'entendent comme chien et chat, ils réussiront à éclaircir bien des mystères, dont des morts bien mystérieuses.

 

J’ai appris des choses en lisant ce livre qui coule tout seul. On frissonne dans la neige et on se retrouve en train d’encourager les protagonistes à fuir ou ne pas aller dans cette direction.


Ajoutez à cela des personnages bien campés, bons comme mauvais, voir très mauvais, une pointe d'érotisme (notre jeune héroïne découvre l'amour mais aussi d'autres plaisirs plus voluptueux) et un soupçon de violence propre à cette obscure période.


En bref, c'est un très bon roman que je recommande vivement à tous ceux et celles qui comme moi aiment l'histoire, mais aussi les sentiments. 

 


 

 

 

Titre : Le voleur des morts

 

Auteur : Tess Gerritsen

Edition : France Loisirs


Résumé :

De nos jours, Julia découvre un squelette dans son jardin. Décidée à découvrir l'identité du mystérieux cadavre, elle va remonter le temps jusqu'en 1830.


1830, hôpital de Boston : Rose rencontre Norris, un futur médecin. Sa soeur est sur le point d’accoucher et ensuite, elle décèdera de la terrible fièvre puerpérale.


« Le Faucheur », un abominable tueur en série qui terrorise la population de Boston, va rapprocher les deux jeunes gens d’une bien sinistre manière...  Norris, dont sa mère est partie quand il était gamin, va se retrouver sur la sellette et accusé d’être l’auteur.


Le seul ami de Norris se nomme Oliver Wendel Holmes, célèbre médecin qui découvrit plus tard, à l’instar de Semmelweis, la cause de la mortalité due à la fièvre puerpérale : l’hygiène ! Ou plutôt son manque. Les étudiants en médecine, après avoir découpé les cadavres, venaient ausculter les femmes sur le point d’accoucher...


Critique :

Un super moment passé, à cheval entre le présent et le passé ! Il commence en 1830, avec Rose et passera alternativement entre elle et Julia, à notre époque.


Au fil des lignes, on se pose beaucoup de questions sur l’identité de la morte trouvée dans le jardin, son rapport avec le passé, sur le pourquoi du « Faucheur » qui tue les personnes ayant eu un quelconque contact avec la soeur de Rose, sur le rapport avec cet homme qui profane des sépultures pour y voler les cadavres et les revendre à l’école de médecine, sur le mystérieux pendentif de la soeur de Rose... Et ce directeur de l’école de médecine : ami ou ennemi ?


La réponse se fera sur la fin, après moult révélations, dont certaines, j’avoue que je ne m’y attendais point !


Quand j’ai fermé le livre, j’avais les yeux brillants. Un excellent policier et des personnages auxquels je m’étais attachée.

 

Je connaissais déjà la cause des fièvres puerpérales, ayant cité le médecin obstétricen austro-hongrois, Semmelweis qui lui aussi était arrivé à la même conclusion « lavez-vous les mains ».

 


 

 

Titre : Iacobus
 
Auteur : Mathilde Asensi
Édition : Folio Policier (2005)

Résumé :

C'est l'un des secrets les mieux gardés de la chrétienté ; un trésor fabuleux disparu à la dissolution du plus fascinant des ordres de moines-soldats : les Templiers.

 

Des histoires folles entourent cette société secrète, détentrice des plus grands mystères de l'humanité. Pour eux sont déjà morts le roi de France Philippe le Bel et le pape Clément V.

 

Pour eux les puissants se déchirent. Celui qui va traverser l'Europe de la Galice à Paris pour tenter de les découvrir se nomme Galceran de Born. Il est médecin et chevalier. Nous sommes en 1319.

 

Critique :

1317, le moine soldat Galceran de Born, médecin de l'ordre des Hospitaliers est aussi surnommé "Perquisitore" (rien à voir avec le Perquolateur ou le Peritoine) en raison de ses dispositions à résoudre des énigmes et à enquêter.

 

S'il pensait se la couler douce en étudiant les manuscrits du monastère mauricien de Ponç de Riba tout en instruisant un des novices dont il sait qu'il est son fils, et bien, c'est loupé.

 

Oui, monsieur le moine-soldat a un jour trempé son hostie dans le calice et à eu un enfant illégitime avec la jeune fille qu'il aimait mais qui fut enfermée au couvent ensuite (pas bien !). Je ne spolie pas, c'est direct dans le premier chapitre, pas de mystère dévoilé.

 

Mais pas de bol, il est convoqué à Avignon, chez le pape Jean XXII ! Parjurant et mentant comme un arracheur de dent au prieur, il arrive à emmener son fiston qui ne sait pas encore que le moine Hospitalier est son père. Non, le fils ne se prénomme pas Luke, mais Garcia, surnommé Jonas.

 

Sa mission ? (s'il accepte, mais il est obligé) Tirer au clair l'histoire de la mort de Philippe Le Bel et du pape Clément V : morts divines ou assassinés par le spectre de Jacques de Molay ? Autrement dit, "assassinés par les Templiers" oui ou non ?

 

L'aventure et l'enquête commencent, nous faisant voyager, mener des interrogatoires, trouver les témoins, bref, pas d'ennui en perspective, sauf pour ceux qui ont quelque chose à cacher au moine-soldat.

 

Galceran, notre perquisitore, est un bon enquêteur et son fils (qui ne sait toujours rien) le seconde comme il peut. Pourtant, notre moine, bien qu'intelligent, peut parfois se montrer un peu stupide et une jolie dame le lui fera remarquer. Paf !

