4.15 Paul Cleave

 

Paul Cleave, né le 10 décembre 1974 (41 ans) à Christchurch, est un écrivain néo-zélandais.

 

 

Romans :

  • Un Employé modèle (Sonatine Éditions en 2010 / Le Livre de poche en 2011) - The Cleaner (2006)
  • Nécrologie (Sonatine Éditions en 2012 / Livre de poche en 2014) - Cemetery Lake (2008)
  • Un Père idéal (Sonatine Éditions en 2011 / Livre de poche en 2012) -   Blood Men (2010),
  • La Collection (Sonatine Éditions en 2014 / Livre de poche en 2016) -
  • Un Prisonnier modèle (Sonatine Éditions en 2016) - Joe Victim (2013)

 

 

 

 

Titre : La collection


Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (2014)

Résumé :

Des gens disparaissent à Christchurch. C'est d'abord Cooper Riley, un professeur de psychologie criminelle distingué. Puis une de ses étudiantes, Emma Green.

 

Le père de celle-ci appelle à l'aide Theodore Tate, un ancien flic, qui vient juste de sortir de prison, où il purgeait une peine pour avoir renversé Emma alors qu'il était ivre au volant.

 

Mû par un intense sentiment de culpabilité, Tate recommence donc à arpenter les rues brûlantes de la ville, conscient que chaque heure qui passe voit se réduire les chances de retrouver Emma vivante.

 

Bientôt, ses pas le mènent vers l'ancien hôpital psychiatrique de Christchurch, Grover Hills, un établissement au sombre passé.

 

Il va alors être amené à affronter deux personnages pour le moins inquiétants. Melissa X, une tueuse en série dont la police, qui possède ses empreintes, son ADN et sa photo, n'est pourtant jamais parvenue à déceler la véritable identité. Et un mystérieux individu, amateur de serial killers au point de les collectionner...

Petit Plus : Avec "La Collection", Paul Cleave inscrit un nouveau chapitre magistral à sa grinçante "comédie humaine" et nous ouvre un peu plus grand la porte de sa petite boutique des horreurs.

 

Une fois encore, l'auteur d' Un employé modèle se surpasse pour explorer les recoins les plus sombres de l'âme humaine dans un thriller addictif à l'humour très noir !

 

Critique : 

Dire que j'ai failli abandonner ma lecture avant la page 50... Heureusement, j'ai persévéré et mon entêtement s'est révélé payant.

 

Ce qui a failli causer l'abandon, c'est cette foutue narration au présent que je déteste plus que tout, additionné du personnage de l'ex-inspecteur Theodore Tate que je n'apprécie pas vraiment.

 

Pourquoi ais-je donc continué à lire ce roman qui me faisait soupirer ? Pour deux choses.

 

Je commencerai par la seconde, si vous le permettez : je n'avais pas envie de rester sur deux mauvaises impressions consécutives alors que le premier roman que j'avais lu de Paul Cleave m'avait emballé (Un employé modèle).

 

Et la première des raisons qui a fait que je me suis accrochée, c'est à cause du récit d'Adrian (faites taire le Rocky en vous !) qui se trouve en alternance avec celui de Tate.

 

Adrian est personnage qui m'a touché, un personnage complexe qui m'a ému et dont je voulais absolument suivre le récit.

 

Adrian a les fils qui se touchent, dans sa tête. Ses cases ne sont pas dans le bon ordre... de ce fait, il en a bavé dès son plus jeune âge, lorsqu'il était à l'école. Vous savez, tout comme moi, que les enfants ne sont pas des tendres avec ceux qui n'ont pas toutes leurs frites dans le cornet.

 

Son récit est poignant et on a beau savoir qu'il est devenu un homme que l'on aurait peur de croiser, on ne peut pas s'empêcher de ressentir de l'empathie pour lui. Comment est-ce possible ? Et bien c'est simple : si les autres - enfants et adultes - ne l'avaient pas brimé, rejeté, abaissé, violenté et toussa toussa, nous n'en serions pas là !

 

Malgré un début laborieux, je suis entrée dans le récit et je me suis laissée emporter par toutes les péripéties d'Adrian, de Tate, de Cooper, d'Emma et j'ai apprécié la complexité de l'intrigue. Tout à l'air simple, mais dans le fond, ça ne l'est pas et je salue l'auteur pour certaines choses (no spoiler !!).

