4.22 Romans Noirs [Contemporains Anglais]

 

 

 

Titre : Hiver rouge


Auteur : Dan Smith
Édition : Le Cherche midi (2015)

Résumé :

1920, Russie centrale. La terreur s'est abattue sur le pays. À la mort de son frère, Nikolaï Levitski a déserté l'Armée rouge pour aller l'enterrer dans son village.


Mais lorsqu'il arrive dans la petite communauté, perdue en pleine nature, c'est la stupéfaction. Les rues sont vides et silencieuses. Les hommes ont été massacrés dans la forêt alentour, les femmes et les enfants ont disparu.


Nikolaï se met alors sur la piste des siens.


C'est le début d'une quête aussi désespérée que périlleuse dans une nature hostile, au cœur d'un pays ravagé par la guerre civile.


Petit Plus : Après le succès du Village, le nouveau roman de Dan Smith ! Une fois de plus, Dan Smith nous offre un roman à l'intensité exceptionnelle. On retrouve son goût pour les personnages inoubliables, son talent pour mêler l'histoire et l'intime, et faire éprouver au lecteur une véritable sensation physique des conditions de survie en milieu extrême. 


Une enquête palpitante dans les immensités glacées de la Russie bolchevique.

 

Critique : 

Si les Cœurs de l'Armée Rouge vous donnent des frissons de plaisir lorsqu'ils chantent, en 1920, ils vous auraient donné des frissons de trouille !


Russie, 1920, guerre civile... Nikolaï Levitski, soldat, vient de déserter avec son frère, se faisant passer tous deux pour morts dans un fossé.


Son but ? Rentrer chez lui et retrouver sa famille. Arrivé dans son village, celui-ci est vide de tous ses habitants, tous envolés... Certains partis au Paradis Blanc d'où on ne revient pas et d'autres fait prisonniers, apparemment.


Véritable enquête sous fond de guerre révolutionnaire, cet homme fera tout ce qui est en son pouvoir pour apprendre ce qui est arrivé aux siens et les retrouver.


Moi qui aime la Russie, je suis plus que bien servie avec les romans de Dan Smith, surtout qu'il explore les périodes troubles.


Ici, toute la violence, toute la barbarie et toute l'imbécilité de la guerre sont visibles. Ici, on fait la guerre entre frères, entre habitants d'un même pays, on prive certains de nourriture pour la donner à d'autres, la guerre civile fait rage depuis 1917 et on ne sait plus trop contre qui on se bat...


Alors, on suspecte tout le monde et on n'accorde sa confiance à personne, tout e monde est tendu comme la corde d'un arc et les tensions sont bien palpables dans le récit grâce à la belle écriture de monsieur Smith qui m'a régalé tout en me faisant accélérer le palpitant.


Méfiance, scission et violence étaient partout. Elles étaient évidentes sur les champs de bataille, mais présentes aussi dans nos foyers. Elles emplissaient l’air que nous respirions, et je compris qu’elles faisaient partie de nous, désormais. Nous étions allés trop loin ; nous ne pouvions plus revenir en arrière. Quel que soit le vainqueur de cette terrible guerre, cela ne changerait rien.


Lorsque l'on chevauche dans la neige, sous le froid glacial, il faut surveiller ses arrières, ses avants, car l'Armée Rouge n'est pas loin, la Tchéka non plus (police politique qui combattait les ennemis du nouveau régime bolchevik) et tout le monde vit dans la terreur.


Nikolaï, dit Kolia, est un personnage auquel on s'attache de suite, il a un passé de soldat de la Grande Guerre et le reste, on le découvrira au fil de la lecture.


Ici, personne n'est ni tout blanc, ni tout noir, tout est en nuance de gris et elles sont plus nombreuses que les fameuses 50 !


Je savais ce que j’étais, et "déserteur" n’était pas la pire épithète qui m’était applicable, mais cela me rappelait les hommes que j’avais traqués pour le même crime, des hommes dont le seul véritable délit avait été de vouloir une vie meilleure.


Tout le monde a des squelettes dans le placard, des casseroles au cul, des faits peu reluisant à masquer, des choses pas nettes à se reprocher et les pires exactions sont commises par des soldats parce que "se sont les ordres".


Il y avait une pointe d’indignation dans sa voix. Il avait sûrement dû justifier ses actions à ses propres yeux, comme je l’avais toujours fait moi-même, et quand on se répète suffisamment de fois que quelque chose est légitime, on commence à y croire.


— Je n’ai jamais voulu recevoir d’ordres de lui.
– Mais vous n’avez pas eu le choix.
J’avais déjà entendu cet argument : le commandant Orlov avait été dans le même cas. Il avait obéi aux ordres parce que c’était son devoir de les suivre, et parce qu’il y avait des conséquences pour ceux qui ne le faisaient pas.


