1.4 Anne Perry : Inspecteur Thomas Pitt

 

 

Série « Charlotte et Thomas Pitt » :

 

Cette série a pour cadre le Londres des années 1880 et 1890.

 

Les titres présentent la particularité d'indiquer la localisation géographique précise du (ou des) meurtre(s). 

 

Ordre de parution :

 

 

1979 L'Étrangleur de Cater Street
The Cater Street Hangman
1980 Le Mystère de Callander Square
Callander Square
1981 Le Crime de Paragon Walk
Paragon Walk
1981 Resurrection Row
Resurrection Row
1983 Rutland Place
Rutland Place
1984 Cadavre de Bluegate Fields (le)
Bluegate Fields
1985 Mort à Devil's Acre
Death in the Devil's Acre
1987 Meurtres à Cardington Crescent
Cardington Crescent
1988 Silence à Hanover Close
Silence in Hanover Close
1990 Égorgeur de Westminster Bridge
Bethlehem Road
1991 Incendiaire de Highgate
Highgate Rise
1992 Belgrave Square
Belgrave Square
1993 Crucifié de Farrier's Lane
Farrier's Lane
1994 Bourreau de Hyde Park
The Hyde Park Headsman
1995 Traitors Gate
Traitors Gate
1996 Pentecost Alley
Pentecost Alley
1997 Ashworth Hall
Ashworth Hall
1998 Brunswick Gardens
Brunswick Gardens
1999 Bedford square
Bedford Square
2000 Half Moon Street
Half Moon Street
2001 Conspiration de Whitechapel
The Whitechapel Conspiracy
2002 Southampton Row
Southampton Row
2003 Seven Dials
Seven Dials
2006 Long Spoon Lane
Long Spoon Lane
2009 Buckingam Palace Gardens
Buckingam Palace Gardens
2010 Lisson grove
Lisson grove
2012 Dorchester Terrace

Dorchester Terrace

2013 Bryanston mews
Midnight at Marble Arch
2014 L'inconnue de Blackheath

Death On Blackheath

 2015  La Disparue d'Angel Court The Angel Court Affair

 

 

 

 

L'inspecteur Thomas Pitt :

 

Thomas Pitt est au service de la police londonienne, dont il gravira lentement, et comme malgré lui, les échelons (inspecteur, puis commissaire), parce qu'il se définit comme un homme de terrain et qu'il n'a pas d'autres ambitions que de mener à bien son enquête.

 

Même s'il se soucie de l'ordre établi d'une façon générale (il n'est pas contestataire dans l'âme comme beaucoup d'autres héros de polars), il résiste à toute pression politique, est indifférent aux belles manières des grands bourgeois (dont il a d'ailleurs, malgré ses origines modestes, épousé une digne représentante), et s'écarte assez souvent des voies que ses supérieurs lui suggèrent d'emprunter.

 

C'est qu'il a la tête dure, et ne se soumet qu'à la persuasion intelligente ou l'évidence des faits.

 

Pas aussi intelligent qu'un Holmes, pas aussi élégant que Poirot, pas aussi rusé que le Juge Ti, et pas aussi fort que James Bond, c'est sa ténacité animée par le sens de la justice qui le rend redoutable.

 

Par ailleurs, il est bien entouré, ce qui est indispensable dans une société londonienne où la bourgeoisie a pris du temps à se persuader de l'importance de la police : les crimes, c'est affaires d'autrui.

 

Par l'intermédiaire de son épouse Charlotte, elle-même souvent très active dans l'enquête, il peut avoir accès aux demeures des riches, même si c'est par l'entrée des domestiques.

 

Sa belle-sœur a épousé un membre du Parlement, ce qui s'avère utile quand le crime a des connotations politiques.

 

Et quand tout semble désespéré, la vieille tante Vespasia, qui est née avec le siècle et connaît tout le monde, est sollicitée, habituellement avec des résultats intéressants.

 

Malgré tout ce beau monde, les crimes sont la plupart du temps affreux, non pas au sens de sanguinolents, mais au sens où les motifs les plus sombres ont entraîné les gestes les plus odieux.

 

 

 

 


 

Titre : L’Étrangleur de Cater street

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (1997)


Résumé :

Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.


Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides.


Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie.

 

Londres, 1881. Charlotte Ellison vit dans les beaux quartiers de Londres avec sa famille, mais malgré l'éducation irréprochable qu'elle a reçue, la jeune fille possède une personnalité très affirmée, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

 

De plus, elle adore lire, en cachette, les faits divers des journaux, ce qui est tout à fait inconvenant pour une dame de sa condition.

 

Mais lorsque des meurtres ont lieu dans Cater Street, près de chez elle, Charlotte est aussi choquée que les autres habitants du quartier.

 

Les victimes, des jeunes femmes issues de différents milieux, sont étranglées à l'aide d'un fil d'acier avant d'être mutilées à coups de couteau.

 

Un beau jour, c'est Lilly Mitchell, la bonne des Ellison, qui ne rentre pas. Charlotte, seule à la maison, décide d'envoyer chercher la police.

 

C'est l'inspecteur Pitt, séduisant mais débraillé, qui vient annoncer aux Ellison que Lilly est la troisième victime de l'étrangleur...

 

La panique s'empare alors en douceur de chaque membre de la famille, qui commence à soupçonner les autres: où était Edward Ellison le soir du meurtre de Lilly?

 

Pourquoi essaye-t-il de cacher ses faits et gestes à l'inspecteur Pitt ?

 

Quelle était la nature des relations que Dominic, le beau-frère de Charlotte, entretenaient avec les trois victimes?

 

Une autre question, plus effrayante, vient à l'esprit de tous: l'assassin va-t-il récidiver?


Dans cette nouvelle série " victorienne ", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard.


Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone.

 

Critique :

C'était ma première lecture de cette série d'Anne Perry, dans le courant de l'année 1995.

 

Et oui, je me souviens toujours que ce roman m'avait emporté loin de chez moi pour me transporter dans le Londres de la reine Victoria qui m'est cher…


« L'Etrangleur de Cater street » est le premier roman qui met en scène Charlotte et Thomas Pitt. Donc, autant commencer par là si vous voulez découvrir les romans de Anne Perry.


Comme la plupart des romans d'Anne Perry, il se déroule à Londres, sous le règne de Victoria. L'inspecteur Thomas Pitt est chargé de mener l'enquête.


Aussi intelligent et courtois soit-il, il ne vaut socialement guère mieux qu'un ramoneur. Personne n'est donc décidé à lui faciliter la tâche. Mais Pitt est pugnace et il revient régulièrement poser des questions. Surtout chez les Ellison, qu'il semble rencontrer plus que nécessaire...


Ce livre mêle enquête policière et immersion dans la société victorienne. Cependant, l'enquête est surtout un prétexte (le meurtrier est arrêté plus par chance que grâce à la sagacité de la police).


Le réel intérêt du livre réside dans les interactions sociales, notamment ici les questions de mariage et de la place de la femme. Les jeunes filles de bonnes familles n'avaient pas le droit de lire les journaux ni de parler affaires.


Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. Il existe une très grande série de romans de cette auteure, tous portant un nom de rue ou de quartier de Londres, ce qui est parfait pour visiter le Londres de l'époque victorienne, avec ses côtés brillants opposés aux plus sombres.


Revendiquant son droit à la curiosité, Charlotte parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides.


Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie.

 

 


 

Titre : Le Mystère de Callander Square


Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (1997)


Résumé :

En creusant dans Callender Square, deux jardiniers découvrent un cadavre de bébé. Alerté, l'inspecteur Thomas Pitt se rend sur les lieux, où il découvre un second corps.

Il entreprend dès lors une enquête dans ce lieu habité par la grande bourgeoisie, qui n'apprécie pas beaucoup de voir ses secrets mis à jour.

Pour l'aider dans sa tâche, l'inspecteur Pitt peut compter (d'ailleurs, elles ne lui laissent pas le choix) sur son épouse, Charlotte, ainsi que sur la soeur de celle-ci, Emily.

 

Critique : 

 

 


 

Titre : Le Crime de Paragon Walk

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (1997)


Résumé :

Londres, 1884. La luxueuse avenue de Paragon Walk s'éveille en plein drame : une innocente jeune fille de dix-sept ans, Fanny Nash, y a trouvé la mort, violée et étranglée.

 

L'inspecteur Pitt est chargé de l'affaire. Sa tâche s'avère encore plus délicate que d'habitude. Une nouvelle fois confronté à l'aristocratie, il va aussi devoir enquêter chez Lady Emily Ashworth, la soeur de sa chère épouse Charlotte !

 

Fanny a été agressée alors qu'elle revenait de chez Emily et George, son mari, reste très évasif sur son emploi du temps au moment du crime. Cacherait-il quelque chose ? L'enquête piétine.

 

Bien décidée à percer le mystère, Emily entraîne Charlotte dans les réceptions mondaines. À la quête des petits secrets qui cachent les grandes dépravations, elles démasqueront un coupable complètement inattendu.

 

Brillante critique sociale de l'aristocratie anglaise de la fin du XIXe siècle, cette troisième enquête de l'inspecteur Pitt, secondé par Charlotte et Emily, conjugue ambiance pesante et coups de théâtre qui raviront le lecteur.

 

Critique : 

 

 


 

Titre : Resurrection Row

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (1998)


Résumé :

"Bas les masques", tel paraît être le mot d'ordre d'Anne Perry dans la série de romans où elle met en scène un couple de héros "victoriens", l'inspecteur Thomas Pitt et son épouse Charlotte, les personnages de roman policier les plus pittoresques et attachants qui nous aient été donnés à découvrir ces dernières années.

 

Dans le Londres de la fin du XIXe siècle qui sert de cadre à leurs exploits, c'est en effet le code hypocrite de bonne conduite de la société anglaise qui se trouve singulièrement mis à mal, sa corruption et sa fausse respectabilité. Anne Perry ou le polar au vitriol : décapant !

Critique :

Mais qu'est-ce qui leur prend, à ces cadavres en putréfaction, de sortir de leurs tombes ? La terre ne leur conviendrait-elle pas ? Ils ont oublié d'éteindre le gaz ? Le voisinage est-il à ce point trop silencieux pour que l'un d'eux ait soudain l'envie irrépressible de se faire conducteur de cab ?

 

Y aurait-il des Vampires à Londres ? Des zombies à Leicester Square ? Avouez qu'il y a de quoi tomber en pâmoison devant ce conducteur plus que faisandé. L'argent n'a pas d'odeur, mais lui, oui !

 

Allez hop, on le refiche dans sa boi-boite, cet aristocrate cavaleur (mais sans pieu dans le coeur) et il réintègre sa demeure. Avec les asticots, l'aristo !

 

Mais voilà ti pas que le dimanche, notre brave Lord Augustus - qui s'était déjà retrouvé sur le cab et qui fut ré-enterré dans la boi-boite - nous rejoue la fille de l'air ! Notre brave cadavre puant est retrouvé assis à l'Eglise, ce qui fera hurler sa veuve.

 

Ce n'est donc pas un vampire... puisqu'il est dans un lieu saint.

 

STOP ! Lecteur cartésien, ne t'en va point, nous sommes dans un polar victorien, et chez Anne Perry, pas de zombies.

 

Non, c'est juste qu'un petit malin s'amuse à déterrer les cadavres et fait tourner la police en bourrique.

 

Pitt en est à se demander si la mort de Lord Augustus Fitzroy-Hammond ne serait pas suspecte et que quelqu'un veuille attirer l'attention dessus.

 

Diable, on l'a tout de même extirpé deux fois de son repos éternel ! Faut pas pousser bobonne dans les orties, tout de même, surtout lorsqu'elle est en string.

 

C'est bougrement louche, toutes ces "sorties" du père Augustus qui n'a même pas le droit de se transformer en humus en toute tranquillité.

 

Mais voilà que l'invasion des cadavres cavaleurs commence et que ça se déterre un peu partout ! Pitt en perd son latin.

 

Avec Anne Perry, pas besoin d'attendre la page 200 pour avoir son lot de cadavres ou de sang.

 

Directement, elle vous plonge dans le sujet comme on plonge un petit gâteau dans son thé : des cadavres qui puent et un plus frais ensuite.

 

Tous n'ont pas dépassé leur date de péremption... Un peu de fraîcheur dans les cadavres, ça fait du bien.

 

Dans cette enquête, l'inspecteur Pitt est plus présent et j'ai adoré retrouver cette chère tante Vespasia, qui n'a jamais sa langue en poche (et qui a dû la balader ailleurs dans sa jeunesse).

 

Cette chère dame adore le franc-parler de Charlotte, soeur d'Emily, sa nièce par alliance. Même notre inspecteur dégingandé, elle l'apprécie.

 

Ce qui a de bien avec Anne Perry c'est que, contrairement à Conan Doyle, elle nous plonge VRAIMENT dans le Londres de la reine Victoria et sans complaisance.

 

La misère, vous la côtoyez ! Les femmes qui travaillent comme des malades et doivent encore faire le trottoir pour payer leur loyer, elle ne vous le cache pas.

 

Les enfants exploités dans les hospices, elle vous en parle. Les lois mal faites et que les aristos trouvent très bien puisqu'elles privent les pauvres des droits essentiels, elle vous fiche le nez dedans.

 

De plus, l'auteur ne se prive pas de mêler le sexe glauque dans les enquêtes de l'inspecteur Pitt : prostitution, proxénétisme, homosexualité (consentie ou pas), pédophilie, TOUS les sujets sont abordés dans ses différents romans, y compris les débuts de la pornographie photo.

