4.10 Divers Auteurs "Scandinaves"

 

 

 

Titre : Hanna était seule à la maison
 
Auteur : Carin Gerhardsen
Édition : 10/18 (2013)

Résumé :

Les policiers du commissariat d'Hammarby doivent agir vite.


En très peu de temps, deux affaires de meurtre échouent sur le bureau du commissaire Conny Sjöberg. Une jeune fille, issue d'une famille à problèmes, est étranglée sur un ferry qui fait la liaison entre Stockholm et la Finlande.

 

Sa petite soeur de 14 ans se retrouve seule, confrontée à une situation qu'aucune adolescente ne devrait connaître. En faisant son jogging, l'inspectrice criminelle Petra Westman découvre au milieu des buissons un nourrisson dans un état d'épuisement avancé, à proximité du cadavre d'une femme sans aucun papier d'identité.


Au même moment, une petite fille de 3 ans se réveille et découvre qu'elle est seule chez elle. Son papa est en voyage à l'étranger et sa maman est sortie avec son petit frère. Hanna se retrouve sans personne, enfermée à clé dans l'appartement familial. Et le temps s'écoule... 

 

Critique : 

Non mais allo quoi ? C'était donc si difficile de trouver un polar suédois qui m'enchante enfin ?? Apparemment, oui. Heureusement qu'il y a eu ce polar pour me réconcilier tout à fait avec les grands blonds aux yeux bleus (pax suédoise avait commencée avec le polar précédent "Du sang sur la Baltique).

 

Le livre commence par une scène d'inceste entre un père et son fils. Nous sommes en 1964 et nous n'en saurons pas plus lorsque le chapitre premier s'ouvre sur 2007 pour nous présenter toute une brochette de personnages.

 

On passe d'une famille où la mère se la joue "alcoolo cool", laissant ses filles vivre comme elles le veulent à une mère qui ne sait plus à quel "sein" (le gauche ou le droit) se vouer pour que son bébé, qui a une angine, cesse enfin de pleurer. Nous avons aussi un grand garçon de 24 ans qui se fait tabasser par son père, deux flics qui boivent une bière et la famille du commissaire Conny Sjöberg.

 

C'est assez touffu au début et ce n'est qu'au fil de la lecture que tout s'imbriquera parfaitement, nous démontrant qu'une connerie d'ado peut avoir des conséquences fâcheuses et entrainer tout le monde dans un sacré Tsunami.

 

L'écriture, au présent, est passée toute seule, les personnages étaient agréables et l'intrigue bien ficelée. Oui, je me suis laissé surprendre et j'aime ça.

 

Les pages se tournaient toutes seules et des 75 pages lues au début, les 275 autres le furent d'une traite (c'était un marathon lecture, mais le bouquin était un vrai page turner).

 

Une vraie lecture plaisir, avec du suspense, deux enquêtes dont on veut en savoir plus, et leur alternance fait que l'on ne s'ennuie jamais, même lorsque que des parties de chapitres sont consacrées à la vie des personnages. Sans oublier les passages avec la petite Hanna, seule à la maison... Angoissant !

 

Bon, une petite réclamation au sujet de la petite Hanna, justement, qui a presque 4 ans : elle avait plus de chance de se faire mordre par une chauve-souris enragée que de tomber, en appuyant au hasard sur les touches du téléphone, sur une gentille personne telle que Barbro, prête à la croire à retourner toute la ville de Stockholm pour la retrouver à l'aide de maigres indications.

 

Autre point négatif : le roman se termine un peu en queue de poisson, sans que l'on sache ce qui va arriver à certains personnages. La suite au prochain épisode ? Sans doute. Et je serai là.

 

Bref, une lecture vraiment super, sans pour autant transcender le genre. Plaisant et addictif.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014) et  "Un hiver en Suède" de Mes chroniques Littéraires (plus au Marathon Lecture organisé par elle-même le 22 & 23 mars 2014).

 

 

 

Titre : Je sais qui tu es
 
Auteur : Yrsa Sigurdardottir
Édition : Points (2013) / Belgique loisirs (2013)

Résumé :

Trois amis s'embarquent pour une drôle d'aventure : retaper en plein hiver une maison abandonnée à Hesteyri, village désert de la région des fjords, à l'ouest de l'Islande, pour le transformer en gîte estival.


Chacun a des motivations très différentes pour s'imposer ce défi : Garðar y voit l'occasion de s'en sortir et de regagner l'admiration de sa femme, Katrín, qui l'accompagne par pure solidarité conjugale. Leur amie Lif les suit, c'est pour elle une chance de faire le deuil de son mari, récemment décédé.

 

Tous trois ont une chose en commun : ils s'attendaient à être seuls.

 

De l'autre côté du fjord, la police fait appel à Freyr, un psychiatre brisé par la disparition mystérieuse de son fils, trois ans auparavant, pour éclaircir les circonstances troubles du suicide d'une vieille femme.

 

Il ne s'attendait pas à ce que cette enquête le ramène à son drame personnel.

Critique : 

"Lire ce roman seul(e) dans une maison à la campagne est fortement déconseillé" disait l'inscription sur la couverture. Alors, qu'en est-il ? Accroche commerciale or not accroche ?

 

Si je devais trouver une comparaison avec une autre lecture en huis-clos, qui fiche la trouille et que j'ai lu "adulte", je dirais que "Shining" est bien plus flippant. Mais ceci est mon avis personnel, bien entendu.

 

Certes, les chapitres consacrés au trio qui s'est embarqué dans un trou perdu pour retaper une maison en plein hiver, alors que le village est désert, sont assez angoissant. J'ai tremblé pour Garðar, Katrín, Lif et le petit chien Putti.