 

L'avantage du livre ? Il y a deux enquêtes : il ne faut pas croire qu'une fois déterminé qui, de la main de Dieu ou humaine, est responsable dans les morts du roi et du pape, que Galceran pourra retourner chez lui, à Rhodes.

 

Seconde mission ? Trouver le trésor des Templiers puisqu'il a obtenu une piste. Là, son fiston lui a donné un sacré coup de main.

 

Et on embarque pour un second voyage, mouvementé, sur le chemin de Compostelle. Galceran va devoir user de toute sa science pour déchiffrer ce que d'autres ont codé.

 

La découverte du Moyen-Age est toujours aussi déroutante, surtout avec leurs croyances et la toute puissance de l'Eglise. A cette époque, ils pensent encore que la terre est plate parce que l'Eglise l'a dit. Galceran, lui, a voyagé dans les pays arabes et il sait plus de choses que les autres. Il ne lui reste plus qu'à essayer d'inculquer tout cela au gamin.

 

Son fils, qui est en pleine crise d'adolescence, passera du stade "je suis capable de réfléchir" à celui de "je n'ai pas de cervelle et je fais chier mon monde". Malgré tout, il est comme son père, orgueilleux et celui-ci a souvent envie de le baffer.

 

Galceran m'a fait passer un bon moment en me racontant son histoire d'enquête sur ces deux mort Historique et sur la recherche du trésor des Templiers, qui restent "plausibles" toutes les deux.

 

Roman ésotérique, vous croiserez des Templiers, l'ordre des chevaliers Hospitaliers, sans oublier une magicienne, quelques passages secrets et des trésors aussi bien cachés et gardés que les mystères.

 

Nous découvrirons aussi l'avidité de certains et la sale manie de l'Eglise Catholique de faire des Saints quand ça les arrangent.

 

Un bon polar ésotérico-moyen-âgeux pour ceux qui aiment le sujet, bien écrit, l'auteur ayant fait ses recherches avant et le récit n'est pas "simpliste" dans son écriture.

 

Rythme de l'histoire pas trop rapide, mais pas trop lent non plus. Agréable.

 

Pour l'origine du titre, vous comprendrez à la fin.

 

Titre participant aux challenges "Polar historique" de Samlor, "Thrillers et polars" de Liliba et "Objectif PAL Noire à zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Etagères" by The Cannibal Lecteur.

 

 

 

Titre : L'hymne des démons


Auteur : Nicolas Bouchard

Edition : France loisirs / Flammarion Noir (2005)

 

Résumé :

La forêt noire, près de Fribourg en Bresgau, année 1740. De lourdes incertitudes pèsent sur l'Europe, le fragile équilibre des puissances menace de s'effondrer.

 

Un nouveau roi vient de monter sur le trône de Prusse ; l'électeur de Bavière menace l'Autriche, la guerre se profile...

 

Et un tueur mystérieux profite de l'extrême morcellement des principautés germaniques pour accomplir ses crimes en toute impunité.

 

Au point que le peuple croît reconnaître dans ces meurtres abominables, la marque du Chasseur Noir, dont les méfaits inspirés par le Démon ont ensanglanté la forêt voilà de cela des centaines d'années.

 

La troupe de Tullio Boccarossa, compositeur d'opéra itinérant, échoue à Fribourg en pleine psychose collective ; là on leur proposera un bien étrange contrat : composer un opéra racontant la légende du Chasseur Noir.

 

Mais en montant une telle oeuvre, Lisbeth Boccarossa, épouse et égérie de Tullio, se demande s'ils ne risquent pas d'y perdre leur âme... ou pire encore.

 

Critique :

Ah, mais que voici donc un excellent thriller historique que j'avais bêtement oublié d'incorporer à ma bibliothèque Babelio.

 

Je vous rassure de suite, ils n'y sont pas encore tous. Bref, ce n'est pas l'objet de la critique.

 

Je disais donc que c'était un excellent thriller historique. Qui dit histoire dit action se situant dans le passé. Je fais fort, aujourd'hui.

 

Et qu'avons-nous de bien dans cet adorable thriller historico-sanglant ? Un adorable tueur qui sévit dans l'ombre des grandes puissances.

 

Oh que j'aime ça ! Pas les tueurs, mais ce genre de roman.

 

Un mystère et des atrocités sont commises... Le tout est de savoir qui et pourquoi...

 

Suspense pour ce roman assez noir qui m'a entraîné au fin fond des forêt profondes.

 

L'action de ce roman se déroule en pleine Forêt-Noire (je ne parle pas du gâteau mais de l'Allemagne). Nous sommes en 1740.

 

Plus exactement, vers Fribourg où une troupe de comédiens et artistes itinérants menés par un compositeur d'opéras, Tullio Boccarossa, arrive sur les lieux, alors que pèsent, sur le pays, de graves incertitudes : nouveau roi de Prusse, menaces de la Bavière sur l'Autriche, guerre qui se dessine au loin... Contexte géopolitique assez instable et les mauvaises langues pourraient dire "encore les casques à pointes ?".


Ajoutez à ce climat instable une série de meurtres abominables, et le fait que le mystérieux assassin semble profiter de cet état d'incertitude pour perpétrer ses forfaits... Voilà une recette gagnante.


D'autant plus qu'une vieille légende resurgit : celle du Chasseur Noir.

 

Qui c'est ? C'est un homme démoniaque qui, des centaines d'années auparavant, avait fait règner la terreur en Forêt-Noire.