 

300 pages durant lesquelles on ne s'ennuie pas, découvrant tout un arrière-plan (et train) de la ville de Londres très très sombre.

 

Au final ? Bluffée !

 

Titre participant au Challenge "Thrillers et polars" de Liliba, au Challenge "Polar Historique" de Samlor, au Challenge "I Love London" de Maggie et Titine, à l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et à "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur.

 

 


 

Titre : Rutland place

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (1998)


Résumé :

Charlotte Pitt reçoit un message de sa mère, Caroline Ellison, car un objet compromettant qu'elle possède a disparu. En se rendant à Rutland Place, elle s'aperçoit que plusieurs autres choses se sont volatilisées dans le voisinage. De plus, Caroline se sent épiée.

 

Quand une femme est assassinée, Thomas Pitt entre en scène. Aidé de Charlotte et d'Emily Ashworth (qui fait son grand retour), il va tenter d'établir des liens entre les faits et d'éclaicir le mystère, malgré les réticences habituelles de la haute société à dévoiler ses secrets.

 

Chantage, empoisonnement, idylles, tout est réuni pour une nouvelle aventure des époux Pitt...

 

Critique : 

Bien que l'héroïne se prénomme Charlotte, nous sommes loin de l'univers enchanteur du dessin animé "Charlotte Aux Fraises".

 

Retrouver Charlotte et son mari, l'inspecteur Thomas Pitt est synonyme d'une plongée dans le Londres assez glauque de l'époque victorienne où la femme dans le milieu aristocratique avait souvent le rôle de "sois belle et par pitié, tais-toi, ne parle que de chiffons avec les autres pendant que nous, les hommes, allons au club, à la City et aux putes".

 

Non, non, ce temps là n'est pas tout à fait révolu de nos jours... Ma lecture du livre "LA Banque : comment Goldman Sachs dirige le monde" m'en a apporté la preuve, les épouses des dirigeants, des associés et des employés étant priées de jouer le même rôle que ces pauvres dames anglaises de l'époque victorienne.

 

Mais revenons à notre tasse de thé. Grâce à Charlotte et à la disparition d'un objet appartenant à sa mère (et auquel elle tient plus que tout), nous allons nous glisser dans les salons feutrés pendant l'heure du thé et grignoter des petits biscuits tout en nous enrichissant de leurs moeurs particulières.

 

Ce qui, au départ, avait l'air d'une banale histoire de disparition d'objets disparates, débouchera tout de même sur une mort brutale. Un cadavre, c'est le minimum syndical d'un roman policier !

 

Ne faisant que 310 pages, l'enquête est rapide et on a terminé l'affaire avant même d'avoir pu esquisser un bâillement poli durant les visites dans le beau monde de Rutland Place.

 

L'auteur s'amuse à nous lancer sur différentes pistes, à énoncer des hypothèses, des mystères et à les résoudre au fur et à mesure de l'avancée du livre, comme d'habitude.

 

Une fois de plus, bien que j'ai eu une pensée mal placée au sujet de deux personnage, j'étais encore en-deçà, la preuve que mon esprit n'est pas aussi noir et tordu qu'on pourrait le penser.

 

Ce fut une lecture rafraîchissante après une précédente qui était éprouvante, une immersion dans les arcanes de la société "aristocrato-bourgeoise" après celles de LA banque (Goldman Sachs), mais le dégoût de cette société dite "bien pensante et en col blanc" est bel et bien présent au final.

 

Ils dirigent le monde et la destinée des autres, se moquant bien au passage des petites gens qui crèvent, quelque soit l'époque ou le lieu.

 

Pourrait-on faire un grand trou et les foutre tous dedans autant qu'ils sont ? Non ? Dommage...

 

Ce titre laisse plus de place à Charlotte et à sa mère, au détriment de Pitt, ce qui est un peu dommage (juste un peu) mais c'était très plaisant à lire, une scène du livre est mémorable et en plus, je me suis laissée dupée par l'auteur avec grand plaisir.

 

Par contre, je ne sais pas ce que fument l'imprimeur, le traducteur ou autre parce qu'il y a une faute énorme au nom de famille du père de Charlotte : "Allison" (coquille) au lieu de "Ellison".

 

Titre participant au Challenge "Thrillers et polars" de Liliba, au Challenge "Polar Historique" de Samlor, au Challenge "I Love London" de Maggie et Titine, à l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et à "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur.

 


 

Titre : Le cadavre de Bluegate Fields

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (1999)


Résumé :

Londres, 1886. Le corps d'un jeune aristocrate est retiré des bas-fonds de Bluegate Fields. L'autopsie révèle qu'Arthur Waybourne, seize ans et déjà syphilitique, a été violé puis noyé dans un bain.

 

Malgré les récriminations du père, un lord soucieux de sauvegarder les apparences, tout indique que le crime a été commis par un familier. Entravé par un supérieur soucieux de ménager la haute société, contrarié par un second qui singe les manières de l'aristocratie, l'inspecteur Thomas Pitt n'aura pas trop de toute sa conscience professionnelle pour ne pas se contenter du coupable idéal.

 

Voulant sauver un innocent, l'inspecteur continue, au risque de sa carrière, à rechercher le vrai criminel.

 

Dans l'ombre, son épouse, Charlotte et sa belle-soeur, Emily Asworth, ne restent pas inactives.

 

Dans cette sixième enquête de l'inspecteur Pitt, Anne Perry réussit, une fois encore, à allier une intrigue haletante à une critique sociale passionnante.

 

Ce récit historique dégage une révolte digne des romans noirs contemporains.

 

Critique :

Ne dérogeant pas à ses habitudes, Anne Perry nous présente, d'entrée de jeu un cadavre : c'est celui d'un jeune homme qu'on a balancé, nu comme un ver, dans les égouts du quartier de Bluegate Fields. Quartier de Londres, qui, sois-dit en passant, n'a rien en commun avec celui de Belgavria. Bref, Bluegate, c'est les bas-fonds londonien.

 

Après autopsie, le légiste révèle à l'inspecteur Pitt que le jeune homme provenait sans aucun doute d'une bonne famille, qu'il avait seize ans, qu'il est mort noyé, certes, mais pas dans les égouts, mais dans une baignoire et ensuite jeté dans les égouts afin que les rats fassent leur travail.

 

Ah oui, j'oubliais ! Ce charmant garçon avait la syphilis et fut violé. Ou pire, il était consentant... (oui, à cette époque, c'était plus que mal vu !).

 

Pitt se lance dans son enquête et découvre l'identité de son cadavre : Arthur Waybourne, un jeune aristocrate.

 

Voici venu le temps, non pas des rires et des chants, mais d'apprendre au papa que son fiston est mort, noyé, violé et qu'il avait contracté une maladie honteuse (on ne sait jamais dans quelle tasse de café le biscuit a été trempé).

 

Et c'est là que je me marre car le père, tout imbu de sa Très Haute Respectabilité et Supériorité, se drape dans l'indignation, menace de faire rayer le légiste qui, décidémment, ne connait pas son métier et promet de faire examiner le corps de son fils afin de prouver qu'il était sain et que ce légiste bigleux qui a eu son diplôme dans un paquet Bonux a inventé la maladie de sa progéniture.

 

La chute n'en sera que plus dure... Le légiste connaissait son métier et le médecin de famille ne pourra qu'acquiescer.  Ce qui n'empêchera pas le père d'essayer de noyer le poisson (oups) en s'inventant une histoire qui arrange mieux sa conscience et ce que les autres pourraient en dire.

 

L'auteur aborde ici, un autre fait "noir" de la société victorienne : la prostitution des enfants, version "garçon" et des aristocrates ou bourgeois qui en profitaient largement !

 

En ce temps là, louer les service d'une gamine était monnaie courante...

 

L'homosexualité, par contre, qui était un péché mortel pour la loi de cette époque (loi radiée depuis peu en Angleterre) est aussi abordée puisque ces hommes sont plus pédophiles que homo étant donné que leurs partenaires sont des mineurs.

 

Une fois de plus, le portrait de l'aristocratie anglaise de l'époque est passée au vitriol et c'est ce que j'adore : en apprendre plus sur la société de l'époque, celle dont certains pensaient qu'elle était exempte de péchés alors qu'une partie était plus que débauchée.

 

L'enquête de Pitt se déroule à son rythme et on arrête assez vite le coupable, précepteur des garçons, un être froid et arrogant. Un peu trop vite ? C'est ce que pense Pitt et il va se heurter à son chef de l'époque qui lui ne l'entend pas de cette manière.

 

Puisque cet homme fut jugé coupable par le jury, c'est que c'est lui ! De plus, il ne faut pas déranger les aristos, ils sont blanc comme neige et patati et patata. Bref, un commissaire bien naïf !

 

Mais vous connaissez l'inspecteur Pitt, plus tenace que Columbo (le manteau froissé en commun) et les incursions de son épouse Charlotte dans ses enquêtes.

 

Cette dernière fera croisade, aidée de sa soeur, pour tenter d'enrayer les pratiques indignes qui font que les hommes riches assouvissent leurs pulsions avec des gamins qui n'ont même pas de poils au menton.

 

Les mentalités doivent changer et les épouses doivent être mises au parfum de certaines pratiques qui sont monnaie courante dans la City.

 

Si le déroulement du procès du précepteur est un peu long, le reste passe très vite et je ne m'étais pas douté du coupable, une fois de plus.

 

Charlotte est meilleure enquêtrice que moi ! Et Pitt aussi car c'est lui qui comprendra ce qu'il s'est passé dans le final.

 

Le Londres de cette époque n'était pas des plus folichon mais c'est toujours un plaisir de découvrir sa noirceur au travers des enquêtes de l'inspecteur Pitt et de son épouse Charlotte.

 

Lu dans le cadre des challenges : "PAL Noire à Zéro" de George, "Vingt mille lieues sous mes étagères" du Cannibal Lecteur (moi), "Thrillers et Polars" de Liliba, "I Love London" de Titine et Maggie (pour les adresses des challenges, voir mon site) et "Polar Historique" de Samlor.

 


 

Titre : Mort a Devil's Acre

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (1999)


Résumé :

Le corps émasculé d'un médecin d'apparence respectable est retrouvé dans le quartier mal famé de Devil's Acre.

 

Thomas Pitt, appelé pour mener l'enquête, découvre que ce crime abominable est semblable au meurtre d'un autre homme découvert quelques jours auparavant. Mais le lien entre les deux hommes semble inexistant.

 

Les choses ne s'arrangent pas quand le corps d'un Lord est retrouvé à son tour.

 

Critique :

Le quartier de Devil's Acre n’est pas le genre de quartier très fréquentable, à Londres, et il faut mieux l’éviter. Mais puisque le corps d'un homme, poignardé et affreusement mutilé, vient d'être découvert en pleine nuit, Thomas Pitt n’a pas le choix.

 

Il va lui falloir mener son enquête dans les milieux de la prostitution, sans compter que des personnes de la haute bourgeoisie seraient peut-être impliquées.

 

Comme souvent dans les enquêtes de Pitt, l’auteur nous décrit la vie des deux côtés de la barrière : les pauvres et les bourgeois. La ville de Londres étant séparée en deux par une barrière invisible, les bourgeois ne se mêlant pas à la populace des miséreux.

 

C’est ce que j’apprécie dans ses romans : il y a moyen d’apprendre des faits historiques ou sociaux, tout en lisant un roman policier, avec de bons cadavres et des personnages récurrents auquel on ne peut que s’attacher.

 

Pourtant, cela faisait un sacré moment que je n’avais plus lu les enquêtes de l’inspecteur Thomas Pitt, certains opus m’ayant déçu. Là, je cherchais dans ma biblio un livre pas trop épais et il m’est tombé dans la main. Il a eu tout à fait raison !

 

J’ai passé un bon moment et je n’ai pas vu venir le coupable avant un certain temps… pas avant la fin, pour vous avouer.

 

Enquête palpitante, vu qu’il y a peu de pages, pas trop de temps morts, des rebondissements, Charlotte et Pitt menant leur enquête séparément et des vieilles connaissances. Une chouette histoire et une bonne intrigue.

 

Certes, comme je le disais plus haut, les ingrédients sont toujours les mêmes dans ces romans: les travers de la haute société britannique des années 1880, la position sociale injuste des femmes, la misère épouvantable des bas quartiers. Et dans ce roman, on va en découvrir des pas très beaux, de travers humains.

 

Malgré la noirceur, l’auteur aborde certains sujets sensibles avec tact, sans aller trop loin dans le glauque. J’apprécie et je trouve aussi qu'il est agréable de retrouver cette ambiance si particulière à cette collection dont j’ai déjà lu assez bien de roman.

 

Thomas fait toujours office de Sherlock Holmes, en moins égocentrique, il est tenace et perspicace, et son épouse Charlotte parvient toujours à fouiner dans ses enquêtes, avec l'aide de sa sœur Emily, bien entendu.

 

Les livres d’Anne Perry ont le chic pour m’emporter dans le Londres des beaux quartiers, du genre Begavria, ou Mayfair avec ses belles calèches, ses demeures cossues, sa bonne société qui se diverti lors de balles et de parties de chasse, des hommes qui règlent leurs affaires courantes et se rejoignent à leur club, des femmes qui reçoivent dans leurs boudoirs, brodent et rivalisent d’élégance, mais qui ne peuveant pas lire le journal...