 

Pas autant eu peur que lors de ma lecture de "Shining", mais bon, je sentais monter la trouille et le sentiment oppressant du huis-clos, m'en délectant à l'avance.

 

Là où la pression est retombée comme un soufflé, c'est quand on est passé à l'autre histoire du livre : Freyr, un psy brisé auquel les flics ont fait appel pour une classe vandalisée et le suicide d'une vieille dame dans une église.

 

Pour illustrer le fait que ma tension artérielle soit retombée en flèche dès le chapitre II, je pourrais comparer ça avec un show érotique qui serait soudain coupé par un épisode de l'inspecteur Barnaby. Douchée je fus, mon adrénaline retombant dans les chaussettes, mais j'ai poursuivis ma lecture, ne comprenant pas très bien le rapport.

 

À force d'alterner les chapitres, j'avais les nerfs en pelote dû aux multiples cliffhanger des trois lascars (et le chien) dans leur trou perdu où ils n'ont pas l'air si seuls qu'ils le pensaient. Des événements troublants s'y déroulent et c'était une déchirure véritable que de les quitter. Encore une auteure sadique !

 

Après quelques chapitres, j'avais compris que ce qu'il se passait dans la "petite" enquête du psy aurait toute son importance plus tard et je me suis passionnée pour ces mystères, me demandant constamment comment tout cela allait se terminer et être expliqué.

 

Je me doutais que tous ces faits inexplicables mettraient à jour un truc bien plus terrible et je dévorais ce roman.

 

Le style d'écriture était agréables, profond comme le sont les écrivains islandais, mais sans s'étendre sur les descriptions de paysages, parlant plus des personnages et de leurs blessures. Les moments "trouilles" montaient en puissance et je sentais monter l'orgasme littéraire poindre. Que du bonheur, quoi.

 

Là où le bât à blessé, c'est dans les explications finales... Les premières m'avaient comblées de plaisir à cause de leur ingéniosités et de leurs perversités, me donnant quelques coups de pied au cul en passant. Je vous dit, j'approchais du Saint-Graal !

 

Mais... Il y a un "mais" ! Je ne m'attendais pas du tout à la présence d'un élément qui est venu foutre par terre une partie de mon plaisir. C'était pire que si on m'avait annoncé que le chien des Baskerville était bel bien sorti tout droit des Enfers !

 

Un peu comme si, messieurs, votre strip-teaseuse sensuelle, après avoir fait monter la tension jusqu'à l'ultime dévoilement, alors qu'elle serait en train de retirer son string avec lenteur, le dos tourné, vous faisant hurler de plaisir... Et au moment où elle se tourne, vous apercevez un énorme membre viril... C'était un Katoï. Et bien, ça fait cet effet là !

 

Lorsque je lis King ou Sire Cédric, je m'y attend, ça ne me choque pas, mais ici... Il m'a fallu du temps pour avaler cette explication là ! Un peu trop facile, un peu trop capillotractée je trouve.

 

Malgré ce gros bémol, ce fut tout de même une belle lecture angoissante, mais je grogne sur une partie des explications finales.

 

Livre participant au Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014) et au Challenge "Nordique" chez Mes chroniques Littéraires.

 

 

 

 

Titre : Du sang sur la Baltique
 
Auteur : Viveca Stein
Édition : France Loisirs (2013)

Résumé :

Meurtre spectaculaire sur l'île suédoise paradisiaque de Sandhamn. Thomas Andreasson mène l'enquête, aidé de son amie d'enfance Nora Linde...

Alors que les plus beaux voiliers sont rassemblés à Sandhamn pour le départ de la très populaire régate estivale, le coup de feu de départ retentit. Au même instant, le brillant avocat Oscar Juliander s'effondre, abattu d'une balle en plein poitrine.

 

Thomas et son équipe sont sur les dents : comment retrouver un tueur au milieu d'une foule immense de spectateurs et de concurrents ? Et combien d'ennemis peut bien avoir une star du barreau ? Sans compter qu'Oscar Juliander multipliait les conquêtes, suscitant les pires jalousies.

 

Thomas se tourne vite vers son amie Nora, toujours prête à l'épauler. Cela tombe à pic : en plein crise de couple, elle a grand besoin d'une diversion...

 

Critique : 

Enfin un polar suédois qui ne me fait pas soupirer d'ennui ! Bon, je ne suis pas certaine que la réconciliation entre nous continuera, mais au moins, j'aurai brisé ce cercle maudit au moins une fois !

 

Une lecture agréable, pas trépidante (si vous voulez des polars qui bougent, oubliez celui-là), mais qui m'a fait passer un bon moment de lecture à tel point que j'ai bouffé 350 pages en un jour...

 

Des voiliers sont rassemblés à Sandhamn pour le départ de la régate estivale... le coup de feu de départ retentit. Au même instant, l'avocat Oscar Juliander s'effondre, abattu d'une balle en plein poitrine. Thomas et son équipe sont sur les dents : comment retrouver un tueur au milieu d'une foule immense de spectateurs et de concurrents ?

 

Si le meurtre a lieu très vite, c'est l'enquête qui piétine durant de longues semaines. Beaucoup d'options sont examinées, mais nos pauvres policiers ne comprennent pas qui avait plus d'intérêt qu'un autre à flinguer Oscar Juliander.

 

Les chapitres sont courts et la galerie des personnages assez importante, nous donnant un joli cheptel de coupables potentiels. J'ai cherché - en vain - le nom du coupable et son mobile.

 

L'enquête se déroule lentement, on prend le temps de faire connaissance avec les personnages, les enquêteurs, l'amie de l'enquêteur, leur vie, leurs tourments, leurs blessures...