On doit tuer les traitres, les mauvaises herbes... les habitants de son propre pays. Ils ont été endoctrinés et répètent cela tel un mantra.


Et pourtant, j’étais un révolutionnaire, et j’avais commis des actes innommables au nom de l’assainissement de la récolte. J’avais été convaincu que, pour rendre la patrie plus forte, il était vital d’éliminer le mal qui menaçait de gangrener la vision nouvelle.


Il était crucial d’arracher les mauvaises herbes contre-révolutionnaires du champ fertile de notre nouvelle nation pour que la terre y soit la plus féconde possible et que les cultures y poussent hautes et vigoureuses.


La guerre civile change les hommes en bêtes, les innocents en assassins, les doux se gorgent de haine et les paisibles deviennent des vulgaires assassins. La frontière entre eux et les monstres qu'ils traquent est ténue. Très ténue et on la franchit très vite, cette frontière, lorsque l'on cherche sa famille.


— Tu as tort, protesta Tania. Elle a tort. Rien ne me ferait jamais trahir quelqu’un de cette façon.
— Pas même tes propres enfants ? N’aurais-tu pas fait tout ce qui était en ton pouvoir pour les protéger ?
Elle s’arrêta et me regarda fixement, sachant que j’avais raison. Nous vivions en des temps qui poussaient les gens à faire des choses qu’ils n’auraient jamais envisagées avant.


— Je suis professeur, bon sang !" Il serra les poings. "Professeur. Et regardez à quoi j’en suis réduit. À voler et mendier. À vivre dans la saleté, le froid et la faim. J’étais élégant et respectable et… Je n’avais jamais fait de mal à qui que ce soit, jamais frappé un homme avant… ".


Perdu dans cette immensité blanche et froide, juché sur sa jument fidèle, Nikolaï mènera une quête qui ne sera pas de tout repos et basculera parfois vers le côté obscur de la Force avant de se reprendre... peut-être.


Il devra accorder, ou pas, sa confiance à des inconnus, qui eux devront faire de même et je me suis souvent demandée ce que j'aurais fait à leur place et la réponse ne m'a pas plus parce que je sais que la peur nous faire accomplir des gestes inconsidérés.


C’est en cet instant d’amitié et de paix, alors qu’il avait baissé sa garde, que j’aurais pu le tuer. Ç’aurait été la chose la plus facile au monde que de le tirer brusquement à moi et de sortir mon revolver de ma poche pour l’abattre d’une balle, ou de prendre le couteau à l’intérieur de mon manteau pour lui en enfoncer la lame dans le corps. Mais au lieu de cela, je le regardai droit dans les yeux et reconnus son hésitante offre d’amitié dans la chaleur de sa main.


Beaucoup de tensions, de peurs, de lâchetés, de dénonciations, de barbarie, de violence, d'amour et d'amitié dans ce roman époustouflant qui m'a fait chevaucher dans les steppes glacées de la Mère Russie.


Par le passé, j’avais ignoré la dimension humaine de ce genre de situation, ne voyant que des révolutionnaires et des contre-révolutionnaires. J’avais été tellement plongé dans la guerre que j’avais fermé les yeux sur quoi que ce soit d’autre, et il avait fallu quelque chose d’affreux pour me forcer à les rouvrir et à voir les choses plus clairement.


On n'en sort pas indemne de ce roman coup de cœur. J'en ai encore mal au bide mais je remercie l'auteur de m'avoir donné à lire deux romans de cette trempe-là.


Ce n’était pas Dieu qui avait enlevé mes enfants. Ce n’était pas Lui qui avait torturé ces gens dans la forêt. C’étaient des hommes. Et j’étais certain que ces hommes avaient porté une étoile rouge sur leur casquette.


Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), Challenge "Polar Historique" de Sharon et "A year in England" chez Titine.

 

 

 

 

Titre : Le Village
 
Auteur : Smith Dan
Édition : Le Cherche midi (2014)

Résumé :

En 1930, dans le village ukrainien de Vyriv. Luka, vétéran de la guerre de Crimée et ses deux fils recueillent un homme inconscient qu'ils trouvent dans la steppe enneigée.


Dans son traîneau gisent deux corps d'enfants atrocement mutilés. La panique s'empare des villageois... 


Lorsque Luka revient au village, les habitants s'affolent. Avec l'arrivée au pouvoir de Staline, la paranoïa règne.


Dans cette petite communauté jusqu'ici préservée, tout le monde craint l'arrivée de l'Armée rouge et des activistes. La venue de cet étranger n'annonce-t-elle pas un péril plus grave encore ?


Luka n'aurait-il pas fait entrer un monstre dans le village, un assassin d'enfants, l'incarnation du mal ?

Critique : 

Ce livre, à peine était-il paru que je l'ai voulu... Sans trop tarder, je l'ai lu et me voici sur le cul ! Mon plaisir de lecture est repu.