 

Mais c’est aussi le Londres des prêteurs sur gages, des quartiers mal famés de Limehouse ou des docks, de Seven Dials ou Devil’s Acre, de la misère, des non-droits des femmes, de la prostitution, des gangs, des voleurs et des coupe-jarrets, de Jack,...

 

Tout ce que j’aime, surtout le contraste énorme entre les deux mondes !

 


 

Titre : Meurtres à Cardington Crescent

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2000)


Résumé :

Londres, juin 1887. Pendant que l'inspecteur Thomas Pitt enquête sur un cadavre en morceaux retrouvé dans un cimetière, Emily, la soeur de son épouse Charlotte, se repose avec son mari Lord George Ashworth chez Oncle Eustace, à Cardington Crescent.

 

Elle ne s'amuse guère car son époux flirte avec l'éclatante Sybilla, femme de William, fils unique d'Eustace. Pour reconquérir son mari volage, Emily fait bonne figure et accorde un baiser furtif à Jack Radley, invité de la famille.

 

Le geste ne passe pas inaperçu et semble ramener George à de meilleurs sentiments. Mais le lendemain, on le découvre empoisonné dans sa chambre, aux côtés du cadavre du chien de la maison.

 

Thomas Pitt réussira-t-il à innocenter sa belle-soeur ?

 

Dans ce huitième épisode des enquêtes de Thomas Pitt, Anne Perry fait une description sans concession de l'aristocratie britannique qui méprise les classes inférieures et dont les principes rétrogrades peuvent conduire au meurtre.

 

Une reconstitution qui sonne juste et des dialogues étincelants.

 

 


 

Titre : Silence à Hanover Close

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2000)


Résumé :

Londres, 1887. L'inspecteur de Scotland Yard Thomas Pitt est chargé de reprendre l'enquête sur un cambriolage meurtrier commis trois ans plus tôt, au cœur du très chic quartier d'Hanover Close.

 

Un parfum d'espionnage plane autour de l'affaire et Thomas aura une fois de plus besoin de l'aide de sa femme Charlotte et de sa belle-sœur Emily.

 

Dans un milieu très fermé, leur enquête va s'avérer complexe mais aussi très dangereuse et les menaces de mort violente vont aller crescendo, y compris contre Thomas...

 

Un vrai régal pour les admirateurs de Thomas et Charlotte, sans doute une des meilleures enquêtes du couple.

 

La description de l'Angleterre victorienne et de ses mystères est admirable, le suspense maintenu en permanence.

 

L'enquête est beaucoup plus difficile que d'ordinaire et la chute est une réelle surprise. Bref, c'est une authentique bonne idée qu'ont eu les éditions 10/18 en publiant ce texte, inédit en français.

 

 


 

Titre : L'Egorgeur de Westminster Bridge

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2001)


Résumé :

Le gentilhomme ligoté au réverbère de Westminster Bridge est vêtu très élégamment - fleur à la boutonnière, chapeau haut de forme, écharpe blanche habillée -, mais il est mort, la gorge tranchée.

 

Qui a tué Sir Lockwood Hamilton, cet homme charmant et l'un des plus consciencieux membres du Parlement ?

 

Avant même que l'inspecteur Thomas Pitt ne commence son enquête, l'un des collègues de Sir Lockwood rencontre lui aussi la même destinée au même endroit.

 

Charlotte, la tendre épouse de Thomas, ne peut résister à l'envie d'aider son mari. Mais, pendant ce temps, l'égorgeur de Westminster Bridge continue son œuvre macabre...

 

 


 

Titre : L'Incendiaire de Highgate

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2001)


Résumé :

Septembre 1888. Suite aux crimes commis par Jack l'éventreur, la police de Londres reçoit des renforts de tous les quartiers de la ville.

 

Mais lorsqu'un incendie criminel ravage une maison du quartier tranquille d'Highgate, l'inspecteur Thomas Pitt vient épauler le commissariat local.

 

La maîtresse de maison, Clemency Shaw, est morte carbonisée, pendant que son époux médecin était en train d'accoucher une de ses patientes.

 

Pitt interroge le voisinage et seule une domestique croit avoir vu un fantôme dans le jardin.

 

Le mystère est à son comble lorsque l'un des amis du docteur meurt à son tour dans un nouvel incendie. Dès lors, une question conditionne toutes les autres.

 

Qui est réellement visé par le pyromane et dans quel but ?

 

Ce onzième volume d'une série qui se déroule sous le règne de la reine Victoria présente des protagonistes toujours aussi incisifs : Thomas Pitt, sa perspicace épouse Charlotte et la tante de celle-ci, Vespasia, qui toutes les deux mettent à mal l'hypocrisie des gens "bien élevés".

 

Si l'enquête permet à la romancière de faire état des interrogations de l'époque sur la liberté d'expression et le droit de critique, elle met en évidence la situation précaire d'une partie importante de la population qui travaille dix-huit heures par jour et vit dans des taudis insalubres contribuant à enrichir quelques âmes bien pensantes.

 

Une pointilleuse reconstitution historique qui ne néglige pas le social.

 

 


 

Titre : Belgrave Square

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2002)


Résumé :

Lorsque William Weems, un obscur usurier, est assassiné du côté de Clerkenwell, une discrète jubilation se répand parmi ses clients qu'il n'hésitait pas à étrangler sans pitié.

 

Aussi, quand l'inspecteur Pitt trouve dans son bureau une liste avec les noms de la plupart des gentlemen londoniens, il prend conscience de l'ampleur de sa tâche.

 

William Weems était un vulgaire maître chanteur. Mais Thomas a un atout en la personne de Charlotte, son épouse, issue de la meilleure société londonienne.

 

Et que ce soit au cours de bals chatoyants ou de "five o'clock tea", elle observe ce monde de passion, de pouvoir et de cupidité que la police n'est pas autorisée à voir…

 

 


 

Titre : Le Crucifié de Farriers' Lane

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2003)


Résumé :

Alors que Thomas et Charlotte Pitt assistent ensemble - une fois n'est pas coutume à une représentation théâtrale, le juge Samuel Stafford meurt empoisonné dans une loge voisine.

 

II s'apprêtait à rouvrir le dossier d'un homme condamné cinq ans plus tôt à la pendaison pour le plus horrible des meurtres.

 

L'inspecteur Pitt se retrouve donc avec deux enquêtes criminelles à mener ; or police et magistrature ne semblent guère disposées à lui faciliter la tâche.

 

Heureusement Charlotte est à ses côtés pour l'aider à découvrir la vérité.

 

Critique :

Thomas Pitt, vous êtes un inspecteur de police comme on en fait plus (sauf dans les livres et les séries). Vous êtes tenace, perspicace, têtu, malin et vous suivez les pistes tel un chien de chasse suivant du gros gibier.

 

Incorruptible, pour vous la notion de Justice passe avant tout. Il en est de même pour votre femme, bien que, parfois, elle prenne un peut trop de risques...

 

En tout cas, Pitt, votre droiture devrait être citée en exemple et copiée !

 

Au cas où certains ne suivraient pas (ceux du fond, à côté du radiateur), j'apprécie très fort les enquêtes de Thomas Pitt, aidé de sa femme Charlotte.

 

Par contre, je ne sais parfois plus les titres que j'ai lu et ce livre, j'étais persuadée de l'avoir lu. Il n'en était rien... Heureusement que je m'en suis rendue compte en fouillant des mes notes.

 

Parce que je vais vous dire, moi, lecteurs, que celui-là mérite son lot d'étoiles à la cotation boursière !

 

Mais venons-en au principal :

 

En découvrant le titre, je m'attendais à tomber sur une enquête autour d'un "fraîchement" crucifié, mais en fait, nous commençons par l'empoisonnement d'un juge, alors qu'il était au théâtre.

 

Devinez qui était non loin ? L'inspecteur Thomas Pitt, son épouse Charlotte et Caroline, la maman de Charlotte. 

 

Un juge raide mort, ce n'est pas courant... Empoisonné avec de l'opium, encore moins...

 

Petit bémol ? Celui-ci avait, apparemment, l'intention de réouvrir un procès, vieux de cinq ans, où il avait siégé en tant que juge à la Cour d'Appel !

 

Quel procès ? Celui de Godman, un acteur, juif (vous comprendrez l'importance de sa nationalité ensuite) déclaré coupable d'avoir crucifié l'amant de sa soeur à la porte d'un maréchal-ferrant de Farriers' Lane.

 

Jugé coupable, en première instance et en appel, il fut pendu haut-et-court sous les vivas du bon peuple... Dois-je préciser qu'il clamait son innocence ?

 

Ce crime horrible (la crucifixion, pas la pendaison) avait déclenché des émeutes antisémites lors de l'arrestation de Godman, puisque, selon ces braves gens, seul un juif aurait eu le culot de crucifier un homme.

 

On murmure même qu'ils auraient déjà fait le coup à un type, du temps d'un certain Ponce Pilate, un homme fort propre qui se lavait les mains...

 

Bref, vous l'aurez compris, le climat, en Angleterre, à cette époque, était anti-juif et propice à tout faire flamber chez ces pauvres gens qui n'étaient coupables que d'avoir une autre religion et d'autres croyances, sans oublier qu'ils avaient crucifié, à une époque lointaine, Notre Seigneur Jésus-Christ, ce que le bon peuple anglais n'avait toujours pas avalé. Amen !

 

Cette tension, on la ressentira tout au long du roman, les juifs étant accusé de tous les maux, dont celui de ne pas être vraiment des "êtres humains" comme les autres. Edifiant !

 

Je me suis dit, en lisant certaines répliques, pas piquée des vers : "Mais quel esprit étroit ils avaient, à cette époque..." et une petite voix m'a susurré "à cette époque seulement ?".

 

Non, rien ne change en ce bas monde. Le livre nous fait comprendre que les esprits étroits d'alors le sont toujours.

 

En tout cas, c'est aussi un camouflet adressé à la peine de mort (à l'époque, on les pendait) et, qui sait, aux erreur judiciaires... Je n'en dirai pas plus.

 

Les quatre cent pages  se sont déroulée au rythme de l'enquête de Thomas Pitt, aidé de temps en temps par son épouse.

 

Non seulement il doit résoudre la mort du juge, mais aussi comprendre quelles preuves il avait découvert pour avoir décider d'interroger, cinq ans après, les protagonistes, les avocats, les témoins et les juges de la Cour d'Appel.

 

Y a-t-il un rapport entre la mort du juge et le procès ? Oui ? Non ?

 

Pitt hésite, se tâte, enquête, ce qui n'est pas facile car casse-gueule. Beaucoup ont à perdre dans cette histoire, si, d'aventure, il s'avérait que le procès ne fut pas équitable et l'enquête bâclée.

 

Se pourrait-il que le coupable de la crucifixion ne le soit pas et que l'on ait pendu un innocent ?? Si oui, très grave !

 

Pitt aura bien besoin de sa sagacité pour venir à bout de cette enquête, tout en sachant que, si erreur il y a eu au procès, c'est tout le système judiciaire anglais qui risque de trembler sur ses fondations, les juges qui risquent d'être remis en question et puis, la populace était tellement contente de pendre un juif.

 

Cette haine, on la ressentira vraiment tout au long du roman avec les clichés de fous que la société anglaise avait sur eux.

 

L'autre côté du livre qui m'a plu, c'est l'amusement que j'ai ressenti avec la mère de Charlotte, veuve, qui nous la joue "cougar" en tombant amoureuse d'un homme plus jeune qu'elle, déclenchant l'ire de sa fille qui ne veut pas voir sa mère batifoler avec un acteur qui a l'âge d'être son fils.

 

Dans ce roman, Caroline Ellison se montre sous un autre jour, sortant du carcan dans lequel on l'a forcée à entrer et découvrant l'amour. Tout à fait différente de son rôle dans "L'étrangleur de Cater Street".

 

A un moment, j'ai pensé que madame Perry n'avait pas potassé la manière de crucifier une personne, étant donné qu'il est dit que des clous de maréchalerie étant fixés dans les paumes et les pieds de l'homme.

 

Hors, la paume des main étant trop fragile pour supporter le poids du corps, les clous étaient enfoncés dans les avant-bras, entre le radius et le cubitus (oui, oubliez les représentations du Christ en croix, ce n'est pas la réalité).

 

Et là, elle nous le faisait tenir avec des clous dans les mains ?

 

Ouf, l'honneur fut sauf lorsque dans la description, le policier déclara qu'en plus des clous dans les paumes des mains, il y en avait aussi dans les avant-bras.

 

Ce que j'ai adoré dans le livre ? La petite claque sur mon nez dans les cent dernières pages ! (trois, en fait, de claques sur mon nez).

 

Toute fière d'avoir remarqué un détail qui clochait lors de la mort du juge Stafford, j'étais persuadée de détenir mon coupable dès les premières pages, mon sentiment se renforçant un peu plus sur la fin, sans que je sache le mobile.

 

Mes claques, je me les suis prise avec plaisir, Madame Anne Perry ayant bien mélangé les cartes et ayant gardé tous les atouts dans sa manche.

 

Oui, j'avais raison avec mon coupable, mais il me manquait encore beaucoup de chose ! Ce furent les trois claques.

 

Un régal, cette lecture et cette plongée dans le Londres victorien et la discussion entre Pitt et... Oscar Wilde, qui lui donnera une information de première catégorie.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et Polars" et dans le cadre de " Objectif PAL Noire à Zéro" organisé par "Les livres de Georges" et "L'Or des chambres" et avec lesquelles je suis en partenariat. Sans oublier mon propre challenge "Vingt mille lieues sous mes étagères".