Au moment de leur arrivée à Fribourg, la troupe de Tullio se voit proposer une étrange mission, composer un opéra lyrique abordant le Chasseur Noir.

 

Ne risquent-ils pas, en obtempérant, de perdre leurs âmes...si ce n'est pas leurs vies ?

 

Très vite, la psychose s'installe et la sueur coule de mon front.

Un roman exceptionnel, que j'ai eu du mal à lâcher. Sauf au mot "fin" parce que là, je n'avais pas le choix. Bien au-dessus de "La ville noire", du même auteur.

 

Bien écrit, pas de lourdeur dans le récit, pas de phrases alambiquées et tarabiscotées, passionnant de bout en bout, "L'Hymne Des Démons" possède une ambiance semblable à "Sleepy Hollow". Ambiance très gothique et oppressante et contient des passages vraiment terrifiants.

 

Les personnages sont attachants (ça fait du bien), et on prend d'autant plus de plaisir à lire ce roman que l'on veut aussi connaître le fin mot de l'affaire.


Un thriller historique remarquable qui n'a aucun lien avec les intrigues du style "Da Vinci Code", bien que je ne cracherai pas dans ma soupe, ce roman de Dan Brown m'ayant aussi très bien divertit.

 

Mais à la différence, c'est que dans "l'hymne des démons", pas de trépidations de fou à chaque alinéa, bien plus de profondeur, très sombre, plus historique, personnages plus "réels" et moins surfaits.

 

On ne court pas non-stop, mais l'auteur n'a pas besoin de nous essouffler avec des rebondissements de malade pour nous tenir en haleine.

 

C'est là tout l'art de la matière.

 

 

 

 

Titre : La compagnie des menteurs
 
Auteur : Karen Maitland
Edition : Sonatine(2010) / Presse Pocket (2011)


Résumé :

1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort.

 

Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble.


Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu, puis un autre noyé, un troisième démembré… Seraient-ils la proie d’un tueur plus impitoyable encore que l’épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ?


Toutes les apparences ne vont pas tarder à s’avérer trompeuses et, avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d’une incroyable sagacité, au milieu des secrets et des mensonges, pour trouver le mobile des meurtres et résoudre l’énigme avant qu’il ne soit trop tard.

 

Critique :

Que dire de plus sur cette belle découverte que fut ce livre et que l'on a pas déjà dit dans toutes ces critiques ??

 

Tout d'abord, lorsque je lus le quatrième de couverture, dans cette bouquinerie, je m'attendais à me retrouver avec un tout autre récit !

 

M'attendant à trouver le groupe déjà formé dès le départ.

 

Hors, il a fallu quelques centaines de pages avant que tout le groupe ne se constitue et voyage ensemble.

 

Petit à petit il se forme, passant de un à trois, puis à quatre, cinq, six, sept, huit et le neuvième en la personne du conteur.

 

Donc, avant de commencer et vu le résumé, je croyais fermement découvrir une sorte de "Communauté de l'Anneau" (ils sont 9 !) mis à la sauce de "Dix Petits Nègres", un des membres disparaissant au fil de leurs pérégrinations et au fil de la lecture.

 

Raté ! La communauté prend son temps et il n'y aura pas un mort chaque soir. Cela ne m'a pourtant pas ôté le plaisir de lire ce livre, ce n'est pas la première fois que le quatrième de couverture joue avec mon imagination.

 

Nous voilà donc en pleine période de pestilence et je me suis rendue compte, une fois de plus, que dans certains domaines, l'évolution s'est arrêtée.

 

Pourquoi ? Parce que c'est toujours la faute des étrangers, dans ce cas-ci, les Juifs sont montrés du doigt et les ragots vont bon train.

 

L'homme est con, permettez-moi de vous le dire, au cas où vous n'auriez pas remarqué que certains esprits volent plus bas que le derrière d'un cochon.

 

Bien entendu, dans leurs petits cerveaux, la peste ne tuera que les étrangers et si des Anglaismeurent, c'est qu'ils auront fréquenté des étrangers. Élémentaire, non ?... (Ironie et sarcasmes).

 

Pour l'époque, je peux encore pardonner cet esprit étriqué et cette référence à la punition divine, mais en 2012, c'est toujours d'actualité pour certains esprits qui ne volent pas plus haut.

 

Et ils n'ont plus l'excuse de ne pas avoir été instruit et d'être sous le joug de l'Eglise et de son âme damnée nommé Inquisition.

 

Pardon, je m'éloigne du sujet...

 

Dans la communauté, tout le monde à un secret à cacher et ce n'est pas d'avoir piqué de la confiture dans l'armoire. J'en ai découvert certains très vite, mais pour d'autres, je fus plus lente, malgré les indices.

 

Ce roman est passionnant pour son histoire, pour son côté sombre, par ce qu'on ne sait pas ce qui les suit et qui les tue... Ni quels sont les effroyables secrets qu'ils cachent.

 

J'ai eu des envies de meurtre sur un des personnages, celui qui se dit magicien. Misogyne, égoïste, salopard, n'hésitant pas à dire ou faire du mal, je l'aurais bien encastré dans sa carriole.

 

Le livre est facile à lire, pas de courses poursuites trépidantes, ils avanceront au pas de Xanthos, le cheval.

 

J'ai eu des frissons en le lisant, la fin m'a fait ouvrir de grands yeux et j'en suis restée sur le cul.