 

S'il y a une chose que j'apprécie, dans un roman, c'est que l'auteur me surprenne, qu'il emprunte des sentiers auxquels je ne pensais pas, auxquels je ne m'attendaient pas.

 

Pari réussi tant j'ai été surprise de la tournure que le récit prendra, partant dans une direction inattendue, m’entraînant dans l'immensité enneigée de la steppe et me tordant le cœur dans tous les sens.

 

L'avantage de n'avoir lu qu'un résumé succint m'a permis d'en savoir le moins possible sur le roman et j'ai gardé intacte ma virginité (littéraire, bien entendu).

 

Déjà, l'environnement me plaisait : Ukraine, 1930, un petit village perdu au fin fond du fin fond du trou du cul du monde. Ici, on vit chichement avec les quelques maigres possessions que l'on possède. J'avoue avoir un faible pour les récits se passant en Russie où dans ses alentours.

 

Le côté politique très présent est un autre argument qui m'a plu... Nos villageois vivent dans la crainte que l'on vienne tout leur confisquer.

 

Avec ce postulat de départ, je m'attendais à un huis clos tournant autour du fait que Luka, personnage principal et auteur du récit, avait fait entrer dans le village un homme grièvement blessé qui cachait sur son traineau  les cadavres de deux enfants dont un était atrocement mutilé.

 

Huis clos il y aura, mais l'auteur, dans un récit flamboyant, nous entraînera ensuite bien plu loin, dans une aventure où les épais manteaux sont de mises, les gants et la chapka aussi.

 

Accrochez-vous, vous allez vivre quelques heures angoissante de lecture qui vont vous transporter dans une époque fort sombre de par son contexte politique.

 

Le suspense présent dans ce livre est à couper au couteau tellement il est épais, dense, prenant.

 

Ici, la nature est tout sauf clémente et elle a façonné les gens à son image. Ici, il n'y a pas de faible femme, elle ont toutes endurées plus qu'il n'en faut dans leur courte vie de misère : guerre, révolution, famine, perte des proches...

 

Le personnage de Luka est d'un réalisme à couper le souffle, oscillant entre une humanité rare, une perception de la vie très forte, mais n'hésitant pas aussi à basculer du côté obscur de la Force.

 

Luka, c'est un vétéran de la guerre, tuer, ce fut son métier, il s'il doit le refaire afin de préserver sa famille, il le refera sans aucun état d'âme.

 

Tous les autres qui gravitent autour de lui sont aussi empreints d'une réalité rarement atteinte dans un roman. Ils sont travaillés, profonds, sans jamais être tout bon ou tout méchant.

 

Même les hommes bien peuvent faire le mal et a contrario, même les hommes méchants peuvent faire le bien.

 

Ce que tu as commis un jour parce que tu étais soldat et que tu obéissais aux ordres, c'est ce que tu me reproches aujourd'hui de commettre, moi qui suis un soldat et qui obéit aux ordres... C'est sadique mais cela décrit bien ce qui se passe depuis toujours : on reproche aux autres de faire ce que, un jour, nous leur avons fait.

 

Le contexte social du livre en fait un roman noir et comme je vous le disais plus haut, l'aspect politique est fort présent avec le communisme et toute la puissance de son illogisme puisque l'on prend à des pauvres gens leurs maigres biens, leurs maigres provisions pour l'hiver, pour les donner - sois-disant - à la collectivité et à ceux qui n'ont rien... Imbécilité et mauvaise foi, quand vous nous tenez.

 

Le roman nous parlera aussi de la chasse aux koulaks, ces paysans supposés êtres riches parce qu'ils possédaient un lopin de terre, une vache et deux poules.

 

Si on feuillette un peu la pages de l'Histoire, on ne peut qu'être glacé d'effroi devant la "collectivisation" des terres mise en place par Staline, de 1929 à 1933. Là, nous sommes en plein dedans et on imagine les horreurs durant la lecture.

 

À un moment donné, j'ai tiqué parce que l'auteur prenait un raccourci qui ne collait pas avec son talent. Le diable se cache toujours dans les détails et Sherlock Holmes n'aurait pas mieux déduit que moi puisque j'avais compris. Là, l'auteur ne m'a pas surpris mais a confirmé son talent pour les fausses pistes, le coquin !

 

Oui, c'est un véritable coup de cœur, ce livre.

 

Des personnages charismatiques oscillant souvent entre leurs côtés humaniste et leur part sombre qui peut faire d'eux des assassins qui n'ont pas de remords; un récit à la fois humain et barbare, la frontière étant ténue entre les deux, elle aussi; de la fraternité côtoyant de l'égoïsme pur et dur dicté par les aléas de la vie ou de la nature; des paysages enneigés à couper le souffle; un froid glacial, mordant, piquant; de la chaleur humaine, parfois distillé par des bourreaux.