 

Les pages tournaient rapidement, avec plaisir, même, afin d'en savoir plus sur toute cette galerie de personnages, l'auteur mélangeant la vie personnelle des protagonistes sans que cela enlève de l'intérêt au récit ou que cela devienne trop lourd.

 

Personnages qui, de près, ont tous l'air de n'avoir rien à se reprocher.

 

Mention très bien à l'auteur qui a réussi à me surprendre sur la fin ! Encore un peu, je relisais le roman pour savoir où il avait commencé à se foutre de moi en m'envoyant sur des fausses pistes.

 

Une vraie lecture plaisante, pas transcendantale, mais qui m'a fait passer un bon moment de lecture un peu moins "sombre" que les dernières.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), "Un hiver en Suède" de Mes chroniques Littéraires.

 

 

 

Titre : Le dernier Lapon
 
Auteur : Olivier Truc
Édition : Editions Métailié (2012)

Résumé :

L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village.

Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango, le sami, et son équipière Nina Nansen, fraîchement émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées.

Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent.

Petit Plus : Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hyper-modernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle.

Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

Critique : 

Après les steppes de Mongolie (Yeruldelgger), j'ai mis le cap sur la Laponie, ses hivers où les températures avoisinent les -30/40°, sa neige, ses nuits sans fin et ses minuscules heures d'ensoleillement car, je vous le donne en mille, l'action du roman se déroulait au mois de janvier. Point de vue lumière en janvier, nous n'avons pas été gâté.

 

Ici, les nuits étaient longues... Des nuits aussi sombres que l'enquête à laquelle se sont retrouvés confrontés notre police des rennes.

 

Nous sommes à Kautokeino. Quel rapport peut-il y avoir entre un ancien tambour sami qui a été volé à même sa caisse d'emballage et la mort d'un éleveur de rennes ? À priori, aucun rapport... Pourtant, les voici confronté à un vol et à la mort de Mattis Labba, retrouvé poignardé près son guppi (sa cabane). Comble de l'ironie, ses oreilles ont été tranchées.


Klemet Nango de la police des rennes - unique flic sami de la ville - et Nina Nansen, sa nouvelle coéquipière toute fraichement issue de l'école de police du sud de la Norvège, vont devoir dénouer ce sac de noeud le plus vite possible : le vol du tambour fait gronder une partie de la populace car il a une grande valeur.

 

Sur fond de tension entre les samis - peuple originaire de Laponie, minoritaire - et une partie de la population norvégienne qui en a marre des privilèges que leur gouvernement leur accorde, nos deux policiers auront du renne sur la planche !

 

Roman assez noir,  non pas en raison du meurtre ou de la courte durée d'ensoleillement mais de par l'Histoire de la Laponie qui est abordée ici.

 

Entre les "gentils" colonisateurs qui voulaient toutes les richesses de la région et ont pris la population sami pour corvéable et tuable à souhait, avec les "gentils" évangélisateurs protestants qui leur ont fait renier leurs rites et leur religion, sans omettre les norvégiens qui ont scolarisés les enfants sami, leur interdisant de dire un seul mot dans leur langue d'origine, on ne peut pas dire que le lecteur a eu le loisir de regarder le soleil se lever après quelques mois de nuit noire. On en prend plein la gueule !

 

Si vous aimez les récits dopés au Red Bull, passez votre route car ici, le rythme est lent, tout en étant bien fourni car je n'ai pas eu un instant d'ennui ou le petit bâillement.

 

L'écriture est agréable à suivre, riche, envoutante, les pages défilaient sans que j'ai l'impression du temps qui passait.

 

Le récit, c'est un peu comme les pièces éparses d'un puzzle : au départ, tout est flou, mélangé, on ne voit pas à quoi on a affaire, ensuite, à force d'assembler des pièces, l'image se met peu à peu en place et de flou, on passe à quelque chose qui prend doucement forme, jusqu'à ce que les dernières pièces vous révèlent une trame complexe.

 

Les personnages sont attachants : Klemet, le flic taiseux, l'air blasé, sombre et sa jeune collègue toute fraiche, remplie d'idéaux et de soif de justice, en passant par Aslak, éleveur de rennes à l'ancienne, qui m'a profondément émue.

 

Dommage que les méchants soient affichés clairement d'entrée de jeu, même si j'ai eu tout de même des surprises.

 

Bref, le mélange de tous les ingrédients donnent une bonne soupe bien nourrissante, qui nous réchauffe malgré le froid et les engelures que j'ai récoltée à force de me coltiner sur des scooter des neiges avec nos policiers. J'ai eu du mal à déposer le roman une fois que j'ai eu fini...

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014) et Lire "À Tous Prix" chez Asphodèle (Prix Quai du Polar 2013 et Prix Mystère de la Critique 2013).

 

 

 

Titre : Le détroit du Loup


Auteur : Olivier Truc
Édition : Métailié Noir (2014)

Résumé :

Hammerfest, petite ville de l’extrême nord de la Laponie. Les bords de la mer de Barents, le futur Dubai de l’Arctique… Tout serait parfait s’il n’y avait pas quelques éleveurs de rennes…


L’histoire se déroule au printemps, quand la lumière ne vous lâche plus, obsédante. Autour du détroit du Loup qui sépare l’île où se trouve Hammerfest de la terre ferme, des drames se nouent.

 

Alors que des rennes traversent le détroit à la nage, un incident provoque la mort d’un jeune éleveur. Peu après, le maire de Hammerfest est retrouvé mort près d’un rocher sacré qui doit être déplacé pour permettre la construction d’une route longeant le détroit. Et les morts étranges se succèdent encore.


À Hammerfest, les représentants des compagnies pétrolières norvégiennes et américaines ont tout pouvoir sur la ville, le terrain constructible est très convoité, ce qui provoque des conflits avec les éleveurs de rennes qui y font paître leurs animaux l’été.