 

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Titre : Le Bourreau de Hyde Park

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2003)


Résumé :

La découverte de corps décapités dans Hyde Park fait resurgir une peur que les londoniens n’avaient plus ressentie depuis Jack l’Éventreur. Et si Thomas Pitt, récemment promu commissaire, ne trouve pas très vite le coupable, on ne donne pas cher de sa tête !

 

Un premier cadavre est retrouvé sur un bateau, puis un second dans un kiosque à musique. Les indices sont bien maigres.

 

Y a-t-il un point commun entre les victimes, un officier de marine respecté, et un musicien ?

 

La population, la presse, les politiciens,... tout Londres réclame vengeance. Jamais Pitt n’a été autant aux abois et si curieusement réticent à effectuer une arrestation.

 

Et au moment où il en aurait le plus besoin, Charlotte, son épouse, semble incapable de l’aider...

 

Critique : 

Avec certains romans, il est facile de perdre la tête... On peut même dire qu'ici, des têtes vont tomber, au propre comme au figuré et pourtant, nous ne sommes pas à la Révolution française !

 

Hyde Park. Un endroit où il fait bon se promener, à pied ou à cheval. Sauf si on désire garder la tête sur les épaule !

 

Parce que dans ce parc, on risque de subir le même sort qu'Anne Boylen... Un homme décapité dans une barque, un autre dans le kiosque à musique.

 

L'enquête piétine et le fraichement promu commissaire Pitt ne sait plus où donner de la tête, sans compter que s'il ne résout pas ces meurtres, il risque de voir la sienne tomber car dans les rues de Londres, la peur grandit, attisée par la harangue de certains politiciens.

 

Ce que j'aime le plus, dans les enquêtes de Thomas Pitt, c'est de découvrir des pans entier de la vie londonienne, et pas uniquement ce qui se passe dans les salons lambrissés des dames de la Haute à l'heure du thé...

 

Non, l'auteure nous fait découvrir toute la vie de l'époque victorienne (1888 et après) : les proxénètes, les prostituées, les ouvrières dans les usines où elles sont exploitées, la politique, les droits des uns, les prérogatives des autres, les non-droits d'une certaine partie de la populace...

 

Pas besoin de me taper la lecture d'un pavé insipide et indigeste sur la vie à l'époque de Sherlock Holmes, il me suffit d'ouvrir un livre avec Thomas et Charlotte Pitt.

 

Les femmes ne peuvent pas voter ? Les Lords peuvent siéger à la chambre de par leurs "origines" ? D'autres doivent se faire élire ? Le tout est incrusté dans le roman parce que l'on suivra Jack Radley, le beau-frère de Charlotte, qui se présente aux élections.

 

Toutes les infos sont incluses dans le texte, ce qui fait qu'on s'instruit tout en se divertissant.

 

L'enquête est un peu plus lente, mais elle est égayée par de multiples cadavres, par le commissaire Pitt qui a du mal dans sa nouvelle fonction et par sa femme qui doit décorer leur nouvelle maison. Bref, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer.

 

Par contre, bien avant Pitt, j'avais compris une chose importante et trouvé un coupable. Mais je n'avais pas vu l'autre astuce...

 

Lire Anne Perry est toujours un plaisir, du moins, lorsque Thomas Pitt est inspecteur ou commissaire.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), du Challenge "Polar Historique" de Samlor (repris par Sharon), du Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste et, last but not leaste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park.

 


 

Titre : Traitors Gate

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2003)


Résumé :

Sir Arthur Desmond, mentor du commissaire Thomas Pitt, est retrouvé mort dans un club londonien. Accident ? Suicide ? Son fils n'y croit pas et demande à Thomas d'enquêter.


Pendant ce temps, au ministère des Colonies, un traître divulgue à l'Allemagne des informations sur la politique anglaise en Afrique.

 

Or, Desmond travaillait aux Affaires étrangères et avait porté des accusations contre le gouvernement au sujet des colonies. Les suspects : un groupe d'hommes très influents et fort soucieux de leur réputation.


C'est alors que le corps d'une aristocrate londonienne est découvert dans la Tamise…

 

Thomas Pitt et sa femme vont risquer leur vie dans cette intrigue qui mêle souvenirs, amitié et affaire d'État. C'est toute l'expansion de l'Empire qui est en jeu.


La " reine " du polar victorien nous entraîne de nouveau, avec jubilation, dans une époque dont elle connaît tous les secrets.

 

Critique : 

Avec l'auteur, on ne perd pas son temps en palabres inutiles durant des pages et des pages, mais on va directement au noeud du problème rapidement : Sir Arthur Desmond, mentor du commissaire Pitt, est mort et son décès est plus que suspect au yeux de son fils, Matthew.

 

Voilà pourquoi il demande à son ami Pitt d'enquêter sur ce qu'il pense être un assassinat et tant qu'il y est, il pourrait aussi trouver le responsable des fuites au Ministère des Colonies.

 

Parce que franchement, ça commence à bien faire ce petit rigolo qui passe des infos importantes sur l'Afrique aux Allemands ! Déjà que le climat entre les deux grandes puissances est délétère en ce qui concerne la politique coloniale Africaine. Manquerait plus qu'ils leur chouravent des futures colonies...

 

Voilà donc notre commissaire Pitt embarqué dans une enquête pas facile du tout : faut agir tout en diplomatie au Ministère des Colonies pour ne pas affoler le traître, enquêter en toute discrétion sur la mort de Sir Desmon car le "Cercle Intérieur", la puissante organisation, y est sans aucun doute mêlée et le supérieur du commissaire Pitt en fait partie.

 

Bref, c'est chaud boulette pour notre commissaire dégingandé. Mais je n'ai pas trop peur, je sais qu'il va arriver à démêler cette pelote de laine. Normal, il a un manteau aussi fripé que celui de l'inspecteur Columbo.

 

L'avantage, dans les romans de madame Perry, c'est que l'on en apprend plus sur les moeurs de l'époque victorienne. Pas vraiment sur la couleur des petits dessous affriolants ou sur les releveurs de seins ou de fesses que les dames portaient dans leurs lourdes jupes, mais plutôt sur la manière de penser des gens de l'époque, sur les différences flagrantes entre les classes sociales ou les droits et les non-droits des uns et autres.

 

Ici, on parlera plus de l'Afrique et des colons anglais, allemands et... belges, que de thé et de scones. Ce sont tout ces petits détails politiques sur les colonies en Afrique qui m'ont fait adorer ce roman, bien plus porté sur la politique étrangère que les autres.

 

Je dois dire que le roman à soulevé mon enthousiasme (à défaut de soulever les jupes des dames) et les 378 pages ont défilé sans que je les voie passer.

 

Pourtant, dans ce tome, Charlotte est moins présente dans l'enquête, pas de tea-party, pas d'Emily non plus, sa soeur. Non, nous avons une Charlotte un peu en retrait, sauf à la fin, où elle va cartonner.

 

Les deux enquêtes de Pitt se marient bien, un cadavre s'ajoute pour une 3ème enquête et j'ai été étonnée de la tournure des événements dans le final. L'auteur a varié les plaisirs.

 

Certes, pas de "trépidations" au sens propre de l'action, mais un roman plus profond sur la politique de colonisation et ses multiples dérives. Et Dieu sait qu'elles furent nombreuses.

 

Des personnages attachants et des crocs-en-jambes finaux qui ne furent pas pour me déplaire ! Un vrai plaisir de lecture.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), du Challenge "Polar Historique" de Samlor (repris par Sharon), du Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chezBianca.

 


 

Titre : Pentecost Alley

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2004)


Résumé :

Deux ans après le massacre des prostituées de l'East End par Jack l'Éventreur, un tueur est de nouveau à l'œuvre dans le quartier de Whitechapel.


Meurtres rituels dans les bas-fonds de Londres ? Qui sont les membres du Hellfire Club dont un insigne a été trouvé près du corps mutilé de la fille de joie ?

 

Et en quoi ce fait divers, somme toute banal pour l'époque, réclame-t-il l'intervention du commissaire Thomas Pitt ?

 

Ce dernier va se trouver confronté à la puissante famille des FitzJames dont l'influence à Londres est telle qu'il n'aura pas droit au moindre faux pas.


Que vaut en effet la parole d'une prostituée contre celle d'un FitzJames ?

 

 


 

Titre : Ashworth Hall

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2004)


Résumé :

En cette fin de XIXe siècle, les dissensions politiques et religieuses en Irlande n'en finissent pas d'empoisonner le gouvernement britannique ; la guerre civile menace.

 

Une rencontre secrète est alors organisée entre protestants et catholiques irlandais dans le superbe manoir d'Ashworth Hall, et le commissaire Pitt se voit contraint d'assurer, en toute discrétion, la sécurité du lieu.

 

Aidé de l'inspecteur Tellman et de sa femme Charlotte, Pitt surveille le déroulement de cet événement à hauts risques tandis que la tension monte entre les invités.

 

Lorsque l'un des convives est assassiné, l'atmosphère du château pourrait bien tourner à l'explosion de violence et mettre en péril la paix de tout le royaume.

 

Critique : 

Qui a commencé ? Nous ne le saurons jamais avec certitude mais entre Irlandais catho et Irlandais Protestants, l'entente n'est pas au beau fixe... Et avec les Anglais encore moins !

 

Au XIXè, déjà, les dissensions politiques et religieuses entre catho et protestants en Irlande n'en finissaient pas d'empoisonner le gouvernement britannique car la guerre civile menaçait de se déclarer entre les deux factions.

 

Que faire ? Tenter d'appaiser les tention à l'aide d'une secrète réunion  entre protestants et catholiques irlandais, sans omettre dans le lot des modérés et un médiateur. Le médiateur ayant déjà reçu des menaces de morts, il faut le protéger discrètement...

 

Par qui ? Par le commissaire Pitt, pardi ! Où ? Dans le superbe manoir d'Ashworth Hall, demeure d'Emily, la soeur de sa femme Charlotte. Comment ? En toute discrétion, je vous prie ! Les déguisements "robes de soirées" et "smoking" seront de rigueur.

 

Voilà Pitt déguisé en bodyguard... Kevin Costner était bien plus efficace dans le rôle car le médiateur Greville s'est noyé dans sa baignoire, le tout à l'insu de son plein gré ! Un meurtre, oui, c'est bien cela. Ah c'est bête, comment on va faire, maintenant, pour la réunion, hein ?

 

Pour une fois, nous n'arpenterons pas les ruelles de Londres, nous ne prendrons pas le thé chez les ladys car nous sommes dans un huis-clos !

 

Le meurtre à eu lieu et la directive est "Que personne ne sorte". Pitt, aidé de son second, Tellman (au départ, déguisé en valet peu coopératif), doit résoudre ce meurtre dans les plus brefs délais avant que l'ambiance ne tourne à l'explosion (dans tous les sens du terme).

 

Ici, pas de ladys dans le sens premier du terme - vous savez, celles qui boivent du thé - mais des irlandaises catho ou protestantes qui se regardent en chiens de faïence.

 

Entre leurs maris ou leurs frères, l'ambiance n'est pas mieux, je dirais même qu'elle est plus tendue que le "matériel" d'un acteur porno sur le point d'entre dans... heu, en action !

 

Chacun se renvoie la faute, certains se vautrent dans le statut de victimes, d'autres dans les lits qui ne sont pas les leur et on se demande s'ils ont vraiment le désir d'arranger leurs différents où s'ils ne préfèrent pas mieux que tout continue, afin d'avoir encore une cause pour laquelle mourir ou des légendes fausses à raconter.

 

Cela m'a changé de mes habituels "Charlotte Pitt" de rester à l'intérieur d'un manoir et de voir les gens prêts à se sauter à la gorge au nom d'une cause.

 

Le côté politique m'a bien plu et j'ai appris des choses durant ma lecture en suivant les flèches décochées par chaque camp. Entre nous, vu leur comportement, ils donnaient envie de pleurer, vu leur incommensurable bêtise.

 

Conseil, si vous le lisez, faites comme moi : prenez des notes lors de la présentation des personnages afin de vous y retrouver dans les noms des Irlandais catho ou protestants ! Sans cela, vous risquez d'être perdu et de ne pas profiter aussi bien du récit.

 

Bien que j'ai deviné de suite qui était plus louche que les autres, bien que je ne me sois pas trompée dans les noms des coupables, non seulement ça n'a pas gâché mon plaisir, mais je dois confesser que j'avais tout de même fait une petite erreur de jugement...

 

Un roman court, différent des autres, mais qui se lit tout seul, le tout dans une ambiance assez houleuse additionnée d'un huis-clos explosif !

 

♫ J'ai voulu planter un oranger

Là où la chanson n'en verra jamais ♪

Là où les arbres n'ont jamais donné ♫

♪ Que des grenades dégoupillées ♫

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), du Challenge "Polar Historique" de Samlor (repris par Sharon), du Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 


 

Titre : Brunswick Gardens

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2005)


Résumé :

Alors que la bataille fait rage entre les tenants de l'évolution des espèces de Darwin et l'Église anglicane, une jeune femme, Unity Bellwood, est engagée par un pasteur, le révérend Ramsay Parementer, afin de l'aider à traduire des textes anciens.

 

Cette jeune femme, féministe convaincue, prêche également pour la théorie de Darwin.

 

Or, après une âpre dispute avec le pasteur, elle tombe dans l'escalier et se brise la nuque...

 

L'enquête étant délicate, elle est confiée à Thomas Pitt qui se rend aussitôt au manoir de Brunswick Gardens, ou vit le pasteur avec ses trois enfants et Dominic Corde, un vicaire, qui se trouve être également le beau-frère de Charlotte et Thomas Pitt.