 

Ici, rien n'est ni tout blanc ni tout noir, mais entre gris clair et gris foncé.

 

C'est tout ça, ce roman... avec des larmes et du sang.

 

Un grand moment de lecture et un déchirement de devoir quitter ces hommes et ces femmes, souvent rudes, mais possédant un cœur.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Canel (2014-2015), le Challenge "Polar Historique" de Sharon et le "Challenge US" chez Noctembule.

 

 

 

 

Titre : La moisson des innocents


Auteur : Dan Waddell
Édition : Rouergue Noir (2014)

Résumé :

Ils furent deux enfants assassins, condamnés pour avoir battu à mort un vieil homme sans défense. Deux garçons maudits qui ont purgé leur peine et se construisent une vie d'adulte sous une nouvelle identité.

 

Dieu sait comment, un justicier a retrouvé leur trace et décidé de leur infliger les affres de l'enfer.

 

L'inspecteur Forster revient sur la scène du passé, qui est non seulement celle du crime mais celle de ses propres souvenirs.

 

Avec une habileté machiavélique, Dan Waddell nous emporte dans l'Angleterre profonde où il faudra démasquer bien des mémoires pour faire surgir la vérité.

 

Critique : 

— Oh my God, they killed Kenny !

— You bastards !

 

Oui, ils ont tué Kenny, ces enfoirés !

 

Pour une fois, j'ai commencé par le tome 3 des enquêtes de l'inspecteur Foster, mais ce ne fut pas un soucis, loin de là.

 

En effet, il m'a fallu une seconde pour plonger dans le roman et dans la vie de cet inspecteur. En fait, c'est comme si je l'avais toujours connu.

 

L'inspecteur Foster a ses blessures bien enfouies, il nous en parlera à l'occasion, durant son enquête. Pour le reste, il ne fait pas trop de bruit, il  est tenace et quand il tient un os, tel le pitbull, il ne le lâchera plus comme il le fit il y a 20 ans, lors de cette sordide affaire avec Kenny Chester...

 

Les premières blessures à l'âme sont toujours les plus profondes.

 

Oui, c'était une sordide affaire, il y a 20 ans : Kenny Chester, un vieil homme, héros de la mine, se fit tabasser à mort par deux jeunes gamins de 10 ans. Oui, ils ont tué Kenny, ces enfoirés ! Condamnés, ils furent dix ans plus tard relâchés et pourvu d'une nouvelle identité.

 

Et 20 ans après, Foster se trouve devant les cadavres des gamins criminels devenus adultes. Qui a balancé leurs nouvelles identités ? Qui a obtenu sa vengeance ?

 

Mais quand la nouvelle de la liste disparue sortirait… Et dans la mesure où les personnes au courant étaient soit des flics, soit des pontes du ministère de l’Intérieur, deux des catégories professionnelles les plus poreuses, ce n’était qu’une question de temps.

 

Son enquête ne sera pas facile : tout le monde est content de la mort des deux anciens meurtriers et personne ne veut que l'on remue la merde. L'inspecteur Foster aura fort à faire pour résoudre tout ça, vu les inimités qu'il a avec certaines personnes de son ancienne ville.

 

Sans user de métaphores, de grandes envolées lyriques, de phrases complexes et ampoulées, l'auteur nous plonge dans l'atmosphère "campagnarde" de la ville de Mackington (dans le Northumberland, le Nord) au-dessus de laquelle flotte une chape de plomb.

 

— L’affaire Kenny Chester.
Il sourit.
— Vous avez une mémoire impressionnante.
Elle laissa échapper un petit rire.
— Par ici, on n’est pas près d’oublier cet été-là.

Tous les clichés qu’on lui avait rapportés à propos du Nord avant qu’il n’y aille, le froid, les hivers sombres et la pluie, mais aussi le sens de la communauté, l’amitié, la chaleur humaine, tout s’était révélé vrai. Londres ne lui avait pas manqué une seule seconde.

 

Ici, personne n'a oublié l'affaire et tout le monde a rêvé de vengeance, surtout dans la famille de Kenny Chester, lui qui était presque un Dieu a eu sa famille quasi canonisée après son meurtre affreux.

 

Après la mort de Kenny, Barry et sa famille avaient été canonisés par la presse qui avait loué leur dignité et leur retenue, citées comme des exemples de ce qu’il y a de mieux dans la nature humaine. Leur famille soudée contrastait avec les foyers brisés qui avaient engendré Dibb et Schofield.

 

 Pas besoin non plus d'une pléthore de paragraphes pour décrire l'état de la ville et des gens après la fermeture des mines par la Tatcher : misère sociale, plus de boulot, jeunes sans avenir, alcool, drogues, moitié des commerces qui ont fermé, une population auparavent ouverte qui s'est repliée sur elle et plus de partage entre les habitants.