 

 

 

 

Titre : Le chien de dieu
 
Auteur : Patrick Bard
Edition : Seuil (2008) / Points Thriller (2009)


Résumé :

1798. Les armées de Bonaparte occupent Rome et s'apprêtent à piller le Vatican.

 

En tentant de soustraire d'inestimables manuscrits à la convoitise des Français, Antonin Fages, prêtre et bibliothécaire, découvre une étrange confession rédigée en une langue qui le ramène à son enfance occitane et à ses débuts d'humble vicaire en Margeride, à la terrible année 1764, quand une calamité dépêchée par Dieu dévorait dans les campagnes enfants et jouvencelles.

 

La découverte du manuscrit condamne Antonin à revivre trois ans passés en enfer, trente ans plus tôt. Trois années à traquer la Bête qui terrorisait les campagnes, tuant, égorgeant, dévorant sur son chemin.

 

A l'époque, Antonin n'avait pu élucider ce mystère plus grand que lui. Sans doute cette confession recèle-t-elle un terrible secret car d'autres, moins bien intentionnés que lui, n'hésitent plus à tuer pour subtiliser le manuscrit.

 

La traque contraindra le bibliothécaire à errer dans les bas-fonds de Rome au péril de sa vie, tentant d'échapper à l'armée des ombres qui le poursuit sans pitié.

 

Critique :

Livre assez spécial dans son genre. Surtout par son commencement, trente ans plus tard, durant le siège de Rome et le pillage de la ville, sans oublier des archives du Vatican.

 

Ce que certains rustres font avec des livres m’a donné envie de hurler. Un peu de respect avec les livres ! Revenons à notre critique…

 

Il y a des moments plus creux dans l’histoire, par contre, quand Antonin raconte la « traque » de la bête, ça bouge beaucoup plus et on ne sait plus quoi penser.

 

Surtout que la narration des aventures d’Antonin est entrecoupée par le récit d’un autre homme, blessé à la guerre et qui va hériter d’un chien-loup assez… énorme !

 

Sans compter que l’on dira que l’on a tué la bête et on en « fabriquera » même une, en bourrant une dépouille de loup avec de la paille pour le faire paraître plus grand.

 

Antonin sait que c’est faux et les victimes qui se feront dévorer aussi. Mais c’est trop tard pour elles.

 

Bref, un véritable chassé-croisé aura lieu entre les deux hommes et fera monter le rythme cardiaque du lecteur, surtout lors des attaques de la Bête (sans que vous sachiez, dans le récit, si c’est celle de l’homme blessé à la guerre ou une autre !).

 

Ce ne sera que trente ans plus tard qu’Antonin aura une réponse en lisant le manuscrit écrit par ce soldat blessé et en replongeant dans ses souvenirs… au péril de sa vie !

 

Un vrai roman historique, une histoire palpitante et une solution qui tient la route selon mon avis tout personnel.

 

 

Pour en savoir un peu plus sur la Bête du Gévaudan :

 

http://www.betedugevaudan.com/fr/index_fr.html

http://aldaria02.centerblog.net/rub-Bete-du-gevaudan.html?ii=1#

http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%AAte_du_G%C3%A9vaudan

 

 

 

 

Titre : Que ton règne vienne

 

Auteur : Alexandre Barthelmey

Edition : Presse Pocket (2009)

 

Résumé :

1453. Le ciel est noir de flèches. Sous les murs de Constantinople, les armées du Grand Turc font tonner le canon.

 

Dans le fracas des armes et le pas des chevaux, l'antique Byzance, rempart de la Chrétienté, vit ses dernières heures de liberté. Bientôt, les soldats du Christ succomberont aux infidèles et la Croix s'effacera à l'ombre du Croissant.

 

Alors que la citadelle gronde d'hommes en armes, l'empereur Constantin s'apprête à mener un tout autre combat. Dans les entrailles de la citadelle gît un secret dont il est l'ultime dépositaire.

 

Et la menace barbare n'est rien en comparaison de certains appétits sacrilèges. Désormais, l'unique espoir de l'empereur réside dans une galère génoise, fuyant la ville en flammes: à son bord, l'écuyer Pietro dont dépend le sort de l'Église...

 

Critique :

Je ne puis que vous conseiller, si vous lisez ce livre, de vous munir d'une épée, d'un arc et d'un carquois bien rempli de flèches, d'un chaudron de poix bouillante, de quelques feux grégeois, ainsi que d'un bouclier, d'une cote de maille, d'une armure et du heaume qui va avec !

 

Nous sommes en 1453 et le ciel est noir de flèches, prêtes à vous transformer en brochettes. Où qu'on est ? Nous nous trouvons sur les murs de la ville de Constantinople.

 

Pourquoi toutes ces précautions ? Parce que les armées du Grand Turc font tonner le canon dans le but de faire tomber la ville, pardieu ! Mehmet II envoyant ses bachi-bouzouks (qui n'est pas une insulte à cette époque) harceler les soldats afin de les affaiblir, ne leur laissant pas une minute de répit car il veut faire tomber la ville.

 

En 1453, malgré l'absence des réseaux sociaux et de la télé, tous les regards de la chrétienté sont tournés vers les remparts de Constantinople dont les défenseurs plient sous les assauts de 100 000 Turcs (pas un de moins !).

 

J'en sais quelque chose, les flèches sifflaient à mes oreilles et j'en reçu même une dans un certain endroit lorsque je m'en fus vers l'arrière pour voir si je n'avais pas laissé des patates sur le feu. Qui a dit "désertion" ?