Les héros de ce grand centre arctique de la prospection gazière sont les plongeurs, trompe-la-mort et flambeurs, en particulier le jeune Nils Sormi, un plongeur d’origine sami.


Klemet et Nina mènent l’enquête pour la police des rennes. Mais pour Nina, troublée par les plongeurs, une autre histoire se joue, plus intime, plus dramatique. Les jeunes plongeurs qu’elle découvre lui rappellent ce père scaphandrier qui a disparu depuis son enfance.

 

Subissant cette lumière qui l’épuise, elle va partir à la recherche de ce père mystère, abandonnant Klemet à sa mauvaise humeur, à ses relations ambiguës avec son ombre.


Et c’est une police des rennes en petite forme qui va faire émerger une histoire sombre venue des années 1970, dévoilant les contours d’une patiente vengeance tissée au nom d’un code d’honneur venu d’un autre monde, montrant à quel prix a été bâtie la prospérité de la région.

Deuxième roman d’Olivier Truc, Le détroit du Loup confirme les talents de raconteur d’histoire de l’auteur et sa capacité à nous emmener sur des terrains insoupçonnés.

Critique : 

Hammerfest, vous connaissez ? Mais non, ce n'est pas le nom d'un groupe de heavy metal !

 

Hammerfest, c'est une petite ville située dans l’extrême nord de la Laponie, sur les bords de la mer de Barents,  en Arctique…  Là où certains aimeraient faire un autre Dubai (en version polaire) à cause de tous les hydrocarbures qui s'y trouvent.

 

Rien à voir donc avec le groupe de metal "HammerFall".

 

Quoique de par sa construction et son côté "je suis un polar mais pas que ça", ce roman pourrait avoir quelques liens de parenté avec ce genre de musique qui possède des sonorités lourdes et épaisses, le tout étant centré sur les impulsions de la batterie. Pardon, je voulais dire "du tambour traditionnel sami".

 

D'un côté, nous avons du blues avec le peuple sami qui oscille entre traditions ancestrales et modernité, ces éleveurs de rennes, sans cesse en butte avec les autres habitants,  et qui, dans leurs joïk (chants traditionnels), pourraient chanter toute leur misère à voir les espaces pour les troupeaux se réduire comme une peau de chagrin à cause de tout ceux qui voudraient les voir dégager totalement du paysage.

 

Le roman a un côté rock aussi, parce que, sous ses airs de lenteur délibérée, les guitares électriques peuvent se déchainer dans vos tripes lors de la lecture de certains passages qui, sans vouloir vous faire la morale, frapperont quand même sous la ceinture.

 

Klemet et Nina, nos deux flics que nous avions découvert dans le roman précédent, nous en apprendrons un peu plus sur eux, tout en nous présentant d'autres personnages, dont certains sont des vrais requins d'eaux troubles et pas nettes.

 

L'enquête ne sera pas facile, les morts se succédant sans que l'on puisse déterminer si c'est un accident, un suicide déguisé ou véritablement un meurtre que l'on a maquillé.

 

Si le premier roman se déroulait dans le noir presque total (on sortait de la saison où le soleil ne se lève plus durant des mois), celui-ci bénéficie d'un ensoleillement énorme puisque nous finissons avec plus de 23h de clarté avant de se diriger lentement vers le moment où le soleil ne se couchera plus.

 

Durant de la lecture, on sent bien que l'auteur est familier du coin, des mœurs, des habitants, des éleveurs, du contentieux entre certains et des vieilles rancœurs...

 

D'ailleurs, on sent aussi le journaliste, qui, sous le couvert d'un roman, pourfend là où ça fait mal afin de dénoncer certaines pratiques.

 

Ben oui, nous, dans les pays sois-disant "développés", on ne se pose jamais la question de savoir d'où viennent les matières premières utilisées par notre société de sur-consommation, sur les métaux précieux utilisés dans nos I-Thunes, smartphones et autre PC ou sur la manière dont est extrait le pétrole dont nous remplissons nos réservoirs.

 

On se fiche pas mal des conditions de travail de certains, tant que nous avons ce que nous désirons. Si certains sont exploités, ce n'est pas notre problème. Et si des gens risquent leur vie pour que nous ayons de l'Or Noir dans nos réservoirs, nous n'en avons même pas conscience.

 

Attention, je ne parle pas des pionniers du pétrole de l'époque du colonel Drake (celui qui fora le premier véritable puits de pétrole américain en 1859, près de Titusville). Non, non, je parle des années 80 à nos jours. Cette époque où l'argent est Maître, et non serviteur. Cette époque qui veut que certains s'enrichissent très vite au détriment des autres et de toutes les règles.

 

Mensonges, tromperies, manipulations, argent sale, écologie, réchauffement climatique, pollution, morts, plongée sous-marine et médecins se comportant comme des petits Mengele zélés sont au menu de ce roman qui laisse les codes habituels du polar au vestiaire.

 

Ne vous attendez pas à un thriller, ça ne court pas dans tous les sens, on prend son temps parce que tout ça doit mijoter.

 

L'écriture glisse comme un traîneau sur de la neige bien tassée et on mange le livre comme un renne affamé se jetterait sur du lichen.

 

Un excellent moment de lecture et une belle plongée en eaux froides, au sens propre comme au figuré.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015) et le Challenge "Nordique" chez Mes chroniques Littéraires.

 

 


 

Titre : Blanc comme la nuit
 
Auteur : Ann Cleeves (auteur anglais)
Edition : Presse Pocket (2012)


Résumé :

Dans un coin perdu d'archipel écossais, un polar insomniaque et virtuose, une nouvelle enquête de Jimmy Perez, flic taciturne et compatissant, dont le métier s'accorde mal avec un encombrant complexe de bon Samaritain...