 

— Quand le puits a fermé, l’héroïne est devenue un véritable fléau par ici, particulièrement dans les années 1990. Les mômes n’avaient rien d’autre à faire. Pas de travail, pas de futur.

 

— Depuis, plus rien n’a été pareil ici. Entre ça et la fermeture du puits, le village a perdu son âme. Avant, les gens discutaient dans la rue, passaient chez les uns, chez les autres pour une tasse de thé. Le pub et le foyer communal étaient prospères et cette rue était pleine de commerces. Plus maintenant. Les gens communiquent moins, ils sont moins confiants.

 

On a bien compris en peu de mot la merde que la miss Maggie a foutu.

 

Nous sommes ici face à un roman noir plus sombre que dans la raie des fesses d'un mineur occupé au fond de sa mine, à minuit, par une nuit sans lune.

 

Tu penses que tu as atteint la veine la plus sordide de la mine, mais non, t'as encore rien vu ! On peut toujours creuser plus profond dans la saloperie humaine.

 

Le poids du passé est lourd et il a tendance à t'entraîner au fond de cette mine sombre et une fois qu'on en ressort, on respire un grand coup l'air frais, tout en frissonnant de ce que l'on vient de lire.

 

Une saloperie d'excellent roman noir, une enquête qui m'a laissée sur les genoux, même sans avoir fait de courses-poursuites, des personnages principaux que l'on a envie de revoir et un final haletant rempli de surprise.

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), "A year in England" chez Titine, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le "RAT a Week, Winter Édition" chez Chroniques Littéraires (310 pages - xxx pages lues sur le Challenge).


 

 

Titre : Né sous les coups
 
Auteur : Martyn Waites
Édition : Payot et Rivages (2013)

Résumé :

 1984 : Margaret Thatcher est au pouvoir, les mineurs sont en grève. "Deux tribus partent en guerre", pour reprendre un tube célèbre. 

 

À Coldwell, cité minière du Nord, les mineurs ont lutté quasiment jusqu'à la mort, mais ça n'a pas suffi : manipulant l'opinion, recourant à la violence policière, les Tories avaient, à l'époque, méthodiquement cassé les reins du mouvement ouvrier.

 

Pour les vaincus, le prix de la défaite sera exorbitant : vingt ans plus tard, Coldwell est une ville sinistrée, gangrenée par tous les fléaux sociaux.

 

Histoire d'un affrontement impitoyable aux conséquences dévastatrices, histoire de criminels qui prospèrent sur la misère, histoires d'amour contrariées, tragiques, mais aussi poignantes, Né sous les coups est la fresque de tout un monde mis à terre qui lutte pour survivre sur deux générations, baignant dans la musique anglaise des années 70 et 80.

 

Critique : 

Tout comme le chantait Renaud, moi aussi je me changerais bien en chien, et comme réverbère quotidien, je m’offrirais Madame Thatcher. Et je ne serai pas la seule à aller me soulager sur sa tombe, je le sais.

 

Pourquoi est-ce que je parle de Miss Maggie dans ma chronique ? Parce qu'il est question de son gouvernement dans ce roman noir social.

 

Ce fut une lecture  dure, âpre, une lecture qui me marquera profondément, un roman dont j'ai dévoré les 200 dernières pages sans pause, restant épuisée à la fin de ma lecture à cause de ma course effrénée dans les rues de la ville, les flics à mes trousses, leurs matraques me chatouillant les côtes et fracassant le sommet de mon crâne, j'ai sauté par-dessus les haies, les chiens policiers à mes trousses, les policiers montés m'ont coursé dans les rues, je me suis faite plaquer contre le mur par les destriers rendu fous par leurs cavaliers, les chevaux redevenant des machines de guerre pour la cause.


Le rapport de force se trouva inversé. Les mineurs étaient quelques centaines, les policiers cinq mille.
Ils attendirent le départ des caméras de télévision, puis ils chargèrent.
La police montée. Les chiens policiers. Ils attaquèrent tout le monde, sans distinction. Quiconque avait un lien avec la grève, homme ou femme, jeune ou vieux, était une cible légitime. Les matraques antiémeutes furent réutilisées pour la première fois depuis dix ans. La dernière fois qu'elles l'avaient été, elles avaient causé la mort d'un manifestant antinazi.
Les gens se firent bastonner, piétiner, mordre.

 

Il ne faisait pas bon être mineur gréviste en 1984...

 

"1984" n'est pas qu'un roman célèbre d'Orwell... C'est en 1984 que l'Angleterre est entrée dans les temps modernes tels que nous les connaissons. C'est en mai 1984 que la bombe à retardement à été enclenchée et que le compte à rebours fut lancé dans un sinistre "tic-tac".

 

Une seul nom : Margaret Thatcher, dite "la dame de fer". Elle a été réélue pour un second mandat, les gens n'ayant aucune autre alternative crédible. La dame de fer s'est attaqué aux mineurs et les mines ont fermés, entrainant des combats, des tabassages en règle de mineurs et la mort des villes qui vivaient du charbon, pourtant rentable. Les grévistes n'ont pas eu le soutien de la population...