 

Vu la tournure que prend le siège, j'aime mieux m'esquiver. Surtout que pour nous, Mesdames et Mesdemoiselles, il vaut mieux prendre nos jambes à nos cous afin d'éviter, lors de la prise de la ville, de nous faire "envahir" ou "investir" dans tous les... endroits (des enfants lisent) par les hordes d'infidèles qui risquent de nous déferler dessus !

 

Entre nous, pour eux, ce sont nous, Chrétiens, les infidèles... Comme quoi, on est toujours l'infidèle de quelqu'un d'autre !

 

Le pitch ? L'empereur Constantin (dont l'ancêtre fut le "concepteur" de la religion catholique) a découvert, dans les entrailles de la citadelle, un secret qui y gisait et que d'autres convoitent.  Une pierre assez étrange...

 

Sur les remparts, les combats font rage et je viens encore de repousser quelques soldats bien décidés à prendre pied sur eux. Nous sommes en sous-nombre par rapport à eux et ils vont avoir le dessus.

Son unique espoir (à l'empereur) réside dans une galère génoise fuyant la ville en flammes : à son bord, l'écuyer Pietro dont dépend le sort de l’Église... Mais avant d'y arriver, le pauvre garçon devra affronter quelques dangers.

 

Diable, quel secret referme cette pierre ? Pietro ne le sait pas, il se contente de la donner à qui de droit lorsqu'il arrive à Florence et de penser qu'il en a fini avec tout cela et qu'il va pouvoir vivre en paix avec sa femme.

 

Pas de bol, les Méchants n'ont pas l'intention de le laisser en paix, lui et sa femme et les voilà qui rappliquent à Florence.

 

Une fois de plus, nous avons une cavale d'un pauvre gars qui se dirait bien "pourquoi moi ?" (Garion, si tu me lis...), aidé par cela par des chevaliers de l'ordre de Saint-George.

 

De son côté, Constantinople est tombée et notre empereur est bien mal en point... tombé dans un charnier au milieu de ses soldats, grièvement blessé.

 

Ce roman, c'est une course-poursuite qui commencera à Constantinople, fera halte à Florence et qui se poursuivra par les Balkans, le tout dans un Moyen-Age déchiré par les affrontements entre Chrétiens et Musulmans.

 

Si vous êtes à la recherche de l'action "pure et dure", passez votre chemin, l'histoire prend son temps pour décoller et on assiste, impuissant, à la chute de Constantinople durant quelques deux cent pages.

 

Viendront des moments plus calme avec l'arrivée de Pietro à Florence, son installation avec sa femme et la naissance de son fils.

 

Ensuite, la poursuite commence, mais vous assisterez au siège de la ville de Belgrade par les troupes du sultan Mehmet II (oui, encore lui) et vous saurez qui gagnera le combat et surtout comment !

 

Allergiques à l'Histoire, laissez tomber ce livre, il ne vous convient pas.

 

Allergiques au fantastique, passez aussi votre chemin car il y a une chose qui est tout de même difficile à avaler. Enfin, si ce n'était qu'une chose...

 

Par contre, si l'Histoire romancée ne vous rebute pas et que vous avez envie de vous pencher sur cette partie, allez-y ! Les combats sont bien décrits et cela vous donne l'impression d'assister à tout cela.

 

J'ai passé un bon moment de lecture, j'ai frémi, frissonné, encouragé les soldats et maudit l'envahisseur.

 

Par contre, la fin est, à mon sens, un peu bâclée. Elle manque de consistance et d'explications.

 

Malgré tout, pas de regret durant ma lecture.

 

 

 

 

Titre : La tour noire


Auteur : Louis Bayard
Édition : Pocket (1 septembre 2011)


Résumé : 1818. Louis XVI et Marie-Antoinette ont été guillotinés, Napoléon a été exilé et les Bourbons sont revenus au pouvoir.

 

La France, de nouveau, porte la couronne. Mais dans les rues de Paris, trente ans de chaos ont laissé des traces - et c'est un ancien forçat, habitué des bas-fonds, qui dirige la Sûreté : François Vidocq.

 

Un as de l'investigation auquel le jeune Hector Carpentier, docteur en médecine, emboîte vite le pas : il faut dire qu'il en va de sa vie, mais également de l'avenir des Bourbons, dont l'un des membres, disparu en 1795, pourrait bien revenir d'entre les morts...

 

Voici donc notre jeune étudiant un peu naïf mais néanmoins perspicace entrainé à la suite de Vidocq dans les méandres de l'histoire et de la royauté.

 

L'enquête va les mener sur les traces du Dauphin, le petit Louis XVII (serait-il véritablement mort ?) et par la même occasion sur le passé du père d'Hector...

 

Critique :

Noté, sur la couverture : « Elu meilleur thriller de l’année par le Washington Post ». Rien que cela ? Sceptique (mais pas comme la fosse), je demande à voir par moi-même et pour cela, je dois le lire.


Oulà, mais que lis-je ? L’auteur est journaliste au Washington Post ! Oups, n'y aurait-il pas un manque  d’impartialité ? Pour ne pas dire que le juge était partie… Moi, je trouve que oui.

 

Pour conclure (et pas dans le foin), nous sommes loin du "meilleur thriller historique" annoncé sur la couverture (ou alors je n'ai pas la même notion de "thriller" que l'éditeur...).