 

Macabre découverte à Biddista, petit hameau des Shetland.

 

Dans une cabane de pêcheur, le corps d'un homme, pendu. Fait étrange, son visage est dissimulé par un masque de clown.

 

Pour l'inspecteur Jimmy Perez, l'affaire s'avère d'autant plus délicate que personne ne semble connaître la victime. Une chose est sûre, il ne croit pas au suicide. Mais, malgré les renforts, les investigations piétinent.

 

C'est alors qu'un nouveau corps est retrouvé au pied de la falaise. Le cadavre de Roddy, l'enfant chéri de l'île, un jeune violoniste célèbre. Quel lien peut bien unir ces deux crimes ?

 

Y aurait-il un tueur en série à Biddista ?

 

Durant ces jours étranges où le soleil ne se couche jamais, Jimmy Perez n'aura pas trop de sa légendaire ténacité et de son art de la psychologie pour faire la lumière sur le passé d'une petite communauté en apparence idyllique...

 

Critique :

Sans qu'il soit "exceptionnel", ce petit roman policier m'a fait passer deux journées agréables. Je l'ai lu avec plaisir mais sans me presser.

 

Bien qu'il ne fasse que 440 pages, il m'a fallu deux jours de lecture. Preuve s'il en est que je ne l'ai pas "dévoré" mais savouré.

 

Le rythme est lent, l'inspecteur Perez n'est pas du genre à courir en menant son enquête. Il n'y a pas de trépidations durant l'histoire, ni de gyrophares déposés à la hâte sur les voitures avant de se lancer, pied au plancher, derrière les coupables.

 

Non, Perez va à son aise, prenant le temps d'interroger les habitants du village des îles Shetland. Tout le contraire de son collègue venu d'Inverness, Taylor, qui est du genre "excité" et le contraste entre les deux personnages est rude, difficile, même.

 

Le plus nerveux, bouillonnant d'impatience, lorsqu'il voit que l'inspecteur local va "piano piano" dans ses questionnements.

 

Si on laissait faire Taylor, je pense que cela finirait avec la lampe dans les yeux et le tabassage à coup d'annuaire téléphonique. Mais non, on va au rythme de Perez et on ne violente personne, on n'engueule pas les gens et on ne se croit pas au-dessus de tout le monde.

 

Cette lenteur d'enquête était nécessaire afin de bien s'imprégner du caractère assez complexe des îles Shetland, situées en Mer du Nord, entre l'Ecosse et la Norvège. Et c'est très appréciable, ça fait voyager.

 

Petite particularité, l'enquête s'effectue durant la période estivale où le soleil ne se couche jamais tout à fait - même pendant la nuit - rendant tout le monde un peu déphasé avec ces nuits blanches dans tous les sens du terme.

 

Sans compter que dans ce village, tout se sait très vite et que le niveau d'intimité est proche du zéro !

 

Le tout sera de découvrir qui est cet anglais qui est retrouvé pendu dans une remise, pourquoi est-il venu dans ce petit village tranquille, que cherchait-il et surtout : QUI l'a pendu.

 

Comme dans tous les petits villages insulaires, tant que le mort n'appartient pas à la communauté, ils s'en contrefichent. Vous pensez bien, un anglais pendu, ils haussent les épaules.

 

Ce sera là toute la difficulté de l'inspecteur Perez... découvrir l'identité du mort, gérer l'hyper activité de son collègue d'Inverness et tenter de commencer une histoire d'amour avec une habitante de l'île. Il avait du boulot sur la planche, l'homme.

 

En ce qui concerne les personnages, entre les hyper-chiants que l'on rêverait de pendre nous-même (Bella et Roddy); nous avons l'inspecteur Perez, pas très charismatique (trop calme et trop réfléchi); l'autre flic, Taylor, nerveux et un imbu de lui-même; les habitants du village et Fran, la future copine du flic Perez.

 

J'aurais aimé un peu plus de sa présence, elle gagne à être connue. Croisons les doigts que dans le tome suivant, l'auteur lui fasse la part belle.

 

Les indices sont disséminés un peu partout, sans savoir ce qui est important ou ne l'est pas.

 

En ce qui concerne une "certaine chose" au sujet d'un personnage, j'avais déduit rapidement la solution. Après avoir éliminé l'impossible, ce qu'il restait, même improbable, devait être la vérité.

 

J'avoue, ce n'était pas fort compliqué à déduire, vu le nombre de fois que c'était répété, ça ressemblait plus à une tranche de bacon agitée devant la truffe d'un chien. Bingo, j'avais vu juste.

 

Mais pas pour le reste !

 

Après avoir suspecté tout le monde et n'importe qui, je me suis prise une claque à la fin. Non, un coup de pied dans le cul !

 

Que dis-je, l'équivalent d'un bâton de dynamite déposé sous ma chaise. Non, celle-là, je ne l'avais pas vue venir.

 

Ce polar n'est pas celui de l'année, mais j'ai passé un bon moment et rien que pour la fin, il méritait amplement d'être lu.


 

Challenge  "Thrillers et polars" (2012-2013) organisé par Liliba.

 

 

 

Titre : Le sang des pierres
 
Auteur : Johan Theorin
Édition : Le Livre de Poche (2013)

Résumé :

À la fonte des neiges, les gens du continent regagnent l'île d’Öland. Peter Mörner s'est installé dans la maison familiale, pour trouver la paix, loin de son père.

 

De sa luxueuse villa, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Gerloff, vieux loup de mer, a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance...

 

Mais la mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l'hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent...

 

Petit plus : Après le brouillard d'automne de "L'Heure trouble", l'hiver, saison du deuil, de "L'Echo des morts", Johan Theorin tresse ici un suspense virtuose où se mêlent présent et passé sur fond de réveil printanier des forces de la nature.