 

L'ex-inspecteur Tate est toujours à baffer, il est têtu comme une bourrique, ne se rend pas toujours compte qu'il fait beaucoup de dégâts chez les autres au cours de ses enquêtes, on ne sera jamais copains tous les deux, mais je dois reconnaître que sans son acharnement, les flics seraient toujours à tourner comme des chiens après leurs queues.

 

Si Nécrologie se déroulait sous une pluie battante, La Collection vous rôtira la peau car nous sommes sous un soleil cuisant ! Pas évident de lire ça alors que dehors il fait froid et humide...

 

Mélangeant les récits avec des "je" pour Tate et des "il" pour les autres personnages, cela permet de jouer beaucoup plus avec les pensées de notre enquêteur ex-policier tout en conservant des choses cachées pour les autres personnages.

 

Lors de notre passage au Grove (vous saurez ce que c'est en le lisant), les huis-clos sont plus tendus que le string d'une prostituée arpentant les trottoirs de Christchurch et je dois avouer que j'ai fermé les yeux lors d'un certain passage assez... heu... violent !

 

L'écriture est assez simple, sans chichis, mais sans concession avec la ville de Christchurch ou notre société. L'humour est grinçant, noir et ça, j'adore.

 

Il y a dix ans, il y avait des règles : si une information n'était pas avérée, les journaux se montraient réticents à la publier. Les temps ont changé. Internet s'impose comme le média dominant, les chaînes d'information tournent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la concurrence est plus féroce que jamais, et les journalistes n'ont plus le temps de vérifier leurs sources.L'important n'est plus d'informer les gens de ce qui se passe, mais de définir les programmes et de gagner de l'argent, car l'argent importe plus que le bien et le mal.

 

Du suspense, une toile d'araignée gigantesque, et un thriller qui sait ne pas suivre les codes. Idem en ce qui concerne les serial-killer : l'auteur ne brasse jamais deux fois la même chose.

 

Au moins, ce roman m'a réconcilié avec l'auteur qui m'avait un peu déçu lors de ma lecture de "Nécrologie".

 

Là, c'est comme avec les Panzani : "Il m’épate, il m'épate".

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015).

 

 

 

Titre : Un père idéal


Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine / Livre de Poche (2012)

Résumé :

Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées.


Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.


Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines.


Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil.


Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ?


Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.

Critique : 

Diaboliquement excellent, ironique et sadique : voilà comment je qualifierait ce livre.


Certes, pas aussi hilarant que "Un employé modèle" mais ce père idéal me réconcilie totalement avec l'auteur (en froid avec lui après "Nécrologie").


Edward Hunter est un comptable ordinaire, comme bien d'autres en Nouvelle-Zélande et dans le monde. MAIS, voyez-vous, même les comptables les plus ordinaires peuvent cacher des secrets inavouables !


Par exemple, je me verrais mal annoncer à mes collègues de boulot que mon papounet chéri purge une peine de prison pour avoir fait comme l'autre Jack, son cousin anglais : zigouiller des prostituées !


Et bien, Edward, c'est pareil ! Sa vie a basculé lorsque les flics sont venu arrêter son père parce qu'il avait assassiné des femmes de petites vertus exerçant le plus vieux métier du monde. Se prénommant Jack, son père fut nommé "Jack The Hunter" par les journaleux.


Sa vie pèpère avec sa femme et sa petite fille va pourtant valser en l'air lors d'une visite à la banque. Visite qui va refroidir son épouse adorée.


Paul Cleave sait sortir des sentiers battus et je peux vous assurer que non, ceci n'est pas une Xième histoire de céréales-quiller. C'est bien mieux que ça.


Non seulement l'auteur distille quelques doses d'humour dans son récit, mais en plus, alors que l'on pense avoir établit le profil de l'histoire, hop, elle prend un virage à 90°, nous entrainant dans une poursuite infernale où le pauvre Edward va jouer un rôle important, à l'insu de son plein gré, aidé en partie par son père, qui n'est pas si idéal que ça !


Un roman jouissif de par ses personnages, détaillés, mais sans en faire trop et une écriture qui vous fait oublier où vous êtes : oui, j'étais à Christchurch en train de me demander pourquoi il faisait 40° à Noël... Bonn sang, mais c'est bien sûr !