Le succès de ces opérations modifia les mentalités des membres du gouvernement. Il autorisa à penser l'impensable. S'ils pouvaient faire ça impunément, alors ils pouvaient se permettre tout et n'importe quoi.
Les gens ne diraient rien si les mineurs se faisaient démolir. Ils auraient trop peur de perdre leur propre boulot.
On pouvait faire tout et n'importe quoi sans avoir rien à craindre.

 

1984, dans la ville minière de Coldwell, près de Newcastle... Nous sommes  en compagnie de  Tony, un jeune footballeur professionnel qui a du potentiel; de Louise qui cherche l’amour; de Tommy, une jeune brute, bras droit et gauche d'un caïd de la pègre locale; Mick un mineur syndicaliste qui aime la dive bouteille et Stephen Larkin, un journaliste idéaliste.

 

Tout ce petit monde évolue alors que les mineurs se lancent dans leur ultime combat, certains étant plus impliqués que d'autre.

 

2001... de la ville de Coldwell en état de siège en 1984 à celle décrépite et moribonde, tout a changé et ♪ "non, non, rien n’a changé" ♫.

 

Si la révolte semble être morte sous les coups de matraque donné en 1984, la résignation qui a engourdi les mineurs continue de faire son œuvre en 2001. La ville est morte et seule la pègre fait son beurre en vendant de l'herbe.

 

Ce roman nous montre la manipulation des masses par les médias qui, avec un reportage, peut faire passer le clan A pour des brutes et le clan B pour des victimes. Ici, ce furent les mineurs qui se firent passer pour des brutes sanguinaires et les poulets pour des pôvres petits. Démagogie, quand tu nous tiens.

 

Le gouvernement Thatcher voulait détruire la classe ouvrière et seuls les mineurs se sont révoltés... Le reste du monde ne comprenait rien et s'en fichait. Ce n'était pas son combat et de toute façon, les médias étaient instrumentalisées, les gens manipulés et les mineurs esseulés.

 

Les personnages de ce roman sont multiples, certains plus attachants que d'autres. Multiples, mais travaillés ! Ils ont leurs contradictions, ils ont des idéaux, des espoirs de vie meilleure, des envies, du courage mélangé à une part de lâcheté. Et les pire ne sont pas toujours les caïds... N'est-ce pas, Keith ?

 

Martyn Waites nous balance sans ménagements au milieu de cette population fracassée, moribonde, en état de mort clinique quasi. Il nous jette parmi cette population dépossédée de son travail, privée de son droit à faire bouillir la marmite, amputé de leur fierté et de la solidarité entre camarades mineurs.

 

Ils n'ont plus rien et ne peuvent léguer à leurs enfants que le malheur, le renoncement à tout et la haine de soi.

 

Pour eux et pour la génération suivante commence une longue et pénible descente aux Enfers, une descente bien plus dégradante que celle qui les transformait en rats qui grattaient la terre pour en extraire les pépites noires.

L’échec ne naît pas de la révolte mais de la résignation...

 

Un roman aussi noir que l’anthracite mais au bout du tunnel, il y a souvent de la lumière...

 

Photo d'illustration : Ce face-à-face à la mine d’Orgreave, près de Sheffield, a été l’un des tournants de la grève des mineurs de 1984-1985. La police a empêché les manifestants de fermer l’usine et ce fut le début d’une longue et douloureuse débacle, jusqu’à la défaite finale.

Il y a eu d’autres batailles sanglantes après celle-ci, mais le fait que les mineurs n’aient pu obtenir le soutien d’autres ouvriers lors de la bataille d’Orgreave les a dégoûté et isolé. Bien que les grévistes aient recueilli des dons d’argent importants, la tactique du gouvernement Thatcher — anticiper en stockant du charbon et envoyer des troupes de briseurs de grève remplacer les manifestants — s’est révélée efficace et a marqué la fin de l’époque des puissants syndicats.


Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), le Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, le "Challenge Ma PAL fond au soleil - 2ème édition" chez Métaphore et "Ma Pedigree PAL - La PAL d'excellence" chez The Cannibal Lecteur.

 

 

 

Titre : Gun Machine


Auteur : Warren Ellis
Édition : Éditions du Masque / Le Livre de Poche (2015)

Résumé :

John Tallow est un flic new-yorkais typique : célibataire, désabusé, plus trop dans le coup. Son équipier de toujours, lui, c'est le bon flic, celui que tout le monde aime.

 

Ils sont appelés pour intervenir dans un immeuble décati de Pearl Street, où un forcené en surpoids nu comme un ver hurle et tire sur tout ce qui bouge dans la cage d'escalier. Rosato monte le premier, se fait exploser le cerveau devant Tallow, impuissant, qui est éclaboussé des restes gluants et visqueux de son co-équipier.