 

L’intrigue balance entre le présent de l’île et son passé pauvre et ténébreux, peuplé de noyés, de fantômes, d’elfes et de trolls. Pourtant, l’histoire parvient à se maintenir jusqu’au bout à la lisière du surnaturel sans jamais la franchir tout à fait.

Critique : 

Deux suédois enfilés l'un après l'autre, c'est un peu indigeste... Je parle, bien entendu, de lire deux polars suédois l'un après l'autre ! Surtout que ce roman, comparé au précédent, n'est pas un foudre de guerre niveau rapidité de l'action.

 

L'auteur prend vraiment son temps pour nous amener là où il veut nous conduire et ça n'a tenu qu'à un cheveu de fées si je n'ai pas lâché ce roman après 100 pages, tant j'attendais - en vain - un cadavre !

 

"On peut mener un cheval à l'abreuvoir, mais on ne peut pas le forcer à boire" dit le dicton... mais puisque j'étais à l'abreuvoir, je me suis dit qu'il serait bête de ne pas continuer afin de voir ce qui lui valait l'étiquette rouge "Prix des lecteurs - Sélection 2013".

 

Rien de neuf sous le soleil de minuit avec ce polar qui se déroule sur l'île d'Öland, mais je ne regrette pas de m'être accrochée parce que le final est plus trépidant que tout le reste et niveau action, ça bougeait plus que le postérieur d'une danseuse de samba quadragénaire. Ce qui n'est déjà pas si mal, comparé au départ !

 

Les deux premiers crimes, ici, seront dû à un incendie criminel et c'est Peter Mörner, personnage principal, qui va mener sa petite enquête, plus pour en apprendre sur son père que pour en découvrir l'auteur. Il faut dire qu'il connait peu son père qui avait des activités un peu... Non, non, je ne dirai rien de ses activités, z'avez qu'à lire le livre, tiens !

 

Tiens, un autre crime ! Ah, il était temps !

 

Niveau personnages et contrairement au revêtement Téfal, ils sont très attachants, c'est d'ailleurs une des choses qui m'avait incité à poursuivre ma lecture.

 

Nous avons plusieurs personnages qui sont récurrents, sur cette île d'Öland, et j'ai apprécié que, durant la narration, nous fassions des petits crochets dans le temps, lorsque l'un ou l'autre des protagonistes se souvient de son jeune temps.

 

L'écriture est "simple", autrement dit, sans chichis, sans phrases alambiquées et les références aux fées et aux trolls sont légion, dans cette partie de la lande de l'île.

 

Bref, un roman agréable, aux atmosphères creusées (mais j'ai déjà lu des atmosphères plus mieux), assez lent, même si, a contrario, je l'ai lu en peu de temps. Par contre, je ne lui accorderai pas le "prix des lecteurs".

 

Lu et passé un bon moment, mais sera oublié d'ici peu. Et puisque la légende raconte que sur cette île d'Öland, il suffit de faire un vœu en déposant une offrande pour les fées dans le creux d'une table en pierre, et bien, j'ai fait le voeu d'avoir une lecture "coup de coeur" pour le prochain livre.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), Lire "À Tous Prix" chez Asphodèle (prix des lecteurs 2013 - sélection)  et  "Un hiver en Suède" de Mes chroniques Littéraires (plus au Marathon Lecture organisé par elle-même le 22 & 23 mars 2014).

 


 

Titre : Cyanure
   

Auteur : Camilla Läckberg

Edition : Actes Sud (2012)


Résumé :

Quelques jours avant Noël, sa petite amie, Lisette Liljecrona, invite Martin Molin (collègue de Patrick Hedström) à venir passer le week-end avec sa famille sur la petite île de Välo en Suède.

 

L’idée ne l’enthousiasme guère et c’est à contrecœur qu’il accepte de l’accompagner. Ses appréhensions se voient confirmées lorsqu’il fait la connaissance des Liljecrona.

 

Avec plus ou moins d’élégance, tous s’acharnent à obtenir les faveurs du patriarche dont la fortune s’élève à plusieurs milliards de couronnes.

 

Cette course à l’héritage tourne court lorsque, le soir même, Ruben, déçu et furieux contre les membres de sa famille, affirme les avoir déshérités.

 

Gagné par son emportement, le vieil homme meurt soudainement, vraisemblablement victime d’un malaise cardiaque.

 

Une tempête de neige fait rage dans la région et les hôtes sont dans l’impossibilité de regagner le continent. Martin prend alors la situation en main et constate que Ruben a été empoisonné.

 

Personne n’a pénétré dans la maison, le meurtrier est donc forcément parmi les convives. En les interrogeant, le jeune policier tente avec peine de démêler les vieilles rancœurs familiales des pistes plus sérieuses. Seul Matte, l’un des petits-enfants de Ruben, semble sincèrement affecté par sa mort.

 

Comme tous les moyens de communication avec l’extérieur sont coupés, Martin se retrouve livré à lui-même face à sept suspects.

 

Bientôt, un nouveau meurtre est commis.

 

Mêlant heureusement les influences de Conan Doyle et d’Agatha Christie, Camilla Läckberg nous offre dans ce spin-off une variation réjouissante et glaçante sur le roman policier classique.

 

Critique :

Ayant un grand besoin de "lecture calme" après celle de "Haka" et ne voulant pas commencer "Utu" de suite, je me suis dit qu'un petit crime familial en huis-clos était tout ce qu'il me fallait...

 

Les ambiances feutrées devant la cheminée, la maison isolée et bloquée à cause de la neige, du thé chaud en quantité, un enquêteur sur place, bref, y'a comme un parfum d'Agatha Christie qui flotte dans l'air... 