De plus, cerise sur le cadavre, le récit s'emboite dans les trois autres romans et nous retrouvons des têtes connues.


Ce roman, c'est de l'émotion à l'état brut (pour une certaine scène), de la drôlerie, des situations cocasses (je ne vous mettrai pas au "courant", warf, warf), des retournements de situations et un récit sans temps mort (et quand il y en a un peu, on se bourre la gueule à grand renfort de bière froide).


Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015).

 

 

 

Titre : Nécrologie
 
Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (2013) / Livre de Poche (2014)

Résumé :

À la suite d’un drame personnel, Theodore Tate, un ancien flic, s’est reconverti en détective privé. Alors que la police est occupée à chasser le fameux Boucher de Christchurch, le serial killer qui terrorise la ville, c’est lui qu’on mandate pour s’occuper d’une banale exhumation, celle du corps d’un directeur de banque dont la veuve est suspectée d’homicide.

 

Là, un glissement de terrain accidentel révèle la présence de trois cadavres immergés dans le lac qui borde le cimetière. S’agit-il de victimes du Boucher, ou bien un autre tueur en série est-il à l’œuvre ?

 

Lorsqu’en plus on découvre dans le cercueil, à la place du corps de l’honorable banquier, celui d’une jeune inconnue, c’est le début d’un engrenage infernal pour Theodore qui va devoir découvrir seul la vérité sur cette affaire. Avant que la police ne découvre la vérité sur lui… et sur ses terribles secrets.


Après Un employé modèle, Paul Cleave nous emmène une nouvelle fois arpenter la face obscure de Christchurch, où, en dépit des apparences si tranquilles, même les morts ne sont plus en sécurité. Noir et glaçant.
 

Critique : 

M'étant délectée avec "Un employé modèle", c'est tout naturellement que je me suis tournée vers cet autre ouvrage de Paul Cleave.

 

Force m'est de constater qu'il n'est pas du même niveau que le précité et que je me suis même surprise à m'ennuyer durant ma lecture...

 

Pourtant, tout avait bien commencé... Pensez, je me trouvais dans un cimetière (une fois de plus) en compagnie du détective privé Théodore Tate, et nous supervisions une exhumation.

 

Deux ans plus tôt, l'enquête avait été bouclée par Tate, alors flic, mais notre banquier, mort de manière "naturelle" aurait peut-être été empoisonné par sa femme. On était là, tranquille, à regarder les employés faire leur job et déposer le cercueil sur le pont arrière de la camionnette. Tiens, un glissement de terrain près du lac...

 

Bloup, bloup, à fait l'eau à côté de nous. Tate est allé voir, m'entrainant dans son sillage. Bigre, des corps qui remontent à la surface. À peine le temps de dire "ouf" que voilà le gardien du cimetière qui monte à bord de la camionnette et démarre plein gaz, perdant le cercueil par la même occasion... Oh, tiens donc, que vois-je ?? Le banquier n'as pas de bourses puisque c'est une jeune fille qui occupe le cercueil. Oups !

 

Si le début était prometteur (les 200 premières pages), à un moment donné, j'ai légèrement décroché. La narration au présent (que je déteste) et la profusion de nombreux "je" m'ont irrité (certains auteurs savent pourtant ne pas m'irriter avec ce style de narration).

 

Niveau personnages, le détective Tate est torturé, la vie ne l'a pas épargné, malgré tout, je n'ai pas ressenti de grande empathie pour lui. Alors que j'avais adoré le Boucher de Christchurch, je n'ai rien ressenti pour le détective.

 

Le personnage était travaillé, mais il manquait de sympathie, je trouve. Borderline - il l'est à fond - notre détective à même réussi à m'horrifier quelques fois par son comportement inconséquent et son culot certain, ayant même tendance à adopter certains des comportements qu'il reprochait aux autres (et quand il a un reproche, ma foi, ça dépote).

 

En tout cas, dans le roman, Tate aura son lot de situations tordues, cocasses et de case "prison". Le plus drôle c'est qu'il se fera appréhender pour un délit dont il n'est pas coupable.

 

Divisé en deux parties (l'enquête en premier lieu, la seconde se déroulant un mois après la fin de la première partie avec un Tate qui a l'air de se foutre de tout), c'est un morceau du second récit qui ne m'a pas vraiment emballé.