Attention, je n'insinue pas que le roman est de la daube, mais n’ayant pas lu TOUS les thrillers de l’année, je ne puis vous garantir qu’il soit bel et bien "le meilleur de l'année". En tout cas, il fait partie des « bons thrillers », ça c’est sûr.


Le livre commence par un petit rappel de l’histoire, ce qui est très utile et nous communique l’arbre généalogique de la famille royale française, qui, comme toutes les familles royales, est souvent très complexe. Ici, il est limité aux derniers.


Chapitre premier, consacré à un récit qui se passe en l’an II. Récit sortit tout droit d’un carnet de note d’un homme qui nous décrit les conditions de détentions inhumaines d’un prisonnier.


Ensuite, nous passons à l’histoire proprement dite qui se passe en 1818, durant la période appelée « Restauration ».  


Diable, c’est quoi déjà cette période ? Désolé, mais en Belgique, on n’apprend pas l’Histoire de France.


Ah oui, c’est cette période où les français, après avoir viré leur roi Louis XVI, après lui avoir fait perdre la tête (sans mauvais jeu de mot), ont vécu sous la botte d’un Empereur avant de lui demander d’aller se faire voir ailleurs et de reprendre un roi, Louis XVIII.

 

Varions les plaisirs, comme je dis toujours…


Tiens, mais il est où le Louis numéro XVII ?? C’est ce que le livre va nous expliquer.


Dans ce roman, deux personnages principaux. Tout d’abord, le jeune Hector Carpentier, sorte d’étudiant en médecine qui passe son temps à l’université pour rédiger une monographie et d’autre part, François Vidocq, chef de la Sureté et ancien forçat. Tout les oppose.


Autant le premier est timoré, n’osant rien faire, vivant chez sa môman parce qu’il a dilapidé tout l’héritage paternel pour une pouffiasse.

 

Autant le second est un personnage truculent, avec de la gouaille à revendre et s'impose face au jeune Hector. Vidoq manie les mots et le verbe, n’a peur de rien, sait user des déguisements avec maestria (une sorte de Holmes en moins bien éduqué, version "bandit et gueux") et sait comment interroger les gens pour leur tirer les vers hors du nez.

 

Quel est le rapport entre Hector et le meurtre du sieur Leblanc ? C’est ce que je me suis demandée d’entrée de jeu. Nous le saurons au fil de la lecture.


Voilà nos deux hommes lancés sur une enquête qui va les mener sur la piste du dauphin qui ne serait pas mort dans la prison de la Tour Noire.


Le récit nous est conté par Hector lui-même, entrecoupé de temps en temps par le récit de l’homme qui nous parle de ce mystérieux prisonnier dont je ne doutai pas un instant de son identité. Conditions de détentions atroces, pires que tout.


Ce livre m’a conforté dans deux points : le premier, c’est que les hommes qui ont fait la révolution en dénonçant les conditions atroces ou ignobles dans lesquelles leurs rois traitaient leurs semblables et en hurlant « plus jamais », commettent les mêmes atrocités qu’eux. Et on peut toujours chanter « Non, non, rien n’a changé, tout, tout à continué, hé hé ».


Deuxièmement, c’est que la connerie humaine est comme l’espace, infinie (et encore, on a un doute pour l’espace).

 

Voilà les Français qui, après avoir viré leur roi et pris un empereur, ont dû supprimer toutes les références à la fleur de Lys des Bourbon, pour passer aux abeilles et à l’aigle de Napo.


Ensuite, rebelote, on supprime les abeilles et l’aigle pour repasser à la fleur de lys. Et le coût de toute cette connerie ? Parce qu’il fallait changer tout le service ! Et gare à celui qui aurait conservé un vestige de l’Ancien régime, quel qu’il soit, quand il ne le fallait pas.

 

Ça à l’air bête, mais je ne le savais pas, c’est le livre qui me l’a appris. Petite leçon d’histoire…


Imaginez que vous deviez encore faire pareil après chaque changement de président... Après avoir bouffé la soupe à la grimace dans les assiettes à l'effigie du Nain Nerveux, vous deviez tout changer pour un service à la tête de Flamby...

 

Heureusement, vos dirigeants ne se penchent plus sur vos assiettes. Enfin, quoique… du moins, ils ne se préoccupent pas de la déco de vos assiettes. C’est déjà ça.


Mais je m’égare !


L’enquête de nos deux hommes avance à grands pas et arrive le troisième personnage. Est-il le dauphin ? Vous vous poserez la question, tout comme moi.


Ce personnage est tout en naïveté, tout en innocence. Il m’a touché. Et quand, de retour avec Hector dans la pension de famille que tient sa mère, un des étudiants l’attaquera verbalement, se moquant de lui (personne, hormis Vidocq et Hector ne savent qui il pourrait peut-être être vraiment).

 

Mais tout naïf qu’il est, ne connaissant pas la méchanceté, il lui répondra de manière candide, lui clouant le bec puisqu’il ne s’énervera pas.


Réussite totale de ce personnage qui parvient à vous toucher sans devenir gnangnan.


Réussite aussi du personnage de Vidocq. Sans jamais avoir vu une seule série télévisée ou un film sur lui, je voyais Gérard Depardieu devant moi. Il avait vraiment le style (je précise que la lecture eut lieu avant l'affaire du passeport Russe et de l'exil fiscal Belge).


Réussite aussi du livre, qui, d’un meurtre, remonte l’Histoire et plonge dans un de ses Mystères. Pas de temps morts, ou si peu. Pas trépidant, mais très plaisant.