 

Je m'en frottais les mains à l'avance, sans mettre la barre trop haut vu que mes dernières lectures m'avaient déjà comblée au niveau "policier" et "huis-clos" (Haka/Bloc 11). Il était statistiquement impossible de tomber sur un troisième "waw" mais au moins, j'allais pouvoir suspecter tout le monde et n'importe qui.

 

Ce que j'en ai pensé ?

 

Le roman se lit facilement, sur une après-midi, étant donné qu'il n'est "guerre et paix"... heu, je veux dire qu'il n'est "guère épais".

 

Et c'est là que le bât blesse...

 

Niveau huis-clos, j'aurais aimé que l'auteur aborde plus en détail le fait de se retrouver coincé dans une maison, isolés sur une île à cause de la neige qui tombe en paquet de cinquante centimètres, sans communication téléphonique, avec papy riche et mort, empoisonné, tout en se disant que le coupable est parmi nous.

 

Bien que les personnages aient des squelettes dans les placards et un mort plus frais dans la chambre froide, nous n'assisterons pas vraiment à la foire d'empoigne que j'aurais aimé lire. Pourtant, il y avait là manière à écrire et à approfondir. L'auteur aurait pu faire plus.

 

C'est l'inconvénient des livres peu épais...

 

De plus, on ne peut pas dire que le personnage du flic soit sympathique. Je vous dirai même qu'il est un peu crétin et pas du genre de Columbo qui faisait semblant d'être idiot alors qu'il ne l'était pas.

 

Là c'est parfois à la limite du "m'en foutisme" notre enquêteur ! Bon dieu, j'avais compris ce qu'il s'était passé pour le second meurtre, moi. L'avantage de connaître les aventures de Sherlock Holmes et de repérer l'indice qu'il avait lui même détecté dans une de ses enquêtes...

 

Le rapport ? Le papy refroidi au cyanure était un grand fan de Sherlock Holmes et le nom du détective reviendra souvent. Un bon point pour papy, même s'il fut un père médiocre, bourré de fric mais incapable d'aimer ses deux fils correctement.

 

Les références à deux Grands se trouvaient dans le roman (Holmes et la mère Agatha pour l'ambiance) mais ce n'était pas suffisant, leur parfum était trop léger.

 

Bref, vous l'aurez compris, bien que le livre soit plaisant, il avait la couleur d'un huis-clos à la Agatha Christie mais pas la saveur. Les personnages nous apprennent un peu trop vite la teneur de leurs squelettes dans leurs placards sans qu'il soit nécessaire de les presser comme des citrons.

 

Quant à la solution, le saint-esprit nommé Sherlock Holmes illuminera notre enquêteur à la fin... comme par hasard ! Crétin de flic, va !

 

D'accord, je ne m'attendais pas à ça pour le premier meurtre, je fus surprise, même, mais la manière d'y arriver est un peu trop facile à mon goût et les ficelles sont trop voyantes. Dommage parce que le roman avait du potentiel.

 

Entre nous, que papy, fan de Holmes, nous sorte un "élémentaire, mon cher Watson, comme l'aurait dit Sherlock Holmes" m'a fait bondir. Rien que pour cela j'aurais bien mis le cyanure dans son verre !

 

Au final, un roman agréable, sans plus, des personnages peu attachants, un flic pas terrible, pas très fute-fute, un huis-clos "peu mieux faire", un arrière-goût factice de la Reine du Crime et la méthode de Sherlock Holmes distillée en solution à 0,001%.

 

Le genre de roman à lire lorsqu'on sort d'un roman "super coup de pied au cul" et que l'on veut passer à du plus calme. En cela, il a parfaitement joué son rôle de tampon en m'offrant une lecture calme et reposante.

 

Mais de quoi je me plains, moi ??

 

Critique publiée dans le cadre du challenge "Thrillers et polars" organisé par Liliba.

 

 

 

Titre : La Princesse des glaces
 
Auteur : Camilla Läckberg
Édition : Actes Sud (2012) / Babel Noir

Résumé :

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée.

 

Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.

 

À la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide.

 

Petit Plus : Au-delà d'une maîtrise évidente des règles de l'enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et - tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol - disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu'on ne le pense.

Critique : 

 Ce n'est pas possible, je dois avoir le mauvais oeil avec les polars suédois, moi ! "Le lapin borgne" m'avait déçu, je n'ai jamais accroché à Mankell, "Cyanure", de cette auteure, m'avait moyennement convaincu et là, on peut ajouter ce roman à la liste.

 

À qui la faute ? À moi qui n'ai jamais su entrer dans le récit ou à l'auteure qui n'avait pas la bonne formule magique pour me captiver et m'entrainer dans son récit ? En tout cas, le résultat est le même : je me suis ennuyée.

 

Aucune attache avec les personnages, juste du sentiment pour le peintre drogué et le jeune flic, l'inspecteur Patrik Hedström. Rien pour l'héroïne principale, Erica Falck.

 

Dommage, parce que le pitch avait tout pour me plaire avec la découverte par Erica Falck du cadavre de sa meilleure amie, poignets tailladés, nue dans une baignoire d'eau gelée...

 

La faute à un rythme lent qui ne m'a pas accroché mais a facilité mon endormissement. Résultat ? Une impossibilté totale à apprécier le roman. J'en suis venue à bout en trichant un peu et en sautant des pages.

 

Point de vue personnages, ils étaient complexes et bien travaillés, la petite communauté décrite était passée au bistouri afin de mieux plonger dans tous leurs petits secrets inavouables. Malgré cela, impossible de me plaire ou de rentrer dans ce roman.