 

Fou de rage, il décharge son flingue sur le forcené et défonce en même temps le mur d’un appartement.

 

Quand les techniciens de scène de crime arrivent sur place, ils tombent nez à nez avec une centaine d'armes, fixées sur les murs, du sol au plafond... Des armes qui semblent correspondre à des meurtres non élucidés.

 

Convoqué par sa supérieure, Tallow se fait passer un savon.

 

Le meilleur flic de la brigade est mort et les voilà avec un arsenal d'armes relié à des cold cases sur les bras.

 

Sa punition : démêler l’affaire avec pour seule aide deux bras cassés. Une journée qui commence très mal...

 

Critique

Vous aimez suivre un lieutenant de police un peu barje sur les bords qui enquête dans une histoire pas du tout comme les autres, aidé d'un duo de bras cassés frappadingues, oscillant entre le génie et l'autisme pour le public relation ?

 

Vous aimez les coups retors dans le dos et les magouilles en haut de l'échelle ?

 

Vous avez un faible pour les dialogues pas piqué des vers et le langage argotique vous met en joie ?

 

Alors voilà un roman noir fait pour vous, messieurs dames !

 

John Tallow est un flic new-yorkais, à Manhattan. Le genre de flic qui se la coule douce. Mais voilà qu'après la mort de son collègue, abattu par un gros forcené tout nu, notre John se met à jouer les John Wayne, refroidit le gars et sans le faire exprès, met la main sur un appart entièrement tapissé de flingues.

 

Forcené à poil se campa au bord du palier, pointa son fusil et tira. Le coup arracha la partie supérieure gauche du crâne de Jim Rosato. Il y eut un ploc quand un bout de sa cervelle s'écrasa contre le mur.

 

C'est à kiki tout ça ?? On ne le sait pas...

 

Au bas mot (et Obama), il y a 200 armes correspondant à quelques 200 homicides non résolus... Le tout rendrait la Lilly Rush de Cold Case folle de joie et en transe orgasmique.

 

— Tout ce que t’as fait, lieutenant, c’est trouver l’adresse du diable à New York, et maintenant, il a changé de crémerie.

 

Tallow, lui, il s'est mis tout le monde à dos et va se retrouver obligé de bosser avec deux techniciens de scène de crime (TSC) totalement hors-normes !

 

— D’accord. Si vous me disiez qui s’occupe de la planque de Pearl Street ?
— Ah. Ça.
Tallow était à peu près sûr qu’il ne venait pas d’avouer avoir fricoté sexuellement avec des chatons, pourtant l’expression du très gros APTS laissait planer le doute.
— Alors c’est toi, poursuivit l’autre.
— C’est moi.
— J’irais m’installer à l’hôtel si j’étais toi, mec. Dis à personne quel hôtel. Et achète-toi une armure.

 

Quand tout le monde vous lâche parce que ici, on est pas dans la série Blue Bloods (ou une autre) où tout le monde y s'aime et qu'il est solidaire, loin de là !

 

Quand on vous colle dans les pattes Bat, un technicien bricoleur de génie mais un peu zot (fou, en bruxellois) et une autre - Scarly - tout aussi disjonctée, lesbienne et pas faite pour les relations humaines... Oh my god !

 

— Franchement, dit Scarly, si j'avais su que le mariage c'était autant d'emmerdes, je serais jamais allée dans les manifs pour demander d'y avoir droit. Vous pouvez vous le garder, hétéros de mes deux.

 

Oui, ça fait des étincelles ce super trio qui s'étoffera au fil des pages et vous fera vivre un récit des plus atypiques, à l'exact opposé des sentiers battus de ce que l'on pourrait s'attendre (genre scénario de NYPD Blue).

 

Un petit roman noir aux dialogues jouissifs, plaisant, amusant, avec du suspense, du mystère, un méchant des plus étrange et qui m'a entrainé dans les bas-fonds de Manhattan, m'apprenant des tas de petites choses sur la ville, son histoire et me faisant lever les yeux au ciel de bonheur devant les dialogues argotiques et d'une composition loin d'une symphonie de Mozart.

 

Sa queue reposait sur ses burnes joufflues comme un clito grisâtre. Sa poitrine arborait un pauvre tatouage au nom de Regina, étiré par ses nichons poilus.

 

— Le premier jour où mon vieux père m’a cru assez malin pour me branler et mâcher du chewing-gum en même temps, voilà ce qu’il m’a dit. Il m’a dit : "Le truc avec le terrain, fils, c’est qu’on en fait plus." [...]

 

Mais putain, qu'est-ce que c'est bon !

 

— Tiens cette putain de porte, merde ! C’est comme essayer de botter les fesses d’un cochon à travers le chas d’une aiguille, ce truc !