 

Tout accable Ramsay, et pourtant Thomas a du mal à croire à sa culpabilité. Plusieurs nouveaux incidents viendront obscurcir l'affaire, avant qu'un coup de théâtre de dernière minute ne dévoile enfin l'identité du meurtrier.

 

Critique : 

1891... Suite à une chute mortelle dans les escaliers de Unity Bellwood, l'assistante du révérend Ramsay Parementer, Pitt est appelé à faire toute la lumière sur cette triste affaire dans laquelle le révérend semble impliquée, la jeune fille ayant crié "Non, non, révérend" avant de se rompre le cou en bas des marches.

 

Une fois de plus, il va devoir marcher sur des oeufs afin de ne pas inculper le révérend si celui-ci s'avérait finalement inocent comme il le dit.

 

Je dois avouer que j'ai eu bien du mal avec les cent premières pages... Toutes les considérations religieuses étalées dans les pages et le mini huis-clos entre toute la famille : le fils catho, les deux filles non-conformistes, le père révérend qui avait la tête ailleurs, la mère et le vicaire vivant avec eux.

 

Mais en m'accrochant, je me suis fait violence et je n'ai pas sauté de pages. Une fois passé ce cap, le reste défile tout seul et j'ai pris plaisir à ma lecture, bien que j'aie deviné assez vite qui était coupable...

 

Une fois que j'avais éliminé l'impossible, ce qui restait, aussi improbable que ce soit, devait être la vérité... Bingo pour le nom, mais erreur pour le mobile et la manière de faire.

 

Notre morte, Unity Bellwood était une femme libre, une féministe et grande militante des théories de Darwin.

 

Toute la maisonnée est suspecte : personne n'est venu de l'extérieur et les idées modernes de la jeune femme lui avaient valu de nombreuses inimitiés dans la maison, hormis avec Tryphena.

 

Une bonne idée que de nous avoir ressortit le beauf à Charlotte, Dominic Corde, le veuf de sa soeur Sarah (voir le premier tome "le meurtre de Callender Square"). De "personnage détestable" il est devenu beaucoup plus intéressant à suivre. Une belle évolution.

 

Comme toujours, la palette de personnages est bien fournie et travaillée. On aurait envie d'en brûler quelques uns sur un bûcher... Quant à d'autres, on aimerait les croiser dans le roman suivant pour voir s'ils ont pu conclure dans le foin. Pardon, "concrétiser leur amour naissant".

 

Ce roman aborde les questions de la place de la femme dans la société victorienne, de son non-droit de vote, du jugement de son intellect face aux hommes (on s'en prend plein la gueule, mesdames !), il fera aussi la part belle à la "religion anglicane vs religion catho" et à Darwin.

 

— Elle n'aurait jamais dû avoir le droit de se pencher sur des sujets théologiques aussi sérieux. [...] Ce n'est pas fait pour les femmes. De pas leur constitution, elles sont incapables de comprendre. Ce ne sont pas des questions qui font appel aux sentiments mais à l'esprit pur, à la raison, débarrassée des émotions et des préjugés.


— Je crois vous l'avoir déjà expliqué, dit-il avec aigreur. Les femmes sont, de par leur nature, inaptes aux graves questions intellectuelles. Miss Bellwood ne faisait pas exception à la règle. Elle avait l'esprit vif, saisissait aisément les faits, s'en souvenait aussi bien que n'importe qui, mais la compréhension profonde lui échappait.

 

Petit bémol... Dans le roman, les personnages réduisent Darwin à la théorie selon laquelle l'homme descendrait du singe : ce qui est faux.

 

Premièrement, on ne descend pas du singe, merci bien, je n'ai rien avoir avec les primates et même si on partage 98,5% de notre ADN avec le chimpanzé, nos tendons de la cheville n'ont rien en commun (pour ne citer que cela). Hé ho, je suis un être humain, pas un numéro et encore moins un singe.

 

Deuxièmement, Darwin n'a jamais dit ça... je le pensais aussi (avec horreur) à un moment, jusqu'à ce qu'on me remette dans la bonne direction.

 

Alors, mauvaises connaissances de l'auteur ou juste la transcription de ce que les gens pensaient à l'époque, puisque les critiques, hostiles à Darwin, avaient tiré cette théorie qui n'était pas exprimée...

 

Pour info, dans "L'Origine des espèces", Darwin ne parlait pas des origines de l'homme. Le public a confondu les idées exprimées dans le livre de Darwin avec celles de Lamarck, qui cinquante ans auparavant avait avancé cette idée, sans que cela fasse scandale.

 

Je pencherais pour une vision de la pensée telle qu'elle était à l'époque : déjà amalgamée de choses fausses et fort réduite. Vous pensez ce que vous voulez, mais moi, je n'ai rien à voir avec le singe !

 

Bref, un tome un peu chiant au départ, mais plus instructif et plus "chaud" ensuite, car les repas familiaux seront haut en couleurs et en noms d'oiseaux ! Sans parler de la solution de l'affaire...

 

Le côté huis-clos m'a bien plu aussi (celui après la page 100), ainsi que les incursions de Pitt dans le passé trouble de son beau-frère. Par contre, Charlotte est un peu moins présente.

 

L'avantage, avec cette collection, c'est que l'on en apprend plus sur la société victorienne et ça me plaît.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), du Challenge "Polar Historique" de Samlor (repris par Sharon), du Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 


 

Titre : Bedford Square

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2006)


Résumé :

Shocking ! Le général Balantyne ne décolère pas contre cet inconnu qui a eu le mauvais goût de venir mourir sur son perron de Bedford Square.


Pour Thomas Pitt, chargé de l'enquête, l'existence d'un lien entre la victime et le vieux militaire ne fait cependant aucun doute, mais pour le découvrir il va lui falloir explorer les arcanes de la haute société victorienne.

 

Et lorsqu'il s'agit de s'introduire dans ce milieu huppé, aucune aide ne lui est plus précieuse que celles de sa femme, l'intrépide Charlotte, de son amie Lady Vespasia, et de l'indispensable bonne Gracie.


Ensemble, ils vont peu à peu découvrir l'odieux chantage dont étaient victimes six des personnages les plus influents du royaume et qui menaçait leur bien le plus cher dans cette société impitoyable : leur réputation.

 

Critique : 

L'honneur, la réputation... vaste programme pour ce roman d'Anne Perry ! Warren Buffett a dit "Il faut 20 ans pour construire une réputation et cinq minute pour la détruire".

 

On peut comprendre que dans l'Angleterre de la reine Victoria, une certaine partie de la population tienne à leur réputation comme d'autre à la prunelle de leurs yeux.  Je parle bien entendu de l'Angleterre du haut.

 

Imaginez, vous êtes un général à la retraite et un bête type a eu la brillante idée de venir rendre son dernier soupir sur votre perron ! Déjà que votre nom fut entaché il y a quelques années, il n'en faut pas plus au général Balantyne pour se dire que ces derniers jours sont vraiment des JDM !

 

Ce tome, bien au-dessus du précédent, fait la part belle à Charlotte et à tante Vespasia, pour laquelle j'ai une tendresse toute particulière. Honneur aussi à l'inspecteur Tellman, qui, de personnage détestable que j'avais envie d'étrangler lorsque Pitt est devenu commissaire dans "Le Bourreau de Hyde Park" devient un personnage qui évolue dans le bon sens au fil des tomes.

 

Un meurtre étrange et dans l'ombre, un étrange maître-chanteur qui ne demande pas d'argent, pas de services, mais qui terrorise des hommes hauts placés en les menaçant de révéler des choses qui détruiraient leurs réputations.

 

Voilà donc Charlotte ♫ Avec l'ami Bill Balantyne, Sauvé de justesse des crocodiles ♪ qui va enquêter dans le but de l'aider, car elle a de l'amitié pour lui. Et vous savez que quand Charlotte décide d'enquêter, elle y va franco !

 

Un roman court, sans temps mort, qui fait la part belle à des personnages que j'apprécie beaucoup (mais sans Emily, la sœur de Charlotte) où on se creuse les méninges en se demandant qui est le "blackmailer" et pourquoi il fait chanter 6 hommes haut placés qui n'ont pas l'air d'avoir de rapports entre eux.

 

Comme je vous le disais, l'honneur et la réputation de ces personnages haut placés sont au centre de l'intrigue (et d'autres choses que je ne dévoilerai pas) et l'auteur nous fait bien comprendre que ce n'était pas rien, à cette époque, de perdre son honneur aux yeux des autres.

 

Tout le paradoxe étant que si on nie, les gens ne croiront pas, quand bien même on apporterait une preuve. Une fois que les gens ont jasé, le mal est fait.

 

Roman tendu aussi car les victimes de chantage commence à suspecter tout le monde...

 

Si dans le dernier opus j'avais deviné qui était coupable, il n'en fut rien ici et je m'en suis prise un bien costaud lors de la révélation.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), du Challenge "Polar Historique" de Sharon, du Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 


 

Titre : Half Moon Street

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2006)


Résumé :

En cet automne 1891, Londres semble bien triste au commissaire Thomas Pitt, depuis que sa chère Charlotte est partie se reposer à Paris.

 

Mais il n'a guère le temps de sombrer dans le spleen, car la découverte du corps d'un homme habillé en femme dans une barque, sur la Tamise, l'entraîne dans une nouvelle aventure pleine de mystère.

 

Qui était la victime et pourquoi cette mise en scène macabre ? Aidé de l'irascible sergent Tellman, Pitt fouille les consciences et les coeurs de la haute société, arpentant les coulisses des théâtres où se jouent les pièces d'un certain Oscar Wilde.

 

Gentlemen et ladies irréprochables peuvent parfois cacher de bien dérangeantes vérités...

 

Critique : 

♫ Depuis que je suis loin de toi, Je suis comme loin de moi, ♪ Et je pense à toi là-bas ♪... Cette petite chanson aurait pu être fredonnée par le commissaire Thomas Pitt car sa douce moitié, Charlotte, est partie visiter Paris avec sa sœur Emily et son beau-frère. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

 

Contrairement à Thomas, je n'ai pas souffert de l'absence de Charlotte et de sa petite bonne, Gracie.

 

Attention, j'adore ces personnages, mais vu que le roman était très court (280 pages), je n'ai pas eu le temps de me languir de leur absence.

 

Il faut dire que l'auteur ne perd pas son temps, dès la première page, boum, un meurtre assez sordide de par sa mise en scène : un homme, mort, habillé en femme et menotté dans une barque, les jambes écartés comme si... vous voyez ce que je veux dire.

 

L'enquête devra faire la lumière sur le coupable, le mobile et surtout, trouver l'identité de l'assassiné !

 

Dans ce roman policier victorien, le sujet traité sera "l'orgasme féminin dans la bonne société victorienne"... 

 

Réanimez les culs-bénis, jetez de l'eau aux lecteurs en rut et restez calme !

 

Le sujet était tabou à ce siècle mais puisque l'art précède le progrès, c'est une actrice de théâtre qui a décidé de dénoncer le fait que la femme mariée devait être passive durant l'acte, attendant que monsieur ait terminé sa petite besogne.

 

Le plaisir féminin ? Quel plaisir féminin ? Ça n'orgasme pas, une femme ! Et d'ailleurs, dans la bonne société, on n'en parle pas, on n'y pense même pas.

 

Le rythme de l'enquête est assez rapide, pas de temps à perdre à déguster des petits fours ou des sandwiches au concombres, bien que l'enquête soit tout de même entrecoupée par des petites scènes de vie quotidienne dans la famille de de Charlotte : en l’occurrence, sa mère et sa grand-mère.

 

S'il y avait bien un personnage que je détestais, c'était la grand-mère paternelle de Charlotte ! Une vieille dame aigrie, une vieille peau acariâtre et méchante. Bref, ce que je nommerai une frustrée de la vie doublée d'une mal baisée.

 

Et bien, ce tome a le mérite de m'avoir fait revisiter mon jugement sur cette bique octogénaire ! La tatie Danielle a des blessures secrètes et l'auteur fera monter le suspense jusqu'aux aveux.

 

Cette aventure m'a emmenée dans le Londres victorien des salons de thé et des pubs un peu mal famés, j'ai passé du temps avec des photographes, j'ai discuté un bout de gras avec Oscar Wilde, j'ai fouillé les tiroirs dans des arrières boutiques, mettant la main sur les ancêtres de nos images pornos... Et à cette époque, une jambe dénudée, c'était le summum de l'érotique.

 

Des cartes postales inhabituelles ??? C'est à ce moment là que je me suis rendue compte que j'avais déjà lu ce roman il y a très longtemps. Oublié le traumatisme de la tatie Danielle (pourtant, j'aurais pas dû oublier, il est costaud), mais les cartes postales osées étaient là, bien présentes dans ma mémoire.

 

Pas grave, de toute façon, j'avais tout oublié et le coupable, je ne l'ai pas vu venir ! Enfin, j'ai cru "le voir venir" mais je me suis plantée.

 

Un roman court, intense, pas le temps de s'ennuyer et un joli sujet intéressant qui nous apprend un peu plus sur les moeurs de cette époque.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), du Challenge "Polar Historique" de Sharon, du Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 


 

Titre : La conspiration de Whitechapel

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2007)


Résumé :

Printemps 1892. John Adinett, un membre respecté de la haute société londonienne, est jugé pour le meurtre d’un de ses meilleurs amis.