 

La fin était en demi-teinte, avec un mobile un peu faible, je trouve, malgré la petite révélation. En ce qui concerne le second meurtre, là, c'était bien trouvé. Bref, je pense que je vais arrêter de lire des polars suédois et me concentrer sur les islandais, danois ou norvégiens.

 

Un bon point par contre pour le dernier paragraphe avec le pensionné. Cette partie m'a fait sourire de satisfaction.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014), "Un hiver en Suède" de Mes chroniques Littéraires et Lire"À Tous Prix" chez Asphodèle. (Grand Prix de la Littérature Policière - Etrangère - 2008)

 

 

 

 

Titre : Le Lapin Borgne
 
Auteur : Christoffer Carlsson
Édition : Balland (2013)

Résumé :

À quelques kilomètres du village de Dalen, il existe une maison abandonnée dissimulée par une forêt épaisse et sombre. Lorsque David, étudiant à Stockholm, rentre de l'Université pour les vacances, ses amis d'enfance le convainquent de s'y installer.

 

Ils passent de longues journées d'été à bronzer, faire l'amour et improviser des barbecues. En quête d'argent facile, le plus marginal d'entre eux cambriole les maisons voisines dans le but de revendre sur des brocantes.

 

Mais la disparition soudaine d'Emmanuel, homme seul et âgé, attise les soupçons des villageois et bouleverse le petit trafic de la bande de jeunes.

 

Peu à peu, la vieille maison qui leur servait de refuge se meut en théâtre des vanités, révélant la face sombre et la violence latente de chaque membre du groupe. 

Critique : 

Le lapin sur la couverture du livre, bien que borgne à cause de son bandeau de pirate, me faisait de l'oeil... Il avait une bonne bouille. C'est donc toute contente de mon achat que j'étais sortir de la bouquinerie.

 

Pensez donc, avec un quatrième de couverture qui me parlait de "la disparition soudaine d'un homme seul et âgé qui attise les soupçons des villageois et bouleverse le petit trafic d'une bande de jeunes. Peu à peu, la vieille maison qui leur servait de refuge se meut en théâtre des vanités, révélant la face sombre et la violence latente de chaque membre du groupe".

 

Cela ne présageait que du bon, une sorte d'Overlook miniature.

 

Ma joie dura jusqu'à ce que je commence la lecture ! Si le premier chapitre a réussi à éveiller ma curiosité et à me mettre l'eau à la bouche, le reste ne m'a pas rassasié et je suis restée sur ma faim avec une impression d'indigestion monumentale car entre le menu promis et ce que j'ai eu dans mon assiette, ce n'était pas la même chose !

 

Quatrième de couverture trompeur... Je cherche toujours désespérément ce qui m'avait été promis et que ne fut qu'effleuré de loin !

 

Ajoutons à cela un rythme de narration lent ET ennuyant, endormant même, pour ne pas dire chiant.

 

Les dialogues, rédigés à la première personne, sont d'un ennui profond et les phrases d'une platitude absolue, comme écrite pas un gamin qui se prendrait pour un auteur ou par un auteur qui se ficherait de son lectorat comme je me fiche de ma première paire de chaussette.

 

Pourtant, il est dit qu'il a déjà publié, qu'il a du succès et qu'il est criminologue... C'est criminel de proposer pareil roman sous l'appellation de "thriller", oui ! "Somnifère" serait plus juste.

 

En plus d'être ennuyants, les dialogues sont déroutants car les actions que font les personnages sont décrites dans les conversations, sans qu'il y ait de guillemets pour signaler la fin de la discussion, rendant le tout encore plus lourd. Je vous donne un exemple ici :

 

– Si vous échouez, je reprends les 200.000 que je vous ai déjà donné. Jack commence à chercher quelque chose dans sa veste. Ah, te voilà. Il sort un révolver noir de l'une de ses grandes poches. J'aime l'avoir à portée de main, commente-t-il en le rengainant.

 

Ah oui, j'oubliais de vous dire aussi que le narrateur était un des jeunes (David) et que la narration s'effectuait au présent, chose que je n'apprécie pas beaucoup, ayant un préférence pour le passé simple.

 

Passant des pages, j'ai eu l'impression - trompeuse -  que l'action allait enfin démarrer vers la page 130... Que nenni ! C'était juste un soubresaut !

 

Allez, un peu de trépidation sur la fin, mais la platitude des dialogues et de la narration ont rendu le tout insipide et retiré tout caractère de suspense ou d'angoisse. Quant aux dernières pages, elles sont à bailler d'ennui. Limite à se flinguer.

 

Quand aux personnages, aucune empathie ou attachement pour eux (hormis pour Kasper, un jeune garçon et son lapin, eux, ils sont bien).

 

Dommage, parce qu'il y avait de bonnes idées dans le livre : des ados qui commettent des cambriolages et qui tuent un vieil homme (même si un n'y prend pas part, ce qui le rend un peu dangereux pour les autres), la nécessité de tenir cela secret, un enterrement du corps dans le jardin de la maison abandonnée, deux témoins du meurtre, dont un jeune gamin avec son lapin borgne... (lapin borgne qui, bien que donnant le titre au roman a un tout petit rôle, alors qu'il aurait pu être mieux exploité).

 

Et puis surtout, il y avait la vieille maison dont l'état de conservation changeait selon les yeux qui la regardaient, des chuchotements entendus par certains, comme si elle était habitée par des esprits... Une maison cachée de tous qui semblait faire ressortir le meilleur ou le pire de chacun. Mais le tout fut sous-exploité ou  juste touché de loin, ce qui donne une sorte de bouillon insipide et nauséeux.

 

Un Overlook Jr ?? Tu parles ! De l'ersatz, oui !! Je lui accorde le titre de "roman à chier de l'année".

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014) et le challenge

"Un hiver en Suède" de Mes chroniques Littéraires.


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