 

Cerise sur le gâteau, il fait partie des A.A ! Non, pas les Alcoolos Anonymes, bande de moules, mais c'est un Anglais qui parle de l'Amérique ! Double challenge, double emmerdements pour les deux taulières que sont Noctembule et Titine, tout ça avec un seul roman...

 

Challenge "Thrillers et polars" de Sharon (2015-2016), Le "Challenge US" chez Noctembule, "Ma Pedigree PAL - La PAL d'excellence" chez The Cannibal Lecteur et "A year in England" chez Titine.

 

 

Titre : Baiser d'adieu
 
Auteur : Allan Guthrie
Édition : Le Masque (2010)

Résumé :

À Edimbourg, lorsqu’on a besoin d’emprunter de l’argent, on va trouver Cooper. Et si on ne rembourse pas à temps, on reçoit la visite de Joe Hope et de sa batte de base-ball.

 

Mais maintenant, c’est au tour de Joe d’avoir des problèmes : sa fille adolescente a été retrouvée morte. Un suicide, à première vue, mais il a ses doutes sur la question. Puis sa femme alcoolique est assassinée.

 

Et il est arrêté pour meurtre. Seulement, pour une fois, Joe est innocent, et apparemment la victime d’un coup monté.

 

Aidé par un avocat commis d’office mais généreux, et de quelques camarades qui comptent parmi les vrais durs de durs du pays - dont une prostituée au grand cœur - Joe va essayer de découvrir qui l’a mis dans ce mauvais pas, et de se faire justice. À sa manière.

 

Critique : 

Tout le monde le sait, à force de dormir avec les chiens, on se réveille avec des puces ! Joe Hope aurait dû s'en douter.


Lui, dans son travail, il ne connaît pas la crise. Chargé de tabasser à coups de batte de baseball les mauvais payeurs ou les récalcitrants pour le compte de Cooper, son usurier d'employeur dans la riante ville d'Édimbourg, on ne peut pas dire qu'il se soit beaucoup occupé de sa petite famille.


Alors, lorsqu'il apprend que sa fille - qui ne vivait plus chez eux - s'est suicidée, il ne comprend pas pourquoi et frôle même la mauvaise foi. C'est vrai quoi, si sa fille avait des soucis, elle n'avait qu'à venir lui en parler.


— Et lui parler de quoi ? Je ne savais pas, moi, qu'elle voulait parler. Elle m'a jamais rien dit.

— T'as jamais posé la question, lui rétorqua Ruth.

— Mais je savais pas, moi. Putain de merde ! Je savais pas que quelque chose n'allait pas. Pourquoi j'aurais posé la question ?

— Mais putain, si seulement t'avais fait un peu attention, elle serait peut-être pas morte.


Niveau personnage principal, Joe Hope mérite des baffes en raison de sa réaction assez "froide" lorsqu'il apprend le suicide de sa fille, pensant plus à aller casser la gueule du cousin de sa femme qui devait veiller sur sa fille plutôt que de se remettre en question.


Le meurtre de sa femme ne lui causera pas le moindre chagrin, mais le voilà sous une inculpation de meurtre !


Le côté enquête n'est pas très important, tout lecteur un peu éveillé comprenant vite qui a tué l'épouse et qui est visé dans le carnet de la fille. Tout le sel étant dans la manière dont Joe va arriver à prouver qu'il n'est pas coupable mais victime d'un coup monte, aidé seulement par trois bras cassés : le cousin de sa femme (qui a de l'embonpoint), une prostituée et son jeune avocat commis d'office. 


Bien que le quatrième de couverture parle de "quelques camarades qui comptent parmi les vrais durs de durs du pays", faut se lever de bonne heure pour les croiser parce qu'ils ne s'y trouvent pas. Sauf si l'on considère un écrivain et un jeune avocat comme des durs de durs... mais il y a peu d'espoir.


Du cynisme, de l'humour, des dialogues qui font souvent mouche, de la rage qui palpite sous les pages et dans les phrases, et un final qui fait monter l'adrénaline.


Émotion aussi lorsqu'il se rend compte, en lisant le journal intime de sa fille, que ce qui n'avait été qu'une banale journée pour lui (la chute des météores), elle avait compté énormément pour sa petite fille. Elle aimait son père et guettait le moindre signe aimant de sa part.


Un bon roman noir à lire en sirotant du thé car il est anglais, mais sans le kilt, bien que nous soyons en Écosse.


Challenge "Thrillers et polars" de Liliba (2014-2015), Lire "À Tous Prix" chez Asphodèle (finaliste du Gumshoe Awards et du Shamus), "Challenge Ma PAL fond au soleil - 2ème édition" chez Métaphore, Challenge "I Love London II" de Maggie et Titine, Challenge "Nordique" chez Mes chroniques Littéraires et "Ma Pedigree PAL - La PAL d'excellence" chez The Cannibal Lecteur.


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