 

J'ai aimé le récit qui alterne entre l'époque d'Hector (la Restauration) et celle de son père (la révolution).

 

 J'ai bien aimé aussi la découverte, au fil de ma lecture, des nombreux encarts issus du carnets de notes du père d'Hector, médecin de la famille royale. Ces encarts, intrigants et déroutants au début, finiront par donner tout son sel au récit.


De plus, le personnage d’Hector va évoluer au contact de Vidocq pour finir plus apaisé, plus mûr, plus mature. Hector finira par se libérer au contact de Vidocq.

 

Beaucoup de questions en lisant ce livre et une seule envie : que ce soit lui.


Le final m’a laissé sur le cul !

 

Lu dans le cadre des challenges "Polar Historique" de Samlor et "Thrillers et polars" de Liliba.

 

 

 

Titre : L'affaire Lerouge
 
Auteur : Emile Gaboriau
Édition : France loisirs

Résumé :

Une femme d’une cinquantaine d’années, la veuve Lerouge, est retrouvée sauvagement assassinée dans sa maison. Tous les indices conduisent à un jeune homme de bonne famille : les preuves matérielles sont accablantes.

 

L’assassin paraît tout désigné et l’affaire bouclée, quand le doute s’immisce dans l’esprit de l’un des enquêteurs, le père Tabaret. Certains faits le poussent à envisager le meurtre sous un autre angle, et ses découvertes réserveront bien des surprises aux lecteurs.

 

Inspirée d’une affaire criminelle qui défraya la chronique, L’Affaire Lerouge est le premier roman « judiciaire » français.

 

Son auteur, Émile Gaboriau, élabore une intrigue policière à la construction astucieuse, doublée d’une histoire amoureuse.

 

Arthur Conan Doyle, autre père du roman policier, était un grand lecteur et admirateur de Gaboriau. Il reconnaîtra d’ailleurs volontiers l’influence de Tabaret et de Lecoq sur la création de son héros mythique, Sherlock Holmes. 

 

Critique :

Conan Doyle faisait dire à Sherlock Holmes, dans "Une étude en rouge" : "Lecoq n'était qu'une misérable savate ! Son unique mérite était de posséder une énergie indomptable. [...] Il s’agissait d’identifier un prisonnier inconnu. Je l’aurais fait, moi, en vingt-quatre heures. Lecoq y a mis un mois ou presque. Cet ouvrage pourrait constituer à l’usage des détectives un livre élémentaire destiné à leur apprendre ce qu’il faut éviter".

 

Ayant lu le livre, je ne peux pas dire qu'il avait tort... Lecoq est en effet plus énergique qu'un cycliste du Tour en train de monter le Ventoux à plein gaz. Mais Lecoq, ancien repris de justice, suit souvent des fausses pistes !

 

D'ailleurs, dès le départ, lors de la découverte du corps, certains protagonistes de l'enquête se lancent des suppositions un peu vaseuses !

 

Le corps ? Mais de quel corps je parle ? À Bougival, au hameau de La Jonchère, Célestine Lerouge, veuve, est retrouvée égorgée avec une sauvagerie effroyable.

 

Si ce roman est tiré d'une histoire vraie, le véritable assassin ne fut inquiété car jamais découvert.

 

Gaboriau tira un roman de ce crime non résolu et, puisque conseillé par le vieux policier de la sûreté chargé de l'affaire, l'inspecteur Terabat (surnommé Tirauclair), il a brodé sur la réalité pour nous offrir ce qui fut le premier roman policier, Gaboriau étant considéré avec Poe et Conan Doyle comme les pères du policier.

 

Roman policier qui prenait la poussière depuis des lustres sur mes étagères. Son prix étant en euros, je dirais que cela fait 10 ans qu'il m'attend, au moins.

 

Que dire si ce n'est que je me suis un peu ennuyée, lors de ma lecture, suite à de nombreuses digressions au niveau des pensées de certains personnages qui deviennent lourdes.

 

D'accord, elles sont importantes parce qu’elles mettent tout en place. Il est un fait certain que Daburon, le juge d'instruction, ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Cela ralentit fortement l'action du roman et j'ai failli le reposer sur l'étagère qui l'avait conservé durant toutes ces années.

 

Malgré tout, j'ai persévéré et continué à suivre tout ce petit monde : Gévrol, le chef de la sécurité; Lecoq, son aide de camp  qui le méprise et voue une admiration extatique au père Tabaret, dit Tirauclair.

 

Tirauclair, qui est une sorte de précurseur à un Sherlock Holmes version "vieil homme riche" a une marotte inavouable en société : résoudre les énigmes les plus embrouillées grâce à sa méthode infaillible, à savoir partir du connu vers l'inconnu. Ce qu'il fit de manière brillante lors de l'analyse de la scène de crime chez la veuve Lerouge. Diable, on aurait dit Holmes dans ses déductions, donnant même la marque du cigare fumé.

 

Lorsque celui qu'ils pensent être le coupable est arrêté, à priori, il n'y a pas de doute : les preuves sont retrouvées chez lui.

 

C'est une fois l'arrestation faite que le reste va avancer un peu plus vite jusqu'au dénouement... après moult rebondissements. Lecoq ne fut pas le seul à se lancer sur des fausses-pistes, Tabaret aussi a fait des erreurs, mais il les a réparées.

 

La fin du roman a rattrapé son départ laborieux avec un retournement de situation auquel je ne m'attendais point.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et de "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur.