 

Le rythme général est assez lent - le roman étant plus psychologique que policier, dans le fond - mais là où d'habitude le polar psychologique ne me pose pas de problème, ici, je baillais profond et j'ai parfois dû m'accrocher ou lire en diagonale...

 

Malgré tout, la fin est excellent et je ne l'avais pas vu venir. Les ramifications étaient profondes, tordues, bien pensés et m'ont sciées.

 

Une lecture en demi-teinte... À vous de vous faire votre propre avis.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2013-2014).

 


 

Titre : Un employé modèle
 
Auteur : Paul Cleave
Édition : Le Livre de Poche (2011)

Résumé :

Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat de police. Mais qui est-il vraiment… ? Des meurtres en série se succèdent, jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les siens mais, pourtant, Joe ne s’y reconnaît pas…Contrarié par ce coup du sort, il décide de mener sa propre enquête.

 

Critique : 

C'est décidé, je refuse de mettre les pieds en Nouvelle-Zélande ! Caryl Férey me l'avait fait rayer de mes futures destinations, Cleave a entériné le tout.


C'est le syndicat d'initiative et l'office du tourisme qui doivent être content...

 

La Nouvelle-Zélande est peut-être la terre des moutons et des hobbits, mais je doute que cela soit celle de la tranquillité parce que la ville de Christchurch est connue pour son boucher...


Pas celui qui vous découpe de bons morceaux de beefsteak, non, non, celui qui vous découpe, vous tue, vous torture... et plus si affinités.

 

Le boucher, c'est comme si le gentil Forest Gump se transformait tout à coup en Hannibal Lecter... Comme si le sérial-killer Hannibal se comportait, le jour, comme Forrest Gump.

 

Docteur Forrest et Mister Lecter ? Oui, quasi, sauf que notre Joe n'est pas un attardé, mais il joue bien le rôle !

 

Originalité ? Joe Middleton, le "boucher de Christchurch" (mais chut, personne le sait, sauf vous et lui) vous parle de sa vie, vous le suivez dans ses crimes, dans sa manière de mener tout le monde par le bout du nez en jouant à l'attardé mental qui passe ses journées à nettoyer les locaux de la police.

 

Joe contrôle tout, absolument tout de sa vie... Il a une mère un peu castratrice, mais pour le reste, il n'est pas devenu sérial-killer à cause de ses parents. Il nous répète même qu'il a de l'humanité.

 

Dès le départ, j'ai été happée par le récit, bien au chaud dans les pensées de notre Joe, je l'ai suivi dans ses meurtres, dans son travail et j'avoue, que oui, j'ai éprouvé de la sympathie pour Joe.

 

Pourtant, il ne tue pas des criminels comme Dexter, mais des femmes.

 

Jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les siens mais il sait bien que ce n'est pas lui…

 

Contrarié, il décide de mener sa propre enquête et c'est là que l'on se rend compte qu'il est plus malin que les flics. Le récit prend une autre tournure, avant de changer encore de cap avec l'arrivée d'un nouveau personnage.

 

Oui, l'auteur nous rend Joe sympathique, la narration est agréable à lire, les pages défilent parce que nous aussi, on veut savoir QUI a tué cette femme. De plus, il y a des touches d'humour noir et grinçant qui m'ont fait sourire plusieurs fois (ok, très, très souvent, j'adore !).

 

Un seul passage m'a glacé les sangs : les hommes qui l'ont lu comprendront à quoi je veux faire allusion... J'avais mal pour Joe, bien que je sois une femme.

 

Ce qui m'a plu, en dehors du fait que notre homme joue les attardés mentaux à la perfection, se fondant dans les couloirs tout en gardant le contrôle sur les flics, c'est son côté machiavélique durant son enquête, son intelligence et la manière dont il se joue d'une autre personne.

 

La fin est magnifique... Je n'en dirai pas plus, mais elle a une morale aussi et cette leçon vaut bien un fromage, comme l'aurait dit Maître Corbeau.

 

Mon seul regret est de ne pas avoir eu plus de détails sur la scène que Joe avait surprise dans la douche de son père et j'aurais aimé avoir confirmation que le coupable qu'il a démasqué est bien le coupable... parce que de ce côté là, il manque quelques petites lignes de plus...

 

Pour le reste, dévoré en deux jours et demi à vitesse grand V ! Génialissime.

 

Challenge "Thrillers et polars"  (2012/2013) de Liliba.


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