 

Le commissaire Thomas Pitt, chargé de l’enquête, est appelé à témoigner.

 

Mais à l'issue de ce bien étrange procès, le voilà traîné dans la boue, démis de ses fonctions et exilé dans un des quartiers les plus sordides de Londres.

 

Seule sa femme, l’intrépide Charlotte, sera capable de reprendre l’enquête de son cher mari afin de sauver sa carrière et sa vie des griffes du mystérieux et puissant Cercle Intérieur...

 

Des somptueux salons de l’aristocratie aux taudis de l’East End, Anne Perry n’a pas son pareil pour faire le portrait d’une société victorienne gangrenée par l’injustice sociale et au bord du chaos.

 

Critique : 

Moi qui croyait que cette lecture allait me déconstiper car elle avait tout pour devenir chiante, et bien, je me suis lourdement fourrée le doigt dans l'oeil, et ce, jusqu'au coude !

 

Non pas que je me sois ennuyée avec le déroulement du procès (j'aime ça), mais la mise à pied de notre commissaire Thomas Pitt et son envoi dans la Special Branch m'avait fait craindre une lecture insipide ou neuneu. Il n'en fut rien !

 

Pour une fois, on laisse de côté les beaux salons et les tasses de porcelaine pour s'aventurer en plein dans les quartiers pauvres de la grande ville de Londres où les gens ne savent pas s'ils mangeront demain. Ils ne savent d'ailleurs pas s'ils mangeront aujourd'hui... Et si on ne les tue pas au travail, c'est parce que les morts, ben ça travaillent moins bien.

 

De par cette immersion dans les quartiers les plus pauvres, on peut dire que cette aventure à tout d'un roman noir vu le contexte social mis en avant : si l'usine de sucre ferme ses portes, c'est 1000 familles qui crèveront de faim et l’insurrection commencera dans ces quartiers oubliés de tous. Ça grogne déjà, et à juste titre.

 

Cette aventure est rythmée, l'enquête avance vite, on n'a pas le temps de regarder les mouettes dans le ciel et, hormis les premiers chapitres qui pourraient coller de l'urticaire à ceux qui sont allergiques aux déroulements des procès, tout le reste est diablement agréable à lire.

 

Si Thomas est présent malgré son éviction, ce tome fait la part belle à la petite bonne des Pitt, Gracie, et à l'inspecteur Tellman qui est remonté dans mon estime. Il est d'ailleurs un des personnages détestables qui a le mieux évolués aux fil des derniers tomes.

 

Une autre chose qui m'a bien plu, c'est le côté politique dans lequel on baigne durant notre lecture. Et comme vous le savez, avec le mot "politique" il y a aussi corruption, magouilles, petits arrangements entre amis, complots, manipulations de la vérité... Ajoutons à cela une société secrète qui tire des ficelles. Moi, j'aime tout ces ingrédients dans un roman.

 

L'auteure connait son sujet et en nous parlant de la politique, de la justice, des crèves la faim, de la reine qui vit recluse depuis 30 ans et de son fils qui dépense sans compter. On comprend que tout cela c'est le terreau dans lequel pousse la grogne sociale, la peur de l'autre et l'antisémitisme, une fois de plus.

 

Sans compter que l'ombre de Jacky plane sur les pages et sur les ruelles de Whitechapel qui se trouvent à un pet de cheval de là. Cela ne fait jamais que 4 ans que l'homme au grand couteau trucidait des prostituées dans le quartier.

 

Ceux et celles qui ont étudié les faits de 1888 savent que la théorie dont on parlera dans le roman est saugrenue, l'homme impliqué étant dans l'impossibilité physique d'assassiner les femmes. Quant au fait que les meurtres auraient eu lieu dans une voiture, c'est tout aussi farfelu, les coupures étant trop nettes que pour avoir été faites durant des chaos.

 

Alors que je haussais les sourcils de dépit, me disant que tout ça c'était du déjà vu, l'auteure a su ne pas tomber dans la facilité et je l'en remercie.

 

Un polar historique aux relents de roman noir, le tout baignant dans la politique corrompue qui magouille à tour de bras.

 

Ça conspire à tous les étages et il faudra toute l'adresse de Thomas Pitt, de sa femme, de sa bonne et de son inspecteur pour démêler les fils de cet écheveau qui pourrait en amener quelques uns sur l’échafaud à force d’échafauder des complots.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), du Challenge "Polar Historique" de Samlor (repris par Sharon), du Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chezBianca.

 


 

Titre : Southampton Row

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2007)


Résumé :

Fraîchement réintégré à son poste de Bow Street et félicité par la reine Victoria en personne pour sa précédente affaire, le commissaire Thomas Pitt n'a guère le temps de se réjouir.


Le voilà de nouveau congédié et sommé de rejoindre la très obscure special branch. son ennemi le plus acharné, le machiavélique voisey, est de retour à la tête du "cercle intérieur", la société secrète la plus puissante et la plus mystérieuse de l'empire britannique !

 

A l'approche des élections parlementaires, Thomas Pitt doit à tout prix découvrir les intentions du sinistre personnage afin de mieux déjouer ses plans.


Plongé bien malgré lui au coeur des arcanes du pouvoir, alors que l'étau se resserre, pitt n'a que quelques jours pour empêcher le royaume tout entier de sombrer dans le chaos.

 

Critique : 

Allez hop, allons faire un petit tour dans le merveilleux petit monde de la politique...

 

Venez découvrir les arcanes de cette chose merveilleuse, les dessous de cet univers rempli de gens biens, honnêtes, monde exempt de coups bas, de tacles assassins ou de plantage de couteaux dans le dos.

 

Bref, bienvenue chez les Bisounours, ce monde où personne ne baise personne.

 

Les élections pointent le bout (on remplacerait bien le "l" par un "r") de leur nez et les politiciens sont plus tendus que la corde d'un arc qui serait sous influence de Viagra.

 

Notre Thomas Pitt, à peine remis dans ses fonctions au commissariat de Bow Street, est de nouveau catapulté dans la Special Branch afin d'empêcher un homme bien connu d'accéder au pouvoir via les élections. Cet homme néfaste appartenant au Cercle Intérieur et dont nous avons fait la désagréable rencontre dans le tome précédent "La conspiration de Whitechapel".

 

Il pourrait user de moyens peu catholique afin de décrédibiliser son adversaire politique... Sans compter les menaces qui pourraient peser sur la famille de Pitt.

 

Voilà un roman à déconseiller à ceux et celles qui seraient allergiques à la politique et à tout ses petits dessous peu reluisants. Sûr qu'ils risquent d'attrapper des boutons à force de nager dans ces eaux insalubres.

 

Moi même qui aime les contextes politiques dans les romans, et bien, j'ai eu un peu de mal au début de ma lecture. Heureusement qu'un bon vieux crime est venu mettre un peu d'ambiance dans toutes les magouilles des politiciens anglais.

 

Si Charlotte et sa petite bonne, Gracie, sont effacées dans ce roman, l'inspecteur Tellman va reformer son duo avec Pitt durant l'enquête et Lady Vespasia aura son mot à dire dans cette enquête.

 

La présence de Cornwallis, l'ancien chef de Pitt est toujours plaisante et additionnée de madame Isadora Underhill, cela laisse présager une autre aventure, mais plus romantique.

 

Cette aventure m'a moins plus que la précédente, mais malgré tout, j'ai passé un bon moment au milieu de toutes ces magouilles politiques et je dois dire qu'une était si fine que je ne peux que lui tirer mon chapeau, même si le coup était plus bas que bas.

 

Niveau enquête, rien à dire, mais je déteste quand Thomas Pitt n'est pas à Bow Street. Cette partie sur la Special Branch ne me plaît pas du tout et je ne voudrais pas non plus qu'à chaque aventure, le Cercle Intérieur soit présent, à la fin, ça va lasser.

 

Et puis, une enquête sans Charlotte et Gracie, ça laisse un vide trop grand. J'ose espérer qu'ensuite, tout revindra à la normale et qu'elles seront présentes.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), du Challenge "Polar Historique" de Sharon, de l'Objectif "PAL Noire à Zéro" de George et "Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères" by The Cannibal Lecteur, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 


 

Titre : Seven Dials

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2007)


Résumé :

Thomas Pitt, membre bien malgré lui de la Special Branch, un organe aussi puissant que mystérieux des services secrets britanniques, se voit confier une périlleuse affaire.

 

On a surpris, dans le jardin d'une luxueuse demeure londonienne, la belle Égyptienne Ayesha Zakhari, maîtresse d'un ministre du gouvernement de Sa Majesté Victoria, transportant le corps d'un jeune diplomate, fraîchement assassiné.

 

Détail embarrassant : le ministre se trouvait sur les lieux du crime. L'Empire, déjà aux prises avec des mouvements de grève et des émeutes dans le pays, se passerait bien des conséquences d'un tel scandale.

 

Crime passionnel ou sordide piège politique ? Tout accuse la jeune étrangère mais Thomas Pitt se fie rarement aux apparences.

 

Des champs de coton de la lointaine Égypte aux infâmes taudis londoniens, il va remuer terre et ciel pour découvrir la vérité, malgré un climat politique explosif...

 

Critique : 

 

 


 

Titre : Long Spoon Lane

 

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18 (2008)


Résumé :

Réveillé en pleine nuit par Victor Narraway, chef de la Special Branch, Thomas Pitt est sommé de se rendre d’urgence dans Myrdle Street où des anarchistes menacent de faire sauter une bombe.

 

Après une course-poursuite effrénée, il parvient à arrêter deux d’entre eux, mais découvre dans leur Q.G. de Long Spoon Lane le cadavre de leur chef, fils d’un lord très influent, abattu d’une balle dans la nuque.

 

Intrigué par ce meurtre et les accusations plutôt troublantes des deux anarchistes qui dénoncent une corruption policière étendue, Pitt décide d’enquêter avec l’aide de son ancien acolyte du commissariat de Bow Street, l’inspecteur Tellman.

 

Il découvre alors une conspiration policière et politique terrifiante, orchestrée par le Cercle intérieur, qui ne lui laissera pas d’autre choix que de s’allier avec son pire ennemi, Lord Charles Voisey.

 

Critique : 

C'est fou comme certaines lectures peuvent rejoindre l'actualité... Et malgré plus d'un siècle d'écart, les pensées imbéciles et les désirs haineux de certains sont toujours d'actualités.

 

En aurions-nous douté ? Pas moi, en tout cas.

 

Je viens donc de prendre mon pied avec ce roman (tout en ayant une pensée pour l'actualité de ces dernières semaines) qui me donnait envie de chanter ♫ Non, non, rien à changé ♪

 

Lecture, qui, au départ, fut entamée avec appréhension. Pourquoi ? Parce que je n'aime pas la Special Branch et que je n'ai toujours pas digéré l'éviction du commissaire Thomas Pitt de Bow Street. C'est donc en ronchonnant un peu que j'ai ouvert le livre, mais ce fut de courte durée.

 

Direction les bas-fonds de Londres, les quartiers les plus miteux, ceux où les gens triment 6 jours sur 7 pour des salaires de misères. Un contexte social et politique étaient présent, de quoi me réjouir, donc.

 

Des anarchistes ont déposé une bombe afin de faire sauter une maison bien précise mais vu qu'ils n'ont pas accès au site Comment-faire-une-bombe.com, c'est trois immeubles qui sont parti en fumée, laissant leurs occupants encore plus miséreux.

 

Courses-poursuites en fiacre, fusillade... et un anarchiste au tapis ! Mais qui l'a tué, et pourquoi ??

 

Lorsque je vous parlais des airs contemporains de cette enquête, c'était au niveau politique. Suite à l'attentat, certains parlementaires ont présenté un projet de loi visant à doter les policiers londoniens d'armes à feu et de leur donner plus de pouvoirs.

 

Un Patriot Act version "Tea for two"... Des policiers armés en permanence ainsi qu'une possibilité de fouiller les gens et leurs maisons SANS mandat, autrement dit, si les flics ont quelques soupçons ou que votre tronche ne leur revient pas, hop, à la fouille !

 

Et vu que la police a mis 30 ans afin de se faire accepter par les gens des quartiers les plus miséreux, ils risquent de perdre la confiance du petit peuple.

 

De plus, une partie de ces flics sont corrompus et rançonnent les petits commerçants... Oui, mafia version rosbeef. Notre Thomas Pitt a du pain sur la planche et les esprits s'échauffent vite, même sans les réseaux sociaux.

 

L'auteur nous démontre bien les manipulations qui peuvent se faire, en Haut Lieu, afin de permettre à certains de transformer les policiers en petite armée privée, quitte, pour arriver à leurs fins, à provoquer eux-mêmes des attentats afin de renforcer le climat d'insécurité. La démagogie bat son plein.

 

On comprend aussi comment il est possible de présenter, sous un jour favorable, des projets de lois renforçant votre sécurité, alors qu'il n'en est rien. Le produit à l'air alléchant lorsqu'il est présenté par un parlementaire alléché, mais lorsque l'on creuse un peu, on est horrifié des pouvoirs que l'on donne aux autres.

 

Bref, ne nous laissons pas manipuler par les politiciens et les médias, nous rappelle le roman dont certains dialogues m'ont enchanté (surtout les réparties entre Thomas et les anarchistes).

 

Un petit roman noir bien serré, une dose de suspense, additionné de fiacres poursuites, saupoudré de coups de feu, et rehaussé d'une enquête qui n'a pas dit son dernier mot avant le mot "fin". Plus quelques incursions dans les salons huppés avant de replonger dans des petites ruelles coupe-gorge.