 

 

 

 

Titre : Le Mystère du Hansom Cab
 
Auteur : Fergus Hume
Édition : Payot et Rivages (2006)

Résumé :

Un soir, Malcolm Royston, conducteur de fiacre à Melbourne, découvre qu'il transporte le corps d'un homme qui a manifestement été asassiné.

 

Hormis un etui à cigarettes en cuir de Russie et le mouchoir de soie qui a servi a à chloroformer la victime, aucun papier ni signe distinctif ne permettent de l'identifier.

 

Samuel Gorby, détective de la police de Melbourne, va mener une enquête pleine de surprises, qui l'entrainera dans les beaux quartiers de la ville comme dans ses bas fonds les plus sordides.

Publié en 1886, "Lemystère du hansom cab" est l'une des oeuvres les plus célèbres de la littérature policière. Premier roman criminel à accéder au statut de best-seller, il surpassa en ventes les aventures de Sherlock Holmes.

"Le mystère du Hansom cab", derrière d'apparentes facilités, est avant tout le roman des tensions sociales contemporaines et l'on sera surpris ici du dénouement d'une incroyable immoralité.

 

Critique :

"Le Mystère du Hansom Cab" est considéré comme l'un des premiers classiques du roman policier, son auteur l'ayant publié en 1886, sa rédaction tenant plus du hasard que d'autre chose...

 

En effet, Hume s'était enquis auprès d'un libraire de Melbourne sur le type d'ouvrages qui se vendaient le plus : "Les romans judiciaires de Gaboriau se vendent fort bien", lui fut-il répondu et Hume fit l'acquisition de toutes ses oeuvres (11) qu'il lu avec attention.

 

Je ne pouvais donc pas lire un autre roman après "L'affaire Lerouge" de Gaboriau... Je voulais comprendre aussi comment cette oeuvre était devenue la plus célèbre de la littérature policière, avait accédé au statut de best-seller et avait surpassé en ventes "Les aventures de Sherlock Holmes" ! (d'après le quatrième)

 

Amis lecteurs, si vous êtes à la recherche d'un policier trépidant, oubliez celui-ci !

 

En effet, bien que le meurtre ait lieu de suite (après quelques lignes), l'auteur prend le temps de décrire l'atmosphère de l'époque et d'entretenir le suspense, il se permet des tas de digressions en nous introduisant dans la vie des divers protagonistes, introduit deux logeuses hautes en couleur dont une est à flinguer, nous sort une jeune fille amoureuse qui fait confiance aveuglément à son fiancé accusé,..

 

Mais malgré tout cela, l'intrigue suit son cours et le tout est savamment dosé pour entretenir le suspense et nous mener sur des fausses-pistes (ou pas).

 

Le pitch ? La nuit, dans le fiacre de Melbourne, le client transporté est retrouvé chloroformé par le cocher et n'ayant pas de papiers sur lui, impossible de dire qui il est...

 

Le détective Gorby va devoir mettre toute sa science en oeuvre afin de trouver l'identité de ce gus qui, avant d'être mort, était ivre et qu'un gentleman soutenait tout en appelant un fiacre.

 

Tout à coup, celui qui le soutenait le laisse choir en criant "C'est vous ?" et se casse, laissant le cocher fort dépourvu. Ce gentleman fera ensuite demi-tour pour monter dans le fiacre - avec le futur mort - pour en descendre ensuite, sans préciser que le voyageur ivre a déjà mangé son extrait de naissance.

 

Voilà tout ce que le cocher peut dire, mais il arrive tout de même à décrire vestimentairement l'homme ainsi qu'à indiquer qu'il porte une moustache blonde.

 

Tout ça à l'air bien simple, mais en réalité, ça ne l'est pas et rien, je dis bien "rien" ne sera évident dans cette enquête.

 

La logeuse du défunt s'inquiétant de la disparition de son locataire, cela permettra au détective Gorby de trouver son identité et ensuite de chercher celui qui aurait pu le rayer de la carte des vivants...

 

Une fois le coupable arrêté, on pourrait penser que tout est terminé... Étrange alors que la moitié du livre n'est pas encore lue.

 

Comme par hasard, le jeune homme arrêté clame son innocence mais refuse de dire où il se trouvait au moment du meurtre. Une femme serait-elle cachée là-dessous ? Il voudrait que sa fiancée ne l'apprenne pas ? Protecteur ? Ou bête, très bête !

 

Là, c'est son avocat qui va jouer au Perry Mason et enquêter avec la ténacité d'un bouledogue ne voulant pas lâcher son os. Aidé dans son enquête par un autre détective, Kilsip. Le procès aura lieu et je ne donnerai pas le résultat de la délibération des jurés.

 

L'avocat Calton et le détective Kilsip... Un sacré duo ! Des milieux huppés aux bas-fonds sordides de Melbourne, plongeant dans la misère ou en côtoyant les bourgeois riches, ce sont eux qui vont réussir à remonter le fil de la soirée et à résoudre le mystère de la mort dans le Hansom Cab.

 

Scotchée durant le roman, m'étant attachée à certains personnages, j'étais sûre d'avoir trouvé le coupable, mais peste soit de l'auteur, il m'a bien eu et je me suis retrouvée à la fin, la bouche ouverte, devant le nom du coupable.

 

En effet, le dénouement est d'une immoralité crasse.

 

L'ancêtre du roman policier s'est révélé une bonne lecture, une sorte de roman noir avant l'heure, mais je lui préférerai toujours Sherlock Holmes (ok, je ne suis pas impartiale !).

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 

 

 

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