 

Tous nos personnages habituels sont présent, même si Charlotte ne peut plus enquêter comme elle le faisait avant, lorsque Thomas était au commissariat de Bow Street. Sans oublier une alliance contre nature entre Thomas Pitt et... J'en frissonne encore.

 

Tout compte fait, la Special Branch vient de remonter dans mon estime.

 

Lu dans le cadre du Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), du Challenge "Polar Historique" de Sharon, du Challenge "Victorien" chez Arieste, du Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 

 


 

Titre : Buckingham Palace Gardens

 

Auteur : Anne Perry
Édition :  10/18 (2009)


Résumé :

Thomas Pitt, agent des services très secrets de la reine Victoria, la Special Branch, et son supérieur, le glacial Narraway, sont convoqués de toute urgence au palais de Buckingham.

 

L'impensable vient de se produire : un crime barbare a été commis sur la personne d'une prostituée, retrouvée au petit matin dans un placard. La jeune femme était "invitée" à une fête très privée donnée par le prince de Galles…

 

Le coupable doit être désigné et l'affaire étouffée au plus vite, avant que le scandale ne s'ébruite hors du palais, au risque de mettre la Couronne en péril...

 

Critique : 

Bienvenue à Buckingham Palace ! Sa salle du trône, ces cuisines démesurées, ses km de couloirs, sa multitude de larbins, ses nombreux placards dont un possède une prostituée morte, égorgée et les entrailles sorties sur les draps blancs immaculés (par derrière)...

 

Un cadavre dans le placard de la reine Victoria ?? Une prostipute égorgée comme au bon vieux temps de l'ami Jack ? Hé oui !

 

Son Altesse Royale le Fils de la Reine a invité 4 hommes (et leurs épouses) afin de discuter et mettre au point une ligne de chemin de fer qui relierai Le Caire au Cap et, afin d'égayer une soirée, ils se sont fait livrer - non pas de pizzas - des prostituées en provenance d'un bordel. Et boum, on en retrouve une refroidie dans un placard à linge !

 

— La pauvre fille, on l'aurait trouvée dans le placard à linge, répondit Narraway.
Le chef de la Special Branch avait le visage dur, émacié, et un regard si sombre qu'il paraissait noir dans la pénombre du cab. Puis, avant que Pitt n'ajoute quoi que ce soit, il précisa :
— Dans l'un des placards à linge du palais de Buckingham.

 

Pitt, toujours à la Special Branch va devoir marcher sur des oeufs afin de trouver le coupable sans commettre d'impair (lui qui n'en porte pas, d'imper).

 

— Chacun d'entre vous était avec une femme différente ?
— Cela va de soi ! répliqua sèchement le prince, le visage empourpré.

 

Cet aventure revient un peu à mes premiers amours, c'est-à-dire une enquête criminelle avec un morceau de viande froide bien saignante. Même si la politique n'est jamais loin quand on doit enquêter dans le palais de Buckingham où trône un fils de reine, ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile.

 

J'ai aimé le petit côté huis-clos de l'affaire puisque nous sommes au palais et que nous le quittons pas. Les circonstances du meurtres sont impossibles à deviner et malgré le fait que nous n'avons que 4 suspects potentiels dont 1 a un alibi, la tâche n'est pas aiseé.

 

Pourtant, j'avais deviné une chose à laquelle Pitt n'avait pas pensé. Le diable se cache dans les détail, mais malgré cette illumination (qui était bonne mais pas pour la raison que je pensais) et malgré le fait que j'avais mon suspect et que j'avais bon, jamais je n'ai immaginé le mobile une seule seconde.

 

Chapeau, c'était rondement mené - malgré quelques petits passages plus lents - et lorsque nous pensons que tout est résolu, et bien non !

 

Malgré la multitude de personnages, on les différencies bien, surtout un, que j'ai détesté d'emblée.

 

Un seul regret : pas de Charlotte menant l'enquête puisque nous sommes à Buckingham, mais Gracie, leur petite bonne, aura les honneurs de cette aventure et, ma foi, elle ne démérite pas.

 

Quand à notre Pitt, il a une sacrée paire de couilles bien accrochées parce que oser dire ce qu'il a dit, à cette époque où les rois et reines étaient tout puissant, fallait en avoir des grosses !

 

Parce que le roman ne se contente pas de vous faire découvrir le palais au travers d'une enquête, non, il est aussi une critique assez virulente sur les petits jeux qui s'y déroulaient.

 

Les gens avaient beau péter dans de la soie, ils étaient souvent plus vils que ceux qui vivaient dans les caniveaux. Et comme disait Pitt, on trouve des canniveaux dans les endroits les plus innatendus.

 

— Espèce d'incapable ! lança-t-il d'une voix rageuse. Mais pour quoi vous prenez-vous pour vous adresser sur ce ton condescendant au futur roi d'Angleterre avec votre pudibonderie d'ouvrier. Avez-vous idée de la façon dont vous vous êtes ridiculisé ? On attend pas de vous un comportement de gentleman, mais que vous ayez au moins la présence d'esprit de garder vos jugements moraux pour vous même. On voit bien que vous venez du caniveau, là où, je suppose, vous passez le plus clair de votre temps.
— Mais vous savez, ajouta Pitt, ses yeux dans ceux de Dunkeld, on trouve des caniveaux dans les endroits les plus inattendus.

 

Ceux qu'elle avait admiré n'étaient en fait ni plus ni moins malins ou courageux qu'elle. Le palais était bien comme partout ailleurs, un lieu de bassesses et d'ambitions, où l'on jouait avec la vérité pour sauver sa peau.

 

En plus de tacler la monarchie, les nobles et certains riches qui auraient vendu père et mère pour posséder un titre, le roman nous parle aussi de la colonisation de l'Afrique, de certains pays qui ont déjà beaucoup et qui en veulent encore plus, quitte à écraser les habitants.

 

Et eux, ils n'avaient pas d'armes à feu, contrairement à nos pays dits "civilisés".

 

— La musique de chambre, tant que vous voulez, mais ne réduisez pas les tam-tams au silence sous prétexte que vous n'y comprenez rien, Mr. Narraway. Les mêmes qui jouent du violon possèdent des armes à feu, alors que ceux qui jouent du tam-tam n'en ont pas.

 

Un excellent moment de lecture.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), le Challenge "Polar Historique" de Sharon, Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, le Challenge "Victorien" chez Arieste et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 


 

Titre : Lisson Grove

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2010)


Résumé :

Un vent révolutionnaire souffle sur Londres : certains groupes d'anarchistes semblent déterminés à faire trembler la Couronne, et ce malgré la vigilance de Thomas Pitt et celle de son supérieur à la Special Branch, Victor Narraway.

 

Aussi, lorsqu'un informateur est assassiné, Thomas n'hésite pas à suivre son meurtrier jusqu'à Saint-Malo pour en savoir plus sur l'identité des commanditaires. Pendant ce temps, à Londres, Victor Narraway, victime d'un piège, est démis de ses fonctions.

 

N'écoutant que son courage, Charlotte décide de lui venir en aide et de l'accompagner à Dublin, où les rancunes contre les Anglais et le chef de la Special Branch en particulier sont extrêmement vivaces.

 

De salles de théâtre en salons de thé, Charlotte va découvrir que la bonne société irlandaise de cette fin de XIXe siècle n'a rien à envier à l'Angleterre en matière de mensonges et de faux-semblants...

Critique : 

Thomas Pitt et son collègue Gower sont lancés aux trousses d'un informateur, qui, vu la manière dont il cavale, n'a plus trop envie d'informer la Special Branch ! Peur de se faire refroidir dans une ruelle sombre ?

 

Bardaf, c'est l'embardée, il vient de se faire égorger ! Ni une, ni deux, Pitt et Gower décident de pister l'assassin et se retrouvent de l'autre côté, à Saint-Malo !

 

Le soleil, les coquillages et les crustacés, pas mal comme ville pour commencer une planque.

 

De son côté, le chef de la Special Branch, Victor Narraway est suspecté d'avoir détourné des fonds et va devoir aller mener une enquête en Irlande, afin de se faire blanchir.

 

Ce tome met en avant Charlotte, qui se retrouve à enquêter aux côtés de Narraway afin de ne pas mettre en péril la carrière de son mari puisqu'il est le petit protégé de Narraway et que celui-ci est démis de ses fonctions.

 

Chaque personnage est mis en avant, tour à tour, dans toute la série, mais cela se fait toujours au détriment d'autres personnes que j'aime beaucoup. Ici, Gracie et Tellman m'ont fortement manqué.

 

Le côté politique est plus marqué dans la série consacrée à Special Branch et les socialistes chauds bouillants sont marqués à la culotte, presque. Oui, à cette époque troublée de 1895, les hommes de gauche était plus remuant qu'un flan au caramel, rien à voir avec le caviar, encore. Non, ils étaient même limite terroristes.

 

Des chapitres sont consacrés à l'enquête de Pitt à Saint-Malo (et j'avais compris une chose bien avant lui) et d'autres à Charlotte, à Londres et en Irlande. On n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer et le final est assez mouvementé.

 

Charlotte est toujours aussi bonne enquêtrice et elle avait dû lire "Silver Blaze" car, comme Sherlock Holmes, elle avait remarqué le bizarre incident du chien pendant le meurtre.

 

Je n'aimerai jamais la Special Branch, mais j'ai apprécié de roman pour le dépaysement qu'il m'a procuré - pas de huis-clos comme dans le précédent - et le côté politique entre l'Angleterre et l'Irlande.

 

J'espère juste que dans le suivant, j'aurais encore le plaisir de travailler avec Victor, Gracie, Tellman et tous les autres, en même temps.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), le Challenge "Polar Historique" de Sharon, le Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 

 

 

Titre : Dorchester terrace

Auteur : Anne Perry

Édition : 10/18 (2012)


Résumé :

Tout à prouver et aucun droit à l'erreur : devenu directeur de la Special Branch, Thomas Pitt est seul aux commandes.

 

Lorsqu'il reçoit des informations à propos d'un projet d'attentat visant un Habsbourd sur le sol britannique, Pitt doit redoubler de vigilance. Sa carrière et la paix de l'Empire ne tiennent plus qu'à un fil et aux souvenirs d'une aventurière italienne...

Critique : 

♫ Et puis mon Empire, je suis prêt à le trahir, puisque sans contrefaçon, je suis un espion ♪


Et oui, depuis que Thomas Pitt est devenu directeur de la Special Branch (sécurité du territoire), il a certes monté dans l'échelle sociale, son salaire est important, tout comme ses pouvoirs, mais le tout s'accompagne aussi d'une hausse des tracas.


Comment démêler le vrai du faux ? Le bluff du double bluff ? Comment savoir à qui vous pouvez faire confiance ? Il y avait bien des traitres au sein de la Special Branch et ce ne serait pas la première fois qu'il y en a dans les hautes sphères du pouvoir.


Les espions ou agents-doubles sont légion. Il doit y avoir, au sein des Ministères, des gens amers prêt à trahir leur mère l'Angleterre.


Le diable se cache dans les détails, dans les coïncidences, et Pitt ne peut plus rien raconter à son épouse Charlotte. De plus, nombreux sont ceux qui l'attendant au tournant, guettant le moindre faux pas qui le discréditera de son poste.


Cette 27ème aventure baigne dans la politique, dans les secrets cachés, dans les jeux de pouvoir et cela m'a enchanté. Pied littéraire, carrément.


Dire que je ne voulais pas lire les épisodes où Thomas Pitt se trouvait muté à la Special Branch... En voilà encore un qui m'a emporté


En cette année de 1896, nous parlons déjà de la poudrière des Balkans, celle qui nous pétera à la gueule en juin 1914, avec l'assassinat de François-Ferdinand.


Ce polar Politique est aussi Historique puisque l'on nous parle de la tragédie de Mayerling, où Romy Schneider, épouse de l'Archiduc François-Joseph d'Autriche-Hongrie, a perdu son unique fils et héritier du trône, Rodolphe, qui s'est suicidé dans le pavillon de chasse avec sa maîtresse.


Enfin, pas Romy, mais Sissi, ou Elizabeth, celle qui n'a rien à voir avec les films à l'eau de rose car très librement inspirée de la réalité. Et pour clore cette parenthèse culturelle, je vous rappelle que le Rodolphe en question avait épousé Stéphanie, fille de Léopold II, roi des Belges.


L'avantage, dans les romans policiers Historique, c'est que nous connaissons la suite et quand on me parle que c'est François-Ferdinand qui va monter sur le trône ou du jeu des alliances qui donnerait une guerre quasi mondiale si un truc se passait en Croatie ou en Serbie, ça fait froid dans le dos.


— [...] L’Autriche sera alors en guerre avec la Croatie. Cela plaira à ses puissants cousins russes, qui prendront fait et cause pour elle, même s’ils n’y sont pas invités. Puis l’Allemagne interviendra au côté de l’Autriche qui est aussi de langue et de culture allemandes, et avant que vous ayez pu arrêter l’avalanche, vous aurez une guerre telle que vous n’en aurez jamais vu auparavant.



— La Hongrie fera sécession et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous aurons un conflit qui se propagera à la vitesse de l’éclair jusqu’à affecter les trois quarts de la planète. Ne vous imaginez pas que l’Angleterre y échappera. Non. Il y aura la guerre, depuis l’Irlande jusqu’au Moyen-Orient, et de Moscou à l’Afrique du Nord, voire plus loin. L’Afrique suivra sans doute parce qu’elle est britannique, puis l’Australie, la Nouvelle-Zélande et même le Canada. Et peut-être les États-Unis d’Amérique aussi.


J'ai apprécié aussi que tante Vespasia soit mise en avant, ainsi que Victor Narraway, ancien supérieur de Pitt. Voilà un personnage que je n'avais pas aimé au début et qui a su me conquérir le cœur.


Charlotte et sa sœur Emily se retrouvent aussi aux avant-postes, même si elles n'enquêtent plus comme avant. Emily a peur pour son mari qui a eu une promotion, elle doute de ses capacités, même si elle ne le dit pas. Charlotte, elle, de son côté, fait confiance aux capacités de son mari.


— Tu as déjà connu tant de succès que je peux accepter un échec ou deux, dit-elle tout à fait calmement. Personne ne gagne tout le temps, sauf si l’objectif visé est facile à atteindre.


Le côté politique du roman m'a bien plu, j'ai adoré les secrets, les manipulations, les coups de bluffs, ainsi que le côté "espionnage" et double-jeu.


Lorsque Pitt était policier ou commissaire, il y avait moins de nuances de gris. On procédait à l'arrestation du coupable ou on n'avait pas assez de preuves pour le faire et on rongeait son frein.


Ici, on peut lui faire retourner sa veste, l'exploiter, le faire travailler pour nous...


Notre Thomas Pitt va devoir changer sa manière de travailler, mais je ne me fais pas de soucis, il apprend vite et est toujours le champion du démêlage de pelote de laine !


Avec des complots politiques et un final époustouflant comme j'ai eu droit, ce roman va se trouver dans mon top 5 des aventures de Thomas Pitt que j'ai le mieux aimé.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), le Challenge "Polar Historique" de Sharon, le Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 

 

 

Titre : Bryanston Mews


Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2013)

Résumé :

En cet été 1896, Londres n'a d'yeux que pour le procès du Dr Jameson ; procès engagé suite à son raid meurtrier mais vain pour reprendre le contrôle du Transvaal, une région d'Afrique du Sud disputée aux Boers.


Une partie de la noblesse qui a investi dans cette aventure réalise alors qu'elle risque de perdre sa fortune.


Mais Pitt, et plus encore Narraway, son ancien supérieur à la tête de la Spécial Branch, sont davantage préoccupés par le viol et le meurtre de Mrs. Quixwood, la femme d'un riche banquier.


D'autant qu'il semble que ce viol ne soit pas un cas isolé…


Dans la touffeur de l'été, l'horreur s'invite aux soirées d'ambassadeurs, menaçant les femmes de joies comme les nobles.


Critique : 

Habituée depuis quelques tomes à des récits tournée vers la politique, je pensais me délecter avec de la magouille politique sur l'Afrique du Sud et la future guerre des Boers.


Oh, surprise, nous penchons plus vers l'enquête criminelle que sur la politique. Pas que cela m'eusse dérangé, mais j'aurais aimé que l'on me parle un peu plus du Transvaal (qui n'est pas une marque de bière belge).


L'auteure, habituée à nous soumettre un problème de société n'a pas dérogé dans ce 28ème tome des aventures de Thomas Pitt et Charlotte.


Le fait de la société victorienne mis sous les projecteurs fut le viol et tout ses aspects : l'horreur de l'acte, le traumatisme, la peur, la honte, la condamnation de la femme par la bonne société, le chagrin des parents, le beau mariage que leur fille ne fera plus et le fait que le coupable se gaussera que la demoiselle (ou la dame) ne demandait que ça.


— Bien sûr qu’elle est innocente ! coupa Charlotte. Elle a seize ans ! C’est une enfant !
— Pour l’amour du Ciel, ma chère, étiez-vous toujours innocente à seize ans ?
— Bien sûr que oui ! Je l’ai été jusque…
— Je ne mets pas en doute votre chasteté, rétorqua Vespasia d’un ton plus sec. Il me semblait que cela allait de soi. Je parle d’innocence au sens de ne pas offrir de tentation à un homme qui a plus d’appétits que de décence, et qui ne se croit pas obligé de les contrôler.


Un violeur issu de la bonne société hante ces pages et on a une furieuse envie de lui passer le petit oiseau par le fil de l'épée pour s'en faire un pendentif.


Ce que j'ai aimé, bien que parfois j'ai eu la sensation de tourner en rond, ce sont les interrogations de Pitt et sa peur qu'un jour pareille horreur arrive à sa fille ou que son fils, une fois adulte, se conduise comme un rustre.


Les deux enfants de Charlotte et Thomas se posent eux aussi des questions, Jemima a 14 ans et c'est une adolescente comme toutes les ados de cet âge : une chieuse !


— Ce n’est ni la faute de ton père ni celle de ton frère que tu sois émotive et indécise. Tout le monde passe par là en grandissant. Tu te conduis comme si tu étais le centre du monde, et ce n’est pas le cas.
— Vous ne comprenez pas ! gémit sa fille, le visage défait.
— Bien sûr que non, admit Charlotte avec un sourire. Je n’ai jamais eu quatorze ans, je suis passée directement de douze à vingt. Mes deux sœurs aussi.


Tous les deux se posent des questions sur la chose et sur ce qu'est un viol.


Et oui, on a beau faire en sorte de ne pas ébruiter les détails sordides, à croire que tout le monde est sur écoute parce que la rumeur grossit de bouche en bouche (pas de pensées scabreuses, messieurs !).


Si Pitt est un peu un retrait dans cette affaire, Victor Narraway et Lady Vespasia ont les honneur de l'enquête sur la mort de madame Quixwood. Moi qui détestait Narraway avant, j'éprouve de la tendresse pour ce personnage.


Oui, l'auteur arrive à me faire aimer des personnages que j'avais détesté aux premiers abords. Comme avec Tellman, l'ancien policier de Pitt, que j'ai appris à aimer au fil des romans et qui me manque terriblement, ainsi que Gracie, la petite bonne qui s'est mariée.


La mise en avant de certains personnages m'a bien plu, ça nous change, l'enquête était corsée, même si j'avais deviné quelques trucs, le procès m'a passionné mais le problème vient du final.


Il est rempli d'adrénaline, mais un peu trop too much. Certes, les cafards, faut les écraser, mais là, ça va trop vite d'un coup et j'ai trouvé la fin trop abrupte et trop facile.


Cela reste un chouette roman policier et j'ai réalisé qu'en matière de viol, la victime aura toujours le mauvais rôle.


— Comment diable saurais-tu combien de viols ont lieu ? Qui va en parler ? Qui va les signaler à la police ? Crois-tu que cela ne touche que les filles dont personne ne se soucie ? Ou les femmes de mœurs légères qui le provoquent en se conduisant comme des… catins ? Ou crois-tu encore que les coupables ne sont jamais de jeunes hommes que nous connaissons ?

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), le Challenge "Polar Historique" de Sharon, le Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park et, last but not leaste, d'une LC chez Bianca.

 

 

 

Titre : L'Inconnue de Blackheath


Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2014)

Résumé :

En 1897, alors que la Grande-Bretagne est lancée dans une course à l'armement, l'inspecteur Pitt doit trouver celui qui a sauvagement tué puis défiguré une jeune femme ressemblant fort à la servante du haut fonctionnaire Dudley Kynaston.


Derrière ce meurtre sanglant, chercherait-on à atteindre cet expert du gouvernement détenteur de nombreux secrets sur la stratégie navale britannique ?


Tandis que d'autres meurtres surviennent, Pitt aura besoin de tout le secours de Charlotte et de sa soeur Emily, dont le mari vient d'obtenir un siège de député au Parlement.

 

Critique : 

Une femme de chambre qui s’enfuit dans la nuit noire et obscure ne vaut pas la peine que l'on ouvre une procédure. Sans aucun doute était-ce pour une aventure qu'elle a fait le mur, la petite raclure.

 

Si ladite femme de chambre (ou bonne) est retrouvée morte deux semaines plus tard, le personnel aura le cafard, car un salopard aura fait tomber la petite dans un traquenard et le policier se fera flemmard.

 

Mais si le corps retrouvé est horriblement mutilé, défiguré et que son patron est haut placé, alors, va falloir s'activer ! D'une banalité, on passe à une tragédie compliquée.

 

— Une femme de chambre qui s’enfuit avec son amant c’est dérangeant, néanmoins cela n’a rien d’exceptionnel, reprit-elle. Je crois en avoir perdu au moins trois de cette manière, voire quatre, si j’y ajoute une fille de cuisine. En revanche, une femme battue à mort et laissée en pâture aux animaux dans un lieu public, voilà qui est à la fois grotesque et tragique.

 

— Dans cette affaire, le banal le dispute à la tragédie.

 

Dudley Kynaston, employeur de Kitty, la disparue retrouvée morte non loin de chez lui, est un haut fonctionnaire qui travaille pour la britannique navale.

 

Voilà une enquête épineuse pour Thomas Pitt car si on pose trop de questions, on éveille les soupçons chez les autres, sans parler des interrogatoires qui n'ont rien de ceux vu dans le roman "1974" où c'était à coup de seau de merde lancé à la tête du suspect.

 

Ici, faut mettre des gants et trouver les réponses aux questions "Qui ? Pourquoi ? Comment ? Quand ? Quoi ? Où ?".

 

Va falloir prendre l'enquête par le bon bout, les amis ! Heureusement que Thomas Pitt peut compter sur Stocker, son assistant, sur Narraway, son ancien chef, sur Lady Vespasia, la grande-tante et un peu sur Charlotte, sa femme, bien qu'elle soit moins présente dans les enquêtes.

 

Je me suis régalée avec ce roman où tout n'est que mystère depuis la fuite de Kitty et depuis l'arrivée de deux cadavres de jeunes filles, mutilés, et déposées non loin de chez Kynaston. Mais pourquoi a-t-elle fui ? Mystèèèère...

 

Emily, la petite sœur de Charlotte, est plus présente dans ce tome et j'ai bien aimé de la voir évoluer vers la quarantaine, avec sa crise, ses angoisses, ses questions, sa peur de devenir transparente dans les soirées.

 

— Nous tenons la lumière pour acquise, jusqu’au moment où elle s’éteint. Vous êtes accoutumée à tourner le robinet pour avoir de l’eau. Vous avez oublié ce qu’il en est d’aller en chercher au puits.
Emily haussa les sourcils.

— Vous pensez que je me sentirais mieux en allant au puits ?
— Pas du tout. En revanche, si vous le faisiez plusieurs fois, tourner le robinet aurait certainement cet effet.

 

Dommage que les deux soeurs ne puissent plus aller sortir les vers hors du nez des vieilles rombières buveuse de thé.

 

J'avais trouvé le coupable avant Pitt et son équipe et je ne comprends pas comment il leur a fallu autant de temps pour trouver le colonel Moutarde avec le chandelier dans la véranda !

 

Du mystère, des secrets, des trucs louches bien cachés et des corps qui font leur apparition pour dérouter tout le monde. Et les cadavres en déroutent, ça me rappelle une autre aventure !

 

Tout compte fait, l'habit de chef de la Special Branch sied à ravir à notre Thomas Pitt qui comprend petit à petit comment jongler avec les multiples rouages de l'espionnage et sait se comporter comme un parfait petit agent 007.

 

Ses triomphes étaient voués à demeurer secrets, tandis que ses échecs seraient désastreusement publics.

 

Je ne sais pas si c'est parce que ce tome est l'avant-dernier (pour le moment), mais j'ai trouvé que certains personnages se mettaient un peu plus à nu et cela m'a donné de l'émotion.

 

Il tendit la main par-dessus la nappe blanche et la posa sur la sienne, très doucement, mais avec trop de force pour qu’elle puisse se dégager.
— Croyiez-vous réellement que j’allais vous demander de le faire ? Je vous en prie, accordez-moi plus de sensibilité et plus d’affection à votre égard !

 

Cet épisode mettra aussi en avant l'exploration des "petits travers de la société victorienne" en abordant les naissances "avec ou sans" cuillère en or dans la bouche... Où selon votre rang, vous aurez accès, ou pas, à des postes importants, sans que l'on tienne compte de votre compétence.

 

— On ne peut pas confier un poste aussi important à quelqu’un en vertu de son seul nom.

 

Un bon moment de lecture rempli d'interrogations.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), le Challenge "Polar Historique" de Sharon, le Challenge "XIXème siècle" chez Netherfield Park, d'une LC chez Bianca et du Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

 

 

 

Titre : La Disparue d'Angel Court


Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2015)

Résumé :

Lorsqu'il échoit au commandant Thomas Pitt la mission de protéger une jeune femme espagnole en visite à Londres, il ne comprend pas tout suite en quoi ce travail relève de la Special Branch.


Mais quand elle disparaît au milieu de la nuit dans le quartier d'Angel Court, le voilà confronté à un bien dangereux mystère. Sofia prêchait des idéaux nouveaux, que certains diraient blasphématoires, et sa vie avait été menacée.


Mais Pitt sent qu'il y a une raison plus profonde et plus dangereuse à son enlèvement ; si c'est bien de cela dont il s'agit.


Trois hommes vont se lancer à la recherche de Sofia : son cousin, banquier de l'Église d'Angleterre, un homme politique populaire et charismatique, et un journaliste qui semble déterminé à aiguillonner Pitt vers la vérité.


Chacun semble pourtant cacher quelque chose, et alors que sa quête s'étend de Londres à l'Espagne, Pitt sait que le temps est compté et que la sécurité de la Nation pourrait être en jeu...

 

Critique :

 

 


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